Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 18 décembre 2017

Défi n°197 : Sur un air de chaises musicales

Fanfan à la barre des "croqueurs de mots " pour la quinzaine qui arrive :Défi N°197

Je vous propose donc de  dire ce que vous inspirent ces chaises  . (En espérant qu'elles vous inspirent ) Pourquoi sont-elles là ?  Que font-elles là ? Qu'attendent-elles ? Qu'ont-elles vu ? Etc ... Et pour corser le tout,je  vous demande juste de glisser deux fois le mot "chocolat" dans votre texte en vers ou en prose.
- Les pauvrettes, quand je pense qu'elles sont venues là pour fuir les risques de tempête de l'Océan. Crois-tu qu'elles filent une retraite heureuse ?
Elles sont là à se désoler, regrettant le temps de la brasserie d’Églantine et d'Emile où les c... les plus divers venaient les écraser à longueur de temps et même quelquefois les parfumer de leurs échappées odorantes et musicales.
Maintenant les voilà chocolat. Elles qui pensaient se la couler douce dans cette île de beauté et de farniente.
- Tu veux dire chocolat blanc ? hihi voilà la consigne expédiée. Plus sérieusement, tu ne devrais pas les laisser dehors par tous les temps. Pense donc si les vieilles d'à côté prennent cela pour des coussins.
- D'abord ça m'étonnerait qu'elles soient dehors par ce temps. elles sont toutes à la soirée raclette sans électricité. Ensuite elles ont la langue trop bien pendue et méritent un rhume de fesses.
- Alors là fanfan tu exagères, un rhume de fesses, il parait que ça dure sept ans. Et d'ici là ?
- D'ici-là il n'y aura plus d'hiver et nous pourrons passer toutes nos soirées dehors à papoter sur ces chaises. Youpi !
- Tu vois les choses comme cela toi ?
- Ben oui, je me gèle là ! Dis donc ? Tu ne m'avais pas promis un chocolat chaud ?



dimanche 17 décembre 2017

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

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Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Unique ou invisible ? pour Mil et Une

Pour miletuneVoir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla,*
Pour les images de la  semaine 44 à 51/2017  où la contrainte supplémentaire et facultative est d'insérer un mot à chaque image : fanfare, rumeur, nuance, éphémère, lapsus, sac, liberté, frivole.
*parce que *
et pour le mot que j'ai oublié de caser, je vous entend d'ici suggérer qu'il s'agit d'un lapsus, non ?


Unique ou invisible ?

Elle se rêvait déesse aux mille bras
pour mener la fanfare fière à bras.
Perdue dans ses pensées
dans la grande salle du musée.
Elle n'entendait pas la rumeur
que de la fermeture c'était l'heure.
Les gardiens ne l'avaient pas vue.
c'était juste une statue.
Elle s'est enfuie par les égouts
rampant à genoux
dopée par la potion de sa fiole
de gniole.
Dans les eaux glauques elle a nagé
Elle a partagé
d'autres breuvages
sauvages
avec des habitués des catacombes
sortis de leurs tombes.
Enfin à l'air libre,
avec les félibres,
enfin, juste à l'air, nuance !
Oui ! mais non ! promesse de bombance !
Il y en a plein les mirettes!
Le palais des merveilles pour emplettes
le self service éphémère de Dame Tartine
délivrée de la clause tontine.
Perdition d'un Pinocchio sans son sac
se goinfrant tout à trac
Les maîtres du jeu de la voyoucratie
ont sifflé la fin de la partie.
Illusoire liberté
que (presque) tout peut être acheté.
Sans s'occuper de l'avenir,
Revenir
dans une vieille bagnole
à sa vie frivole,
sa vie de cigale,
bien souvent frugale,
dans l'une de ces petites boîtes
toutes pareilles et bien droites
qui l'ont sauvée de l'ancien bidonville
qui prospérait de misère dans sa ville.
Derrière chaque fenêtre, chaque brique
Qui a dit que chacun est unique ?
Jeanne Fadosi

Illustration musicale :
Petites boîtes, de Graeme Allwright


* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.

samedi 16 décembre 2017

Au delà de la fenêtre ...

Le thème de décembre du Nid des mots à publier le samedi 16 décembre est "Fenêtre(s)"

Je n'ai guère de temps en ce moment mais les fenêtres m'avaient inspirée. M'en voudrez-vous si je réédite une fois de plus ce billet publié un 17 octobre 2011, rapprochant la journée mondiale du refus de la misère du cinquantième anniversaire du drame du 17 octobre 1961.

