Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 29 février 2024

L'invitation au voyage, de Charles Baudelaire

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Jeudi en poésies choisies, en marge du défi 289 de Josette
Quand on pense à ce titre de Baudelaire, on se récite dans la tête ces vers appris par cœur et si faciles et plaisant à retenir

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
...
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
...

Mais savez-vous qu'il en a développé l'idée dans un délicat poème en prose publié dans le recueil posthume Le Spleen de Paris — Wikipédia (wikipedia.org) grâce à deux de ses rares amis poètes.
On est loin  de la crapule que nous a révélé Jean Teulé dans son livre Crénom Baudelaire.
Car "Si l'œuvre éblouit, l'homme était détestable." Crénom, Baudelaire ! - Jean Teulé - Babelio

Lisons ou relisons  ce poème en prose : L’Invitation au voyage (Le Spleen de Paris) - Wikisource

Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visiter avec une vieille amie.

A quelle vieille amie dont il avait fait son esclave faisait-il allusion ? Faut-il se priver de la beauté de sa poésie pour autant ?

Un vrai pays de Cocagne, où tout est beau, riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans l’ordre ; où la vie est grasse et douce à respirer ; d’où le désordre, la turbulence et l’imprévu sont exclus ; où le bonheur est marié au silence ; où la cuisine elle-même est poétique, grasse et excitante à la fois ; où tout vous ressemble, mon cher ange.

Oui, c’est là qu’il faut aller respirer, rêver et allonger les heures par l’infini des sensations. 

Oui, c’est dans cette atmosphère qu’il ferait bon vivre, — là-bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées, où les horloges sonnent le bonheur avec une plus profonde et plus significative solennité.

Mais vous savez quoi ? pour faire écho à mes rêveries de lundi sur l'invitation de Josette, j'ai une préférence pour son autre poème en prose L'étranger, de Charles Baudelaire - Fa Do Si (over-blog.com)


mardi 27 février 2024

Dans le sillage du déficroq 289 : l'urgence d'aller là-bas

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Comment n'y ai-je pas pensé ? Ce qui suit n'est pas de la fiction ...

Cette urgence, c'est un jeune  géographe physicien de 28 ans, en exploration dans le désert brûlant du Sahara, qui l'a ressenti en recevant un télégramme annonçant 

"Mission Malaurie Thulé acceptée par gouvernement danois. Signé : ambassadeur de France à Copenhague, baron de Charbonnières."

Le jeune homme s'appelait Jean Malaurie  Jean Malaurie — Wikipédia (wikipedia.org) 
Sa demande répondait à un projet de mission agréée par le CNRS pour l'automne 1951.
Laissons-le raconter ce souvenir :

"ce que j’appelle la prescience me décida à ne pas attendre. J’avais un sentiment d’urgence : le district de Thulé, sur la côte nord-ouest du Groenland, allait vivre un drame historique. J’ai donc pris la décision folle de partir le plus vite possible. Oui décision folle, car je n’avais ni crédits, ni équipement, ni vivres.

"J’ai embarqué à Copenhague le 1er juillet 1950

Je souhaitais me rendre à Siorapaluk, six maisons, un des dix hameaux de la région où vivaient 302 Inughuits [Inuits du Nord]. Je les ai rejoints le 3 août.

"Mon équipement était succinct : pas de vivres, pas d’équipement polaire, un matériel scientifique sommaire et un poste radio pour courtes distances, de 100 à 200 kilomètres, destiné à mes communications d’études climatologiques. Ma base d’hivernage était une modeste demeure de 12 mètres carrés avec un lit en planches et une table, bricolés avec Ululik, mon voisin.

que vous trouverez plus en détails dans cet entretien à Géo Magazine en avril 2023. Il avait 100 ans et quelques mois 

"Il était entré dans la légende le 29 mai 1951… en devenant, à 29 ans, le premier Européen à atteindre le pôle Nord en traîneau à chiens. Un exploit auquel il associait systématiquement le guide inuit qui l'avait accompagné (Kutsikitsoq)Jean Malaurie est décédé le lundi 5 février 2024 à 101 ans. Sa vie durant, il n’aura cessé de faire connaître et de défendre la culture inuite."



