Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, combien en 2018 ? 20 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (info du 12 février) 30 au dimanche 3 mars, soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 21 mars 2019

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

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Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

J'attends plus

Marie Chevalier à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°217 nous emmène dans les coulisses de scènes de ménage. Comme Marie n’avait toujours pas d’idée, Dômi a envie de compliquer un peu les choses …
"Je vous demande un petit poème de votre cru avec les mots suivants : peau - resto bateau - plateau chapeau château gâteau - râteau carreau"

Vous le savez, j'aurais préféré partager une poésie choisie. Inutile de vous dire qu'en trouver une qui réunisse tous ces mots était impossible. Peut-être d'ici jeudi prochain (j'écris mercredi 13 mars) je pourrais en lier quelques-uns à un poème de mon choix. J'ai déjà trouvé un merveilleux texte en pros de Baudelaire pour le gâteau et un charmant poème de Robert Desnos pour le bateau. J'ai aussi l'immodestie de vous renvoyer le mot peau au fauteuil à bascule que j'ai mis en ligne vendredi 8 mars.
Je me suis amusée "A la manière de Jill ou de Dômi", pour dérider Alfred et les George.

En poireautant devant l' resto
où j'avais pris un râteau
j'ai glissé sur une peau 
de banane, c'est pas d'pot !
Je suis resté sur le carreau
j'en ai froissé mon chapeau
et renversé le plateau
d'un serveur qui am'nait un gâteau
avec un prestigieux Château.
Dring "Chéri où es-tu ?
J'attends, t'en souviens-tu ?
Sur la passerelle de ton bateau !"


peau : Jeanne Fadosi, Le fauteuil à bascule
bateau : Robert Desnos, Un petit bateau
gâteau : Félix Mayol, Elle vendait des p'tits gâteaux
râteau : Bénébar, Les râteaux
chapeau : Jacques Prévert, Déjeuner du matin
carreau : Serge Lama, Le laveur de carreaux
château : Arthur Rimbaud, Ô saisons, ô châteaux !
et si vous avez plus de temps, Théophile Gautier Le château du souvenir
resto : ça n'a pas été de la tarte pour ma recherche. Que des noms de restaurants s'appelant le poème de ceci ou ayant emprunté le nom d'un poète. Alors j'ai fait la requête slam, resto pour trouver des liens sur les restos du coeur
plateau : je n'ai pas trouvé de requête adéquate m'orientant vers un poème tant ce mot renvoie à la scène. J'ai même trouvé un festival le plateau des poètes qui aurait 150 ans !!! mais avec un avertissement de mes pare-feux. Mais je suis têtue, certains diront obstinée. Alors j'ai tapé plateau des Glières, poème. C'est là qu'en quatrième occurrence m'a été livré le lien vers le discours de Malraux au plateau des Glières pour la pose de la stèle le 2 septembre 1973.

mercredi 20 mars 2019

Odilon a choisi Vallon

Vallon  Pont d'Arc pour être plus précise, nouvelle étape de mon tour de France des prénoms du mercredi pour la Cour de récré de Jill Bill. Jill qui m'a donné des frayeurs hier lundi où les blogs ekla n'étaient pas joignables. Ouf, cela semble rétabli aujourd'hui !

Odilon donc crèche à Vallon
dans un rustique cabanon
près des ruines d'une tour
qu'il a acquis pour les vautours.

Car des vautours à leur retour
d'Afrique après leurs migrations
dont il fait grande observation
il en est tombé en amour.

De tout là-haut il domine
le grand canyon de l'Ardèche
et même s'il est toujours dans la dèche

jamais il ne renoncerait
à sa passion animalière
en plein ciel plutôt qu'en volière.

