Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 27 décembre 2019

Labœurs*

Pour la page 157 bis de l'Herbier de poésies 

Labœurs*

Chacun des deux frères a pris en charge un attelage, aidé d'un bouvier. Rosa les observe, elle fusains et carnet de croquis à la main, eux suant déjà dans la lumière du matin. La charrue a remplacé l'araire pour labourer plus profond. Elle est plus lourde et moins maniable que l'araire et ils ont loué d'autres bœufs.

Peste soit le Père
qui promettait un trésor
dans le conte d'antan.

Le Père a fait pire ou est-ce eux qui ne l'ont pas bien écouté ? Ils ne savent plus que la terre n'est pas un héritage mais un emprunt aux générations futures. Bonne fille, elle commencera par leur donner des récoltes généreuses.

Ils n'ont guère appris à lire.
Là-haut La Fontaine sourit.

©Jeanne Fadosi, mercredi 25 décembre 2019
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 157 bis de L'Herbier


Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1848, gros plan


* ce n'est pas une faute d'orthographe.

Virgule sonore : une version en vieil argot de la fable de Jean de La Fontaine,
Le laboureur et ses enfants

Yves Deniaud, Le glaiseux et ses lardons

mercredi 25 décembre 2019

25 décembre 2019 : regard dans le rétroviseur

Ce matin, j'ai ouvert l'ordi avec juste l'intention de glaner des précisions pour la cuisine de ce midi.
C'est toujours ainsi, je suis allée sur mes blogs musarder dans les billets écrits pour et/ou sur Noël depuis que j'ai ouvert mon premier blog aux environs du solstice d'été de 2008.

Me voici bien en retard et il est plus raisonnable que je mette ce brouillon en attente.
J'ai à ma grande surprise bien plus écrit sur Noël que je ne le croyais. Je voulais juste rééditer mes billets sur mes réflexions sur la crèche.
Je l'ai faite hier 24 après-midi, à ma manière mélangeant les traditions et y mêlant les lutins du père Noël. Savez-vous que dans sa forme actuelle, le bonhomme, né à Manhattan en rouge, à la barbe et aux cheveux blancs, déjà vieillard, avec son traîneau et ses rennes travaille tous les ans ou presque depuis 196 ans ? Je l'ai appris l'année dernière où Santa Klaus a eu la bonne idée de se confier à un journaliste.

Le 25 décembre 2008, j'écrivais ceci Heureux Noël tout en m'étant expliquée sur ma solitude volontaire en ces jours pour d'autres festifs dans Ma non lettre au père Noël

En décembre 2009, je m'étais contentée de m'émerveiller comme des petits enfants de la magie de la neige dans Noël aux tisons ?

En 2010, observant avec recul les polémiques que soulevaient déjà l'installation de certaines crèches dans des lieux publics, je faisais part dans mon blog de mes propres réflexions Pourquoi une crèche ?

crèche sculptée présentée par le Pavillon de la Palestine
Exposition universelle de Lisbonne, 1998

Des pensées rééditées fin 2011, 2012 et 2013, complétées par des prolongements ... que j'avais bien trop longtemps laissé dormir dans mes brouillons

Cette année 2019, sur fond de crises de confiance, sociales et sociétales dans bien des coins de la planète, après les espoirs vite douchés de 2011, les tumultes grands et petits des années qui ont suivis, les migrants, tels cette famille en errance du côté de Bethléem que certains disent sainte, rejetés et maltraités, comment s'accrocher encore et encore à l'espoir d'un monde meilleur ?

J'ai pourtant refait une crèche à ma mode ...





mardi 24 décembre 2019

24 décembre et le père noël au bord du burn out ...

Mardi 24 décembre et mercredi 25 décembre. C'est la pause festive et ou bien occupée pour les petits et grands élèves de la cour de récré de mme jill bill. Aubée et sa joyeuse bande de globe-trotters sont allés en avant première voir les préparatifs dans ses ateliers tout au nord de la Laponie  pays des Sames finlandaise.



