Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 28 mai 2020

Abécédaire du CroqCovid, J comme Le Jeu, de Esther Granek

L'époque ayant eu raison de l'ordi de la capitaine Dômi des CROQUEURS DE MOTS, plus les aléas planétaires, plus des aléas particuliers ... bref, la pause d'été commence dès maintenant. Vous allez me manquer les aminautes ! Si, si, même si je ne suis pas très présente et même si je ne dépose pas toujours de commentaires et même si ...même si ...

Souvent l'été, j'ai maintenu un lien en publiant quelque chose, comme en 2012 (déjà !!!!!!!) cet alphabet en poésie.
C'est en faisant du tri dans mes courriels* que j'ai retrouvé cette ancienne lettre de la poétesse Esther Granek** me donnant l'autorisation de publier son poème en respectant la mise en page et la ponctuation.
J'ai immédiatement pensé qu'elle était morte depuis lors et je fus surprise de constater qu'il y avait déjà quatre ans
Ensuite, je suis allée sur mon premier blog relire le dit poème que j'ai trouvé tellement raccord avec ce qui se profile de ce que nous sommes en train de vivre dans le ventre de l'Histoire.

Le jeu2

Seize sont blancs. Seize sont noirs.
Alignement d’un face-à-face.
Selon son rang, chacun se place.
En symétrie, de part en part.
Les plus petits sur le devant.
Seize sont noirs. Seize sont blancs.
Huit fois huit cases. Un jeu démarre.

Joutes, et coups bas, et corps à corps,
et durs combats. Ultime effort
pour asséner à ceux d’en face :
“Échec et mat ! le roi est mort !”

Complimenté est le gagnant.

Mais la revanche est dans le sang.
Déjà tout se remet en place.
Et du combat ne reste trace.
Tout aussitôt le jeu reprend.

Seize sont noirs. Seize sont blancs…

N’ayant soixante-quatre cases
ni trente-deux participants,
mais autres nombres et autres temps,
la vie, pourtant, a mêmes bases.

©Esther Granek1, Synthèses, 2009




1. Esther Granek, 7 avril 1927 - 9 mai 2016, poète belgo-israélienne ; le site officiel ; le poème sur le site Poética

2. poème mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur** "à condition de respecter l'intervalle entre les strophes et de reproduire le texte dans son intégralité."

* N'allez pas croire que je garde tout, c'est vrai je suis en retard mais pour les plus anciens je gardais ce qui me semblaient sur le moment importants. Une autorisation est un document important.

**

mercredi 27 mai 2020

Là-bas avec Zorba

Notre équipe confinée dans un espace assez vaste pour contenir une bonne centaine de terrains de foot procrastinent dans leur paradis. Ils envisageaient fermement la semaine dernière de se former en coachs pour l'apprentissage de la vie d'après et figurez-vous qu'en se documentant et en surfant faute de voyager sur le plancher des vaches dans l'espace numérique avec des geeks fort pointus dans ce domaine (pure imagination de ma part !!!) ils ont des états d'âme.

D'abord racheter une île pour une poignée de dollars parce qu'elle menace d'être submergée dans quelques courtes années à l'un des milliardaires qui en avaient pour beaucoup plus certes leurs habitants d'origine, ça les chiffonne.



Non qu'ils aient des scrupules à profiter d'anciens exploiteurs. C'est le sort de leurs vendeurs, désormais entassés dans des bidonvilles et survivant du glanage dans les décharges.

glaneuses sur une décharge de Lomé (clic sur le lien)
avant le plastique on les appelait chiffonniers






Ensuite, profiter de la détresse humaine, fût-elle aidée de solides ressources financières, ce n'était pas dans leur caractère qui leur a fait prendre la route, à la rencontre de la pluralité des terriens.

Et alors, quand ils sont entrés en contact avec Zorba dit le grec (oui il fallait le faire), et qu'ils ont appris sa situation calamiteuse de travailleur précaire en Inde , ils se sont sentis honteux de leurs privilèges.

Coronavirus. En Inde, des trains spéciaux pour ramener chez eux 3,6 millions de travailleurs migrants


Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill
et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 11

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

dimanche 24 mai 2020

Ohé les CROQUEURS DE MOTS !



Dômi toujours privée d'ordinateur, un confinement qui perdure avec ce virus , les soucis qui s'invitent en dépit de ou à cause de ...
Bref, CROQUEURS DE MOTS, notre brâv' câp'tain nous le dit :


avec un rendez-vous pour septembre et un encouragement à reprendre l'habitude des cartes postales pour ces mois d'été.