Vallon Pont d'Arc, commune du sud du département de l'Ardèche qui correspondait à l'ancienne province du Vivarais (voir aussi Vivarais - wikipedia), dans la région Auvergne-Rhône-Alpes
Gorges de l'Ardèche
Autres sites de vautours : les vautours des Causses et des Gorges (Cévennes, Gorges du Tarn) ; les vautours du Verdon (Drôme, gorges du Verdon)

Un Odilon célèbre : le peintre Odilon Redon, 1840 - 1916

Cuisine ardéchoise
Jean-Jacques Audubon, Vautour

De l'utilité des vautours :

Dans l'intimité du vautour (on peut couper le son, l'image se suffit à elle-même)  :

La liste des prénoms chez Jill Bill et Les liens du rassemblement
Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 18 mars 2019

Défi n° 217 : lettre de George à George

Marie Chevalier à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°217 nous emmène dans les coulisses de scènes de ménage avec la consigne suivante :
« Un(e) ami(e) de longue date vous demande de mentir à son (sa) conjoint(e)sur son emploi du temps du samedi dans la soirée.Elle veut que vous lui disiez que vous étiez ensemble … ce qui n’est pas le cas…. »
L'envie d'inventer une correspondance imaginaire entre deux George, deux femmes libres dans des sociétés où elles étaient alors (mais n'est-ce pas toujours le cas), pour leur liberté même, considérées comme scandaleuses.

Conventry, le 17 mars 1836,

Chère George Sand,

Votre lettre me va droit au coeur et je compatis à votre désespoir. J'ai regretté infiniment de vous avoir manqué lors de nos vacances vénitiennes alors que toute jeune fille, je rêvais déjà de rencontrer l'auteur de mes premiers livres de grande personne.  J'écris aussi vous savez mais il me semble bien difficile de publier un jour, encore moins en utilisant mon propre nom de femme.
Vous me demandez de faire comme si notre rendez-vous littéraire avait pu avoir lieu et je le ferais bien volontiers.
Êtes-vous sûre cependant qu'un tel mensonge serait pertinent ? Ce jeune blanc-bec vous doit tout son talent et dans ses derniers écrits, sublimes certes, - je les ai lu dans la bibliothèque du château de mon père -, il ne lui vient nullement à l'esprit qu'il puisse avoir des torts. N'est-ce pas pourtant lui qui le premier vous a trompée alors que vous étiez affaiblie par la maladie qui a vous a fait annuler notre rencontre ? Plus grave, je ne lui connais que des préoccupations d'enfant gâté à mille lieues de vos grandes idées sociales.
Je ne suis pas en position de vous conseiller mais il me semble qu'il convient de bien peser les conséquences positives et négatives d'une réconciliation après cette rupture où chacun de vous a déjà fait un bout de chemin.
Avec ma respectueuse considération, votre dévouée
George Eliot

ps du 18 mars
Je me suis inventée un voyage en Italie pour tenter d'amorcer avec vous cette correspondance épistolaire qui me ravit l'âme et l'esprit. M'en voudrez-vous si je vous en avoue l'inexistence ? Je faisais passer mes lettres par une amie moins contrainte que moi qui faisait ses études dans la même école de religieuses. Contrairement à elle qui n'entendait rien à la littérature étrangère mais partageait ses étés avec sa famille dans le sud de l'Europe, je ne quittais pas ma campagne anglaise. Comme vous le voyez, notre rencontre n'aurait pu doublement avoir lieu. Mais si vous y tenez, je suis prête à témoigner du contraire.
Aujourd'hui, ma mère se meurt et je crains de retourner chez mon père pour endosser un rôle bien prématuré de maîtresse de maison. Mon père a déjà prévu un précepteur et fort heureusement, il me laisse accès à sa bibliothèque fort bien pourvue des livres les plus récents. Je me vois déjà devenir vieille fille. C'est peut-être cette crainte qui me rend si prudente à l'égard de votre envie de raccommoder votre histoire avec votre Alfred.
J'attends avec impatience de vous lire si vous ne me tenez pas rancune de ces mots de sincérité.

