Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 16 septembre 2019

Défi n°223 : Instants de vie

Pour le défi n°223 que je pilote en cette rentrée des CROQUEURS DE MOTS, j'avais envie de rédiger un texte inédit. Mon ordinateur m'a fait perdre un temps fou hier, refait des siennes ce soir depuis que je l'ai de nouveau allumé. Alors je limite les dégâts en puisant dans mes réserves.

En robe blanche
Bras ouverts mains offertes
Sur l'esquisse d'un sourire

En robe noire
visage crispé sur son chagrin
Résignée mains jointes

En robe rouge
dans la danse vaille que vaille
dans l'instant plus que présent

Regards croisés
main dans la main
seuls au monde
©Jeanne Fadosi, 14  et 17 juillet  2016
pour l'herbier de poésie 49
modifié le samedi 14 septembre 2019

C'était sur l'image suivante :

Et pour tout dire j'hésitais avec ce texte en prose : L'océan au creux des mains

Quant au texte que je voulais écrire, il se serait inspiré de cette photo




samedi 14 septembre 2019

Une histoire sans fin

Pour le nid des mots de septembre

C'est une histoire sans fin
Un jeune homme amoureux des étoiles rêvait de voyager au loin, de l'autre côté de la terre, où l'on a la tête à l'envers. Il commença par aller à la ville voisine acheter une bonne paire de chaussures de marche.
Il ne trouva pas chaussure à son pied car ici on faisait dans le soulier de satin et les escarpins mais il tomba fou amoureux des étoiles qui brillaient dans les yeux de la petite marchande. Hélas, ils ne brillaient pas pour lui mais pour le joueur d'accordéon qui venait tous les jours sous le balcon de la locataire du deuxième. il en pinçait pour un autre vous l'avez compris.
En sortant du magasin la belle du deuxième qui en pinçait pour ce premier jeune homme, vous me suivez ? lui lança son trousseau de clés en criant au croque-notes qu'elle n'aimait que la musique de chambre et les pantoufles. La vendeuse de chaussures sortit pour crier chauffe Marcel au musicien. Le premier jeune homme à défaut d'aller loin, invita le deuxième à partager leurs chagrins d'amour dans la montagne voisine avec d'autres copains. Après tout, ils avaient encore le temps de comprendre quelque chose aux filles. L'accordéoniste et le globe-trotter en herbe avaient tous deux un autre hobby. Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent au club de spéléologie, avec la même envie de découvrir un jour, comme Lascaux ou la grotte Chauvet, une nouvelle grotte préhistorique.
Imaginez leur surprise quand ils reconnurent sous leurs casques la fille du magasin et la fille du deuxième !

jeudi 12 septembre 2019

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

pour accéder au contenu complet des articles présentés en résumé il suffit de cliquer sur le titre de l'article ou le lien Plus d'infos » 
Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Les mains d'Elsa, de Louis Aragon

"Les yeux d'Elsa" est un ensemble de 21 poèmes de Louis Aragon parus entre juin 1941 et février 1942 en revues et regroupés en un recueil publié en 1942. C'est aussi le titre du premier poème de ce recueil compilé selon Aragon dans l'ordre chronologique d'écriture. Les poèmes d'Aragon, du fait de son engagement dans la résistance ne seront libres de droits qu'en 2052 mais je vous invite à écouter un extrait d'un des derniers poèmes du recueil mis en musique et chanté par Jean Ferrat, Les yeux d'Elsa

Ce poème, Les mains d'Elsa, est extrait du Fou d'Elsa, publié dans la collection blanche de Gallimard à la fin de 1963. Un objet littéraire inclassable entrelaçant prose et poésie, biographie et histoire,sociologie et roman, nous emmenant loin dans le temps passé et l'imaginaire, pour mieux déchiffrer son présent et sans doute est-il toujours (hélas) d'actualité en 2019.

Je n'ai pas plus le droit de mettre ce poème en ligne ici aussi je vous invite à le lire sur le site Poésie française : Les mains d'Elsa de Louis Aragon.

En voici la dernière strophe :

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement



Louis Aragon, 1897 - 1982, poète, romancier et journaliste et résistant français
Le Fou d'Elsa, recueil 1963
Les yeux d'Elsa, recueil, 1942
Elsa Triolet, 1896 - 1970, femme de lettres et résistante française d'origine russe compagne et muse de Louis Aragon de 1928 à sa mort

mains dans l'art rupestre des grottes

mains dans le street art à Athènes

mercredi 11 septembre 2019

Dévote ni bigote ni bégueule

Au bord du Lac Majeur, Bosco a rencontré Dévote qui était venue en voisine par le train. Du coup, il lui a proposé de l'emmener en moto auprès d'un autre lac où elle voulait retourner sur la trace d'un vieux souvenir de vacances. Et pourquoi pas faire étape au Schlössli le bâtiment historique de la pension de famille est devenu si j'en crois Internet une maison de retraite.

Je vous livre sans retouche la réédition que j'ai fait ici même pour le défi 155 de lénaïg du lundi 30 novembre 2015 de ce ce texte dont j'ai envie de partager avec vous le contenu et l'utopie, même naïve.