Rassurez-vous, depuis le temps qu'il souhaite prendre une retraite qui serait bien méritée, il reste taillable et corvéable et semble ne pas vieillir. Pas besoin de potion magique, il est comme Obélix tombé tout petit dans la marmite, mais s'il ne se plaint pas, sa carcasse lui semble d'année en année de plus en plus lourde à emmener dans son traîneau. Les rennes étiques car la forêt s'appauvrit on de plus en plus de mal à le tirer. Ce n'est pas le père noël qui s'alourdit, oh non ! C'est que, sur le modèle de la société de consommation, les cadeaux sont de plus en plus nombreux ! quitte à être recyclés sur le bon coin dès le lendemain.

Ce qui trouble le plus le père noël, c'est que maintenant tout le monde est encore debout quand il veut passer.
Ce n'est pas raisonnable ! les enfants et même les grands ont besoin de sommeil.

Alors en avant première dès le début de cette grande journée, Klaus a chargé Aubée et sa clique de faire écouter Petit garçon (on peut remplacer par petite fille, ça fonctionne pareil)
Il a choisi la version live de Garou bien entouré pour le téléthon 2014 et remercie infiniment Graeme Alwright d'avoir adapté sa traduction pour laisser à l'enfant le choix de ses rêves.
Et puis, l'original en anglais de Roger Miller est bien jolie aussi et on peut remplacer little boy par little girl. Pourquoi ne rêverait-elle pas  d'un vieux train électrique ou d'un petit camion jouet ou d'un tambour ?



Petit garçon traduit et chanté par Graeme Alwright, 1968 ----> paroles françaises
Old toy (ou Old toy trains) de Roger Miller, 1967 -------------> paroles originales
Nana Mouskouri l'a repris en français et en anglais avec le talent qu'on lui connait en 1972 je crois.

Allez, pour la route et pour les plus grands, une chanson récente d'une chanteuse que j'aime beaucoup et que je n'entends pas sur les medias, c'est bien dommage. Je l'imagine bien en fille du père noël, pas vous ?

Leïla Huissoud, Lettre à mon père, 2019

dimanche 22 décembre 2019

Le 22 décembre 2019 ...

Stonehengedans votre visage le 27 décembre 2008
cliché  par Simon Wakefield, licence Creative Commons (clic pour informations)

Si je saisis "solstice" dans la case Rechercher de mon blog, je ne trouve aucun résultat. Ce fut pourtant l'une de mes ponctuations du temps qui passe sur mon premier blog initié avec le solstice d'hiver de 2008, il y a déjà onze ans et que j'ai archivé ici  Solstice d'hiver, promesse de printemps.
J'étais en retard cette année-là mais seulement de quelques heures aujourd'hui où le solstice de décembre (hiver au nord, été au sud) car il s'est produit à 5h19 ce matin heure de Paris.
Mais qu'est-ce que c'est exactement ?
Explications solstice - wikipedia, sur lesquelles s'appuie numerama repris par Le Point

Pour simplifier, c'est le moment de l'année qui correspond à la position de la terre par rapport au soleil pour laquelle la nuit est la plus longue et le jour le plus court pour l'hémisphère nord et l'inverse pour l'hémisphère sud.
Pourqoi ce n'est pas toujours le 21 ? Parce que la révolution de la terre autour du soleil n'est pas pile poil de 365 jours mais de 365 jours 5 heures 48 minutes et sans doute des poussières de secondes et de nanosecondes. Le calendrier grégorien corrige cette différence en ajoutant tous les quatre années (bisextiles) 1 jour au mois de février. Ce qui ne tombe toujours pas exactement avec le tour de la terre.

image trouvée sur la page en lien :
Le solstice d'hiver est arrivé : la belle astronomie de Noël
Un rendez-vous qui devrait obliger à l'humilité les milliards d'individus du genre humain qui ne sont que poussières d'étoiles dans un plurivers dont on ne connait à peu près rien par rapport à l'immensité de nos lacunes et que nous avons pourtant l'arrogance de bousculer, piller, détruire ...

