Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

mercredi 28 octobre 2020

Nicéphorecène se met en scène

 Les prénoms proposés par Jill m'incitent à interroger paresseusement le moteur de recherche sans doute le plus utilisé. Je n'ai pas dérogé à cet usage mais là, rien, nada. Ou plutôt, en tête, les prénoms du mercredi au château, des pages de ses petits élèves, ma page des prénoms de la saison 12 et la mention

"d'autres pages sont disponibles au contenu similaire."

Me voilà bien mal renseignée. A si j'oubliais, deux suggestions de Gogol : rechercher Nicéphore Cène.

Soit !

Les occurrences à cette nouvelle requête me proposent deux sortes de liens, sans liens entre eux :

- vers Nicéphore : Nicéphore 1er, Nicéphore Niepce ... et d'autres célébrités réelles ou de romans

- vers la Cène, et connaissant mes goûts pour l'art, surtout vers des tableaux de peintres connus.

Me voilà bien avancée !

J'allais même demander en commentaire à Jill si elle était sûre de l'orthographe quand j'ai découvert que Lilousoleil était à l'origine de cette suggestion :


Nicéphore est un prénom rare même s'il a été choisi volontairement par l'un des inventeurs premiers de la photographie moderne, quant à Cène ou plutôt Céna, c'est bien un prénom féminin encore plus rarement donné car particulièrement chargé en référence historique ou mythologique et avec ou sans trait d'union, avec ou sans référence à la photographie, le prénom du jour serait une calamité pour celle qui le recevrait dans les cadeaux de son berceau.

A quoi pensent les fées (avec bonnes ou mauvaises intentions) au chevet d'un nourrisson ?

Vous me direz, heureusement que la paternité de la photographie après bataille juridique et médiatique a finalement été rendue à Niepce après avoir été confisqué par Daguerre. Je n'ose imaginer une fille prénommée Marievatenguerre ou tout simplement Daguerre !

Elle est née deux ans après le début du XXe siècle et fut un temps modèle pour Louis Lumière et ses parents cherchant l'originalité l'appelèrent Olga

Ouf !

scanner d'un tirage sur papier à partir d'un autochrome,
studio Louis Lumière, vers 1920

Et si elle était née vers la fin de ce siècle, la photo et la vidéo aurait été ses moyens d'expression, elle se serait appelée Mélusine et, plutôt que de s'enraciner dans le Limousin, elle aurait sillonné le monde à la rencontre des autres.

Je l'ai découvert samedi en écoutant FranceInter

Mélusine Mallender en quête de liberté, France Inter, Le temps d'un bivouac, samedi 24 octobre 2020

Ses expéditions sur son site officiel


Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.




lundi 26 octobre 2020

La butineuse

 Pour une nouvelle page de l'Herbier de poésie sur une photo de Gérard Destal

La butineuse

Auprès de la ruche
l'éclaireuse a déployé
sa chorégraphie.

Sa danse a guidé le vol
des novices butineuses.

Au buffet ouvert
elles partagent leur festin
entre visiteurs

et vont d'une fleur à l'autre
s'enrubannant de pollen.
©Jeanne Fadosi, dimanche 25 octobre 2020
à découvrir à partir de lundi
avec les autres brins sur la page 163 de l'Herbier

Photo Gérard Bouquin-Destal©
ps En lisant le texte chargé de sens d'une vieille marmotte, comme elle se nomme elle-même, j'ai eu envie d'en savoir plus sur la durée de vie des abeilles. J'en ai trouvé un bon résumé ici :

dimanche 25 octobre 2020

Vague à l'âme et Eloge du silence

"Mais le silence à la radio est périlleux…

Peut-être alors juste écouter la mer, le bruit des vagues, le chant du ressac, le vague à l’âme… S’imaginer sur une plage et laisser son regard se perdre jusqu’au lointain… 

Et le silence, le silence choisi comme marque de respect, de reconnaissance, de tristesse partagée [...]"

