Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 22 juin 2018

Une ou deux journées particulières

Pour la page 115 de  l'Herbier de poésie

Une ou deux journées particulières

20 juin, 8 heures du matin
Quelle journée promet cette brume dense qui se dissipe vers l'ouest ?
"On" nous a prévu grand beau temps et chaleur. Déjà un chat à l'heure de la sieste cherche l'ombre du cyprès.

21 juin, 7 heures du matin
Le ciel est noir et la météo prévoit du gris et de la fraîcheur.
Comment s'habiller pour une grande journée de balade ? Jusqu'au bout j'ai eu envie d'y renoncer.
15h20 vers l'écluse des morts canal Saint Martin
16h, prémisse de fête de la musique par temps de foot











22 juin, 6 heures du matin.
Quelques pas pour vaincre la douleur d'une crampe matinale.
Grande fraîcheur sur grand beau temps. La rosée a emperlé le carreau.
l'Apn n'a plus de mémoire. La mienne engrangera la journée particulière d'hier en retournant au repos sinon au sommeil,
quelques fragments joyeux, successifs et intenses de vies singulières. Pudeur des apparences.
©Jeanne Fadosi, vendredi 22 juin 2018
pour l'herbier de poésies 115
à découvrir le vendredi soir 22 juin
avec les autres brins sur la page 115 de L'Herbier


en illustration sonore Michel Jonasz, Changez tout, 1975
musique Michel Jonasz, paroles Pierre Grosz




lundi 18 juin 2018

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

pour accéder au contenu complet des articles présentés en résumé il suffit de cliquer sur le titre de l'article ou le lien Plus d'infos » 
Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

dimanche 17 juin 2018

Rien n'efface et ne s'oublie

C’était à l'été 2014 et j'exhumais de mes brouillons des textes jamais publiés, soit inachevés ou par oubli ... ou par pudeur. Ou parce que ce n'était pas le bon moment. Le brouillon était daté du 07/06/2011 15:35. La date prévue de publication n'avait pas été choisie au hasard.
Le 7 juin 1976,  j'étais clouée au lit** dans le noir, incapable d'accompagner à l'hôpital maman et mes frères et sœurs pour un dernier adieu à notre père.

cueillette du tilleul avant séchage
Un père, un phare, un modèle
Un homme assagi
Mon père

C'était le 7 juin 1976. Il est parti entouré des siens, sans moi.

Dans quelques jours, on commencerait à parler de canicule

confection d'une flèche pour un de
ses petits enfants
J'écrivais en mettant en ligne ce brouillon en 2014 Clic --->
"Aujourd'hui, nul motif de le sortir ce jour plutôt qu'un autre. En faudrait-il un ?"

Aujourd'hui c'est la fête des pères* et si je pense à lui, ce jour est toujours l'occasion d'y penser encore plus, avec l'émotion apaisée de tant d'années depuis.

Comme il a manqué à mes enfants, mon père !


* Origine(s) de la fête des pères sur wikipedia
** Endométriose Evidemment à l'époque, ceci n'avait pas de nom. Est-ce parce que ma mère et certaines de mes soeurs en souffraient et peut-être sa sœur ? Contrairement aux croyances de l'époque et au mépris de l'opinion sur cette infirmité largement répandue des femmes, mon père et ma mère avaient toujours pris au sérieux ces crises et me choyaient avec douceur, désolés de leur impuissance.



samedi 16 juin 2018

Souvenirs, souvenirs ...

Pour le Nid des mots de ABC
Prochain thème à publier chez vous le samedi 16 juin :
Écrire le texte de votre choix, comportant les mots suivants :

Clown, corps, mime,objet, masque, musique, voix, en extérieur

ABC

Souvenirs, souvenirs ...

J'ai, à l'occasion de jeux d'écriture, évoqué plusieurs fois mon parrain, le clown Rogerly. C'est une chance pour moi d'avoir vu mes vacances ensoleillées de son sourire.
On dit souvent que dans la vraie vie les clowns sont tristes. Ce n'était pas son cas, même s'il était aussi un monsieur tout à fait sage et sérieux quand les circonstances le demandaient.
Ce n'était pas non plus un vieux gamin qui faisait toujours le pitre. Il avait simplement la grâce de rendre plus léger l'air ambiant.
L'été c'était la campagne, les parties de croquet ou de jokary en extérieur, les tours de magie dont il gardait jalousement les secrets à l'intérieur les jours de pluie.
Son sourire n'était pas un masque, non. Une politesse plutôt. Malgré sa déception de ne plus pouvoir jouer de la musique après son accident de métro. Un virage pris un peu vite l'avait déséquilibré et, son corps projeté en avant, il en avait eu plusieurs doigts cassés.
Je l'avais pourtant entendu faire chanter les verres de cristal lors de repas de famille. Il les préparait en les remplissant plus ou moins et en les testant à l'oreille. Ensuite il tirait de ces objets improvisés en instrument soigneusement étalonné un chant étrange et beau comme la voix des sirènes.
Et comme La petite sirène était un de mes contes préférés, il pouvait alors se faire mime pour le plus grand plaisir des convives, en attendant les gâteaux dont il n'aurait pas perdu une miette.

