Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 27 mars 2026

Liberté, Force vive, déployée

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

pour  Le nid des mots de abécé, thème de mars 2026  à publier sur votre blog, le vendredi 27 mars 2026, avant 10h : 
autour du thème du Printemps des poètes :

Vous avez toute liberté de publier un texte d'auteur ou personnel,  sur ce thème

"...
Le joug que l’on choisit est encor liberté !
...
Avec la liberté, fruit qui germe en tout lieu 
..."
Alphonse de Lamartine, La Marseillaise de la paix, 1841

En me mettant à l'ouvrage ce lundi après-midi pour le thème de mars du Nid des mots j'ai tendu l'oreille à une chanson qui se trouve être 
de Angélique Ionatos, compositrice, chanteuse et guitariste grecque

dans l'émission affaires sensibles : Décembre 2008, la Grèce se soulève | France Inter, lundi 23 mars 2026

Mon premier réflexe a été comme toujours de faire la requête "liberté" sur mon blog
Premier billet en lien :
qui ne raconte pas que des salades (au premier degré) et compile de jolis liens de chansons et de textes sur la liberté et aussi cette image


2ème lien proposé : 
Perplexité de ma mémoire oublieuse ! Éleuthère était le prénom de mon oncle, frère de ma mère, prénom qui m'avait toujours paru étrange et dont j'avais depuis oublié le sens en grec ancien :

Jolie coïncidence temporelle qui m'a conduit à nouveau vers le site d'un professeur de philosophie et de yoga Eleuthère | Éleuthère où j'y avais glané ceci :

"Eleuthère est un mot d’origine grecque qui signifie « liberté » et nous entendons par là la liberté du cœur et de l’âme de celle ou de celui qui a, un peu, avancé sur le chemin de l’ouverture ; la liberté de l’homme qui ne s’en laisse pas compter et qui résiste calmement aux opinions courantes, de quelqu’un à qui « on ne la fait pas » et qui n’est pas pour autant un cynique, ni un hédoniste ; la liberté aussi de l’être qui cherche le vrai, qui le cherche, qui y est ouvert et par suite ne saurait prétendre le posséder, mais qui ne se contente pas de la suffisance des sceptiques dogmatiques qui, sous prétexte de « tolérance », prétendent « savoir » que  l’on « ne peut rien savoir » ou que « chacun a sa vérité ». Alibi de l’inertie et du conformisme.

La liberté est aussi la liberté étrange et proche de l’homme qui a rencon­tré l’absolu ou qui l’a entrevu, expérience d’une douceur singulière et quel­que­fois d’une douleur singulière (O llama de amor viva, que tiernamente hieres…).

Et nous n’oublions pas, la liberté politique, qui est selon Montesquieu, « la liberté de faire ce que les lois permettent », et qui ne va donc pas sans un respect intelligent de la loi, sans un véritable « règne de la loi » qui libère bien plus qu’il n’asservit."

... à méditer ...

Le règne de la loi qui libère bien plus qu'il n'asservit selon Montesquieu ...

Il y a quelques années, un des sujets de philosophie proposés en France aux séries technologiques du baccalauréat était :

La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Qui la fait ? qui la défait ? qui l'applique ? 

Et peut-être aussi et surtout : pourquoi des lois ? 

Serait-on plus libre ou moins libre sans des lois ?

Pourquoi circule-t-on à gauche ou à droite ? (autoplus.fr)

















C'était mon 4e lien Fadosi continue: Abécédaire du monde d'après : L comme Loi, vendredi 1e juillet 2022
et que penser de ces politiques qui veulent supprimer le code de la route ?

En troisième proposition, juste avant ce L comme Loi, il y avait un de mes poèmes inspiré de la légende de Orphée et Eurydice et que je dédie toujours aux femmes empêchées  


Tu voulez savoir, Orphée
lequel du son de ta lyre
ou de l'attrait de ta personne
motivait l'élan d'Eurydice.

Tu voulez savoir Orphée,
ce qui nourrissait,
de la musique ou de l'amour,
son élan vers la liberté.

Tu voulez tant le savoir
que tu en as oublié
d'en respecter la condition :
liberté contre vérité.

Ta musique, tu le croyais,
nourrissait l'amour d'Eurydice.
Ton amour n'a pas résisté
à ton ego ou à tes doutes.