François Morel vendredi matin 23 octobre 2020 sur France Inter

"qu’on se taise, qu’on rende hommage, que l’on ne se déchire pas"

Robert Badinter au micro de Léa Salamé sur France Inter 
mercredi 20 octobre 2020 vers 7h50



samedi 24 octobre 2020

Cette nuit c'est de nouveau et encore l'heure d'hiver

billet réédité et actualisé


J'écrivais il y a deux ans : "Sauf que cette fois-ci, les pays de l'Europe songent très sérieusement à supprimer ce rendez-vous semestriel. Alors Est-ce la dernière fois ? l'avant dernière fois ?
Depuis 2002, le changement d'heure est défini d'une manière homogène dans toute l'Union européenne. Si le changement se fait, il faudra bien harmoniser les processus. 
C'est le premier job de Albert Einstein, au bureau fédéral des brevets de Berne (Suisse) qui l'a mené à s'intéresser de près au temps des horloges et de là, à une intuition géniale vers sa théorie de la relativité restreinte du temps."

Mais je vous emmène trop loin ! 
Et pour le moment, j'allais écrire pour l'heure, l'harmonisation semble difficile d'autant que la pandémie qui s'est invitée a relégué en bas de pile ce sujet de moindre importance.
Alors, ce n'est sans doute pas la dernière fois que nous devrons nous livrer à ce rituel du passage de l'heure d'été à l'heure d'hiver.

De toutes manières les humains n'ont plus le temps.
Et on les tracasse avec des changements horaires ?
Certains pensaient que ce changement ne reviendrait pas, d'autres qu'il serait le dernier ou l'avant dernier.
Si l'abandon de ce rite biannuel est une demande qui fait largement consensus, ce n'est que le début de difficultés qu'il faudra pourtant résoudre :
S'il est établi que chaque Etat de l'Union Européenne sera libre de son choix de pérenniser l'heure d'hiver OU l'heure d'été, à l'intérieur de chaque pays, le choix n'est pas évident. Faut-il revenir à l'heure d'hiver toute l'année, comme entre 1945 et 1976 ? Sachant que cette heure légale a déjà en moyenne une heure d'avance sur le soleil depuis 1916. (Une idée qui avait été évoquée par Benjamin Franklin dès 1784 dans un journal parisien déjà pour économiser de la lumière).

Sachant que les citadins et plus généralement ceux qui travaillent à l'intérieur et dans une lumière artificielle continue privilégient de maintenir l'heure d'été toute l'année pour bénéficier de la lumière du jour en soirée.
Sachant que les ruraux, et plus généralement ceux qui sont en phase avec les animaux et les plantes et les rythmes circadiens du jour et de la nuit sont favorables en majorité à l'heure d'hiver toute l'année.
Sachant aussi qu'au nord de la France, l'amplitude entre les deux solstices y est bien plus sensible que dans le sud
Sachant qu'entre l'ouest et l'est il y a aussi presque un fuseau horaire.

Je vous donne à la louche les horaires trouvés sur ce site données en heures légales (UTC+2 heure d'été pour juin) (UTC+1 heure d'hiver pour décembre) que j'ai arrondi aux 5 minutes les plus proches et en prenant l'heure où le soleil se lève le plus tard et se couche le plus tôt en décembre et le contraire en juin.

heures lever et de coucher du soleil (durée du jour) données arrondies aux 5 minutes
du nord au sud :
solstice d'hiver      Lille 8h55    16h40 (7h45)    Perpignan 8h20  17h10   (8h50)
solstice d'été         Lille 5h40    22h   (16h20)   Perpignan  6h15   21h25  (15h10)


de l'ouest à l'est :
 solstice d'hiver      Brest 9h10    17h20 (8h10)  Strasbourg  8h25  16h30 (8h05)
solstice d'été         Brest 6h20    22h20 (16h)    Strasbourg  5h30   21h30  (16h)

Comme tous les ans depuis 1996, le dernier dimanche d'octobre, (avant c'était fin septembre), on passe à l'heure d'hiver (du moins en France), alors je recycle ce billet des années passées, qui n'a pas pris une ride lui, moi si sans doute, mais je ne les compte pas.

Ce dimanche 25 octobre, à 3 heures du matin














il sera 2 heures
















Inutile de mettre à l'heure nos petits joujoux modernes et (décodeur télé, ordinateur relié à Internet, téléphones mobiles) à moins qu'ils ne soient d'une génération de l'autre siècle. (Ils seront mis à jour à distance.) encore moins de mettre le réveil pour se réveiller à 3 heures du matin !