 

vendredi 15 juin 2018

La lessive

Pour la page 114 de l'Herbier de poésie

J'aime cette image colorée sentant bon la lessive du quotidien quand elle peut sécher au grand air. C'était le temps des vacances . Le point d'ancrage familial parmi d'autres escapades.
Quand de retour de camping rustique, nous faisions une grande lessive.
Quand l'un ou l'une avertissait des premières gouttes, quelques mains se hâtaient de décrocher le linge humide jusqu'à la prochaine éclaircie.
Temps heureux où les voisins ne s'offusquaient pas de ces étendages et qui faisaient le charme des villes du sud même sur les cartes postales.
En regardant cette image plus attentivement, j'imagine d'autres campeurs, qui n'ont pas choisi, faisant sécher leurs vêtements sur des branches faute d'un hâbitat moins précaire, et qui, coûte que coûte, préservent leur dignité dans ce souci de propreté.
Et cette image en appelle d'autres, faites de joyeuses randonnées sur les sentiers du monde, ou d'errances résolues et terrifiées sur les chemins de l'exode.
Et soudain j'ai envie d'écouter Exodus de Bob Marlay.

©Jeanne Fadosi, mercredi 13 juin 2018
pour l'herbier de poésies 114
à découvrir le vendredi 15 juin
avec les autres brins sur la page 114 de L'Herbier

Ça sèche - photo Adamante D
Exodus de Bob Marley, paroles
Exodus poème du Xe siècle
Exode -wikipedia
Exodus - wikipedia : page d'homonymies

lundi 11 juin 2018

Croqueurs en vacances

Tangage ou envie de croisières exotiques ?
La Coquille des Croqueurs de mots prend cette année ses quartiers d'été dès ce mois de juin en souhaitant à notre capitaines Dômi de retrouver tous ses abattis et son équilibre sur le plancher des vaches (c'est juste une expression) et que tout le monde profitera de cette pause pour faire le plein d'une vie aussi sereine et joyeuse que possible.


Et vogue la galère le navire

J'ai des pensées terrifiées et impuissantes pour ces naufragés de la mer et les humanitaires qui viennent à leur secours de plus en plus difficilement.



vendredi 8 juin 2018

Je ne sais qui je suis

Pour la page 113 de l'Herbier de poésies

Pas d'image mais un message vieux de cent ans :

« Qui es-tu, lecteur, toi qui, dans cent ans, liras mes vers ?
Je ne puis t’envoyer une seule fleur de cette couronne printanière, ni un seul rayon d’or de ce lointain nuage.
Ouvre tes portes et regarde au loin.
Dans ton jardin en fleurs, cueille les souvenirs parfumés des fleurs fanées d’il y a cent ans.
Puisses-tu sentir, dans la joie de ton cœur, la joie vivante qui, un matin de printemps, chanta, lançant sa voix joyeuse par-delà cent années. »
Rabindranath Tagore
« Le jardinier d’amour et la Jeune Lune » Gallimard
dernier poème du jardinier d’amour.


Je ne sais qui je suis, chaque jour je deviens ce que les évènements impriment de caresses ou de blessures.
Aujourd'hui, dans mon jardin sans fleurs, les pivoines dégarnies alourdissent leur fruit, le fuchsia feuille à feuille renait des morsures du froid de l'hiver et la lavande en bouton attend la fin des orages. Mais au bord de la rue, les pensées de l'automne font toujours la fête.
Sais-tu brahmane d'un autre temps qu'il y a quelques jours, sans connaître tes vers, je contemplais le doux tapis de pétales roses en les reliant à celles des fleurs fanées depuis si longtemps dans la ronde du temps.
Pouvais-tu deviner qu'en un geste, un fragment de seconde, je pourrais en capturer l'image sans avoir à les calligraphier soigneusement de longs moments ?
Que sa vision sur un écran de téléphone provoquerait le sourire malgré notre peine de nous retrouver en un lieu joyeux où la dernière fois nous étions une de plus ?
Qui suis-je ?
Et Toi, poète qui interpelle le lecteur de l'avenir, désignais tu l'humain  et l'humaine lisant ? Imaginais-tu une lectrice ? Savais-tu deviner l'immuable et les métamorphoses du monde ?
J'ai beau ouvrir en grand la porte de mon coeur, je peine à imaginer le devenir de ces mots que je trace en écho, tous ces mots envoyés sur la Toile planétaire, les fleurs des pivoines sans le chant des oiseaux.

©Jeanne Fadosi, jeudi 31  mai 2018
pour l'herbier de poésies 113
à découvrir le vendredi 8 juin
avec les autres brins sur la page 113 de L'Herbier


Varanasi-Benares mars 2018