Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 1 octobre 2020

Musique mécanique, de Boris Vian, chanté par Juliette Gréco

 Electricité Pour le défi n°239 des CROQUEURS DE MOTS de lundi 28 septembre

Pour les jeudis poésie du 24 septembre, l'électricité dans ses usages purement ludiques et du 1er octobre, tout autre lien avec l'électricité ou champ libre sans contrainte d'un fil conducteur. (même pas électrique 😏)
En hommage à Juliette Gréco qui est décédée le 23 septembre dernier, un panachage des deux jeudis poésie le piano mécanique des bars étant alors muni d'un moteur électrique et la chanson poème évoquant tout ce que la pandémie covid-19 interdit de faire pour se préserver au mieux et préserver la santé des autres. Je sais que renoncer à ces loisirs ludiques est difficile et angoissant  : danser, s'enlacer, s'approcher, se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser, mais sagement assis à l'autre bout du comptoir on pourrait encore se regarder dans les yeux, développer des trésors de nouvelles mimiques passant par le regard ...
Je sais l'angoisse de celles et dont c'est le gagne-pain mais quand resterait-il de toutes manières après avoir dansé avec ce diable de virus ? Avons-nous vraiment le choix que de nous protéger les uns les autres en attendant l'extinction de la pandémie ou notre accoutumance ?
Allez, portez-vous au mieux et prenez soin de vous, de nous de tous ...



Juliette Gréco - Musique mécanique (1957)
Paroles de Boris Vian et musique d'André Popp

Quand l'été vient, de ma fenêtre sous les toits 
J'entends monter du vieux bistro qu'est tout en bas 
Une rumeur pleine de rires et de chansons 
Des polkas 
Pianola 

Les jolies filles aux cheveux courts, aux talons longs 
Viennent chercher un p'tit béguin, un p'tit frisson 
Le patron sert le muscadet dans des verres verts 
Un vin frais 
Qui égaie 

Et la musique tourne, tourne, et les danseurs 
S'enlacent comme ils enlaceraient le vrai bonheur 
Instant fragile où l'amour passe, où l'amour naît 
Et vous met 
La tête à l'envers 

Le patron invite la patronne 
Ils oublient soudain leur comptoir 
Et s'mêlent aux fripons, aux friponnes 
Qui gambillent devant le p'tit bar 

Voici vingt ans qu'il ont repris ce vieux café 
Ils l'ont laissé tel qu'il était, sans rien changer 
La vieille glace a bien vu dix mille amoureux 
Se r'garder 
Dans les yeux 

Même s'il tombe de la pluie sur les pavés 
Y a du soleil quand l'pianola s'met à tourner 
Les vieux clients hochent la tête en cadence 
Pour rythmer 
Chaque danse 

Le chien bourru met son museau sur ses grosses pattes 
Le chat blanc finit sa toilette sans faire d'épate 
Encore un coup de vin clairet, et puis l'on part 
Au revoir 
On r'viendra ce soir 

La nuit venue, j'suis descendue dans le p'tit bar 
L'pianola jouait sa musique un peu bizarre 
Y'avait un gars assis tout au bout du comptoir 
Je me suis 
Approchée 

Il a souri, on s'est compris sans rien dire et 
Serrés bien fort l'un contre l'autre, on a dansé 
Son cœur battait, mon cœur battait sans s'arrêter 
Et on s'est 
Embrassés 

Et maintenant, on vit ensemble, on est heureux 
Quand vient l'été, à la fenêtre, on rêve à deux 
Et chaque soir, monte vers nous la musique 
La jolie 
Musique mécanique



Et dans un autre registre et en écho à ABC :

La complainte du progrès Boris Vian


mercredi 30 septembre 2020

Georgina la Ch'ti

Georgina la Ch'ti

Je ne sais ni son nom ni son prénom
mais elle a une tête à s'appeler Georgina
Une semaine sur deux elle vend des boissons
à base de malt et de houblon mais pas de la corona.

Heureusement pour cette ch'ti donzelle
car depuis l'apparition du corona-virus
la marque mexicaine en a pâti, elle
de se nommer comme cet homonyme virus.

Quant à moi je préfère boire de l'eau
voire d'autres breuvages de la région.
Au marché je viens pour les poireaux
et fruits et légumes de saison.

L'été je fais surtout des salades,
quand vient l'automne des potages
en velouté plutôt qu'en panade
complété par du bon fromage.



Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

lundi 28 septembre 2020

Défi n°239 : La couveuse

 Pour le défi n°239 des CROQUEURS DE MOTS de ce lundi prochain 28 septembre dont j'ai pris la barre, je vous invite donc à écrire un petit texte en prose ou en vers portant sur un moment (passé, présent, à venir, réel ou imaginaire) particulier (joyeux, saugrenu, étrange, stressant, agréable ...) dans lequel l'électricité (ou son absence) y a joué un rôle important. Mots imposés à inclure (ambre, ampoule, appareil).