  Une idée m'est venue pour ne pas complètement se perdre de vue ... si nous faisions à notre rythme et dans l'ordre que l'on voudrait un abécédaire pour cette période historique et néanmoins singulière  ? Je suggère de l'appeler Abécédaire du CroqCovid : qu'en pensez-vous ? Ma première mise en ligne jeudi

Et surtout, prenez soin de vous, prenons soin de nous tous !


jeudi 21 mai 2020

On ne nous dit pas tout, de DimDamDom

Déconfinement progressif, d'autant que j'habite en zone rouge à 1 kilomètre d'un autre département en rouge et à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau du vert et à 105 kilomètres du bord de mer. Et je ne vous dis pas les 5 kilomètres restant à vol de mouette pas de problème mais pour descendre des hauteurs ...
Tout cela pour vous dire que mes neurones sont encore en mode confiné et que ce n'est qu'au milieu de la nuit entre deux sommes que j'ai réalisé que je n'avais pas mis en ligne de poème pour ce jeudi !!!.

Rappel donc des suggestions de Zaza :
Le mot de Zaza pour le défi n°237 des CROQUEURS DE MOTS :
donc à mon tour de prendre la barre de la galère « amirale », à la suite de Jazzy, avec l’assentiment de notre Dômi, toujours privée de son PC. 😢Pour le second jeudi en poésie du 21 mai 2020 – Acrostiche avec le mot CORONAVIRUS, simple ou double, selon votre inspiration. »
Avec cette précision pour la "logistique" :
 Je vous demanderai de bien vouloir communiquer votre lien de participation, en commentaire, sous chacune de mes contributions afin que je puisse réaliser un tableau récapitulatif. Merci !

Je m'étais souvenue que Marie en avait fait la suggestion pour le défi 233 avant le début du confinement pour le premier jeudi poésie. Et j'avais l'intention de partager ici l'un des acrostiches des croqueurs de mots. Je les aurais bien choisi tous ... (à retrouver ICI poésie I)
Là je choisis celui de notre capitaine Dômi, privée d'ordi avec une amicale pensée pour elle.



Carrément méchante
Ostensible peste
Rien ne t’arrête
On te redoute
Nébuleux poison
Alarmant pour certains
Vaudevillesque pour d’autres
Il faut refréner pourtant
Robustement le fléau
Unissons nous pour
Secourir les plus fragiles
-dimdamdom-
Avec le recul des ces plus de deux mois sous cloche, on ne nous a pas tout dit mais pouvait-on le faire et surtout on est encore bien loin de tout savoir sur ce virus, sa menace invisible, son histoire et son avenir et le nôtre. En tirerons-nous des leçons ? Il est bien également trop tôt pour le savoir.

réveil courrier du Courrier International, jeudi 21 mai 2020
Une génération qui aura bien des choses à dire et à faire quand nous en serons dans l'après, ce qui n'est pas encore le cas ...

mercredi 20 mai 2020

Avec Fébronie de Laponie

Pas trop le temps de bloguer en ce moment, nos acolytes sont en plein dans les travaux des champs de printemps ... Toujours dans leur ashram éco-touristique en Inde au pied de l'Himalaya et heureux d'y être quand ils prennent le pouls du Monde.
Vous souvenez-vous que dans les premiers mois de leur périple, ils sont allés en Laponie ?
Mais non, ils n'ont pas envie de retourner au village du père noël. Certes, ils conçoivent que des enfants rêvent comme Pinocchio au pays des jouets  avant de se retrouver de l'autre côté du miroir

Ton masque ?
la distance de sécurité ?
ou comme Chihiro, la fillette du Voyage de Chihiro au village de Yubaba.



Vus de leur retraite dorée, les parcs d'attractions du monde entier qui drainent tant de familles qu'il devenait incontournable de les visiter lors d'un voyage en ... leur paraissent bien dérisoires en dépit de la magie si bien mise en scène.



Fébronie, qui en a assez de jouer les fées et de distribuer des brownies aux enfants qui visitaient son village de Laponie, sages et pas sages ... discute par webcam avec nos touristes immobiles et qui finalement s'en accommodent bien. Elle tire des plans sur la comète  (pas celle de Halley, quoique) pour acquérir avec d'autres intéressés et pour une bouchée de pain une de ces îles menacées de disparition au milieu de nulle part et y créer, pendant les quelques années où elle restera à fleur d'eau des stages non pas de survie mais pour apprendre à vivre dans le monde d'après.
Et figurez-vous que parmi nos acolytes, certains sont bien tentés par cette nouvelle aventure ...

De fil en aiguille, ils se documentent sur Internet pour avoir des exemples passés comme celui-ci


Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill
et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 11

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

lundi 18 mai 2020

Défi n°237 La pipistrelle

Le mot de Zaza pour le défi n°237 des CROQUEURS DE MOTS :
donc à mon tour de prendre la barre de la galère « amirale », à la suite de Jazzy, avec l’assentiment de notre Dômi, toujours privée de son PC. 😢
Pour cette quinzaine, je vous propose de l’organiser de la façon suivante :
Pour 
le lundi 18 mai 2020 – Défi 237 – Et si vous m’écriviez un petit texte avec le maximum d’anagrammes de « CHAUVE-SOURIS »
Avec cette précision pour la "logistique" :
 Je vous demanderai de bien vouloir communiquer votre lien de participation, en commentaire, sous chacune de mes contributions afin que je puisse réaliser un tableau récapitulatif. Merci !