Mais les pendules et horloges anciennes, des montres peut-être, l'horloge du tableau de bord de ma voiture ... J'y penserai demain.


En attendant, je pourrai rester une heure de plus sous ma couette et vous aussi ! (enfin moi sous la mienne et vous sous la vôtre n'est-ce pas) ...

... si j'arrive à faire obéir mon horloge biologique qui va mettre quelques jours à se mettre en mode hiver. Il parait que la météo va se mettre en mode hiver la semaine qui vient.
Cette année, je n'ai pas réussi à anticiper, préférant aller tôt au marché. mon organisme a anticipé depuis une quinzaine de jours sur l'heure d'hiver, sauf quand il y a des contingences horaires. J'espère que la vieille chienne de la maison ne mettra pas trop longtemps non plus à régler son horloge biologique ...


mercredi 21 octobre 2020

Oyez les Croqueurs : Info coquille 2

 Lundi je vous disais que Dômi cherchait notre barreur. La très sage mémé églantine lui a suggéré de faire une petite pause pour les grands mères qui gardent leurs petits enfants et ceux qui doivent composer avec les mesures de précaution Covid.

Nous avons donc rendez-vous le lundi 16 novembre

Par contre je ne sais pas si ceci est toujours d'actualité :

Nôt Cap'tain Dômi est-elle à la recherche de notre prochain barreur !!! ?


Les mots d'Ezechiel

En mode casanier depuis tous ces mois, j'ai eu envie d'écouter le chanteur Ezéchiel Pailhès et vous savez quoi, ce titre, de 2017 pourtant, en très peu de mots, dit beaucoup du temps présent

En ces temps sinistres
mots de miel et mots de fiel
pour un ciel meurtri

Ezechiel Pailhes, Tout va bien, album éponyme de 2017

Je dois dire que j'ai hésité avec une autre de ses chansons tout aussi noire, L'éternel été.

Bizarrement, son pessimisme dans un magnifique écrin musical m'apaise.

Dans son dernier album, Oh !, sorti pendant le confinement en avril 2020, il y chante notamment trois poèmes de Marceline Desbordes-Valmore qui a eu du succès au dernier jeudi en poésie parmi les CROQUEURS DE MOTS.

Ceci est ma modeste et brève participation aux prénoms du mercredi

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.




jeudi 15 octobre 2020

Je ne sais plus, je ne veux plus, de Marceline Desbordes-Valmore, suivi des séparés

  Martine depuis Le Quai des rimes, est à la barre des CROQUEURS DE MOTS et nous donne ses consignes :

Pour le défi (240) du lundi 12 octobre : imaginez vous 24 heures dans la peau d'une personne du sexe opposé, racontez moi votre journée et votre nuit.

Alors pour les jeudis en poésie, je vous propose d'écrire ou partager :
le 8 octobre : un poème ou chanson d'amour d'un homme à une femme
le 15 octobre : un poème ou chanson d'amour d'une femme à un homme

Jeudi dernier, j'ai partagé avec vous une lettre poème de Musset à George Sand. Il y a sans doute une réponse mais j'ai trouvé plus amusant de croiser ce poème de Marceline Desbordes-Valmore qui semble lui répondre. Mais non, mais elle aurait pu. Les brouilles entre eux furent houleuses et nombreuses avant l'ultime rupture.

Un autre poème de Marcelline Desbordes-Valmore qui est tout à fait dans le sujet a été magnifiquement mis en musique par Julien Clerc.

Je ne sais plus, je ne veux plus
Je ne sais plus d'où naissait ma colère ;
Il a parlé ... ses torts sont disparus ;
Ses yeux priaient, sa bouche voulait plaire :
Où fuyais-tu, ma timide colère ?
Je ne sais plus.

Je ne veux plus regarder ce que j'aime ;
Dès qu'il sourit tous mes pleurs sont perdus ;
En vain, par force ou par douceur suprême,
L'amour et lui veulent encor que j'aime ;
Je ne veux plus.

Je ne sais plus le fuir en son absence,
Tous mes serments alors sont superflus.
Sans me trahir, j'ai bravé sa présence ;
Mais sans mourir supporter son absence,
Je ne sais plus !