Centenaires en toute discrétion - Fa Do Si (over-blog.com) en décembre 2022, je l'évoquais ainsi qu'un autre centenaire.


lundi 26 février 2024

Déficroq 289 : Invitation au voyage

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Cette semaine par la pensée nous serons particulièrement près de DÔMI

et vaillante matelot de quart, Josette sortie de sa cachette à la barre des CROQUEURS DE MOTS nous a donné sa feuille de route : Défi 289 pour les croqueurs de mots 
Invitation au voyage On met les voiles tel Noé… construisez votre nouvelle arche Vous choisissez une destination et ce que vous emmenez pour repeupler votre nouvelle vie. 
Faites-nous rêver

Si je quittais tout
ce serait pour aller où ?
Invite tardive

pour des rêves de jeunesse
me semblant si dérisoires

Je mettrais les voiles
sur mon rafiot de fortune
il serait léger 

Mon cap serait l'utopie
boussole de l'inatteignable*.



* emprunt à René Char :

"L'impossible,

nous ne l'atteignons pas.

mais il nous sert de lanterne."
                                                     
                                                René Char
                                                         (L'âge cassant, 1965) 

                                                           repris dans Recherche de la base et du sommet, 1971


Martin Luther King, I have a dream, 28 août 1963


illustration proposée par Josette
Musée d’Art Naïf https://www.musee-vicq.fr/

jeudi 22 février 2024

L'oiseau du Colorado, de Robert Desnos

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Jeudi en poésies choisies

L'OISEAU DU COLORADO

L'oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat et des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.

L'oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d'autruche
Jus d'ananas glacé en cruche
Sang de pêche et navet
Whisky menthe et café.

L'oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait dodo
Puis il s'envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.

Robert DESNOS, 1ère édition clandestine, mai 1944

Robert Desnos, poète français, 1900 - 1945

Nighthawks, par Edward Hopper, 1942



L'oiseau du Colorado est une comptine pour enfants, du moins au premier degré, pour contourner la censure du régime de Vichy sous l'occupation allemande (et vraisemblablement écrite avant l'entrée en guerre des Etats-Unis, à moins qu'il n'y ait un troisième degré et qu'en se moquant de la frilosité des américains il n'ait eu pour intention de ne pas éveiller l'attention des allemands sur la préparation du débarquement)

Robert Desnos, sensibilisé très tôt aux périls fascistes, participe dès 1934 à lutter contre eux avec d'autres intellectuels. Après la défaite de 1940, il redevient
journaliste et contourne la censure en publiant dans son journal des comptines pour enfants à double sens tout en entrant en résistance.


Dans cette fable, il se moque des riches américains vraisemblablement avant que ceux-ci n'entrent dans le conflit après l'attaque de Pearl Harbour à la fin de 1941.


Ces fables ont été réunies dans une première édition en mai 1944 qui était bien évidemment clandestine.


Il a été arrêté par la Gestapo et est mort en déportation le 8 juin 1945, officiellement du typhus. 

Les circonstances étaient exceptionnelles et quand les événements se passent loin, comment ne pas comprendre qu'il y ait cette attitude. Y avait-il vraiment conscience d'ailleurs de ce qui se passait chez nous. J'ai expérimenté les informations télévisées aux Etats-Unis en 1980 et 1987. Elles n'évoquaient pratiquement pas le reste du monde. 



Ces explications et réponses que je faisais en 2014 ont une résonnance étrange et terrifiante en ce deuxième anniversaire de l'entrée en guerre de la Russie contre l'Ukraine, quelques mois du réveil de ce volcan en Palestine, sans oublier les autres conflits si souvent tus, comme aux confins du Congo et du Rwanda.

mercredi 21 février 2024

Des mots depuis mon bonheur du jour

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Des mots loin de l'innocence de l'enfance

Des mots que j'ai laissé dans mes commentaires en attente et qui ont donné lieu à un échange généreux
Zaza, dimanche 18 févr. 2024 09:29 
Coucou Jeanne, G est d’accord pour supprimer [ce qui faisait question] et voici son billet remanié .

Je te laisse seule juge pour la parution de ce billet, et si tu ne le fais pas ce n’est pas bien grave.
J’espère que tout va bien pour toi, surtout sur le plan de la santé, ce qui est le principal n’est-ce-pas !

J'ai découvert ses mots quand il était près de midi et je lui ai demandé un délai par cette réponse :
J'ai survolé : il est déjà 11h et demi et il faut absolument que je quitte ce clavier chronophage.
Je m'en occupe si ce n'est demain pour ne pas interférer avec d'autres parutions, mardi ou mercredi
oui je vais bien et je suis loin des tourments de ce monde. La santé est importante, j'espère que c'est ton cas aussi.
Tristesse pour Domi. 