C'était la consigne de vertdegrisaille pour le défi n°66 des Croqueurs de mots. 
"Partez d'un objet aussi anodin qu'un lacet, serpentez sur ses boucles et ses (in)sinuations, et laissez-le créer le nœud complexe d'un moment." 


 *****

Une fenêtre est-elle un objet ? Et si c'est un objet, est-ce un objet si anodin ?

17 octobre 1968 : je frissonne en sortant des couvertures. Mon premier élan est de regarder par la fenêtre.
Voilà à peine un mois que je suis dans cette minuscule chambre de bonne et déjà une sourde tristesse s'immisce dans mon quotidien.
Le thermomètre affiche vaillamment un modeste 17° et le radiateur ne produira rien de plus.

Dans ce quartier cossu aux façades avenantes, je fais l'apprentissage de voisins pauvres. La dernière marche avant la misère car ils ont un toit solide, trop froid, sans confort à part l'eau courante, souvent froide. Il y a un wc à la turque pour tout l'étage. L'eau chaude, il faut aller la chercher au dernier étage, encore au-dessus.

 Mes parents m'aideront à atteindre mes rêves, en se privant un peu plus sur le quotidien. Mais nous ne sommes pas à plaindre.

J'ai acheté un minuscule carnet et j'apprends à compter les moindres dépenses. Je ne suis pas à plaindre. J'ai juste froid, j'ai juste la rage de découvrir ces vieux qui vivent avec le minimum vieillesse, ces employées de maison (on dit encore bonnes à l'époque) qui travaillent du matin au soir six jours par semaine pour un salaire (on dit encore gages aussi) de misère ... ces portes fermées sur le logis d'autres étudiants qui cumulent leurs cours et un travail souvent peu rémunérateur, pour financer leurs études, et que je ne croise jamais ...

17 octobre 1969 : la pièce de 8 m2 n'est pas plus grande que ma chambre de bonne de Neuilly l'an dernier. Pourtant,l'espace est bien agencé, les murs sont propres et la lumière rentre à flots tandis que le chauffage central assure une douceur confortable. Le bureau est sous la large baie qui occupe toute la largeur de la chambre.
Entre deux pages étudiées, je lève les yeux pour voir ce ciel qui s'assombrit des pluies d'automne. 
Mon visage s'assombrit lorsque mes yeux quittent le ciel. Le paysage est barré sur ma gauche par le bâtiment des garçons de la cité universitaire, sur ma droite par un enchevêtrement des bretelles en béton de la prochaine autoroute. Il y a aussi des rails, à l'infini. Je ne me souviens plus bien où dans mon champs de vision. Ce dont je me souviens, ce qui m'étreignait le coeur chaque jour, sans accoutumance, c'est l'autre côté de la rue. Derrière les palissades qui le masquent aux piétons et aux voitures, mon regard se porte sur la fragilité des planches et des tôles mal jointes, la fumée qui s'échappe de simples tuyaux de poêles surmontant des toits en carton goudronné pour une étanchéité approximative.
De l'autre côté de la rue, c'est le bidonville de Nanterre.

Le 17 octobre ne m'évoque rien. En 1969, on fait encore silence sur cette terrible nuit. On se souvient surtout de Charonne.
Si on me l'avait appris, cette vue m'aurait-elle été plus insupportable encore ?
Combien de ces malheureux, hommes mais aussi femmes et enfants, étaient-ils partis ce 17 octobre 1961, pour défiler pacifiquement et avec confiance pour défier le couvre-feu qui venait de leur être imposé ?
Combien de femmes et d'enfants ne sont jamais revenus de cette marche sur Paris ?
Combien d'hommes, maris, pères, ne sont jamais revenus au bidonville ?

Si on me l'avait appris, cette vue m'aurait-elle été plus insupportable encore ?

Ce jour-là, je sais en revanche qu'en rentrant de mes menues courses pour la fin de semaine, (je compte toujours le moindre centime), un ou deux enfants seront sur mon passage, me demandant un morceau de pain.
J'ai pris l'habitude d'en acheter un peu plus, pour eux. Et tout à l'heure, je leur achèterai une tablette de chocolat.