Je l'avais écrit pour un défi des CROQUEURS DE MOTS pour le 12 juillet 2010. Entre les lignes qui ne laissaient encore rien apparaître, je devine l'énorme besoin que j'avais de me raccrocher à un monde de fraternité à travers ce partage absolument véridique. Pas un pays ou pas seulement un pays ou deux mais un monde fraternel.

J'avais appris quelques petits jours avant qu'Anne-Sophie était à l'hôpital, et pourquoi.

Une belle rencontre
rouge, orange, jaunevert, bleuindigoviolet.
Les Croqueurs de mots, avec à la barre, anni, pour le défi n°33, nous emmènent en vacances arc-en-ciel, pour donner à voir de toutes les couleurs.
J'avais le projet de vous relater une rencontre singulière de lointaines vacances, mais les contingences du quotidien ont déjà bien entamé ma journée. Aurai-je le temps d'aller jusqu'au bout ? Rien n'est moins sûr. 
L'été 1970 avait commencé avec son lot de péripéties plus ou moins éreintantes. Le mot stress ne faisait pas encore partie du vocabulaire ambiant, mais si je l'avais connu, je l'aurais bien volontiers emprunté pour qualifier ce que nous venions de vivre. Ma sœur Lil plus que moi encore (non pas Jacotte, une autre de mes sœurs) était bien cabossée et je lui avais proposé de partir se mettre au vert dans ma 4L blanche à nouveau fringante.
Se promener au bord des torrents, se baigner dans l'eau du lac d'un bleu changeant, comme pour satisfaire toute la palette d'un peintre qui aurait posé là son chevalet. ...
Le soir habillait les montagnes de rose et de violet. Ce n'était pas le hasard qui avait nommé le sommet du lieu le Mont Rose. Et même la nuit, qui tombait plus tôt en août, faisait de son écrin indigo ruisseler le jaune pâle des étoiles filantes.
Fenêtres et balcons s'égayaient sous le géraniums du même rouge et blanc que ceux du drapeau suisse, ce drapeau qui, dans ce que j'en avais appris en Histoire, symbolisait une neutralité qui avait traversé les conflits du vingtième siècle la tête haute. 
Une telle rencontre ne pouvait avoir lieu qu'ici. Dans cette pension de famille accueillante où l'hôtesse organisait l'espace de la salle à manger en réunissant les pensionnaires par tables de quatre ou six. C'est ainsi que nous avions fait connaissance d'un vieux couple d'Allemands venus par la train. Madame B avait un accent campagnard très prononcé que je ne comprenais absolument pas mais Monsieur Erich B parlait distinctement et assez lentement pour que nous puissions, repas après repas, dialoguer davantage. Ils avaient même accepté avec grand plaisir notre proposition de les emmener faire quelques excursions, puisqu'ils n'étaient pas motorisés sur place.
C'est ainsi que la veille de leur départ, tandis que le soir éclairait la nappe blanche de sa lumière orange, le vieux monsieur, les yeux embués de larmes, choisit méticuleusement ses mots pour nous dire sa honte d'avoir été allemand et adulte pendant toutes ces horreurs, me dire que le passé ne pouvait pas s'effacer, et nous demander, en leur nom et au nom de beaucoup d'allemands du moins le pensait-il

 pardon

Sa femme est décédée quelques années après, mais j'ai pu correspondre avec ce monsieur environ deux à trois fois par an jusqu'à son extrême vieillesse pendant plus de vingt cinq ans encore.


Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill
et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 11
Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette s'en explique ICI.

lundi 9 septembre 2019

Oyez Croqueuses et croqueurs : Le défi nouveau s'affiche ici !

Voici comme promis à dômi et aux CROQUEURS DE MOTS la feuille de route pour cette quinzaine de croisière sur la mer des mots qui entame la nouvelle saison :

Le dernier défi  que j'ai proposé selon le calendrier de Dômi suggérait d'inclure des expressions avec le mot œil ou yeux.(défi 209 lancé le lundi 1er octobre 2018)
Savez-vous que le mot blason au XVIe siècle ne désignait pas seulement les armoiries d'une famille sur un écusson (bouclier) mais aussi un genre poétique lancé par Clément Marot sous forme d'un concours pour faire connaître de jeunes poètes et promouvoir la poésie qui alors était principalement chantée.
Et justement Maurice Scève a connu la notoriété en remportant ce concours en 1535 ou 1536 grâce à son "blason du sourcil" dont voici le début :

"Sourcil tractif en voûte fléchissant
Trop plus qu'ébène, ou jayet noircissant.
Haut forjeté pour ombrager les yeux,
Quand ils font signe ou de mort, ou de mieux.
Sourcil qui rend peureux les plus hardis,
Et courageux les plus accouardis.
Sourcil qui fait l'air clair obscur soudain,
Quand il froncit par ire, ou par dédain,
Et puis le rend serein, clair et joyeux
Quand il est doux, plaisant et gracieux.
..."


