Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 20 janvier 2022

Saison des semailles le soir, de Victor Hugo, suivi de Derniers feux, texte personnel

 ABC à la barre du défi n°259 des CROQUEURS DE MOTS nous invite pour les jeudis poésie, des 13 et 20 janvier, à notre bon cœur en regardant le coucher du soleil

Nouvelle réédition d'un poème de Victor Hugo que je me suis récitée si souvent en contemplant le crépuscule que j'avais déjà réédité en 2017 où après les labours d'une chanson à grand vent du jeudi précédent,  j'avais envie de rééditer ce poème de Victor Hugo dont je ne me lasse pas.
Les jardiniers et les paysans ont ou devraient avoir ceci en commun de savoir cultiver la lenteur, l'attente patiente nécessaires aux saisons.
En 2010 je notais que c'était le cinquième poème que j'avais noté sur mon anthologie d'adolescente et que je le connaissais encore presque entièrement par cœur. Je ne peux plus en dire tout à fait autant.


Saison des semailles. Le soir.

C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va , vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre où se mêle une rumeur
semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.

Victor Hugo, 1802 - 1885,
Recueil les chansons des rues et des bois, 1866.

Victor Hugo, 1802 - 1885, poète, prosateur, dramaturge et dessinateur français, l'un des écrivains les plus importants de langue française



Derniers feux

les rayons ultimes
dans un éclat de lumière
incendient les foins

Et bientôt le crépuscule
lancera ses derniers feux

©Jeanne Fadosi, mercredi 19 septembre 2018
à découvrir le vendredi ou le samedi
avec les autres brins sur la page 119 de l'Herbier

Monet, L'éclat de lumière

mercredi 19 janvier 2022

Séréna a l'âge du Na !

Serena a l'âge du Na !

Elle est mutine
elle est câline,
pleine de questions
de décisions.
Rarement pourtant elle opine.

Elle a l'âge où elle dit Na !
- Séréna t'es une nana ?
- Na !
- Comment cela t'es un minot ?
- Na !
- Tu veux manger ?
- Na !
- Tu veux jouer ?
- Na !
- Tu veux un bisou ?
- Na !
- tu veux un calin ?
- Na !
- Tu veux pas un gros calin dans les bras de ta maman et après une part de ce délicieux gâteau que tu aimes tant ?
- Na ! ... euh oui ! oui ! oui ! 

Comme toutes les petites filles et les petits garçons du monde ... 

 

Na !

J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 13

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11 ; Mes prénoms saison 12    

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi, s'en expliquait ICI.

lundi 17 janvier 2022

Défi n°259 : Tenues de soirée pour crépuscule

Tenues de soirée pour crépuscule,
laisser vous guider par ce que vous inspire ces deux photos

Telle est la suggestion de ABC pour ce défi n°259 des CROQUEURS DE MOTS dont elle a pris la barre pour cette quinzaine.

C'est l'aube du dernier jour d'une deuxième année erratique sous le signe du SRAS-CoV-2. Une minuscule poussière d'étoile qui s'est invitée dans une galaxie accueillant des humains et qui tient en échec la science balbutiante des prévisionnistes comme l'art consommé ou arrogant des astrologues et des médiums.

Un temps qui s'étire
au gré d'une pandémie
bousculant les codes.

Une troisième année aussi incertaine et capricieuse s'ouvrira dans quelques heures. L'air et le soleil ont prévu de saluer ce passage dans la gaieté d'un somptueux crépuscule même s'ils ne sont pas dupes de l'indifférence de ces bipèdes pensants occupés aux préparatifs du réveillon dans le clignotement des guirlandes et des cotillons.

Voilà plus d'un siècle,
la fée électricité
dominait l'obscur.