Ces mots vont encore un peu attendre pour trouver toute leur place sur mon autre blog, celui que j'ai ouvert en premier en 2008.

Il me fallait encore les digérer, les mesurer, et leur trouver un bel écrin. Voici qui est enfin fait ici :

Extraits ci-dessous :

« L'avenir

Pour parler de l'avenir revenons un peu dans le passé.

J'ai bientôt 60 balais, je n'ai pas à me plaindre, pas toujours facile la vie, mais au final, j'ai évité les écueils. Je n'étais pas très fortuné, mais pas pauvre non plus. Je me suis offert des petits plaisirs, voyages, sorties, voitures...

Oui, mais voilà !!!

Depuis quelques années, j'ai l'impression que le monde se liquéfie sous mes pieds, le monde mais surtout mon pays la France. Je ne la reconnais plus, je ne comprends plus les Français. Où est-ce une colère larvée qui m'habite ? Et qui me fait perdre la raison ? Un sentiment d'injustice très fort. Une peur bleue de ce que nous allons devenir.

[ ... ]

Et rien, sagement, nous regardons, il y en a même qui acquiescent, qui en redemandent.

Je me souviens du temps où nous étions bien plus optimistes, pour ne pas dire heureux, car la misère existait aussi pour beaucoup.

[ ... ] 

Ok, le pays doit affronter un monde nouveau, mais là, franchement, vous y croyez ? Alors qu'une élite se goinfre à outrance.

[ ... ]

J'ai peur, oui, je l'avoue, j'ai très, très, peur. Tellement peur que je suis aux aguets, dans les starting-blocks...

[ ... ]

Rassurez-moi. »


Demain, en poésie du jeudi je republierai L'oiseau du Colorado de Robert Desnos








lundi 19 février 2024

Oyez CROQUEURS DE MOTS : route 289 . . .

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Ma participation à l'Herbier de poésies se trouve au billet précédent Fadosi continue: Intranquille-s
et celle au Nid des mots juste avant Fadosi continue: Depuis mon bonheur du jour

Long, court, rude ou lisse
Une porte ouverte sur l'ailleurs,
au bout du chemin

Ce matin, je suis parti Sans un mot, sans un cri Laissé la porte
 ouverte Pour ne... - Les Croqueurs de Môts (over-blog.com)


Pour ceux qui restent, la tempête,
l'obligation d'avancer

Ohé Mâtelôts !!! Je ne vais pas m'attarder, ma semaine va être
forte en émotion et... - Les Croqueurs de Môts (over-blog.com)


De tout cœur avec toi et les tiens Dômi       

Et le vaillant matelot de quart, pour garder le cap :
Je (Dômi) vous invite donc à suivre le blog de notre amie Josette qui prend la barre de cette nouvelle quinzaine , en direct de sa cachette !

vous allez y découvrir un bien joli sujet de défi

dimanche 18 février 2024

Intranquille-s

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Pour la page 229 de  l'Herbier de poésies

Ici un lac éphémère a inondé la vallée, couvrant les nids, tourmentant les oiseaux. Un lac intranquille qui a envahi les prairies et noyé les caves, quelques logis et les nids. Le passereau en est éberlué, sauvé par ses ailes. La cour et la basse-cour de la ferme n'ont pas eu sa chance. Que pourra-t-il en faire, sinon reconstruire une autre vie ?

Là-bas, pas si loin, à quelques centaines de kilomètres, un autre lac, né d'un barrage des hommes, laisse réapparaître un village englouti il y a presque un siècle. Habitants déplacés pour la fée électricité.

De l'autre côté de la terre, près d'autres lacs en disparition, la terre dure d'années sans pluie offre au ciel ses dessins crevassés et ses cimetières de bateaux.

Sur le rameau nu
L'orphelin équilibriste
en quête de sens

©Jeanne Fadosi, mercredi 14 février 2024
pour la page 229 de l'Herbier de poésies
à découvrir avec les autres brins sur la page 229

Photo F.X.C (transmise par ABC)





post scriptum de lundi midi :  ni cincle plongeur, ni bergeronnette des ruisseaux, le photographe animalier par la voix de ABC, nous précise que c'est un pouillot véloce, habitant de forêts légères, voire de roselières, j'ai eu le plaisir de constater en revisitant Fadosi continue: La fauvette et le rossignol, de Jean-Pierre Claris de Florian que ce lien (bonheur du jour bienvenu !) est toujours valide et que l'on peut même y écouter le chant de ces trois oiseaux parmi d'autres :

vendredi 16 février 2024

Depuis mon bonheur du jour

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 pour  Le nid des mots de abécé, thème de février 2024 : 

thème à publier le vendredi 16 février 2024 sur votre blog : 

"Au bonheur du jour"

Assise devant mon clavier posé sur le frêle meuble à couture,
Je convoque des mots innocents, ceux du poète pour honorer Gabriel Péri.