17 octobre 2011 :  journée mondiale du refus de la misère.
Je ne sais pas s'il est ou non pertinent de rapprocher ces deux événements. Mais moi, ces mois passés à Nanterre, j'ai juste appris à côtoyer une misère qui restait digne, en mesurant mon impuissance devant ce qui s'étalait pudiquement au-delà de la palissade.
17 octobre 2011, alors même que, dans la dignité, les survivants veulent se recueillir sur le Pont de Neuilly de sinistre mémoire, ils devront se contenter d'un autre lieu.

*****

Au moment où je fais les derniers réglages avant la programmation de cet article, j'écoute sur France Inter l'émission Grand bien vous fasse intitulée ce jeudi 14 décembre La pauvrophobie

jeudi 14 décembre 2017

L'attente, de Emile Verhaeren

Fanfan, "l'humoriste corse" ai-je lu en commentaire et son blog va bien en effet à ce trait de caractère, est à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour cette quinzaine du défi n°197 avec pour les poésies du jeudi, en attendant noël et ses chansons et comptines la semaine prochaines, l'attente pour ce premier jeudi.

L'attente
Et c'est au long de ces pays de sépulture,
En ces marais, qui sont bourbeux depuis mille ans,
Que j'amarre, ce soir, mon désir d'aventure,
Comme un brusque voilier fragile et violent.
J'ai délaissé, là-bas, les quais lointains,
D'où s'exaltait et naviguait, dans les matins,
Inassouvie,
Avec le vieux butin du monde en ses flancs clairs,
Avec ses pavillons ameutant l'air,
L’Éternelle, qui est la vie.
Ici, le silence pèse de tout son poids
Sur un enclos bordé de dunes ;
Les mains obliques de la lune
Y caressent, sous les cieux froids,
D'énormes rangs de tombeaux blancs.
Des branchages, pareils à des vertèbres,
Pendant, cassés, autour de troncs massifs et lourds ;
De gros oiseaux de vair et de velours,
A vol torpide et lent, y foulent les ténèbres.
Clepsydres d'or, crânes et torches,
Mains de granit heurtant le seuil des porches,
Ailes de pierre et leurs pennes de fer,
Feuilles jaunes jonchant les dalles,
Oh ! tout l'automne et tout l'hiver
De la mort immémoriale.
Oh ! l'âpre cimetière épars de l'humaine pensée !
La montante Babel écroulée en tombeaux,
Où toute une splendeur d'espoir et de flambeaux,
Contre le sol, est écrasée,
Tandis qu'en haut, toujours, les merveilleux mystères
Ouvrant leurs espaliers de feux, au firmament,
Tendent, mais dans la nuit, leurs fruits de diamant
Vers les angoisses de la terre.
Pourtant, a-t-on lancé au fond des cieux,
Pour les capter,
De merveilleux filets ;
A-t-on fixé et ajusté,
L'autre après l'un, les faits après les faits ;
A-t-on dressé des échelles fragiles
Dont la raison affermissait chaque échelon,
Avec des doigts agiles ;
A-t-on construit, pour les atteindre,
De siècle à siècle et d'âge en âge,
Sans se lasser jamais, ni sans se plaindre,
De blancs et merveilleux échafaudages ?
Et néanmoins, voici le cimetière épars,
La montante Babel écroulée en tombeaux,
Où la pensée est morcelée et dispersée
En blocs hagards
Et en mornes flambeaux.
C'est que celui qu'on attendait n'est point venu,
Celui, dont la nature entière
Assemblera, un jour, la subtile matière
En des creusets puissants non encore connus ;
C'est que la race ardente et fine,
Dont il sera la fleur,
N'a point multiplié ses milliers de racines
Jusqu'au tréfonds des profondeurs ;
C'est que le passé mort domine encor et capte
Trop fortement, toute vigueur de volonté,
Pour que l'esprit, d'un large effort s'adapte
A son milieu nouveau de vérité ;
C'est que tout homme enfin n'écoute point assez
Le sommeil d'avenir qu'il tient, en soi-même, bercé,
Et qu'il entend sous les grands cieux solennisés,
Rêver, à mots divins, la nuit, dans le silence.
Mon coeur, est-il un vœu de joie et de vaillance
Plus superbe à former, que d'être,
Un jour, le héraut pur de ce prodige à naître ;
Que de dompter déjà pour sa large victoire,
Les blancs chevaux du vierge orgueil et de la gloire ?
Oh vous, mes mains, restez nettes et belles,
Oh vous, mes yeux, restez clairs, mais fermés,
En attendant le tranquille rebelle
Que les siècles auront subtilement formé,
Pour découvrir, à coups d'audace et de génie,
Les mots qui recèlent toute harmonie
Et réunir notre esprit et le monde,
Dans les deux mains d'une très simple loi profonde.
Emile Verhaeren, recueil Les visages de la vie, 1899