samedi 21 décembre 2019

Romano, les lettres à Grand-père, de Adamante Donsimoni

La carte qu'elle a joint au livre dédicacé que je lui avais demandé reproduit "Les félines", une de ses huiles sur toile, tout en nuances d'oranges, les couleurs de feu de notre astre solaire. Elle m'a servi de marque page et aujourd'hui que je reprends ce livre pour le présenter ici bien tardivement, elle s'ouvre sur la page Douceur et tendresse.
"Il me semble revenir de très loin Grand-père. de plus loin que ma peine. Hier, le ciel s'est lavé de son eau, la nuit était magnifique. Ce matin, bouvreuils et mésanges chantent dans le pommier, ils fêtent le retour du soleil."
Ici aussi le soleil est apparu ce matin de marché, pâle et presque aveuglant avant d'autres averses. Je ne sais pas comment était la nuit mais les oiseaux ne sont pas venus chanter.
[...] 
..." des mots portés par le souffle du vent m'arrivent :  
[ ... ] 
« Douceur et tendresse, il ne faut rien de plus pour que naisse la vie. 
[ ... ] 
Aujourd'hui c'est le vent qui me porte mais ce pourrait être l'eau, la terre, le bois, le feu ... Je suis dans tout si tu n'es pas si tu ne te fermes pas dans ton chagrin. Souris ! J'aime ton sourire tu sais ! » 
[ ... ]"
Je l'ai lu en parallèle avec Le livre de ma mère d'Albert Cohen. Autant dire pour Adamante que la comparaison allait être rude avec ce chef d'oeuvre. Malgré ce handicap majeur, ma lecture de Romano a tenu la gageure. 
Alors promis, je le relirai encore avec grand plaisir sans une concurrence de cette pointure.


Romano présenté sur Le Chant du souffle, le blog d'Adamante
En ces temps, le monde a bien besoin de douceur et de tendresse, ainsi que de la bienveillance, présentée comme une arme absolue par Didier Van Cauwelaert.

vendredi 20 décembre 2019

Rosa Bonheur ...

Pour la page 157 de l'Herbier de poésies 


Quand Rosa peignait, c'était certes pour la beauté du résultat obtenu, mais ce qui importait avant tout, c'était le souci du vrai. A la manière des naturalistes, ces savants le plus souvent anonymes qui diffusaient et faisaient avancer la connaissance grâce à la précision de leurs planches anatomiques et botaniques.

Oiseaux d'Audubon
Roses de Joseph Redouté,
Tant d'autres innommés.

Quand tout à leur art et à leur science elle(s) et ils observaient et reproduisaient sur le papier ou la toile, savaient-ils qu'elle(s) et ils œuvraient pour la mémoire d'un monde en voie de disparition ?

Qui dans les grottes,
mammouths figés aux parois,
savaient leur destin ?

Rosa peignait avec sa tête autant qu'avec l'élan de son coeur, en éthologue et en ethnologue, le bonheur de vivre du vivant. Devina-t-elle, au crépuscule de sa vie et à l'aube des images animées, l'extraordinaire potentiel du cinématographe ?

sous le pinceau de Monet,
le moderne en marche.

Une modernité chargée d'emmener plus vite et plus loin des urbains dans les campagnes et les bords de mer. Le fer et le minéral au service d'une nouvelle manière de frôler le monde sans s'y intégrer, sur un temps de loisir. Les tableaux de Rosa invitaient à être dans le paysage.

Aux couleurs d'Edouard Manet
et tout un micro-cosmos.

©Jeanne Fadosi, jeudi 19 décembre 2019
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 157 de L'Herbier




bande annonce du film micro-cosmos le peuple de l'herbe
1996

mercredi 18 décembre 2019

Aubrée la fille de l'aube du grand nord

Désolée Maîcresse Jill pour ce retard. Vous savez ce que c'est dans le grand nord, le climat n'est pas toujours clément et depuis le début de la semaine c'est l'ordinateur* qui avait attrapé un gros bon microbe. Heureusement, j'avais préparé mon billet en brouillon mais voilà, seulement en brouillon et il n'est pas paru tout seul !!!!
* et même aujourd'hui, il est encore très paresseux sniff....

