Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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lundi 20 novembre 2017

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Défi n°195 : Le tableau de famille

Josette à la barre du défi n°195 des CROQUEURS DE MOTS nous dit :
Je vous présente Edmond !A partir de ce tableau (vu dans une brocante) racontez une histoire courte avec les mots incorporés : "Ciel, chaussure, coq, couronne et crapaud."
- Un tableau de famille tu dis ? Mais quelle famille ?
- Pourquoi cette question mon Crapaud ?
- Voyons Mémé, tu vois bien qu'il n'y a aucune ressemblance ! Si, toi je te reconnais dans ta maman. Comme d'habitude tu ne dis rien. Je veux dire elle ne dit rien. Enfin, tu t'es bien rattrapée depuis que tu dis que Pépé est monté au ciel. Lui disait toujours il n'y a rien à en dire. Racontes-moi encore, Mémé ...
- Tu me l'as demandé tant de fois ! Je te l'ai raconté tant de fois !
- A chaque fois tu ajoutes un petit bout. J'ai l'impression d'un puits sans fond !
C'est ce qu'est l'Histoire de l'Humanité tu sais. Que veux-tu encore savoir sur ton grand-père Edmond ?
- Peut-être d'où lui vient ce prénom vieillot ? Avec sa couronne de cheveux roux et ses yeux bleus j'aurais plutôt imaginé Gael ou Tony.
- Pourquoi Anthony ? ...  Marie !
- Oui maman ?
- Je t'avais pourtant prévenue que ton fils était trop jeune pour aller voir Philomena* ! tu aurais mieux fait de lui acheter des chaussures !
- Je sais maman, mais il n'est jamais trop tôt pour dire le vrai. A hauteur de compréhension et des demandes évidemment. Pourquoi aurais-tu descendu du grenier ce tableau oublié alors ?
- ...
- Oh arrête de bougonner, tu sais bien que j'ai raison. Et puis arrête aussi avec ces surnoms ridicules.
- Tu ne voulais déjà pas de Petit coq.
- Ni Crapaud, ni Coq, maman, ni prince, ni chef de clan ! Un enfant maman. Juste un petit garçon qui demande d'où il vient pour avancer sur sa route.

* Philomena, film de Stephen Frears, 2013, adapté du roman de Martin Sixsmith portant sur le sort  des enfants et des mères hors mariage en Irlande jusque dans les années 1970.
Sur le même sujet, The Magdalene Sisters, film de Peter Mullan, 2002.


vendredi 17 novembre 2017

Visage, visages

Pour la page 90 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Adamante


L'eau bleue sur le sable
dessine le visage
d'une antique statue maya

Elle a le profil égyptien
au pays d'autres pyramides
le front bombé
l'oeil amusé ou las.

Que dit-elle si fort ?
est-ce son souffle
ou sa colère ?

la mouche en coeur
insolante
sur son nez
l'agace.

Un minuscule papillon blanc
de ses ailes froisse
sa matière grise.
Là siège non seulement les limbes de la raison mais aussi toutes les émotions, le berceau des sentiments, l'origine du vivre ensemble.
©Jeanne Fadosi, mercredi 15 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 91 de L'Herbier

image pour l'herbier 91, sans titre

Exposition "Maya de l'aube au crépuscule",
Musée du Quai Branly 2011



jeudi 16 novembre 2017

J'écris avec l'encre, de Germaine Beaumont

Josette à la barre du défi n°195 des CROQUEURS DE MOTS nous dit
pour "jeudi poésie" les 16 et 23 novembre je vous propose des couleurs...choisissez la votre !
J'aurais pu avec Rimbaud, décliner les voyelles en couleurs, j'espère que d'autres croqueurs le feront. J'aurais pu rééditer la charmante comptine des crayons de couleurs.


J'écris avec l'encre

J'écris avec l'encre noire, les chagrins de tous les jours,
Et leur trame sans histoire, et leur éternel retour...
J'écris le deuil des saisons et le mal de la raison,
Et le jour près de s'éteindre.

J'écris avec l'encre verte un jardin que je connais
J'écris les feuilles de l'herbe que le printemps remuait...
J'écris la lumière douce des chemins de mon pays...

Avec l'encre violette, j'écris les soirs de bruyère
Sur les terres désolées et j'écris les âmes fières
De n'être pas consolées

J'écris avec l'encre rouge tous les feux qui m'ont brûlée
Et tous les rubis qui bougent dans le fond des cheminées,
Et le soleil qui se couche sur ses plus longues journées,
Et toutes les roses qui sur la mer s'en sont allées.

J'écris avec l'encre bleue le vol du geai dans les bois
J'écris la mer un dimanche et sa frissonnante voix.

