petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ...
*vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon parefeu bloque.
I. Le chemin du cèdreJ’ai rencontré le cèdreNous nous sommes tous deux reconnus. Il m’a dit :« C’est toi, toi que je sais, dont les bras sont enduitsde ma résine blanche et dont les cheveux brillentde mes fines aiguilleset dont les poches craquentde mes pommes de cèdre… »Je n’ai rien dit.Mais son odeur à lui,d’encens, d’ambre et de cèdre,est bien ce que je sais comme il sait tout le reste.II. Le chemin du chêneJ’ai rencontré le chêne,le vieux chêne aux abeilles,Il a toujours le cœur ouvert, mais moins d’abeilles,moins de miel semble-t-il au fond de son cœur noir.Des essaims l’ont quitté peut-être –ou j’ai passé trop tard ce soir.Le chêne secouait sa vieille têtecomme un homme bien seul…III. Le chemin de l’ormeauJ’ai rencontré l’ormeau.Pas un ormeau célèbre,mais un ormeau sans ex-voto,tournant le dos à la route des hommes.Sa colonne de bois, rugueuse, nue, énorme,quelqu’un l’a-t-il jamais serrée entre ses bras ?Nous l’avions mesurée avec un fil de soiela colonne de bois qui ne s’arrête pasde grossir en silence.Mais grossir – qui jamais voit grossir un ormeau ?Tant de jours et de nuits, tant de soleil et d’eau,de paix, d’oubli, de chance…tant et tant !Entre les émondeurs, les chenilles, l’autan,J’ai rencontré la Patience.IV. Le chemin des genévriersJ’ai retrouvé mes petits genévriers,tordus, piquants roussis, cramponnés aux rocherscomme des acrobates.Ah! le bleu d’outremer de leurs petites baiesle long des couchants écarlates !Ils se hérissent, ronds ou si déchiquetésque tout le ciel traverseleurs petits corps fantasques.Le gazon ras joue au tapis de Persemais le vent s’y jette en bourrasque.Ici, les lièvres et les chèvresÉchappent aux hommes d’en basIci bleuissent les genièvrespour l’oiseau que l’on ne voit pas.Petit grain bleu, sauvage, amer,semé parmi les toisons roussesd’arbres nains que l’hiver rebroussecomme les oursins dans la mer.V. Le chemin du roseauPuis j’ai rencontré le roseau,le roseau vert qui dit : « Je plie et ne romps pas ».Les pieds dans l’eau,il se courbait si basque ses rubans encombraient le ruisseau.Il avait oublié son âme de pipeau.Son front vert saluait, saluait sans relâche,son dos se balançait comme un dos de serpentet jamais le soleil ne le voyait en face.Il disait aux pipas :« Je plie et ne romps pas, je plie et ne romps pas… »enfin, ce qu’il disait au chênede Monsieur Jean de La Fontaine.Et l’âne qui broutait l’a brouté tout de même.Je n’ai pas rencontré le baobab.
Sabine Sicaud, Les poèmes de Sabine Sicaud, 1958 (Recueil posthume)
| Le baobab sacré de Fadial au Sénégal Par Abrahami — Travail personnel, CC BY-SA 4.0 |