George Eliot, 1819 - 1880, romancière britannique, l'un des plus grands écrivains victoriens
George Sand, 1804 - 1876, romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste française
Alfred de Musset, 1810 - 1857, poète et dramaturge français, amant de George Sand de 1833 à 1835

Vermeer jeune fille écrivant, 1665


vendredi 15 mars 2019

Le temps presse

"Le temps presse", c'est ce que j'écrivais en introduction d'un texte mis en ligne aux premiers temps de mon premier blog et écrit en 2006 et réédité ici en mai 2018.

Le soir de l'aube et de la terre

Des volutes blafardes,
A l'aube vacillante,
Font un cocon précaire
Aux bourgeons frissonnants.
Le trille volubile
S'éteint avec le jour,
Tandis que pas à pas
L'obscur cède à l'aurore.
Ombre indécise encore
Qui tantôt insolente
Enchantera l'espace
De ses verts éclatants,
En cet instant infime
Où s'évitent deux mondes,
La nature s'ébroue,
Aux hommes indifférente.
Oh, dormeurs inconscients
De cette agonisante !
Oh, dormeurs insouciants
Des destins qu'elle enchante !
©Jeanne Fadosi, octobre 2006, 7 décembre 2008


Père Jean

Pour la page 138 de l'Herbier de poésie

Qui vient vers eux, joyeusement salué par l'une et faisant tourner une autre tête tandis que la troisième, attentive au tout jeune No en quête de bras et de la tendresse de tout un village, lui dit doucement de laisser le père Jean tranquille. Nu-pieds dans ses sandales, pli soucieux au front, le père blanc hésite.

La nuit est tombée
les chants sacrés se sont tus.
Ils arrivent bien tard.

Celle qui vient vers eux est Awa, la femme-médecine, qui s'est battue les jours passés à ses côtés pour arracher le petit No à une crise sévère de paludisme.  C'est l'homme qui l'accompagne ce soir qui intimide le révérend père, avec sa toute petite croix de bois sobrement accrochée au revers de sa saharienne, alors que la sienne fanfaronne sur son plastron blanc. Awa, sans relâche, soigne petits bobos et grandes maladies. L'hôpital est à plusieurs jours de marche à travers la brousse. Dans sa sagesse, elle sait bien les limites de son savoir et de ses pouvoirs.

La modernité
ce serait un dispensaire
auprès de l'école.

Qu'importe si le projet est soutenu par une autre chapelle. Les bras tendus de No ont fini de le convaincre. En accueillant Albert Schweitzer1 ce soir, le père Jean est entré en désobéissance. Sa hiérarchie très catholique lui a signifié son refus d'un partenariat dans une lettre qui l'a dévasté. Une lettre qui lui est parvenue au milieu de leur dernière bataille pour la vie. Il est bien loin le temps des images d’Épinal et du séminaire qui ont forgé sa vocation d'aller évangéliser les troupeaux égarés pour leur porter la vérité universelle. Il est bien loin aussi des obsessions de sa tutelle ecclésiale. Après tant d'années d'Afrique loin des cercles de pouvoir des colons et des chefs locaux, il souhaite enfin être vraiment utile aux villageois, concrètement utile.

Combien d'âmes nobles
se sont-elles affranchies
des bas intérêts ?

Libérées des certitudes,
enrichies des différences.

©Jeanne Fadosi, jeudi 14 février 2019
pour l'herbier de poésies 138
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 136 de L'Herbier

Acrilique sur papier froissé, Adamante Dosimoni
"Une proposition que je viens d'envoyer à un ami éditeur 
qui m'a demandé une église, un père blanc et des enfants d'Afrique
pour la couverture d'un livre qu'il doit sortir bientôt.
J'attends le verdict car je peux trouver d'autres approches
"On gratte" comme on dit !"
                                                                    Adamante

1.- Albert Schweitzer, 1875 – 1965, médecin, pasteur et théologien protestant, philosophe et musicien alsacien, fondateur de l'hôpital de Lambaréné (Gabon) en 1914 et prix Nobel de la paix en 1952

Accompagnement musical par Albert Schweitzer à l'orgue clic--->(4 min) ou clic--->(14 min)

un livre que j'ai lu vers 9 ou 10 ans.

jeudi 14 mars 2019

Tanka à Musset, de Jeanne Fadosi

Marie Chevalier à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°217 nous emmène dans les coulisses de scènes de ménage. Et comme Marie n'avait pas d'idée précise pour les jeudis poésie, Dominique dit "Ce sera libre choix". J'en profite pour rééditer ce tanka que m'avait inspiré la rupture entre Alfred de Musset et George Sand après une ultime scène de ménage.

