Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

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lundi 18 juin 2018

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dimanche 17 juin 2018

Rien n'efface et ne s'oublie

C’était à l'été 2014 et j'exhumais de mes brouillons des textes jamais publiés, soit inachevés ou par oubli ... ou par pudeur. Ou parce que ce n'était pas le bon moment. Le brouillon était daté du 07/06/2011 15:35. La date prévue de publication n'avait pas été choisie au hasard.
Le 7 juin 1976,  j'étais clouée au lit** dans le noir, incapable d'accompagner à l'hôpital maman et mes frères et sœurs pour un dernier adieu à notre père.

cueillette du tilleul avant séchage
Un père, un phare, un modèle
Un homme assagi
Mon père

C'était le 7 juin 1976. Il est parti entouré des siens, sans moi.

Dans quelques jours, on commencerait à parler de canicule

confection d'une flèche pour un de
ses petits enfants
J'écrivais en mettant en ligne ce brouillon en 2014 Clic --->
"Aujourd'hui, nul motif de le sortir ce jour plutôt qu'un autre. En faudrait-il un ?"

Aujourd'hui c'est la fête des pères* et si je pense à lui, ce jour est toujours l'occasion d'y penser encore plus, avec l'émotion apaisée de tant d'années depuis.

Comme il a manqué à mes enfants, mon père !


* Origine(s) de la fête des pères sur wikipedia
** Endométriose Evidemment à l'époque, ceci n'avait pas de nom. Est-ce parce que ma mère et certaines de mes soeurs en souffraient et peut-être sa sœur ? Contrairement aux croyances de l'époque et au mépris de l'opinion sur cette infirmité largement répandue des femmes, mon père et ma mère avaient toujours pris au sérieux ces crises et me choyaient avec douceur, désolés de leur impuissance.



samedi 16 juin 2018

Souvenirs, souvenirs ...

Pour le Nid des mots de ABC
Prochain thème à publier chez vous le samedi 16 juin :
Écrire le texte de votre choix, comportant les mots suivants :

Clown, corps, mime,objet, masque, musique, voix, en extérieur

ABC

Souvenirs, souvenirs ...

J'ai, à l'occasion de jeux d'écriture, évoqué plusieurs fois mon parrain, le clown Rogerly. C'est une chance pour moi d'avoir vu mes vacances ensoleillées de son sourire.
On dit souvent que dans la vraie vie les clowns sont tristes. Ce n'était pas son cas, même s'il était aussi un monsieur tout à fait sage et sérieux quand les circonstances le demandaient.
Ce n'était pas non plus un vieux gamin qui faisait toujours le pitre. Il avait simplement la grâce de rendre plus léger l'air ambiant.
L'été c'était la campagne, les parties de croquet ou de jokary en extérieur, les tours de magie dont il gardait jalousement les secrets à l'intérieur les jours de pluie.
Son sourire n'était pas un masque, non. Une politesse plutôt. Malgré sa déception de ne plus pouvoir jouer de la musique après son accident de métro. Un virage pris un peu vite l'avait déséquilibré et, son corps projeté en avant, il en avait eu plusieurs doigts cassés.
Je l'avais pourtant entendu faire chanter les verres de cristal lors de repas de famille. Il les préparait en les remplissant plus ou moins et en les testant à l'oreille. Ensuite il tirait de ces objets improvisés en instrument soigneusement étalonné un chant étrange et beau comme la voix des sirènes.
Et comme La petite sirène était un de mes contes préférés, il pouvait alors se faire mime pour le plus grand plaisir des convives, en attendant les gâteaux dont il n'aurait pas perdu une miette.

 

vendredi 15 juin 2018

La lessive

Pour la page 114 de l'Herbier de poésie

J'aime cette image colorée sentant bon la lessive du quotidien quand elle peut sécher au grand air. C'était le temps des vacances . Le point d'ancrage familial parmi d'autres escapades.
Quand de retour de camping rustique, nous faisions une grande lessive.
Quand l'un ou l'une avertissait des premières gouttes, quelques mains se hâtaient de décrocher le linge humide jusqu'à la prochaine éclaircie.
Temps heureux où les voisins ne s'offusquaient pas de ces étendages et qui faisaient le charme des villes du sud même sur les cartes postales.
En regardant cette image plus attentivement, j'imagine d'autres campeurs, qui n'ont pas choisi, faisant sécher leurs vêtements sur des branches faute d'un hâbitat moins précaire, et qui, coûte que coûte, préservent leur dignité dans ce souci de propreté.
Et cette image en appelle d'autres, faites de joyeuses randonnées sur les sentiers du monde, ou d'errances résolues et terrifiées sur les chemins de l'exode.
Et soudain j'ai envie d'écouter Exodus de Bob Marlay.

©Jeanne Fadosi, mercredi 13 juin 2018
pour l'herbier de poésies 114
à découvrir le vendredi 15 juin
avec les autres brins sur la page 114 de L'Herbier

Ça sèche - photo Adamante D
Exodus de Bob Marley, paroles
Exodus poème du Xe siècle
Exode -wikipedia
Exodus - wikipedia : page d'homonymies

lundi 11 juin 2018

Croqueurs en vacances

Tangage ou envie de croisières exotiques ?
La Coquille des Croqueurs de mots prend cette année ses quartiers d'été dès ce mois de juin en souhaitant à notre capitaines Dômi de retrouver tous ses abattis et son équilibre sur le plancher des vaches (c'est juste une expression) et que tout le monde profitera de cette pause pour faire le plein d'une vie aussi sereine et joyeuse que possible.