Aubrée la fille de l'aube, la petite dernière du père Klaus, est confiée au groupe de globe-trotteurs pour traverser sans s'attarder la Finlande vers sa capitale Helsinki, la fille de la Baltique.
Ils ont prévu d'y passer au moins la fin de semaine.
Que faire à Helsinki en hiver ? Ne croyez pas ceux qui prétendent qu'il n'y a rien à y faire en hiver :
Visite guidée avec les carnets d'escapade. ou avec Fabienne et Benoit, véritables globe-trotters actuels qui nous renseignent sur leur site novo-monde.com ou avec generationvoyage.fr qui indique les 16 choses incontournables à faire à Helsinki, à pied, en tram ou à vélo. Et il y a de nombreux monuments à visiter.

Ils n'ont pas oublié de se documenter sur l'encyclopédie participative Helsinki - wikipedia et de réviser les notions de leur cours d'Histoire sur les accords d'Helsinki de 1975. D'une grande importance vers une sortie de la Guerre froide, leur 40ème anniversaire en 2015  est passé largement inaperçu dans un contexte géo-politique mondial difficile*.



* infos L'Humanité ; Le Monde Diplomatique ; cairn.info)

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill
et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 11

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

vendredi 13 décembre 2019

Ma rencontre avec Rosa Bonheur

Pour la page 156 de l'Herbier de poésies et Encore une fois, merci à ARTIPS pour l'anecdote


Le soleil lentement s'élevait au-dessus de la brume dans cette vallée de l'Epte que j'aimais parcourir. Du sol montait une vapeur nacrée et c'était magique. J'imaginais quelque peintre venu(e) en bottes avec son chevalet et son matériel au temps où des animaux paissaient tranquillement dans les prés. Ils étaient vides maintenant et les travaux s'y faisaient au tracteur, quelquefois même avec des outils à main. La vallée, par sa taille et sa configuration échappait encore au gigantisme des engins agricoles.

Bordée de peupliers
la rivière se devinait
en pointillés

J'aimais cet itinéraire lors des grandes transhumances sur la grand'route et il m'arrivait de la prendre juste pour la beauté du paysage. Plus loin, ce serait Giverny que Monet avait fait connaître dans le monde entier. Les prés y étaient vides mais je les imaginais nagère avec des charrettes encore tirées par des boeufs ou les terres arables labourées, une araire tirée par quelque robuste cheval du Nivernais ou du Perche. Le paysage avait quelque chose d'irréel. J'étais une intruse motorisée dans un tableau de Jean-François Millet, Jean-Baptiste Corot ou encore François Daubigny ou Gustave Courbet.

Le cri d'un charretier
réminiscence ténue
au pays d'enfance

Un panneau indiqua "Collège Rosa Bonheur". Etait-ce la première fois que je le voyais ? Un flot d'impressions m'avaient assailli ce jour-là ! Quel beau nom pour donner à des adolescents le goût du bonheur d'apprendre ! Un nom de femme ! Quelle belle idée !
Là, je n'étais pas tout à fait honnête. D'autres femmes avaient été mises au fronton de collèges et même de lycées de mon département avec la triple devise républicaine. Anna de Noailles, Camille Claudel, Eugénie Cotton, Irène Joliot-Curie, …

Qui es-tu Rosa Bonheur,
Inconnue d'mon p'tit Larousse ?

Une recherche sur Internet me transporta par le réalisme de sa peinture dans son univers animalier. Je n'en sus pas plus alors. Sa vie de femme libre, sans scandaliser, sa notoriété l'acceptant ainsi. Je l'imaginais en vêtements d'homme allant au petit matin sur le terrain des foires et des marchés aux bestiaux, comme il se disait alors. Discrète et forte dans ce milieu d'hommes rudes.