Emile Verhaeren, 1855 - 1916, poète belge flamand d'expression française

un petit tour au musée provincial Emile Verhaeren ?

cimetière marin de Talmont,sur Gironde, Charente maritime
cimetière boisé, république tchèque
  licence créative commons de KarelTvrdik



mercredi 13 décembre 2017

Lubin de Saint Aubin

Sur la route du tour de France des prénoms pour la Cour de récré de JB, nous faisons halte aujourd'hui à Saint Aubin, non pas au bord de la mer sur la côte de Nacre, mais dans l'Indre (36), du côté de la champagne berrichonne dans l'ancienne province du Berry.

Lubin, après bien des années de turbin
dans le village tranquille de Saint aubin
a pris une retraite bien méritée.
Il y cultive des foisons de fleurs d'été
à la manière d'un jardin de curé,
Joyeuse pagaille autour de sa fleur préférée.

Il en a toute une collection.
C'est une véritable passion :
Lubin est le magicien des lupins.
Il en fait pousser de toutes les couleurs
Comme plante ornementale c'est pour lui la meilleure.

Il sait trier parmi eux les graines peu toxiques
et avec elles c'est tout à fait magique :
Il en fait de la poudre de perlin pinpin
qu'il met vers le 21 décembre au pied du grand sapin.

Ainsi pendant la nuit de noël les rennes
avant leur grande course pour distribuer les étrennes
feront halte au pied du sapin de Lubin
dans son jardin extraordinaire de Saint Aubin.

On dit aussi que les soirs de pleine lune,
Si vous restez discrets derrière les dunes,
Vous y apercevrez en vert et en bleu, les lutins
d'une Dame Amantine Aurore Lucile Dupin
en remplir de poudre leur sac à malices
comme matière première de contes à délices.

 


Saint Aubin, département de l'Indre (36), région Centre-Val de Loire, ancienne province du Berry

Pour les spécialités culinaires traditionnelles du Berry, l'article sur le Berry de wikipedia développe un paragraphe assez complet, parmi lequel les œufs en couille d'âne (où j'ai appris que la couille d'âne est une variété d'échalote-oignon produite dans le Berry). Pour une autre présentation Le patrimoine culinaire du Berry


Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB






samedi 9 décembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°197 en partance chez ?? ... Fanfan

Cette fois-ci je vais éviter de faire des hypothèses. Fanfan ? Dimdamdom ?
Fanfan a fait ici ce commentaire :
"Coucou Jeanne c'est moi qui m'y colle lundi , c'est mon tour !
Bon week end" qu'on se le dise !

et ensuite y aura-t-il une trêve pour les fêtes ? 
Il sera bien temps lundi de découvrir le Défi n°197 des CROQUEURS DE MOTS 
sur le blog de son capitaine d'étape fanfan.

En attendant lundi,

pour la recherche  pour "réparer les vivants" atteints de maladies rares
 et les accompagner


vendredi 8 décembre 2017

La terre est arbre

Pour la page 94 de  l'Herbier de poésies   sur une proposition et une image de Jamadrou.

"Les mots ne mentent pas"
"la terre est bleue" dit Eluard
Que disent les images ?

Le dessin ne ment pas
l'arbre a la couleur du monde
en cercle imparfait

Racines
et branches nues
Arbre et terre en symbiose
se nourrissent les uns des autres
des feuilles mortelles et de l'humus.
Et coule l'eau, souffle le vent, tourne,
tourne la terre en éphémère équilibre.
Tout au bout de la chaîne du vivant
le bras humain du bûcheron hésite,
retient de sa main le manche
de la cognée d'acier blanc
de nos destins.

©Jeanne Fadosi, mercredi 6 décembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 94 de L'Herbier

©Jamadrou

bûcheron dans la neige, Maria Balan, 1977

Spontanément la chanson de Brassens qui me vient en tête en illustration sonore, ma chanson d'enfance, c'est Auprès de mon arbre...
Mais c'est celle-ci que j'ai envie de partager aujourd'hui en pensant à d'autres chansons d'enfance en clin d’œil à Johnny Hallyday pour la dernière strophe :

Brassens, Au bois d'mon coeur, 1957
paroles en commentaire de la vidéo (suivre le lien)