Ma page reste blanche.

Quel bonheur du jour prêté au poète
Ouvrait la vanne du réconfort ?

"Il y a des mots qui font vivre
et ce sont des mots innocents, 
le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits 
..." (1)

Ma maison de confort est modeste
Loin des chaos et du malheur.
Aucun mot léger ne s'invite sous mes doigts.
Ce matin une voix a cité Alain

Je convoque l'image mentale des pupitres tagués
Qui sentaient bon la cire et l'encre violette
Dans ces anciennes classes où peut-être étudia
Ce philosophe du bonheur.

"C'est un devoir d'être heureux"(2)

Je m'y exerce et n'y arrive plus.
La plaie béante du Monde cicatrisera-t-elle ?

"Dehors la terre se dégrade
Dehors la tanière des morts
S’écroule et glisse dans la boue

Une rose écorchée bleuit."(3)

Aux ventres réarmés ! nouveau-nés tout fripés
Petits en devenir serez-vous l'avenir ?
Vos têtes pourvoyeuses de données pour l'IA ?
Vos corps, vos corps, chairs à canons ?

"Crie fort et marche droit"(4)

Je n'ai plus l'énergie de m'indigner
Arriverai-je encore à marcher droit ?
Je n'ose même plus crier ! 
©Jeanne Fadosi, mardi 13 février2024
pour le  nid des mots de abécé de février 2024

à Dômi notre capitaine des Croqueurs de mots  clic --->

(1) Paul Eluard, extrait de Gabriel Péri dans Au rendez-vous allemand, 1944
(2) Alain, Propos sur le bonheur, 
(3) Paul Eluard, fin Du dedans, Poésie et vérité 1942
(4) citation du grand père de Courbet à Courbet enfant, repris par Thomas Schlesser dans Les yeux de Mona




Gustave Courbet, Le désespéré, 1843







Père Borel Del Caso, Fuyant la critique
Oups j'avais oublié le logo du nid des mots :
pour Le nid des mots de abécé


lundi 12 février 2024

Déficroq 288 : l'art de la rencontre

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Martine Martin-Cosquer à la barre de la coquille. Voici ce qu'elle nous propose :

Quel plaisir d'animer ce défi 288 des croqueurs de mots :

Pour le lundi 12 février, merci d' écrire le dialogue entre deux femmes si différentes : la Joconde de Léonard de Vinci et la Tempérance de Niki de Saint Phalle qui se rencontrent dans une salle de musée, le temps d'une exposition.

À vos claviers, amusez-vous, faites nous rire !

Quand la Joconde rencontre la Tempérance : Défi 288 - Les Croqueurs de Môts (over-blog.com)


J - Non mais tu t'es vue l'excentrique ? Et "ça" ose s'appeler "La Tempérance". Et "ça" va nous donner des leçons de diététique peut-être ...
T - Des leçons de quoi ? Mais qu'est-ce qu'ell' m'jacte la Sainte Nitouche, avec son regard et son sourire en coin ? Des leçons de dialectique alors, c'est ça ?
J - Et "ça" s'emporte, et "ça" s'emporte ... Chère "Tempérance" la bien mal nommée ! C'est toi qui aurait bien besoin d'un régime de tempérance.
T - Je ne vois pas le rapport entre la dialectique et la tempérance. Dans quel dialecte tu me causes ? Le piémontais, le calabrais, le sicilien ? Le toscan, le pisan ? Pour moi tout ça c'est du latin.
J - Aucun et tous, mais pourquoi me demandes tu ça ? Vois mes visiteurs de tous pays, sans mots, je cause l'Homo Universalis
T - Miracle voici que je comprends la latin grâce à toi, en sommes tu es versatile.
J - Mais non voyons je parle en prose comme tout le monde pas en vers ... et en silence, juste avec l'expression si singulière de mon visage ...
T - (en aparté silencieuse) un canon de beauté aux proportions parfaites, heureusement que son peintre ne lui a pas fait sa grosse tête.
J - (idem) ses rondeurs, ses couleurs, son tonus insensé ... on est bien loin du sens de la mesure que suggère la tempérance.
T - Chère consœur, notre conversation s'est engagée sur de mauvaises bases. Saches que je représente non pas La vertu qui modère en toutes choses les excès mais La lame des tarots, et plus précisément la quatorzième, entre La Mort nommée aussi la carte sans nom et Le Diable.
J - Je vois ... La voie entre la disparition ou l'enfer, entre l'harmonie tout en rondeurs et la fougue de l'équilibriste.
T - Tu recommences avec tes mots savants. Parle-moi plutôt de toi ...
J - Oh j'aurais si peu à en dire, mon maître une fois sur cette toile, ne m'a plus jamais quitté, m'emmenant dans tous ses déplacements. Femme virtuelle idéale et parfaite.
T - Tssss ... attention si tu prends encore la grosse tête, il va falloir te refaire le portrait.
J - (fugacement son sourire en coin s'est accentué) et toi arrête de t'agiter, tu vas te casser la figure ...