C'était pure beauté
pur mouvement sur la toile
la vie suspendue.
©Jeanne Fadosi, mercredi 11 décembre 2019
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 156 de L'Herbier


Rosa Bonheur, Le Marché aux chevaux, 1853, huile sur toile, 244 x 506 cm, 
The Metropolitan Museum of Art, New York

Rosa Bonheur, vaches au bord de la rivière, date ? 



Liens complémentaires :


Et pour rester avec les chevaux je vous invite au Haras-du-Pin dans l'Orne


ou dans l'Ain observer de loin des chevaux sauvages





jeudi 12 décembre 2019

Ballade de celui qui cria dans les supplices, de Louis Aragon

Aux matelots des Croqueurs de Mots, étant à la barre pour cette quinzaine, Colette nous propose en toute simplicité pour le défi n°228 le thème suivant : Le quotidien.
À partir de cette citation :
« Le train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n’a qu’a bien s’accrocher. »
Robert de Houx (acteur belge, 1926 - 2008)

Quant aux jeudis poésie des 5 et 12 décembre,
– Le courage
– La peur
dans l’ordre que vous souhaitez ou libre bien entendu ;

Alors le courage, après la peur, pour la conjurer et se donner ce courage qui s'effrite tant devant l'avancée de la bête immonde et des temps sombres qui se préparent ...
parce que je connais d'autres poèmes sur le courage, mais je reviens toujours à celui-là


Ballade de celui qui chanta dans les supplices

Et s’il était à refaire,
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains.

On dit que dans sa cellule
Deux hommes, cette nuit-là,
Lui murmuraient : « Capitule,
De cette vie es-tu las ?

«Tu peux vivre, tu peux vivre,
Tu peux vivre comme nous ;
Dis le mot qui te délivre,
Et tu peux vivre, à genoux. »

Et s’il était à refaire,
Je referais ce chemin.
Ta voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains.

Rien qu’un mot, la porte cède,
S’ouvre, et tu sors. Rien qu’un mot,
Le bourreau se dépossède ;
Sésame, finis tes maux !

Rien qu’un mot, rien qu’un mensonge
Pour transformer ton destin :
Songe, songe, songe, songe
A la douceur des matins. »

Et si c’était à refaire,
Je referais ce chemin.
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain.

J’ai tout dit ce qu’on peut dire :
L’exemple du roi Henri ;
Un cheval pour mon empire ;
Une messe pour Paris.

Rien à faire ! Alors qu’il parte,
Sur lui retombe son sang !
C’était son unique carte,
Périsse cet innocent.

Et si c’était à refaire,
Referait-il ce chemin ?
La voix qui monte des fers
Dit : « Je le ferai demain. »

Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus.
Ô mes amis, si je meurs,
Vous saurez pourquoi ce fut !

Ils sont venus pour le prendre,
Ils parlent en allemand ;
L’un traduit : « Veux-tu te rendre ? »
Il répète calmement :

Et si c’était à refaire,
Je referais ce chemin.
Sous vos coups chargés de fers,
Que chantent les lendemains !

Il chantait, lui, sous les balles,
Des mots « sanglant est levé ».
D’une seconde rafale
Il a fallu l’achever ;

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée,
Finissant la Marseillaise,
Pour toute l’humanité.
Louis Aragon, Paris, 14 juillet 1943