Alors là je ne suis pas sûre de me lancer dans ce défi car après avoir fureté sur le Net, celui qui apparaît partout est "souche à virus", apparemment le seul reprenant toutes les lettres, assorti de l'exclamation Incroyable n'est-ce pas !!!
Mais si l’on accepte de ne pas utiliser toutes les lettres, il y en a une palanquée !
Avec pipistrelle aussi d'ailleurs !

Faut-il avoir peur des chauve-souris alors qu'elles sont par ailleurs si utiles dans la chaîne de la biodiversité ? Que vont devenir dans nos pays les campagnes de protection de ces espèces en danger ?
Bon voilà ce que j'ai péniblement cogité en mêlant la chauve-souris et la pipistrelle :

La chauve-souris sauva Sir le Chou de la souche à virus.
La pipistrelle, telle Pi, l'a pris, pareille à St Pli, la pire piste, lol
U chavira sous le souriceau ViH. Là, P tria les piles.
Pitre le slip la pria, elle, plastique impeccable et dangereuse.
L'esprit pile là ! Chauve qui peut, sauve qui veut !

Et ne chassons pas les chauve-souris, sauvons-les !

Au camp de César un soir d'une nuit de la chauve-souris, 11 juillet 2011

Nous ne les avons pas vu mais un appareil à ultra-sons nous les avait fait entendre, grâce à un guide du parc naturel régional du Vexin.
même pas normalisé, il faudrait protéger la bouche aussi






jeudi 14 mai 2020

La mort des pauvres, de Charles Baudelaire suivi de la fin de L'amour, le dédain et l'espérance de Guillaume Apollinaire

Le mot de Zaza pour le défi n°237 des CROQUEURS DE MOTS :
donc à mon tour de prendre la barre de la galère « amirale », à la suite de Jazzy, avec l’assentiment de notre Dômi, toujours privée de son PC. 😢
Pour cette quinzaine, je vous propose de l’organiser de la façon suivante :
Pour le premier jeudi en poésie du 14 mai 2020 – Thème « Espoir ou Espérance »
Avec cette précision pour la "logistique" :
 Je vous demanderai de bien vouloir communiquer votre lien de participation, en commentaire, sous chacune de mes contributions afin que je puisse réaliser un tableau récapitulatif. Merci !

Le poème de Baudelaire, sinistrement désespérant désigne la mort comme l'espérance de la délivrance de la vie. Il y projette sur les pauvres son propre spleen. C'est l'avant dernier poème des Fleurs du mal où il sublime dans la poésie son mal de vivre d'enfant né matériellement avec une petite cuillère dorée dans la bouche dans un chaos affectif sans nom. Le poème d'un désespéré d'une vie pas encore si désespérante.
Le poème de Guillaume Apollinaire est bien différent. Ecrit dans les tranchées de la guerre en 1915, l'espoir en la vie y est plus forte que la mort qui peut frapper à tout moment, par les armes ou les maladies. Et si la mort est au bout du voyage, c'est pour que vivent collectivement tous les autres ...
La mort des pauvres
C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir ;

A travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

Charles Baudelaire, 1821 -  1867, poète français
Les Fleurs du mal, son recueil réunissant pratiquement tous se poèmes par éditions successives



L’amour, le dédain et l’espérance
[ ... ]
Est-il trop tard, mon coeur, pour ce mystérieux voyage ?
La barque nous attend, c’est notre imagination
Et la réalité nous rejoindra un jour
Si les âmes se sont rejointes
Pour le trop beau pèlerinage…

Allons, mon coeur d’homme la lampe va s’éteindre
Verses-y ton sang.
Allons, ma vie, alimente cette lampe d’amour
Allons, canons, ouvrez la route,
Et qu’il arrive enfin le temps victorieux, le cher temps du retour

Je donne à mon espoir mes yeux, ces pierreries
Je donne à mon espoir mes mains, palmes de victoire
Je donne à mon espoir mes pieds, chars de triomphe
Je donne à mon espoir ma bouche, ce baiser
Je donne à mon espoir mes narines qu’embaument les fleurs de la mi-mai
Je donne à mon espoir mon cœur en ex-voto
Je donne à mon espoir tout l’avenir qui tremble comme une petite lueur
au loin dans la forêt


Courmelois, mi-mai 1915
Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou

Guillaume Apollinaire, 1880 - 1918, poète et écrivain français, mort le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole mais déclaré mort pour la France.