En vérité pour Eurydice
ta musique l'a libérée.
Et si l'amour t'a pétrifié,
il en reste la partition.
©Jeanne Fadosi, mercredi 16 août 2023
pour le  nid des mots de abécé de septembre 2023

Et celui-ci, hélas plus que jamais d'actualité :

Vivre !

Les rêves
Comme les coquilles
sont fragiles

Quand la vie, toute vie
est pilonnée
massacrée
négligée
méprisée
abandonnée

que peut-il rester d'espoir ?
Quelle parole de réconfort ?

Une prière dérisoire,
une infinie lassitude.

Redonner une étincelle de soufle
à ceux qui ont tout perdu
redonner du sens à la vie
semer de la poudre de magie ...

L'obsolescence est programmée,
ma baguette en panne

Pourtant 
en mon coeur une toute petite voix,
au fond de mes pupilles une toute petite lueur
disent et écrivent
même plus "Espoir"
simplement "Vivre !"

L'âme et le corps tendus
vers un futur mature
où ces mots d'évidence
devenus dive transparence
effaceraient ce temps
du danger de les marteler
ces mots aspirés
par un trou noir
pour quel temps ? provisoire,

Liberté de penser,
Liberté d'exister.
©Jeanne Fadosi, mardi 13 décembre 2016,
modifié jeudi 15 dé cembre 22h42

Et j'aimerais aussi rappeler, comme une bouteille à la mer, l'article 13 de la

Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 217 A (III)

du 10 décembre 1948


Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.


"Cette liberté n’est pas absolue et fait l’objet de restrictions."

parce que :
"Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies"

Paul Éluard*, Gabriel Péri, Au rendez-vous allemand, 1944

Vous pouvez retrouver la totalité du poème  ici Clic --->


* Oui je sais, deux ans avant sa mort en 1952, Paul Eluard a commis une Ode à Staline en 1950, (sincèrement aveuglé par ce qu'on lui donnait à voir lors de ses voyages en URSS comme délégué de l'association France-URSS ou "poésie de circonstance" ?) Ce n'est pas ce qu'il aurait fait de mieux. Ce texte ne figure dans aucune de ses publications et sa facture en est bien éloignée du talent poétique qu'on lui connait ailleurs. 
Et quand bien même. Que connaissait-on vu d'ici de l'URSS et des communistes ? Que sans le front de l'Est et le renversement de la guerre, et les résistants de l'Intérieur de la France, tels le groupe Manoukian et tant d'autres, les alliés occidentaux auraient-ils pu vaincre Hitler ? Que savait-on du Goulag vu d'ici ? Rien. 
Est-ce une raison pour occulter tout le reste ?
Paul Éluard — Wikipédia, 1895 - 1952, poète français

jeudi 26 mars 2026

Jeudis en poésie : La lune est morte, de Jacques Mareuil, musique de Georges Liferman* chantée par Les Frères Jacques

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...  

Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le !
Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

Puisque à la barre des CROQUEURS DE MOTS, le sujet du défi 323 que je vous propose cette quinzaine dans le sillage de la semaine de la francophonie et de la langue française nous suggère entre autre d'alunir, je poursuis mon partage poétique avec cette chanson des Frères Jacques (je n'ai pas trouvé quels en étaient les auteurs*) qu'ils ont chanté en concert au Châtelet en 1968 alors que les Américains avaient ou allaient réussir à faire tourner trois hommes autour de la lune avant d'en faire alunir d'autres le 21 juillet 1969.

* par un petit miracle de la Websphère ou par mon manque de compétence à poser les bonnes requêtes quand j'ai réédité ce poème, j'en étais restée à cette ignorance. Il faut avouer que j'étais plus intriguée par la vérification de la date "1968", soit étrangement avant les premiers pas sur la lune. Hors j'avais sans doute la réponse sous les yeux à moins que le visuel de la vidéo remise en lien sur le titre ait été complété entretemps. Après tout j'imagine que l'écoute des clips doit déclencher des alertes.
J'ai donc le grand plaisir de rendre aux auteurs ce qui leur appartient :
Les paroles sont de Jacques Mareuil, 1917 - 2003, acteur, auteur et parolier français
La musique est de Georges Liferman, 1922 - 2018, compositeur et parolier français


on peut lire avec le son lien par le titre ou celui-ci La lune est morte

les frères jacques la lune est morte           
 
Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte, la lune est morte
Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte ce soir

Un homme marche sur le sol
De ce vieux miroir de vos rêves
Et c'est votre cœur que l'on crève
La corde qu'on vous passe au col