Louis Aragon, 1897 - 1982, poète, romancier et journaliste français




mercredi 11 décembre 2019

Comme des lapons malins avec Pépin

Dernière minute : le père noël inquiet pour les rennes de Laponie

Mais non !!! Pépin n'est pas un lapin malin encore moins un lapon canon mais câlin (dans son sens usuel et non pas désuet) et mâtin (dans son sens figuré) sans aucun doute car il est l'âme du pépin qui noua l'idylle de mes parents il y a plus de nonante ans. Oui, je ne suis ni belge ni québécoise mais je trouve nonante plus musical que quatre-vingt-dix, pas vrai ?
La grande ville de Narvik et ses paillettes de fête foraine ont distrait un temps nos voyageurs du grand nord. Ils ont aimé la descente à skis aux flambeaux possible à toute heure de la longue nuit polaire tout en ayant bien conscience que les vrais bonheurs de la vie n'étaient pas forcément là.
Pour l'heure ils ont rendez-vous au village de Klaus qui lors de leur rencontre fin octobre à Bergen leur a ouvert les portes de ses ateliers et de ses entrepôts.(site officiel du village du père Noël)

photo wikimedia en licence libre conditions clic
et bien évidemment aussi Santa Park, son parc souterrain (site officiel)

dont l'entrée semble une forêt magique :


















mais aussi Arktikum, le musée arctique et centre scientifique de la Laponie.

aurore boréale sur la grande galerie de Arktikum
photo wikimedia en licence libre, infos clic


Ils ont pu, grâce aux moteurs de recherche d'Internet, organisé leur voyage et bien sûr, ils ont choisi le bus.
De Narvik à Rovaniemi
distance 414 km durée environ 10 h
Même s'ils auraient rêvé sur la trace des anciens s'y rendre en traîneau. Ils auraient dû prendre des chemins de traverse et en ces temps de bouleversements climatiques, pas sûr que le trajet y ait été suffisamment sûr.

Lors de leurs temps libres, ils suivent d'ailleurs avec attention les mésaventures des explorateurs sud africain et suisse Mike Horn et norvégien Børge Ousland en grande difficulté sur ce qui reste de banquise arctique et leur soulagement tout relatif quand deux norvégiens les ont rejoint, leur apportant vivres et soutien pour les accompagner (clic ; clic ; clic) et soulagés que cela se doit bien terminé.

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill
et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 11

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

lundi 9 décembre 2019

Défi n°228 : le train du quotidien

Aux matelots des CROQUEURS DE MOTS, étant à la barre pour cette quinzaine, Colette nous propose en toute simplicité pour le défi n°228 le thème suivant : Le quotidien.
À partir de cette citation :
« Le train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n’a qu’a bien s’accrocher. »
Robert de Houx, (acteur belge, 1926 - 2008) 

En vous inspirant de ces mots, sans nécessairement les employer, écrivez un petit quelque chose comme vous l’entendez, dans la forme littéraire qui vous plaît. Ce, pour lundi 9 décembre

Naguère, le quotidien des enfants
c'était le petit déjeuner
les camarades de la récré,
les pupitres bien cirés,
le cahier du jour, les leçons,
Chat perché, un deux trois soleil.

Le quotidien des adultes
c'était métro*, boulot, dodo,
(* ou auto, vélo, pédibus)
les enfants tard à l'étude,
un mois de congés payés
en attendant une retraite bien méritée.

Le quotidien des l'aïeules,
c'était leurs vêtements tristes et noirs,
la maigre pension de réversion
ou l'obole aux économiquement faibles,
et dans l'attente du grand soir,
les rares visites des minots.

Le quotidien de la fin de l'histoire
fut dans l'illusion endormie
d'une société qui serait plus douce,
arrachée de haute lutte
aux dynamiques de l'argent,
et du bonheur dans le progrès (matériel).

Cassandre a eu beau crier
alerte aux dérèglements
de notre Terre nourricière,
le train de l'humanité
dans sa course folle, folle, folle,
continue, telle une bête déshumaine.

été 2015, migrants en errance,
frontière entre Serbie et Autriche
 





La morne routine
qui ternit le quotidien
se fait regretter

quand le train d'une vie déraille
même quand il a crié gare.




quotidien
vie quotidienne
train quotidien ou train-train quotidien ? Train-train
dérailler
Cassandre, mythologie grecque, fille de Priam (roi de Troie) et d'Hécube (reine de Troie)
Syndrome de Cassandre