Je vous ai dit que l'électricité était au coeur de l'activité professionnelle de mon père et occupait une place importante dans nos vies. La maison de fonction abritait le bureau au rez-de-chaussée et le garage, les ateliers et les entrepôts en annexe. Elle était vaste mais sans grand confort. Les premières améliorations faites sur leur temps libre et leurs économies avaient d'abord agrémenté leurs loisirs : des ampoules dans toutes les pièces pour des veillées plus douces, tout ce qu'il fallait pour développer et tirer leurs photos d'amateurs et surtout, enfin un premier poste TSF à galène au coffre en bois ciré couleur de miel et d'ambre. (on pourrait dire aujourd'hui en kit, sauf qu'il avait aussi inventé le plan de montage). Un appareil détenu clandestinement et qui permettrait bientôt d'écouter Radio Londres.

La famille s'agrandissant en même temps que le gouvernement Daladier était revenu sur les améliorations salariales et sociales du Front Populaire, les centres d'intérêt sont devenus plus pratiques : un radiateur fabriqué à partir de tiges en fer, de résistances et d'autres pièces nécessaires,  jardinage et châssis en verre, poulailler et fabrication d'une couveuse, et même achat d'une première essoreuse électrique trop compliquée à faire soi-même et surtout à se procurer les pièces nécessaires. Maman cousait, papa avait appris à tricoter pour l'aider à faire pulls, cache-cols, moufles et bonnets.

Drôle de guerre, capitulation, occupation, les pannes d'électricité étaient fréquentes. Un jour qu'un soldat allemand était venu furibard sommer mon père de réparer au plus vite, il avait avisé un fil électrique montant les escaliers vers le grenier. Les quatre enfants s'étaient sagement assis sur les marches et le câble. Une prise multiple alimentait une seule rallonge qui conduisait ... à la couveuse où des poussins au duvet d'ambre, privés de la douce chaleur de la rampe électrique se réchauffaient blottis les uns contre les autres.

Le soldat avait éclaté de rire, s'était attardé devant l'astucieuse invention, avait peut-être hésité à confisquer les volatiles et même la couveuse ... Il est redescendu sans deviner l'autre câble débranché in extrémis par la grande, menant dans l'autre partie du grenier vers la tsf clandestine. Mon père, impassible et soulagé, était déjà prêt à partir avec une équipe pour relever les câbles mis à terre par l'orage.

Je pourrais arrêter l'histoire ici et me satisfaire de ce que cet appareil astucieux a nourri mes frères et sœurs de bons poulets rôtis les jours de fête, même s'ils étaient accompagnés de topinambours fades et sans beurre. Nul à l'époque n'imaginait les élevages en batterie et les massacres de poussins d'un jour dans les écloseries actuelles.

Mais l'histoire de la couveuse familiale est à l'origine d'une autre merveille. Je n'ai plus le temps ni la place de vous la conter maintenant. 

Image de Comment fabriquer un incubateur maison simple



A suivre ???*



* En fait c'était la suite que j'avais envie de vous raconter mais allez savoir pourquoi c'est cette histoire (vraie) de fil électrique et de poste à galène qui est venu s'imposer ?

jeudi 24 septembre 2020

Félicité, la petite fée électricité, de Jeanne Fadosi

  défi n°239 des CROQUEURS DE MOTS électrique avec votre éclaireuse moussaillonne à la barre et Pour les jeudis poésie de cette semaine (24 septembre), l'électricité dans ses usages purement ludiques 

Evidemment, je pensais déjà à rééditer pour l'occasion ce que j'avais écrit pour Bigornette lors de la première saison des prénoms du mercredi




La guinguette des prénoms
ce mercredi allume les néons
pour guincher à la brune
A la clarté de la lune
Aidée de quelques lampions.
C'est au tour de Félicité,
A qui nous devons la clarté
Dans la nuit, même sans lune,
d'être sous les feux de la rampe.
Et ce soir elle se fait vamp !
Pour recevoir sa récompense.
La petite fée danse.





Elle danse dans la lumière
Qu'elle a apporté hier.
Il y a bien plus longtemps ?
Au début du siècle précédent ?

Dans les nouveaux logements
D'une certaine fondation*
Un dispositif étrange,
Un petit robot qui mange,
Demandait son lot de piécettes. 


 

L'appartement s'éclairait
Il fallait faire attention
Sinon c'était l'obscurité
Dès que le temps était passé.
Avec une pièce ou deux
Dans la fente du compteur
La lumière rejaillissait
Un quart ou une demi-heure.
Une lumière un peu bleue,
Grâce à la petite Félicité
La fée électricité.

     Jeanne Fadosi, pour le mercredi 5 mai 2010

Edward HopperRoom in New York, 1932
Et en clin d'œil à mon papa qui a participé dans son métier à cette grande aventure électrique.
* voir notamment "Le logement social à Paris 1850 - 1930 : les habitations à bon marché" par Marie-Jeanne Dumont    

mercredi 23 septembre 2020

Jupiter en son logis

 Louve était allée visiter Léonard de Vinci au Louvre, Willibrord était arrivé tout essoufflé à la Cour de Récré, Faustine la casanière privilégiait sa maison et Jupiter son voisin reste aussi en son logis. Comment voulez-vous qu'ils fassent connaissance ?