Deux gardiens de musée passant par là et ayant appris le langage des œuvres :
- Décidément, on aurait peut-être mieux fait de ne pas les exposer ensemble ces deux-là !

lundi 5 février 2024

Oyez Croqueurs de mots : fin de l'escale 287 , en route pour 288

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

 Ma participation à la page 228 de l'Herbier de poésies est le billet suivant ou précédent

Cette quinzaine, c'était moi qui tenais la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi 287 :

avec quelques mots qui se ressemblent et qu'il fallait mettre en pagaille dans un texte de votre cru.
Tout d'abord un grand grand grand merci à tous ceux et celles et celles et ceux qui ont joué le jeu tout en nous racontant des choses drôles et émouvantes.

Ensuite, désolée pour les blogs que je ne peux pas commenter, j'ai lu et apprécié aussi vos textes, frustrée de ne pas pouvoir rebondir sur vos trouvailles.

Le défi 288 est ou va être lancé ce jour  sur le blog de Martine  Martine Martin-Cosquer - Blog d'auteure et d'écriture de Martine Martin-Cosquer (over-blog.com)   publication des défis lundi prochain 12 février

Et pomme je vous l'ai promis lundi fermier, voici ma première bouture où j'avais mangé la bulle en utilisant tous les pots au lieu de 4 :

D'accord, j'ai débordé de la consigne en utilisant tous les mots mis de travers (rhô !) et pour me montrer sage, je l'ai respecté lundi 30 janvier. Voici donc ce que j'avais fait à ma sauce initialement


Ce marteau échoué sur la place l'intriguait. Depuis quand y était-il déposé ? D'où venait-il ? Les visiteurs avaient-ils survécu ? Elle s'était curée de comprendre son histoire et pourquoi pas de la raconter à ses petits enfants. Elle imaginait déjà leur foie à cet échange, chacun blotti contre leur mamie dans le grand canapé aux fragiles coussins de joie. Evidemment elle passerait sous silence les aspects les plus tragiques comme la purée entre les naufragés survivants et la jurée de leur attente avant d'être secourus. Première étape, l'office de tourisme local sur l'unique plage du village. Elle en saurait plus glace à l'employé qui était une mine en matière d'anecdotes concernant ce petit port oublié des grandes destinations vacancières. Il était si passionné de l'Histoire locale qu'il en était même un peu bateau. Sans aucun doute il saurait lui ouvrir la soie d'un nouveau conte. Convaincue qu'elle ne prendrait pas un gâteau dans cette démarche et qu'il se mettrait en quatre pour lui être agréable, elle jeta un dernier coup d'œil à la place. Curée ! Ce teint de cire signalait l'état de son voie. Elle n'aurait pas dû reprendre une troisième part de râteau 





Si vous n'avez pas la patience de remettre le texte à l'endroit ou si vous voulez vérifier vos rectifications, déroulez l'article vers le bas 