Le coeur plein de fiel
ta muse t'a déserté,
fuyant tant de haine
La chaise du poète est vide
Sèchent la plume et l'encrier
Qu'attendais-tu homme fier ?
Femme libre te libère.
©Jeanne Fadosi, vendredi 27 juin 2014

Impertinence empruntée au tanka (avec quelques libertés) sur les états d'âme d'Alfred de Musset dont George Sand ne supportait plus les caprices, les exigences et le machisme (un comportement séculaire si le mot n'existait pas encore) .
La séparation est définitive en mars 1835.
Salutaire, Musset y puise l'inspiration de quatre longs poèmes parmi ses plus renommés : d'abord La nuit de mai, puis La nuit de décembre, puis La nuit d'août et enfin, La nuit d'octobre.


mercredi 13 mars 2019

Bambou au Pas-du-Loup

Dernière minute : je n'arrive pas à déposer de commentaires sur des blogs d'Ekla qui me considèrent comme un spam, alors ne vous étonnez pas de mon silence. Grrrr ...

Retour en métropole pour ma ronde des prénoms du mercredi, un pied sur les hauteurs du Gard, les autres pieds dans l'altitude des Hautes-Alpes. Comme toujours une fable inventée sur des paysages réels.

Bambou aime aller en vacances
chez sa marraine à Anduze,
à qui elle doit son prénom, Chance ?
Ne croyez pas que ça l'amuse !

Avec son compagnon
Elle y va hors saison
le reste de l'année Bambou
tenait le gîte du Pas-du-Loup.

Le spectacle y est grandiose
et quand la nuit est étoilée
on voyage dans la voie lactée.

Ils ont enfin passé la main,
pour être vacanciers à l'année.
C'est une retraite méritée.

Anduze, commune du département du Gard (30), dans la région Occitanie, ancienne province du Languedoc, sa bambouseraie et son train touristique.
Le Pas-du-Loup, gîte-refuge, restaurant et observatoire astronomique, situé dans le Pays des Ecrins, à proximité du Parc National des Ecrins dans le département des Hautes-Alpes (05), région Provence-Alpes-Côted'Azur, ancienne province du Dauphiné.
Spécialités culinaires du Dauphiné




La liste des prénoms chez Jill Bill et Les liens du rassemblement
Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB



vendredi 8 mars 2019

Le fauteuil à bascule

Quand Adamante nous a soumis la très douce image de la page 135 de l'Herbier de poésie, j'ai compris que mes mots n'arriveraient pas à aller au-delà de l'image sans avoir d'abord cédé à l'impératif de ce récit. Il était en prose à l'origine, destiné à rester dans les brouillons ou à être remanié pour une publication en marge.