C'est le dernier jour de l'année et pour le saluer le maître de la lumière a convaincu le ciel d'essayer son habit de soirée dès les premières lueurs de l'aube et jusqu'au-delà de l'aurore. Du nord-ouest au sud-est, en panoramique circulaire. Non dans l'opaque et terrifiant rouge des grands feux de brousses et de plaines mais dans l'élégante transparence des roses nacrés et des ambres des plus claires pierres précieuses, en écharpes de soie et drapés satinés.

Chantez sansonnets !
Dormez peuple de la nuit !
Méfiance, pâquerette !

Prend garde à l'hiver qui traîne :
laisse au printemps sa dormance.

31 décembre 2021 vers 9 heures moins le quart

photo de abécé, 1er janvier

photo de abécé, 2 janvier


samedi 15 janvier 2022

Règles de hasard

Pour le thème du Nid des mots à publier le samedi 15 janvier 2022 :

Écrire un pantoum français, explications du pantoum Ici
Le pair, l'impair, tout donc se perd ?
Dans la musique et dans les mots
Dans le silence au goût d'amer
Qui vient toujours bien assez tôt.

Dans la musique et dans les mots
L'impensé au sens se dilue
Qui vient toujours bien assez tôt,
Ultime fin d'histoires lues.

L'impensé au sens se dilue
Eau saturée au goût de mer,
Ultime fin d'histoires lues.
Le pair, l'impair, tout donc se perd.

Si vous vous dîtes que vous n'y comprenez rien, peut-être n'y a-t-il rien à comprendre. 

Ce qui ne signifie pas que l'écriture en a été facile. Il y a loin entre le premier jet tâtonnant et ce pantun plus qu'imparfait. Ne serait-ce que par l'entre-lac des thèmes et surtout par le non respect des règles de style dans les rimes, les césures ...

Oserai-je faire référence au poème de Stéphane Mallarmé Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, qui pousse l'affranchissement des règles de la poésie jusqu'à s'occuper de tout l'espace graphique des pages ? Ou simplement me référer à ma lecture du moment :

La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

impossible à résumer sinon dans cette citation :

" ... tu crus entendre ... une dernière hypothèse, terrible et terriblement calme : 
Le livre essentiel ne s'écrit pas.", 
Mohamed Mbougar, La plus secrète mémoire des hommes, ed Philippe Rey 2021, p. 120

jeudi 13 janvier 2022

Crépuscules, texte personnel

ABC à la barre du défi n°259 des CROQUEURS DE MOTS nous invite pour les jeudis poésie, des 13 et 20 janvier, à notre bon cœur en regardant le coucher du soleil

J'ai tapé crépuscule sur mon blog et j'ai retrouvé ceci que j'ai juste actualisé. Je ne sais si la météo sera aussi inquiétante.

Le ciel n'enflammera pas la colline ce mercredi soir d'hiver. Le crépuscule blême s'effiloche, cotonneux, sur le nuancier des gris, et pleure des larmes à grands seaux dans le vent glacé. La tempête jouera bientôt sa partition de l'autre côté des volets clos. Les trottoirs resteront vides et s'émailleront des reliques d’Éole en colère. Sortir les poubelles ce soir serait une erreur. Non, une faute ! Même si le ramassage des ordures n'a lieu ici que le jeudi.

Demain matin peut-être, avant le passage du camion-benne, j'affronterai le spectacle de la rue. Des branches et des pots de fleurs cassés, un parasol oublié emporté comme une baudruche. 

Je me surprendrai à rêver de ces douces soirées d'été où j'aurais pu poser ces quelque mots :

Dans le crépuscule
une baudruche comme par erreur
enfante une colline.

Dans le soir qui s'éternise
un sourd roulement de rollers.

©Jeanne Fadosi, jeudi 12 janvier 2017,
pour le nid des mots de abécé

mercredi 12 janvier 2022

Viggo dit No ! No ! No !

Viggo dit No, no, no !

A la vie Viggo rechigne
Il croit qu'il a toujours la guigne
On l'encourage, on lui dit Go !
Alors il répond toujours No !

Dans sa chambre il se calfeutre
Il a tronqué ses crayons feutres
contre l'attirail du Geekeur
En pantoufles dans son bunker.