Et vogue la galère le navire

J'ai des pensées terrifiées et impuissantes pour ces naufragés de la mer et les humanitaires qui viennent à leur secours de plus en plus difficilement.



vendredi 8 juin 2018

Je ne sais qui je suis

Pour la page 113 de l'Herbier de poésies

Pas d'image mais un message vieux de cent ans :

« Qui es-tu, lecteur, toi qui, dans cent ans, liras mes vers ?
Je ne puis t’envoyer une seule fleur de cette couronne printanière, ni un seul rayon d’or de ce lointain nuage.
Ouvre tes portes et regarde au loin.
Dans ton jardin en fleurs, cueille les souvenirs parfumés des fleurs fanées d’il y a cent ans.
Puisses-tu sentir, dans la joie de ton cœur, la joie vivante qui, un matin de printemps, chanta, lançant sa voix joyeuse par-delà cent années. »
Rabindranath Tagore
« Le jardinier d’amour et la Jeune Lune » Gallimard
dernier poème du jardinier d’amour.


Je ne sais qui je suis, chaque jour je deviens ce que les évènements impriment de caresses ou de blessures.
Aujourd'hui, dans mon jardin sans fleurs, les pivoines dégarnies alourdissent leur fruit, le fuchsia feuille à feuille renait des morsures du froid de l'hiver et la lavande en bouton attend la fin des orages. Mais au bord de la rue, les pensées de l'automne font toujours la fête.
Sais-tu brahmane d'un autre temps qu'il y a quelques jours, sans connaître tes vers, je contemplais le doux tapis de pétales roses en les reliant à celles des fleurs fanées depuis si longtemps dans la ronde du temps.
Pouvais-tu deviner qu'en un geste, un fragment de seconde, je pourrais en capturer l'image sans avoir à les calligraphier soigneusement de longs moments ?
Que sa vision sur un écran de téléphone provoquerait le sourire malgré notre peine de nous retrouver en un lieu joyeux où la dernière fois nous étions une de plus ?
Qui suis-je ?
Et Toi, poète qui interpelle le lecteur de l'avenir, désignais tu l'humain  et l'humaine lisant ? Imaginais-tu une lectrice ? Savais-tu deviner l'immuable et les métamorphoses du monde ?
J'ai beau ouvrir en grand la porte de mon coeur, je peine à imaginer le devenir de ces mots que je trace en écho, tous ces mots envoyés sur la Toile planétaire, les fleurs des pivoines sans le chant des oiseaux.

©Jeanne Fadosi, jeudi 31  mai 2018
pour l'herbier de poésies 113
à découvrir le vendredi 8 juin
avec les autres brins sur la page 113 de L'Herbier


Varanasi-Benares mars 2018

jeudi 7 juin 2018

Avis aux lecteurs, Rabelais

Asfree à la barre du défi n°206 des CROQUEURS DE MOTS nous a proposé pour les jeudis poésies d'alterner l'un jeudi sur la liberté, l'autre jeudi laissé au libre choix du croqueur.

En marge, quelques liens vers quelques uns de mes poèmes où j'évoque une idée de liberté :
Vivre ! (15 décembre 2016, au moment de la chute d'Alep) ; Ruptures (26 mai 2016, pour un peu d'humour) ; Cri (14 avril 2016, mis en ligne le 27 octobre 2017)

Nous avions, après un cours de français sur Rabelais de seconde qui nous avait bien plu, pris la liberté de faire des derniers vers notre devise et de l'afficher en calicot au dessus du tableau de notre classe. oui, à l'époque c'était les professeurs qui changeaient de classe et non les élèves, sauf pour les cours de physique et chimie qui nécessitaient du matériel spécial.
C'était en 1966 et notre initiative n'avait pas été du goût de notre professeur qui l'avait prise pour une impertinence. Je vous passe les détails sur les sanctions pour mater notre élan de liberté. Comme quoi le sens de l'humour et de l'ironie pourtant disséqué en littérature n'était pas partagé.

Avis aux lecteurs


Amis lecteurs, qui ce livre lisez,
Despouillez vous de toute affection; 
Et, le lisant, ne vous scandalisez:
Il ne contient mal ne infection.
Vray est qu'icy peu de perfection
Vous apprendrez, si non en cas de rire;
Aultre argument ne peut mon cueur elire,
Voyant le dueil qui vous mine et consomme :
Mieulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que ris* est le propre de l'homme.
Rabelais, Gargantua, 1534


*ris comprendre rire, même si Rabelais avait sans doute en arrière pensée un jeu de mots avec les ris de l'homme.

Bon, faut-il vraiment le traduire en français moderne ?
On y perdra les rimes et le sel ...

Amis lecteurs, qui ce livre lisez,
Despouillez vous de toute affection; 
Et, le lisant, ne vous scandalisez:
Il ne contient mal ni infection.
Vrai est qu'ici peu de perfection
Vous apprendrez, si non en cas de rire;
Autre argument ne peut mon coeur élire,
Voyant le deuil qui vous mine et consumme :
Mieulx est de ris que de larmes écrire,
Pour ce que ris* est le propre de l'homme.

Ce n'est pas encore assez moderne ?
Pourtant même la première mouture a été bien modernisée :



J'ai choisi cette illustration de Gargantua en révolutionnaire des années 1790, pour, corpulence mise à part, le côté Don quichottesque que je lui trouve et pour faire hommage au film de Terry Gilliam qui a enfin pu sortir sur les écrans L'homme qui tua Don Quichotte, après des années de péripéties, mésaventures et catastrophes.

François Rabelais, 1483 ou 1494 - 1553, écrivain français de la Renaissance
Gargantua, deuxième roman de Rabelais après Pantagruel
Terry Gilliam, 1940 -, cinéaste
L'homme qui tua Don Quichotte, film de 2018
Don Quichotte, roman (1605 et 1615) de Cervantès, (écrivain espagnol, 1547 - 1616),  le livre espagnol sans doute le plus célèbre mondialement