petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...
Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le !Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.
qu'est-ce qu'on fait avec ces dix mots ?
On écrit un texte (pas trop long), prose ou poésie, utilisant au moins trois de ces mots (à votre choix). Vous vous projetez (si vous le pouvez), vous imaginez, vous divaguez ... Vous pouvez aussi rembobiner et nous raconter comment vous imaginiez l'avenir il y a dix, vingt, trente ou quarante ou cinquante ans. Utopie, dystopie, sérieux, loufoque ... A votre gré dans les limites que nous respectons toutes et tous ici
Puisque à la barre des CROQUEURS DE MOTS, le sujet du défi 323 que je vous propose cette quinzaine dans le sillage de la semaine de la francophonie et de la langue française nous suggère entre autre d'alunir, je me prend à rêver d'un monde où la lune inaccessible faisait rêver les poètes
Il est plus long que l'extrait que j'ai appris par cœur au cours élémentaire. (et pour cause)
Voici cet extrait tel que je l'ai retranscrit dans mon anthologie personnelle.
BALLADE À LA LUNE
C’était, dans la nuit brune,Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.Lune, quel esprit sombrePromène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?Es-tu l’œil du ciel borgne ?Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?N’es-tu rien qu’une boule ?Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?Es-tu, je t’en soupçonne,Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?Sur ton front qui voyage,Ce soir, ont-ils compté
Quel âge
À leur éternité ?Est-ce un ver qui te ronge,Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?Qui t’avait éborgnéeL’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
À quelque arbre pointu ?Car tu vins, pâle et morne,Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.Va, lune moribonde,Le beau corps de Phœbé
La blonde
Dans la mer est tombé.Tu n’en es que la face,Et, déjà tout ridé,
S’efface
Ton front dépossédé.Lune, en notre mémoire,De tes belles amours,
L’histoire
T’embellira toujours.Et, toujours rajeunie,Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.T’aimera le vieux pâtreSeul, tandis qu’à ton front
D’albâtre
Ses dogues aboieront.T’aimera le piloteDans son grand bâtiment
Qui flotte
Sous le clair firmament,Et la fillette presteQui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.Et, qu’il vente ou qu’il neige,Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?Je viens voir, à la brune,Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Alfred de Musset, Premières Poésies, 1829 - 1835, éd. 1863
Pour lire ou relire le poème en son entier :
Alfred de Musset, 1810 - 1856, poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique

