petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...
Zaza à la barre du défi 325 des CROQUEURS DE MOTS nous met sur la trace d'"un vieux grimoire de recette de vin dans un domaine vinicole."
Baudelaire a réservé tout un chapitre de cinq poèmes sur le vin, et figurez-vous qu'ils n'ont même pas effarouché la censure, non, non car on les retrouve tels quels dans les éditions de 1857, 1861 et 1868.
Alors pour faire suite à mes choix impertinents de la semaine dernière pour Pater noster et La cène de Prévert, voici celui-ci :
LE VIN DE L’ASSASSIN
Ma femme est morte, je suis libre !Je puis donc boire tout mon soûl.Lorsque je rentrais sans un sou,Ses cris me déchiraient la fibre.Autant qu’un roi je suis heureux ;L’air est pur, le ciel admirable…Nous avions un été semblableLorsque je devins amoureux !L’horrible soif qui me déchireAurait besoin pour s’assouvirD’autant de vin qu’en peut tenirSon tombeau ; — ce n’est pas peu dire :Je l’ai jetée au fond d’un puits,Et j’ai même poussé sur elleTous les pavés de la margelle.— Je l’oublierai si je le puis !Au nom des serments de tendresse,Dont rien ne peut nous délier,Et pour nous réconcilierComme au beau temps de notre ivresse,J’implorai d’elle un rendez-vous,Le soir, sur une route obscure.Elle y vint ! — folle créature !Nous sommes tous plus ou moins fous !Elle était encore jolie,Quoique bien fatiguée ! et moi,Je l’aimai trop ! voilà pourquoiJe lui dis : Sors de cette vie !Nul ne peut me comprendre. Un seulParmi ces ivrognes stupidesSongea-t-il dans ses nuits morbidesÀ faire du vin un linceul ?Cette crapule invulnérableComme les machines de ferJamais, ni l’été ni l’hiver,N’a connu l’amour véritable,Avec ses noirs enchantements,Son cortège infernal d’alarmes,Ses fioles de poison, ses larmes,Ses bruits de chaîne et d’ossements !— Me voilà libre et solitaire !Je serai ce soir ivre mort ;Alors, sans peur et sans remord,Je me coucherai sur la terre,Et je dormirai comme un chien !Le chariot aux lourdes rouesChargé de pierres et de boues,Le wagon enrayé peut bienÉcraser ma tête coupableOu me couper par le milieu,Je m’en moque comme de Dieu,Du Diable ou de la Sainte Table !
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, Le vin
Charles Baudelaire — Wikipédia, 1821 - 1867, poète français