Germaine Beaumont, 1890 - 1983



mercredi 15 novembre 2017

la corneille de Saint-Corneille

Pour ce prénom du mercredi qui porte le nom d'un oiseau, je renouerai avec le fil conducteur de la récré à Bigornette tout en faisant étape dans une province de France riche d'Histoire. la grande, pas toujours reluisante et plus précisément à Compiègne, ville impériale et dans la clairière de Rethondes.

Corneille
sur sa corniche de pierre
veille 
sur les livres de Pierre
les vers du grand Corneille
que tiraille la vengeance
"Rodrigue as-tu du coeur ?"
A quelques encablures d'ailes
corneille s'envole
et veille
sur l'espoir de la paix
restée depuis en chantier.

Le wagon
symbole d'affront
à la mémoire assassinée
par un excité au bras levé
disant venger
son (?) pays humilié
et par un maréchal effondré
ayant perdu sa dignité
et sa liberté de penser.
"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?"
un vingt-deux juin quarante
la signature infâmante
d'un vieillard sans états d'âme
pour le diable vendait son âme
livrant la France à des vainqueurs
menés par un dictateur
mettant l'Europe aux abois
à sa botte au pas de l'oie.

le wagon est redevenu musée 
en même temps que mémorial
immémorial
pour ne jamais oublier

Compiègne depuis la bibliothèque Saint Corneille

* Le Cid, tragi-comédie, 1637 (puis tragédie dans sa version définitive, 1661) célèbre de Pierre Corneille, 
Pierre Corneille, dit "le Grand Corneille", 1606 - 1684, dramaturge et poète français
Compiègne, sous-préfecture du département de l'Oise (60), région Hauts de France, ancienne province de l'Isle de France, à la limite des pays du Valois et du Soissonnais
Abbaye Saint-Corneille de Compiègne. après restauration, elle abrite depuis 2007 la bibliothèque Saint-Corneille, l'une des trois bibliothèques municipales de Compiègne.
La clairière de l'armistice ou clairière de Rethondes, clairière ou se situait le wagon dans lequel ont été signés les armistices du 11 novembre 1918 et du 22 juin 1940

pour ne pas perdre nos habitudes gourmandes : quelques spécialités culinaires de l'Oise


dimanche 12 novembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°195 en partance chez ??? ... chez Josette

Dimanche je programmais

Ohé Matelots, Capitaine Domi a confié la barre de la goélette des Croqueurs de Mots à Lénaïg à sa demande pour le défi 194. Alors je me pose la question, qui va tenir la barre du défi n°195 ? Josette, comme l'a suggéré Domi en septembre Clic---> ou on décale tout d'une quinzaine et c'est Domi qui s'y colle ?

C'est bien Josette qui tient la barre du défi n°195 et quelle barre ! de quoi découvrir lundi prochain des petits textes fort différents les uns des autres.


samedi 11 novembre 2017

Douceurs d'enfance

Le thème de novembre du Nid des mots à publier le samedi 11 novembre est "Caramels mous"

caramels d'enfance
se rappellent au souvenir
de mes dents gâtées

Je n'en ai pas abusé
C'est le fait d'autres carences.

C'est peu poétique
et balaie la nostalgie
de le dire ainsi,

Ou la piqure de rappel
des jeudi au cinéma*.


*Allusion à la délicieuse chanson d'Annie Cordy, bonbons caramels esquimaux chocolats, 1953. Il est peut-être aussi utile de préciser aux plus jeunes que en France c'est en 1972 que le jeudi de récréation des écoliers a été remplacé par le mercredi (pour info un article bien documenté Clic --->)








vendredi 10 novembre 2017

Espoir ?

Pour la page 90 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Jamadrou avec ces mots :
La trame d'une histoire ?
C'est drôle, c'est funny,
un patch work de points de croix.
Bizarre et joyeux.
Comme si chaque carré était ajouté par un brodeur passant l'ouvrage de main en main, à une ou un autre et un ou une autre encore. Sans plan d'ensemble.
Pourtant les couleurs,
pourtant cette mosaïque
créent une harmonie
Résisteront-elles ensemble
au patient désassemblage
de Pénélope remontant les aiguilles du temps dans le silence et la solitude de la nuit. Ce temps inexorable ne ramènera pas Ulysse. Elle sait que les fins heureuses n'existent que dans les légendes.
Pourtant rien ne musèle
ses lèvres et le chant d'espoir
de la nuit des temps
surgissant à chaque fois
qu'il faut se lever aussi*.
©Jeanne Fadosi, mercredi 8 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 90 de L'Herbier

photo et ouvrage de Jamadrou


* allusion à la chanson de Bernard Lavilliers et Jeanne Cheral, L'espoir, album 5 minutes au paradis, 2017 Clic --->
Cette chanson est un hommage au poème de Paul Eluard, Liberté Clic --->