Marceline DESBORDES-VALMORE


Marceline DESBORDES-VALMORE, 1786 - 1859, poétesse française


la poétesse photographiée par Nadar





Les Séparés (N'écris pas) - Marceline Desbordes-Valmore poétesse du XIXe siècle / Julien Clerc
N'écris pas, je suis triste et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas, n'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas, je te crains, j'ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur,
Que je les vois briller à travers ton sourire.
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.
N'écris pas, n'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas!

mercredi 14 octobre 2020

Haize prend ses aises

Plus que jamais en mode casanier vu la conjoncture covidienne,

Haize prend ses aises
en charentaises
dans son fauteuil
bic sur la feuille.
Devant son micro
elle a mal au dos.
C'est la chaise
qui cause le malaise :
un banc de piano
qu'elle peut régler haut.
Sa vieille carcasse
l'escagasse.
Haize entend les fadaises
d'un gente versaillaise
dans le poste de radio
Il fait la promo
d'idées fumeuses sur la chasse
Elle trouve ça dégueulasse.
Haize l'a mauvaise
Et voilà rien ne l'apaise,
elle n'a plus de mots
devant son micro.
Tant pis pour les prénoms
ce sera plus tard crénom.
Vite c'est l'heure du repas
le temps file elle n'en revient pas !
Pour midi c'est du poisson,
du saumon.
Mayonnaise
ou une sauce hollandaise ?

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.

lundi 12 octobre 2020

Défi n°240 : dans la peau d'une personne du sexe opposé

 Martine depuis Le Quai des rimes, est à la barre des CROQUEURS DE MOTS et nous donne ses consignes :

Pour le défi (240) du lundi 12 octobre : imaginez vous 24 heures dans la peau d'une personne du sexe opposé, racontez moi votre journée et votre nuit.

- Martin ! Nous avons un problème ! Il y a une future mère avec son mari qui veulent absolument unE sage-femme. Moi, je viens de faire 24 heures non-stop à cause de Martine qui est en quarantaine en tant que cas contact. Là je n'en peux plus, je rentre !

- Ne t'inquiètes pas Myriam, passe-moi ton mascara et ton eye-liner. Avec le masque, la charlotte, la combinaison et ma voix de fausset haute-contre, ils ne verront pas la différence. Par contre, tu viens me relayer pour 17h sans faute. C'est notre anniversaire de mariage aujourd'hui et j'ai promis à ma femme un repas en amoureux.

- Hmmm ! OK mais il faut que tu quittes l'hôpital en fille car à cette heure-là il ne manquerait plus que le mari s'en aperçoive !

J'ai été l'un des pionniers à devenir maïeuticien. Je m'attendais à passer une journée de travail comme toutes les autres, avec sa part habituelle d'insolite car aucun accouchement ne se ressemble. Mon métier me passionne, j'ai un magnifique contact avec mes patients, une expérience de plus de vingt-cinq ans. Mes collègues, informés, ont joué le jeu.

La journée a été aussi enthousiasmante mais totalement inattendue. Techniquement et humainement mon approche avait beau être rigoureusement identique, l'attitude des futurs pères dans la connivence ou la réserve étaient complètement inversée. Plus nouveau encore, je croyais si bien connaître les femmes futures mères. Le simple fait d'être dans la peau d'une des leurs me révéla un coin du voile d'un continent que j'ignorais jusque-là. J'ai même ramé auprès de deux parturientes qui faisaient plus confiance culturellement à "la science" d'un homme. Un comble ! La plupart étaient dans un abandon et une confiance que je n'avais jamais sentis. Une journée que je n'oublierais pas et dont je tirerais encore mille enseignements.

Après mon service j'ai suivi le conseil de Myriam. Nous avions échangé nos manteaux et elle m'avait prêté ses chaussures car je faisais comme elle du 41. Elle avait toujours des tennis de rechange. Je me suis tordu les chevilles plusieurs fois et j'ai même failli casser un talon. Je voulais rentrer avant Liliane mais elle avait eu la même idée et avait eu le temps de courir après son trravail. C'est donc elle en jogging et baskets, moi en talons hauts et cape chic que nous nous sommes retrouvés devant la grille. 

Elle a trouvé si drôle cette inversion des apparences qu'elle m'a lancé le défi de continuer la permutation jusqu'au lendemain matin.

- Chiche ?

- chiche !