Il va falloir aller plus loin
Par delà des millions d'étoiles
À la recherche de l'étoile
Qui vous fera rêver demain

Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte, la lune est morte
Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte ce soir

Comme une fleur de tournesol
On a mis la Lune en bouteille
Et les enfants de la corbeille
Ont applaudi comme à guignol

Un homme marche sur le sol
De ce vieux miroir aux merveilles
Dans mon jardin depuis la veille
Ne chante plus le rossignol

Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte, la lune est morte
Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs
La lune est morte ce soir

Les Frères Jacques, quatuor vocal français actif de 1946 à 1982

image dégotée par nôt' cap'tain Dômi
en lançant notre nouvelle campagne de pêche aux mots, novembre 2024

dimanche 22 mars 2026

Déficroq 323 (n°13 2025-26) : 1984

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...  

 à la barre des CROQUEURS DE MOTS, le sujet du défi 323 que je vous propose cette quinzaine dans le sillage de la semaine de la francophonie et de la langue française consiste à s'appuyer sur les dix mots de dis-moi dix mots :

Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le !
Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

qu'est-ce qu'on fait avec ces dix mots ?
On écrit un texte (pas trop long), prose ou poésie, utilisant au moins trois de ces mots (à votre choix). Vous vous projetez (si vous le pouvez), vous imaginez, vous divaguez ... Vous pouvez aussi rembobiner et nous raconter comment vous imaginiez l'avenir il y a dix, vingt, trente ou quarante ou cinquante ans. Utopie, dystopie, sérieux, loufoque ... A votre gré dans les limites que nous respectons toutes et tous ici  

1964 !

Mais où avais-je la tête en rédigeant le sujet du défi de cette quinzaine ! Figurez-vous que c'est bien en cinquième que j'ai eu cette rédaction sur l'avenir. Mais c'était en 1963. Et que nous avions à nous projeter en 1983. 
D'ailleurs je vous en ai déjà parlé il n'y a pas si longtemps, début décembre 2024.

C'est l'été 1964 et je fais le tri dans mes affaires d'écolière. Ma chambre est petite et je n'ai pas la place de tout garder. Est-ce que je relis cette rédac écrite où l'on devait imaginer le monde en 1983 ou l'ai-je déjà rageusement mis à la poubelle comme les autres devoirs faits pour ce prof honni ?
Essayons de refaire l'exercice, avec mes souvenirs de cette époque, l'aide de 1964 — Wikipédia et les connaissances et expériences accumulées en plus de 60 ans.

1964, la course pour la conquête de la lune passionne à la radio et fait acheter des postes de télévision en noir et blanc qu'on n'appelle pas encore téléviseurs. Le président John Kennedy à son arrivée à la Maison blanche début 1961 relance le programme après le succès du premier vol en orbite du soviétique Youri Gagarine. Avant 1970, des astronautes vont alunir et planter le drapeau américain sur notre satellite convoité. Pour nous c'est de la littérature d'anticipation. Je relis avec délice les albums de Hergé Objectif lune et On a marché sur la lune, sans croire vraiment que cela deviendrait réalité en juillet 1969. Qu'en serait-il en 1984 ? Je ne m'en préoccupe guère en 64. Je suis plus attentive au développement des automates qui prendront leur part dans les usines pour les tâches ingrates ou dangereuses pour la santé comme par exemple dans l'atelier de peinture des usines automobiles. En visite à Paris j'avais été émerveillée dans je ne sais plus quel musée par des automates ressemblant à des humains tels des automates musiciens ou danseurs ou artisans. Des cartes ou des rouleaux astucieusement perforés, à l'instar des métiers à tisser permettaient de programmer des musiques et gestes différents. De là à les faire entrer dans les ateliers ! 
Sans connaitre le mot robot et celui d'humanoïde n'existant pas encore, je doutais si peu que ce ne serait plus de la science-fiction avant 1984 que dans ma rédaction j'avais doté un de ces outils d'accus rechargeables. ... expression que le prof avait rayé d'un épais trait rouge "accus" avec en marge, d'une écriture agressive de mon point de vue,  "mot inventé". Comment ne pouvait-il pas connaître le terme "accu" qui faisait partie dans son sens propre d'accumulateur électrique du vocabulaire que j'entendais quotidiennement de la part des ouvriers électriciens. Tout comme "auto" était passé dans le langage courant et qu'il ne serait venu à personne l'idée d'écrire comme au tout début du XXe siècle "voiture automobile". D'ailleurs mon auto sans chauffeur qui pouvait voler, il en avait trouvé l'idée utopique, mentionné en marge, sans que l'usage du mot "auto" ne soit épinglé.
1984, je m'étais abstenue de mentionner que je rêvais d'être photographe animalier ou romancier plutôt que "maîtresse d'école" et si j'aimais toujours le français, il n'était peut-être pas pour rien si je n'avais pas envie de devenir professeur. En 1964, si je connaissais par des magasines de vulgarisation scientifique l'existence d'énormes ordinateurs qu'on appelait encore à peine ainsi, comment aurais-je pu deviner qu'en 1984, j'aurais été en possession d'un micro-ordinateur à la pomme, sacrifice dans notre budget de jeunes salariés, après avoir initié élèves et collègues à l'informatique vers la fin de a décennie précédente dans des conditions rocambolesques, à raison d'un unique micro-ordinateur , après avoir utilisé la machine programmable à piste magnétique de l'intendance.
En 1963 ou 1964, pendant que je me voyais sans doute travailler, mes camarades de classe en 1963 se projetaient dans un continuum  subi ou choisi, qui en reprenant la ferme ou la quincaillerie familiale, qui en étant mère au foyer avec toute une ribambelles de gosses, dans une maison individuelle toute neuve avec un confort moderne et le téléphone.  
1984 ! Je ne connaissais pas le roman de George Orwell mais j'avais lu des extraits de Printemps silencieux de Rachel Carlson Printemps silencieux — Wikipédia, un salutaire écrit dystopique, de quoi faire réfléchir aux usages inconsidérés que nous faisions tous à l'époque du DDT.