Elle s'est glissée furtivement dans la chambre d'à côté dès les premiers bruits. Dans la plénitude de la nuit de novembre, elle balance doucement, peau à peau, son nourrisson et elle, emmitouflés dans le moelleux de la couverture de mohair. Il tète avec l'énergie de ses trois ou quatre semaines. Pleinement attentif à l'instant présent. Et elle avec lui.
Dans ces gestes simples
Elle renoue au plus profond
de l'instinct de vie
Elle a lâché la bride à son esprit, le laissant vagabonder au gré des pensées fugaces qui la traverse, vite renvoyées au néant des regrets ou au hasard des futurs ignorés. Elle aurait tant aimé partager avec ses deux aînés ces moments qui leur ont été volés à tous trois. Ne pas penser aux dommages indélébiles ! Si elle espère en leur force de vie pour se construire malgré ces blessures, elle devine que les siennes ne se refermeront pas.
Entre plénitude
et coeur au bord du naufrage
doux déchirement
Repu, son tout petit bébé semble converser avec les anges. L'instant la ramène au présent. Elle sourit à l'enthousiasme de ses élèves de l'an dernier lorsqu'ils se projetaient dans leur avenir en dépit du destin qui leur avait été tracé lors de leurs orientations. Ira-t-il au bout de son rêve de musicien d'orchestre ? Sera-t-elle architecte ? Sera-t-il sage-femme ? Lui acteur de théâtre, précision importante du spectacle vivant ? Elle professeur de lettres ? Bien plus tard elle saura que oui pour celle-ci, en voie professionnelle, comme pour donner un peu d'air et de culture à ces cabossés de la vie et de l'école.
"L'art du questionnement
trouver ce qu'un écolier
sait ou peut savoir"*
Elle se glisse silencieusement dans ce lit qui devrait être un refuge. Va-t-elle récupérer sans incident sa part de draps et de couvertures sans réveiller le dormeur ? Elle ne peut retourner dans le confort du fauteuil à bascule au risque de déclencher une tempête au matin. Depuis le début il lui disait qu'il en rêvait. Elle l'avait minutieusement peint en rouge de sa couleur préférée. Cadeau dès lors négligé et relégué au grenier. Du moins  croyait-elle en une relégation et sa déception n'était encore que du dépit. Comment pouvait-elle imaginer ce qui  s'y jouerait  sans doute, ce qui s'y était peut-être déjà joué ? Le plus délicatement possible, elle gagne un petit bout de couverture. Tout à l'heure, glacée, elle se réveillera en frissonnant.
Retenir l'instant**
Obsession de la durée***
temps inconciliables.
©Jeanne Fadosi, jeudi 7 février 2019
modifié le vendredi 1er mars 2019
en marge et inspiré par l'image de la page 135 de l'Herbier 



* Conversations avec Albert Einstein, 1920 - Albert Einstein
La citation complète tirée des dicocitations.lemonde est :
"La plupart des enseignants perdent leur temps à poser des questions destinées uniquement à révéler ce que les écoliers ne savent pas, tandis que le véritable art du questionnement est de découvrir ce qu'un écolier sait ou est capable de savoir."

** en allusion à L'intuition de l'instant de Gaston Bachelard, 1932, réédité constamment au XXe siècle

***"Cette obsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre fulgurant trajet de mortels. Leurs éblouissements surgissent dans des lieux souvent si humbles et éphémères que nous refusons de nous y attarder. Nous préférons bâtir nos rêves avec les blocs granitiques des décennies. Nous nous croyons destinés à une longévité de statues."
Le livre des brèves amours éternelles, Andreï Makine, éd. Seuil, 2011 (ISBN 978-2-02103365-6), p. 81 -
Il semblerait, selon les critiques de son dernier livre (Au-delà des frontières, janvier 2019) que l'académicien, contrairement à Gaston Bachelard, s'aventurerait vers d'autres rives aux marécages nauséabonds. Peut-être devrait-il se relire lui-même.

"L'appartenance à la famille humaine confère à toute personne une sorte de citoyenneté mondiale, lui donnant des droits et des devoirs, les hommes étant unis par une communauté d'origine et de destinée suprême. La condamnation du racisme, la protection des minorités, l'assistance aux réfugiés, la mobilisation de la solidarité internationale envers les plus nécessiteux, ne sont que des applications cohérentes du principe de la citoyenneté mondiale."
Jean-paul II, 1er janvier 2005, dans message de jean-paul II pour la celebration de la journee mondiale de la paix, paru site officiel du vatican, jean-paul II. - Jean-Paul II


La nature n’a que faire d’un grand destin pour se montrer et déployer sa force. Partout, dissimulée ou au grand jour, elle se manifeste avec la même intensité.
Michel de Montaigne - Les Essais, Livre III, Chapitre XIII (Version en français moderne, de Pascal Hervieu – Flammarion 2009). - Montaigne