Je me suis affalé déglingué dans le premier fauteuil du salon, les pieds en compote.

- Ca commence bien !

Je me croyais depuis toujours un mari moderne, sachant partager les tâches domestiques équitablement.

Il m'a fallu penser et faire mille choses à la fois car évidemment, Liliane, la malice au coin des yeux, m'a laissé m'empêtrer dans mes contradictions et mes maladresses. Bonne âme, elle a fini par endosser la charge mentale tandis que j'exécutais quantité de tâches auxquelles je n'avais jamais porté attention.

Je vous fais grâce des détails. Le dîner, que j'avais commandé chez un traiteur était délicieux et nous avons passé tout de même une agréable soirée.

Lorsque nous avons gagné notre lit conjugal j'étais complètement lessivé par la fatigue accumulée au cours la journée et de la soirée. Ma douce, émue que j'aie pensé à notre anniversaire, pensait à terminer la soirée autrement que dans les bras de Morphée. Moi, j'étais bien trop épuisé ! Alors, avant d'éteindre la lumière et de me laisser glisser dans un sommeil bienvenu, elle me sourit tendrement en me disant :

- tu vois, là, si je jouais le jeu jusqu'au bout, je me mettrais à bougonner comme toi lorsque que je ne suis pas disposée à batifoler. Certes, tu as l'élégance de respecter que je décline tes avances, encore heureux, mais tu ne peux pas t'empêcher de manifester ton humeur et de me faire des remarques acerbes.

- Mais non, je fais un peu d'humour, elles sont anodines mes petites phrases.

- Si tu le dis ! J'encaisse mais elles me blessent.  Tu vois maintenant : c'est juste quand je suis trop fatiguée.


Toulouse-Lautrec, Dans le lit, 1893






jeudi 8 octobre 2020

Défi n°239 : La couveuse épilogue

 Mon choix de poème pour le défi 240 <---clic

Tout d'abord, certes avec beaucoup de retard, un grand merci aux CROQUEURS DE MOTS pour vos participations.

"L'histoire de la couveuse familiale est à l'origine d'une autre merveille. Je n'ai plus le temps ni la place de vous la conter."

C'est ce que j'écrivais en fin de billet.

J'aurais dû écrire que la couveuse avait contribué à la survie d'une autre merveille.

Cette merveille m'a confirmé dans un mel la véracité de l'histoire de l'électricité. Était-il déjà assez grand pour s'en souvenir ? Je pense plutôt que comme moi, il a souvent entendu parler de cette mésaventure qui aurait pu finir en catastrophe.

"Quant à la suite de l'anecdote de la couveuse, d'accord pour une écriture libre : j'attends avec curiosité ce que tu en écriras." ("Je" c'est la merveille en question).

Revenons en 1942. L'hiver avait été rigoureux. Les tables des fêtes de printemps avaient pu être agrémentées de poulets rôtis améliorant ponctuellement la pénurie et la France continuait à être coupée en deux. L'été était passé et le ventre de maman annonçait l'agrandissement de la famille. L'événement s'il était un peu en avance comme d'habitude coïnciderait avec Noël. Mais ce soir d'octobre, les contractions ne laissaient que peu de doute. Le médecin avait été requis, exception autorisée au couvre-feu. Sauf qu'il était déjà occupé avec la sage-femme auprès d'une autre parturiente.

L'enfant est né avant leur arrivée. Il pesait moins qu'un paquet de sucre me racontaient mes sœurs. Pourrait-il vivre ? La maison était mal chauffée malgré le poêle installé dans la chambre des parents. L'hôpital était à une vingtaine de kilomètres et les routes de nuit n'étaient pas sûres.

La couveuse venait d'être nettoyée après la dernière couvée de l'automne et l'idée vint de l'utiliser pour le nouveau-né. La rampe à infra-rouge était il est vrai calibré pour une température idéale de 37-38°.

Une nouvelle désinfection. Sans doute au calvados nouveau à défaut d'alcool à 70° en quantité" suffisante. Rassurez-vous, j'imagine qu'elle a dû être bien rincée, séchée et aérée avant cette utilisation insolite.

La solidarité s'est concrétisée en tickets de rationnement partagés pour améliorer l'ordinaire de la maman et de son enfant.

