Fadosi continue
Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023 (clic sur le lien pour comprendre ... un peu)
dimanche 21 juin 2026
Fête des pères
jeudi 18 juin 2026
Jeudis en poésie : Le chemin des arbres, de Sabine Sicaud
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ...
*vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon parefeu bloque.
I. Le chemin du cèdreJ’ai rencontré le cèdreNous nous sommes tous deux reconnus. Il m’a dit :« C’est toi, toi que je sais, dont les bras sont enduitsde ma résine blanche et dont les cheveux brillentde mes fines aiguilleset dont les poches craquentde mes pommes de cèdre… »Je n’ai rien dit.Mais son odeur à lui,d’encens, d’ambre et de cèdre,est bien ce que je sais comme il sait tout le reste.II. Le chemin du chêneJ’ai rencontré le chêne,le vieux chêne aux abeilles,Il a toujours le cœur ouvert, mais moins d’abeilles,moins de miel semble-t-il au fond de son cœur noir.Des essaims l’ont quitté peut-être –ou j’ai passé trop tard ce soir.Le chêne secouait sa vieille têtecomme un homme bien seul…III. Le chemin de l’ormeauJ’ai rencontré l’ormeau.Pas un ormeau célèbre,mais un ormeau sans ex-voto,tournant le dos à la route des hommes.Sa colonne de bois, rugueuse, nue, énorme,quelqu’un l’a-t-il jamais serrée entre ses bras ?Nous l’avions mesurée avec un fil de soiela colonne de bois qui ne s’arrête pasde grossir en silence.Mais grossir – qui jamais voit grossir un ormeau ?Tant de jours et de nuits, tant de soleil et d’eau,de paix, d’oubli, de chance…tant et tant !Entre les émondeurs, les chenilles, l’autan,J’ai rencontré la Patience.IV. Le chemin des genévriersJ’ai retrouvé mes petits genévriers,tordus, piquants roussis, cramponnés aux rocherscomme des acrobates.Ah! le bleu d’outremer de leurs petites baiesle long des couchants écarlates !Ils se hérissent, ronds ou si déchiquetésque tout le ciel traverseleurs petits corps fantasques.Le gazon ras joue au tapis de Persemais le vent s’y jette en bourrasque.Ici, les lièvres et les chèvresÉchappent aux hommes d’en basIci bleuissent les genièvrespour l’oiseau que l’on ne voit pas.Petit grain bleu, sauvage, amer,semé parmi les toisons roussesd’arbres nains que l’hiver rebroussecomme les oursins dans la mer.V. Le chemin du roseauPuis j’ai rencontré le roseau,le roseau vert qui dit : « Je plie et ne romps pas ».Les pieds dans l’eau,il se courbait si basque ses rubans encombraient le ruisseau.Il avait oublié son âme de pipeau.Son front vert saluait, saluait sans relâche,son dos se balançait comme un dos de serpentet jamais le soleil ne le voyait en face.Il disait aux pipas :« Je plie et ne romps pas, je plie et ne romps pas… »enfin, ce qu’il disait au chênede Monsieur Jean de La Fontaine.Et l’âne qui broutait l’a brouté tout de même.Je n’ai pas rencontré le baobab.
Sabine Sicaud, Les poèmes de Sabine Sicaud, 1958 (Recueil posthume)
| Le baobab sacré de Fadial au Sénégal Par Abrahami — Travail personnel, CC BY-SA 4.0 |
mercredi 17 juin 2026
Abécédaire désordonné des plantes d'été : Oe comme Œnanthe safranée
| œnanthe safranée ou œnanthe crocata Par Ian Alexander — Travail personnel, CC BY-SA 4.0 |
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lundi 15 juin 2026
Pour les rondes du lundi soir
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ...
*vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon parefeu bloque.
Assise devant mon clavier posé sur le frêle meuble à couture,Je convoque des mots innocents, ceux du poète pour honorer Gabriel Péri.
Ma page reste blanche.
Quel bonheur du jour prêté au poèteOuvrait la vanne du réconfort ?
"Il y a des mots qui font vivreet ce sont des mots innocents,le mot chaleur le mot confianceAmour justice et le mot libertéLe mot enfant et le mot gentillesseEt certains noms de fleurs et certains noms de fruits..." (1)
Ma maison de confort est modesteLoin des chaos et du malheur.Aucun mot léger ne s'invite sous mes doigts.Ce matin une voix a cité AlainJe convoque l'image mentale des pupitres taguésQui sentaient bon la cire et l'encre violetteDans ces anciennes classes où peut-être étudiaCe philosophe du bonheur.
"C'est un devoir d'être heureux"(2)
Je m'y exerce et n'y arrive plus.La plaie béante du Monde cicatrisera-t-elle ?
"Dehors la terre se dégradeDehors la tanière des mortsS’écroule et glisse dans la boueUne rose écorchée bleuit."(3)
Aux ventres réarmés ! nouveau-nés tout fripés
Petits en devenir serez-vous l'avenir ?
Vos têtes pourvoyeuses de données pour l'IA ?
Vos corps, vos corps, chairs à canons ?
"Crie fort et marche droit"(4)
Je n'ai plus l'énergie de m'indignerArriverai-je encore à marcher droit ?Je n'ose même plus crier !
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| Gustave Courbet, Le désespéré, 1843 |
jeudi 11 juin 2026
Jeudis en poésie et le nid des mots, Les vieux tilleuls, de Sabine Sicaud : une merveille
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ...
*vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon parefeu bloque.
Puisque nôtre âmirâle Dômi nous a proposé une petite pause avant le dernier défi de la saison 25-26, restons auprès de mes arbres et en particulier du vieux tilleul. Ce mardi je suis passée à quelques kilomètres de ce fameux pré mais hélas, je n'avais pas le temps de faire un détour pour voir s'il était toujours debout ... ou pas.
J'ai déjà partagé la poésie de Sabine Sicaud, Fadosi continue: Jeudis en poésie : Le cinéma, de Sabine Sicaud si précoce et au destin si tragique
Il me semble aussi que l'émerveillement de cette jeune fille envers la vie et la beauté, alors qu'elle se savait condamnée par la gangrène, me semble illustrer le thème de abc
pour Le nid des mots de abécé, thème de juin 2026 à publier sur votre blog, le vendredi 12 juin 2026, avant 10h : "l'émerveillement : hommage rendu à la beauté"
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| pour Le nid des mots de abécé |
Dernière minute : Merveilles avec David Hockney | France Inter, rediffusion de ce vendredi soir 12 juin 2026, le peintre vient de mourir (partage en ligne ici samedi vers 9h)
Peut-être, quelques temps, des gens se trouverontPour dire : « Il était là des arbres vénérables » ;Mais d’une ombre si large, et fraîche, et secourable,Au seuil de ces maisons lasses, courbant le front ;D’une branche frôlant dans un geste qui berceLe mur du vieux couvent doucement assoupi ;De ce vert qu’ils avaient, un soir, sous une averse ;De ce blond de miel vierge et de jeunes épisQu’ils prenaient dans le mois des fleurs et des abeilles ;De tous ceux qui vers eux tendirent leurs corbeilles ;De ceux-là qu’enchantait on ne sait quoi d’ancien,Un air que chaque chose, autour, avait fait sien,Air d’hospitalité, de paix, de bonhomie,Qui donnait à la ville une figure amie,De tout ce qui s’en va quand le bûcheron vient,Qui donc se souviendra comme je me souviens ?Ô Baucis, dormiez-vous sous l’écorce moussue ?Que l’on vous ait chassée à coups de hache, hier,Une femme en tremblant s’en est-elle aperçue !…Quelqu’un a-t-il senti que le deuil de l’hiver,Le poids des été lourds, une angoisse inconnue,S’emparaient aujourd’hui de cette place nue ?Un mur, de la poussière et des rails… Il fut làDe la sève montante et des bourgeons lilas,Et toute la douceur d’une vieille avenue…Il fut des jours d’automne en robe de galaEt des matins charmants pleins de nids qui s’éveillent,Et des coins où jasaient en rond de bonnes vieillesDont quelqu’une à ses doigts laissait pendre un fuseau,Et, lorsque la fraîcheur qui flotte sur les eauxVenait de la rivière un peu haute la veille,Il fut, s’effilochant le long du vieux rempart,Des crépuscules bleus de sous-bois pleins de sèves…Sauf aux pays sans doute où les vieux arbres rêvent…Vieux arbres dont le temps, sous nos regards, s’achève,Charme de ce mot « vieux » qu’on s’explique plus tard…Est-ce vrai qu’à cette heure, il n’attriste personneCe chemin désormais grand ouvert aux départs ?Une gare… un fanal… une cloche qui sonneEt tant de hâte, hélas ! vers quels nouveaux destins…Une autre cloche, ici, tintait chaque matin,Chaque soir, et souvent dans la claire journée,Avec ce rythme lent d’oraisons égrenées,Cette voix des couvents derrière des murs gris.Mais le gris de ces murs était voilé de branches,Les cigales, dehors, chantaient le beau dimanche,Et des parfums semblaient tomber du ciel fleuri…Ce parfum des tilleuls, vous n’avez pas comprisCe qu’il glissait peut-être en des murailles closes ;Parfum qui tient de l’ambre et du sureau, des roses,Du genêt, du foin mûr, un peu de l’oranger,Parfum moite et sucré dont la mouche s’enivreEt qu’au-dessus des trois secoue un vent léger,Parfum qui faisait croire à la douceur de vivre…Peut-être quelques-uns de vous se souviendrontD’une tisane blonde où ce parfum persiste.Mais les vieilles maisons!… Les vieilles maisons tristes,Si laides tout à coup, lasses, penchant le front,La coiffe de travers, l’âme dépaysée,Les maisons de la rue, en aurez-vous pitié ?Il fallait, voyez-vous, devant cette croisée,Des essaims bourdonnants, les signes d’amitiéD’un vieil arbre qui bouge, et de l’ombre, et des feuilles,Cette obscurité verte où midi se recueille,Une échelle et des fleurs à cueillir librement,Pour que ces vieux logis eussent leur raison d’être…Ô Tilleuls reflétés au creux d’une fenêtre,Vous tombez, et voici rompu l’enchantement.Tout est dit… Qu’à leur tour, les vieilles maisons croulent.Un coup de pioche, et là, d’autres maisons demain…Qu’importe le rêveur égaré dans la fouleQui suivait l’ombre douce et flânait en chemin…
Sabine Sicaud, poèmes
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| Tilleul de Linn en Suisse, âgé de 500 à 600 ans cliché Stefan Wernli — Travail personnel, CC BY-SA 2.5 |