Oh je vous vois déjà froncer ou soulever les sourcils de panique. Non, je ne vais pas vous obliger à écrire un blason d'autant que l'idée originale et originelle de Marot de versifier sur une partie du corps humain a très vite dérivé vers des poèmes érotiques sur le corps féminin. Certains sont sans doute très beaux, là n'est pas la question, mais ici, c'est pour tout public. Vous me suivez ?

Pour le défi n°223 de lundi prochain (16 septembre) je vous invite donc à écrire un petit texte en prose ou en vers à propos d'une partie visible de la tête (oreille, front, menton, bouche, joue, cheveux ou crâne si chauve ou sourcil pourquoi pas ...) ou d'une autre partie du corps humain (la main, le pied, le coude ou le genou, le nez ou l'épaule ...) avec prudence* et la décence joyeuse coutumière des croqueurs de mots.
Pour les jeudis poésie de cette semaine (12 septembre) et de la semaine prochaine (19 septembre), vous n'aurez que l'embarras du choix, à moins que vous ne préfériez avoir le champ libre sans contrainte d'un fil conducteur.
Juste, je croise les doigts pour que la diversité des choix nous donne la joie de relire la tirade des nez mais aussi bien d'autres pépites.

* Pour comprendre mon hésitation, je vous invite à taper sur votre moteur de recherche les mots clés zizi et Pierre Perret, vous serez surpris des résultats de la première page !!!

Et n'allez pas me reprocher de vous ...

samedi 7 septembre 2019

Pierres et peintures

En marge de la page 148 de l'Herbier de Poésies
"Les pierres les plus dures
blessées durablement"

Telle est la légende mise par le sculpteur Henri Aram Hairabedian sous cette pierre dure dont il a souligné la scène qui lui apparaît quand il la met sur son blog à L'Hospitalier Trésor de garrigue  © 6/1001.

Peut-être en écho à la demande d'Adamante, le poète sculpteur y met de nouveaux vers avec l'Hospitalier Trésor de garrigue © 510/1001
Et ces mots font résonnance avec ma lecture de mardi dernier : Sylvain Tesson, Notre Dame de Paris Ô Reine de douleur.


Jill y voit la descente de la croix et comment faire autrement lorsque notre imaginaire enfantin de petites européennes a été ainsi colonisée par les images du catéchisme et par les tableaux magnifiques des grands maîtres

Rubens au premier chef vers 1616 :



mais aussi la mise au tombeau et particulièrement la sculpture de Michel-Ange au Vatican :

Basilique Saint-Pierre du Vatican

vendredi 6 septembre 2019

Oyez ! Oyez ! croqueurs et moussaillons de la plume !



LES CROQUEURS DE MOTS partent sur la mer des mots pour une nouvelle saison de pêche aux textes. Les consignes du premier défi de la saison, 223e si j'ai bien compté seront affichées ...

je ne sais pas encore mais au vu des premiers commentaires, ce sera ICI même ou par Dômi sur le blog des CROQUEURS DE MOTS


La liste des barreurs proposée en septembre 2017 et à plus ou moins  suivie en 2018-19 :
Info coquille ...

Mémoire de pierre

Pour la page 148 de l'Herbier de Poésies

L’œil exercé a repéré les deux silhouettes sur la pierre du chemin. Était-ce l'ombre de la descente de la croix de Rubens ? Une de ces innombrables mises au tombeau du christ ou l'écho de la pieta de Michel-Ange ? Ou plutôt qui sait le dénouement de Paul et Virginie ou de Tristan et Iseult, de Roméo et Juliette, la blanche Ophélie sortie des eaux par un archange ...
Une immense douleur
comme le cri silencieux
d'une pierre au chemin
grave des millénaires d'Histoire
lourde des répétitions.

Sa main sûre a donné formé aux formes nées de son imaginaire et de l'érosion du vent sur la roche. Un trait net et sobre, juste une esquisse. Pour concentrer toute l'émotion du monde.
Chagrin et piété
dans une infinie douceur
de résignation
Dépouille de nos arrogances
bercée d'une fée d'illusion.

Sur mon piano une autre pierre, offerte par une belle âme à l’œil affûté, lance son regard noir sans même le besoin d'un surligneur. Il m'avait fallu du temps avant de voir la sculpture naturelle dans la roche. J'y avais découvert alors le sérieux et la pénétration d'une sage sérénité*. Aujourd'hui, il se fait l'écho de mon désarroi aux rumeurs planétaires.
Galet en colère
dans l'impuissance pétrifiée
d'incompréhension
et dans les plis invisibles
tant de puissance pour aimer
©Jeanne Fadosi, jeudi 5 septembre 2019
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 148 de L'Herbier

©Henri Haram Hairabédian, Trésor de garrigue 6/1000
Virgule sonore : Merci la vie, par Mouloudji**

* Le galet et la colombe sur mon blog Fa Do Si


** et comme l'intelligence artificielle à la manœuvre est d'une redoutable pertinence, à la suite de l'écoute de Merci la vie youtube, pour le nommer, m'a proposé cette autre chanson dont je ne me souviens pas. Il faut dire qu'en ce temps-là mes bonnes dames, la censure n'était pas taboue :

On m'a donné une âme, par Mouloudji