Il faut croire que dans cette actualité bien sombre, il avait une vigoureuse envie de vivre. Je m'en réjouis chaque jour car il a été tout au long de mon enfance et encore maintenant le plus merveilleux des grands frères.


Pour en savoir plus sur les bébés prématurés

A George Sand (V), de Alfred de Musset

Lien de l'épilogue de mon défi 239, la couveuse

 Martine depuis Le Quai des rimes, est à la barre des CROQUEURS DE MOTS et nous donne ses consignes :

Pour le défi (240) du lundi 12 octobre : imaginez vous 24 heures dans la peau d'une personne du sexe opposé, racontez moi votre journée et votre nuit.

Alors pour les jeudis en poésie, je vous propose d'écrire ou partager :

le 8 octobre : un poème ou chanson d'amour d'un homme à une femme

le 15 octobre : un poème ou chanson d'amour d'une femme à un homme


A George Sand (V)

Toi qui me l'as appris, tu ne t'en souviens plus

De tout ce que mon coeur renfermait de tendresse,

Quand, dans nuit profonde, ô ma belle maîtresse,

Je venais en pleurant tomber dans tes bras nus !


La mémoire en est morte, un jour te l'a ravie

Et cet amour si doux, qui faisait sur la vie

Glisser dans un baiser nos deux cœurs confondus,

Toi qui me l'as appris, tu ne t'en souviens plus.

Alfred de MUSSET

Alfred de MUSSET, 1810 - 1857, écrivain français de la période romantique

mercredi 7 octobre 2020

Romaric aimait la musique

 Quand j'ai vu la liste des prénoms du mercredi proposé par Jill Bill, je me suis dit que j'avais déjà croisé Romaric. Eh bien oui, c'était dans la Cour de récré de JB que maicresse Jill venait de reprendre l'un des premiers prénoms proposés Il y a presque pile poil dix ans !

Grand merci madame Jill Bill pour cet accompagnement enchanté et souriant, en souhaitant qu'il continue encore et encore ...

Je le fais remonter ici, non que je puisse encore vous le montrer, les temps dans tous ses sens ont fait leur œuvre et il n'existe plus depuis longtemps. Le jardin d'à côté est retourné à ses friches et les oiseaux qui pourraient y être à l'aise me semblent moins nombreux qu'à l'époque.

Romaric tel qu'il a paradé tout l'été 2010

Mais qu'a pu faire ce personnage

Pour mériter un tel hommage ?

Au printemps c'est dans le sureau

Que s'y installaient les oiseaux

Merles, corbeaux, cohabitaient

Dans ce jardin délaissé

Où prospéraient les adventices*

Qui fournissaient tant de délices.

Mais ce printemps les labours

Ont contrarié leurs amours.

Ils lorgnaient déjà les semailles

Quand ils virent l'épouvantail.

Ce malicieux Romaric

Qui s'ennuyait sur son pic

En les voyant arriver

S'était un instant consolé.

Las ! c'est lui qui les effrayait

Sous ses hardes colorées.

Il aimait pourtant la musique

de leurs chants mélodieux.

Quelle déception pour Romaric

Était-ce donc un adieu ?

Jeanne Fadosi, pour le mercredi 6 octobre 2010

et les prénoms du mercredi de JB

 

*  les adventices sont les plantes qui poussent dans un terrain cultivé sans qu'on les ait semées. 

 
   
et tel qu'en sa décadence dès le début de novembre de la même année

Les chanteurs d'oiseaux Jean BOUCAULT et Johnny RASSE
avec Shani DILUKA & Geneviève LAURENCEAU aux victoires de la musique 2017

Retrouvez sur son blog la liste des prénoms chez Jill Bill

et peut-être, les liens du rassemblement si Jill Bill le peut. On ne t'en voudra pas si tu ne fais pas ce suivi. Priorité à ta santé !
J'essaierai de tenir à peu près à jour Mes prénoms saison 12

Mes prénoms du mercredi saison1 dansaient à la guinguette de la Récréa-bigornette,
et ceux de La cour de récré de JB avec mes participations aux Prénoms du mercredi :
saison 2 ; saison 3 ; saison 4 ; saison 5 ; saison 6 ; saison 7 ; saison 8 ; saison 9 ; saison 10 ; saison 11

Si vous voulez connaître la genèse de cette aventure ludique, Bigornette, Présidente d'honneur de La cour de récré de JB pour avoir créé les prénoms du mercredi,  s'en expliquait ICI.



lundi 5 octobre 2020

Oyez Les CROQUEURS DE MOTS ! Défi n°240 affiché au ....