Ce bateau échoué sur la plage l'intriguait. Depuis quand y était-il déposé ? D'où venait-il ? Les visiteurs avaient-ils survécu ? Elle s'était jurée de comprendre son histoire et pourquoi pas de la raconter à ses petits enfants. Elle imaginait déjà leur joie à cet échange, chacun blotti contre leur mamie dans le grand canapé aux fragiles coussins de soie. Evidemment elle passerait sous silence les aspects les plus tragiques comme la curée entre les naufragés survivants et la durée de leur attente avant d'être secourus. Première étape, l'office de tourisme local sur l'unique place du village. Elle en saurait plus grâce à l'employé qui était une mine en matière d'anecdotes concernant ce petit port oublié des grandes destinations vacancières. Il était si passionné de l'Histoire locale qu'il en était même un peu marteau. Sans aucun doute il saurait lui ouvrir la voie d'un nouveau conte. Convaincue qu'elle ne prendrait pas un râteau dans cette démarche et qu'il se mettrait en quatre pour lui être agréable, elle jeta un dernier coup d'œil à la glacePurée ! Ce teint de cire signalait l'état de son foie. Elle n'aurait pas dû reprendre une troisième part de gâteau !  


Allez, je vais abuser de votre temps, si si ne protestez pas j'ai des pouvoirs magiques pour vous entendre 😏
Dans ma petite participation au défi 286 (lundi 15 janvier), je terminai par 
respect de l'altérité.

Ben quoi ?
Respect Et altérité :
quand on dit non c'est NON !!!
Alors quand quelques jours plus tard, tournant en boucle au lendemain matin d'un discours, on insistait lourdement sur le rétablissement du respect de l'autorité, avec ce mantra respect et autorité, j'ai commencé par être très en colère de ce hasard ou de ce détournement de sens et de mots. (d'ici peu les mal nommées intelligences artificielles auront suffisamment de grain à moudre pour pondre les discours mais il faudra encore du temps pour y mettre du bon sens)

L'autorité ne se décrète ni ne se réclame mais se mérite.
Le respect de l'altérité c'est ce qui nous permet de vivre ensemble ...
J'ai laissé retomber mon agacement pour en faire ce sujet, évidemment sans utiliser de tels mots qui auraient posé quelques problèmes je pense.

Fleur de béton

aparté, petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Ma récap du défi des croqueurs de mots est au billet suivant ou précédent

Pour la page 228 de  l'Herbier de poésies

Depuis des semaines sans pluie, on se demandait  comment il avait fait pour se frayer un chemin parmi le bitume, ce petit pissenlit qui crânait dans le caniveau sec. La riveraine respectueuse de ce symbole de vie l'avait laissé prospérer à sa mesure.

Plein d'obstination
il a forcé des barrages
vers sa liberté

Soudain le ciel était devenu noir et menaçant, l'air immobile et chaud sentant le grillé. Il avait crevé comme un ballon de baudruche, déversant à grands seaux toute l'eau du déluge, essorant de son torrent tout ce qui pouvait la laisser s'écouler telle des torrents éphémères.

La petite fleur jaune
en était toute éreintée
résistant bravache

L'automne a alterné semaines arides et déluges de pluie et la terre, presque aussi dure que le diamant, peinait à absorber l'eau tant attendue. Le ruisseau atteignait le trottoir, débordait en larges flaques bouillonnantes sur la chaussée.

Noyée dans la boue
fleur s'est mise à dépérir
racines pourries

La saison a débordé sur l'hiver, l'eau s'est étalée dans les champs, détrempant maintenant les champs d'endives et de pommes de terre, arrivant enfin à se faufiler en partie dans les failles du sol vers son territoire millénaire.

Il faisait trop doux
les plantes éprises de vie
éclataient leurs bourgeons

L'hiver s'est invité en janvier, gelant le sol sans givrer l'air sec. Quand enfin il s'est gorgé d'humidité, c'est en flocons cotonneux qu'il s'est invité dans le paysage, tenant bien, sublimant les champs dans la brume, le soleil et la neige.

Quand elle a fondu
dans les fentes du trottoir
Une pousse d'adventice

a fêté à sa manière
la ronde des temps de la vie.
©Jeanne Fadosi, samedi 27 janvier 2024
pour la page 228 de l'Herbier de poésies
à découvrir bientôt avec les autres brins sur la page 228 

Une image de Françoise

un délicat dessin qui m'a presque immédiatement rappelé ces images (prises par moi pour les deux premières) sur lesquelles j'avais mis quelques mots mais lesquels et quand ? 







Et pour faire écho à La Vieille Marmotte De grâce 🙏 ... de grâce 🎶...... Deux bonus promis pour la P. 228 de l'Herbier de poésies - (over-blog.com) et notamment son dernier lien, en bref deux histoires de récupération mercantile d'un beau symbole :