Son antre est devenu un foutoir
Ses darons disent un éteignoir
Au bout de ses doigts dans sa tête
Il circule dans toute la planète.

Quand c'es le jour du ménage,
Il subit ce grand nettoyage
Condition de ses pratiques de geek.
Alors il erre dans les rues en gothique. 

Geek — Wikipédia (wikipedia.org)


à ne pas confondre (pas tout à fait) avec


mais à interroger peut-être avec le 


Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill et les liens de rassemblement 

J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 13

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11 ; Mes prénoms saison 12    

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi, s'en expliquait ICI.

lundi 10 janvier 2022

Oyez Croqueuses et croqueurs de mots le défi nouveau est arrivé !

 C'est ABC qui tient la barre du défi n°259 des CROQUEURS DE MOTS et la feuille de route en est affiché sur son blog.

Qu'on se le dise et qu'on fasse circuler l'information
Affutons nos crayons
Poétisons nos neurones 
et notre imagination !



La garçonnière

 Pour la page 189 de  l'Herbier de poésies   sur une image d'Adamante  

La garçonnière

C'était une porte pleine. Donnant sur le vide au-dessus de la cave à cidre. L'oncle y accédait par une échelle solide en fer qui pesait assez lourd à soulever pour décourager la curiosité des enfants. Quand bien même auraient-ils réussi à la hisser, ils n'en avaient pas la clé.


Objet d'hypothèses
farfelues et inquiétantes
la porte mystère.

Quand l'enfant demandait pourquoi la tante n'y allait jamais, elle répondait simplement : c'est la garçonnière. L'oncle y allait quelquefois, y entreposait ses cannes à pêche et en descendait de vieux journaux des années 30 qui finissaient leur vie de papier dans le cabinet du jardin.

La curiosité

y conduisait les enfants.
Autre porte lecture.

La garçonnière n'évoquait à la fillette que le mot garçon. La tante avait fini par lui apprendre que c'est à cette échelle, alors en bois, qu'elle était passée au travers d'un barreau vermoulu. De conversation en conversation, elle lui avait appris son accident, la perte d'un rein, son infertilité. Un jour, après la question naïve et cruelle : dis tante, pourquoi tu n'as pas eu d'enfants ?


Porte meurtrière
avait ôté des promesses
et brisé une vie.

Jamais elle ne lui dit cependant si ce terrible événement avait eu lieu avant ou après son mariage. Dans ses lectures en cachette, l'enfant grandissant avait fini par associer garçonnière à lieu de rendez-vous. Elle avait observé son oncle, entendu les rumeurs. On disait même que les deux derniers enfants de la bonne lui ressemblaient plus qu'au mari.


Porte cachotière
aurait protégé le nid
d'amours adultères ?

La tante malade, l'oncle sénile, l'adolescente accéda à la garçonnière. Elle ouvrait sur une grande pièce sans jour autre que celui filtrant entre les ardoises. Quelques lits de plume, des édredons, alignés sur un plancher brut et bien poncé. La garçonnière était la chambrée des journaliers du temps de la prospérité de l'entreprise de maçonnerie de l'oncle. Au fond, caché par des sacs de jute, un vieux poste émetteur-récepteur et un parachute.


Porte hospitalière
abrita au temps de guerre
l'aviateur tombé.
©Jeanne Fadosi, dimanche 9 janvier 2022
à découvrir bientôt
avec les autres brins sur la page 189 de l'Herbier


Et pour répondre au commentaire de Fabrice sur mon billet précédent, oui quelquefois il y a des guerres qu'il a fallu faire.

"La guerre... Vaste sujet ! Personne n'aime ça, pas même ceux qui la font. [...] Après, il y a eu des guerres qui ont été nécessaires (mais là c'est une autre histoire) [...] On aimerait tous tellement que la paix soit là. ..."                                     


Johnny Hallyday - Le chant des partisans (+ Paroles)