 Oyez Les CROQUEURS DE MOTS ! Défi n°240 affiché au ...

Quai des Rimes de Martine

et bien sûr un grand merci pour toutes les participations
lumineuses, éclairantes et éclairées. 


La suite et fin de La couveuse est je l'espère, pour bientôt. Désolée de vous faire languir.


jeudi 1 octobre 2020

Musique mécanique, de Boris Vian, chanté par Juliette Gréco

 Electricité Pour le défi n°239 des CROQUEURS DE MOTS de lundi 28 septembre

Pour les jeudis poésie du 24 septembre, l'électricité dans ses usages purement ludiques et du 1er octobre, tout autre lien avec l'électricité ou champ libre sans contrainte d'un fil conducteur. (même pas électrique 😏)
En hommage à Juliette Gréco qui est décédée le 23 septembre dernier, un panachage des deux jeudis poésie le piano mécanique des bars étant alors muni d'un moteur électrique et la chanson poème évoquant tout ce que la pandémie covid-19 interdit de faire pour se préserver au mieux et préserver la santé des autres. Je sais que renoncer à ces loisirs ludiques est difficile et angoissant  : danser, s'enlacer, s'approcher, se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser, mais sagement assis à l'autre bout du comptoir on pourrait encore se regarder dans les yeux, développer des trésors de nouvelles mimiques passant par le regard ...
Je sais l'angoisse de celles et dont c'est le gagne-pain mais quand resterait-il de toutes manières après avoir dansé avec ce diable de virus ? Avons-nous vraiment le choix que de nous protéger les uns les autres en attendant l'extinction de la pandémie ou notre accoutumance ?
Allez, portez-vous au mieux et prenez soin de vous, de nous de tous ...



Juliette Gréco - Musique mécanique (1957)
Paroles de Boris Vian et musique d'André Popp

Quand l'été vient, de ma fenêtre sous les toits 
J'entends monter du vieux bistro qu'est tout en bas 
Une rumeur pleine de rires et de chansons 
Des polkas 
Pianola 

Les jolies filles aux cheveux courts, aux talons longs 
Viennent chercher un p'tit béguin, un p'tit frisson 
Le patron sert le muscadet dans des verres verts 
Un vin frais 
Qui égaie 

Et la musique tourne, tourne, et les danseurs 
S'enlacent comme ils enlaceraient le vrai bonheur 
Instant fragile où l'amour passe, où l'amour naît 
Et vous met 
La tête à l'envers 

Le patron invite la patronne 
Ils oublient soudain leur comptoir 
Et s'mêlent aux fripons, aux friponnes 
Qui gambillent devant le p'tit bar 

Voici vingt ans qu'il ont repris ce vieux café 
Ils l'ont laissé tel qu'il était, sans rien changer 
La vieille glace a bien vu dix mille amoureux 
Se r'garder 
Dans les yeux 

Même s'il tombe de la pluie sur les pavés 
Y a du soleil quand l'pianola s'met à tourner 
Les vieux clients hochent la tête en cadence 
Pour rythmer 
Chaque danse 

Le chien bourru met son museau sur ses grosses pattes 
Le chat blanc finit sa toilette sans faire d'épate 
Encore un coup de vin clairet, et puis l'on part 
Au revoir 
On r'viendra ce soir 

La nuit venue, j'suis descendue dans le p'tit bar 
L'pianola jouait sa musique un peu bizarre 
Y'avait un gars assis tout au bout du comptoir 
Je me suis 
Approchée 

Il a souri, on s'est compris sans rien dire et 
Serrés bien fort l'un contre l'autre, on a dansé 
Son cœur battait, mon cœur battait sans s'arrêter 
Et on s'est 
Embrassés 

Et maintenant, on vit ensemble, on est heureux 
Quand vient l'été, à la fenêtre, on rêve à deux 
Et chaque soir, monte vers nous la musique 
La jolie 
Musique mécanique



Et dans un autre registre et en écho à ABC :

La complainte du progrès Boris Vian