Jupiter étant terre à terre,
Une nuit tourmentée par un orage
Prit son foudre, le brandit de rage,
Invention fortuite du paratonnerre.
Terrifié par les trois éclairs,
Eclaboussé de lumière
Rien ne serait resté de la terre,

Juste après la fin des temps :
Un univers infini de vide et une
Poignée de poussières de lune.
Il en fut électrisé seulement,
Tant qu'il en inventa l'éclairage
Electrique bien évidemment
Rien que pour son logement !

 

Jupiter brandissant son foudre, Galerie des Glaces, Château de Versailles

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.


lundi 21 septembre 2020

Oyez CROQUEUSES et CROQUEURS de MOTS : Défi n°239, c'est parti !

 Celles et ceux qui sont passés ici ce matin savent déjà que le thème est l'électricité. Mon papa ayant fait partie pendant pratiquement toute sa vie professionnelle de la grande aventure de l'électricité au XXe siècle, elle a fait partie de ma vie dès ma naissance. Même que je suis née dans le logement de fonction attribué à mes parents, les accouchements à l'hôpital ou en clinique étant encore loin d'être généralisés en 1950.

Pour le défi n°239 des CROQUEURS DE MOTS de lundi prochain (28 septembre) je vous invite donc à écrire un petit texte en prose ou en vers portant sur un moment (passé, présent, à venir, réel ou imaginaire) particulier (joyeux, saugrenu, étrange, stressant, agréable ...) dans lequel l'électricité (ou son absence) y a joué un rôle important. Mots imposés à inclure (ambre, ampoule, appareil).

Pour les jeudis poésie 
de cette semaine (24 septembre), l'électricité dans ses usages purement ludiques 
 et de la semaine prochaine (1er octobre), tout autre lien avec l'électricité, 
à moins que vous ne préfériez avoir le champ libre sans contrainte d'un fil conducteur. (même pas électrique 😏)

feue ma dernière ampoule à incandescence

Oyez, oyez LES CROQUEURS DE MOTS : Annonce de défi imminente ici-même

 Je m'y colle, je m'y colle ... cet après-midi (je viens seulement de prendre connaissance de la réponse de Dômi) :

vous aurez la feuille de route du défi n° 239 ce soir ou demain.

En l'attendant, le fil conducteur sera électricité, jour, nuit quelque chose comme ça.

Celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps par mon blog se souviennent peut-être pourquoi.




jeudi 17 septembre 2020

Un poème, de Raymond Queneau

 Pour le second jeudi poésie le 17 septembre sur le thème  » Drôle et rigolo », telle est la suggestion de Dômi pour ce défi des CROQUEURS DE MOTS.

Parce ce que je l'ai entendu à la radio la semaine dernière, j'ai tout de suite pensé au texte de La môme néant, de Jean Tardieu (dont je ne connaissais pas le titre). Et puis Google a mis en balance La môme néant et la chanson Les Grenouilles par Steve Waring. J'avais acheté le disque vinyle pour mes enfants et moi et nous aimions follement toutes les plages de l'album. Au grand dam de leur grand-mère qui détestait. Elle était pourtant ancienne institutrice, comme quoi !

Entre les deux mon coeur balance et en attendant, je parcours la page qui m'a conduit à ce dilemme :

Entrer en poésie à l'école

Réception d'une chanson de Steve Waring (Les Grenouilles), et d'un poème de Jean Tardieu (La Môme Néant) en classe de ZEP

D'accord, je ne suis pas dans les clous du sujet en vous proposant ce lien, mais je suis sûre qu'il en intéressera quelques uns. ... Même si (ça la fiche un peu mal) les vers de Raymond Queneau cité à la fin ne sont pas du tout extrait de son poème L'instant fatal mais peut-être d'un recueil qui contient les deux poèmes.

Un poème

Bien placés, bien choisis,

Quelques mots font une poésie

Les mots, il suffit qu'on les aime

Pour écrire un poème.

On sait pas toujours ce qu'on dit

Lorsque naît la poésie

Faut ensuite rechercher le thème

Pour intituler le poème

Mais d'autres fois, on pleure, on rit

En écrivant la poésie

Ça a toujours kèkchose d'extrême

Un poème

Raymond QUENEAU, 1946

Raymond Queneau, 1903 - 1976, romancier, poète et dramaturge français, cofondateur du groupe littéraire l'oulipo.

Jean Tardieu, 1903 - 1995, écrivain et poète français

Steve Waring, né en 1943, compositeur-interprète américain installé en France depuis 1965


Et puis tiens, si vous trouvez Les grenouilles, je suis sûre que vous comprendrez pourquoi elles plaisent tant ...



Pour la petite histoire, Zazie dans le métro a été l'un des premiers romans pour les grands que j'ai lu en riant beaucoup et en n'y comprenant je l'avoue pas grand chose. Je me demande si ce qui serait encore d'actualité.