Bonus : cadeau de Rose63 aux Croqueurs :

Dans l’alunir fragile de nos rêves en suspension
Naît une douce anticipation sans pression.
Le temps devient continuum, fluide et apaisant
Même au cœur d’un monde dit dystopique et changeant.
L’âme humanoïde apprend à ressentir
Chaque particule vibre pour mieux nous réunir.
On peut se programmer à voir le beau
Même sous un ciel sidéral un peu trop haut.
Car toute théorie finit par s’adoucir
Quand l’amour vient tout transmuter sans fuir.
Bien humblement
Bonne semaine
Rose

et l'adresse de l'article de Ecrisdelle envoie à une page qui n'existe pas. Voici le bon lien de sa participation : Les Ecrits d'Elle: Terrienne, je suis

jeudi 19 mars 2026

Jeudis en poésie : Ballade à la lune, de Alfred de Musset

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...  

Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le !
Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

qu'est-ce qu'on fait avec ces dix mots ?
On écrit un texte (pas trop long), prose ou poésie, utilisant au moins trois de ces mots (à votre choix). Vous vous projetez (si vous le pouvez), vous imaginez, vous divaguez ... Vous pouvez aussi rembobiner et nous raconter comment vous imaginiez l'avenir il y a dix, vingt, trente ou quarante ou cinquante ans. Utopie, dystopie, sérieux, loufoque ... A votre gré dans les limites que nous respectons toutes et tous ici 

Puisque à la barre des CROQUEURS DE MOTS, le sujet du défi 323 que je vous propose cette quinzaine dans le sillage de la semaine de la francophonie et de la langue française nous suggère entre autre d'alunir, je me prend à rêver d'un monde où la lune inaccessible faisait rêver les poètes 

Il est plus long  que l'extrait que j'ai appris par cœur au cours élémentaire. (et pour cause)
Voici cet extrait tel que je l'ai retranscrit dans mon anthologie personnelle.

BALLADE À LA LUNE

C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l’œil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N’es-tu rien qu’une boule ?
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir, ont-ils compté
Quel âge
À leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge,
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?

Qui t’avait éborgnée
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
À quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phœbé
La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n’en es que la face,
Et, déjà tout ridé,
S’efface
Ton front dépossédé.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours,
L’histoire
T’embellira toujours.

Et, toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T’aimera le vieux pâtre
Seul, tandis qu’à ton front
D’albâtre
Ses dogues aboieront.

T’aimera le pilote
Dans son grand bâtiment
Qui flotte
Sous le clair firmament,

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.

Et, qu’il vente ou qu’il neige,
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?

Je viens voir, à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Alfred de Musset, Premières Poésies, 1829 - 1835, éd. 1863





Pour lire ou relire le poème en son  entier :

Alfred de Musset, 1810 - 1856, poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique