Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, combien en 2016 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 17 août 2017

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mercredi 16 août 2017

Forêts, déserts ... et Chateaubriand, pour Jazzy

et sa proposition d'Imagecitation 31 - 6

"Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent"
adage communément attribué à Chateaubriand*

arbre mort dans l'estuaire du Payre, Talmont Saint Hiliare
illustrée par une image piochée sur La Gazette des Olonnes de Martine

* notamment sous la plume du Général de Gaulle (tome XII des Lettres, notes et carnets selon le sociologue Jean-Michel Le Bot dans l'archive ouverte de la revue Socio-logos)
 Clic --->
Une contribution dont je n'ai pas plus les moyens d'en vérifier la pertinence que la possibilité d'explorer la somme immense des écrits de Chateaubriand, ni ceux du Général.

Je n'oublie pas que j'ai quelques réflexions à ordonner sur le poème de Victor Hugo, La conscience;
Ici aussi j'aurai(s) à développer ...

Une piste cependant sans entrer dans une vaine polémique, ce poème de Chateaubriand, avéré celui-ci conforte que dans la pensée de cet homme de lettres pré-romantique du XIXe siècle, la forêt est désert.

La Forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.
François-René de Chateaubriand, Tableaux de la nature, 1784 - 1790*

Il est vrai qu'à l'époque il n'a pas encore fait son voyage en Orient, ni même son voyage en Amérique.

François-René de Chateaubriand, 1768 - 1848, écrivain et homme politique français, précurseur du romantisme
* Préface des Tableaux de nature par Chateaubriand, reprise dans le tome III des Œuvres complètes, éd. Garnier 1861 :
"Tous mes premiers vers, sans exception, sont inspirés par l’amour des champs ; ils forment une suite de petites idylles sans moutons, et où l’on trouve à peine un berger. J’ai compris les vers de 1784 à 1790 sous ce titre : Tableaux de la Nature. Je n’ai rien ou presque rien changé à ces vers : composés à une époque où Dorat avait gâté le goût des jeunes poètes ..."


lundi 14 août 2017

La conscience, de Victor Hugo

Parmi mes rendez-vous récurrents, ceux des CROQUEURS DE MOTS ont pris leurs quartiers d'été de façon radicale cette année, dans le silence joyeux ou besogneux de ses participants.
D'habitude, je maintiens le fil de parution de poésies choisies. Cette année j'ai privilégié le décrochage informatique.
Si je publie  ce poème de Victor Hugo, c'est que je l'ai évoqué dans mon billet précédent, dans son intégralité en espérant qu'il sera lu en son entier. Lu et médité. Lu et relayé de réflexions. Je vous ferai part des miennes dans un billet à suivre --->

La conscience
Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.
Victor Hugo, La légende des siècles, première série 1859

Victor HUGO, 1802 - 1885, poète dramaturge et prosateur français
Caïn, personnage de la Bible et du Coran, fils aîné de Adam et Ève, premier meurtrier de l'humanité dans la tradition des monothéismes qui en sont issus.

Victor Hugo, dessin de 1855

dimanche 13 août 2017

L’œil, encore

Pour l'Herbier de poésie d'été sur une photo de Susi S proposée par Adamante vers la fin de juillet

"L’œil était dans la tombe et regardait Caïn"
La photo de Susi S a pris son temps sur la Toile pour se dévoiler. C'est le premier écho qui a surgi dans ma tête comme une rengaine neuronale.
Avec en prime dans la mémoire de mon oreille la voix de Gérard Philippe, excusez du peu.
Portant nul souvenir des autres vers de ce poème, ni même du titre. Juste le nom de son auteur et en filigrane l'épisode biblique résumé jusqu'à la caricature pour les petits enfants dans mon premier livre de catéchisme, "La petite histoire sainte" que j'ai appris comme on apprend un livre d'histoires ou de légendes.
Nulle trace dans mon souvenir du poème de Victor Hugo pourtant écouté sur un phonographe.
Juste cette morale que la conscience poursuit le criminel jusque dans la tombe.
"L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn"
Morale abstraite pour une petite fille (trop) sage ayant si peu de choses à se reprocher.
Morale concrète qui l'autorisait à dénoncer à haute voix ce qui la révoltait déjà.
L'injustice, la guerre, la pauvreté, le mépris des autres ...
Avec les mots de quelques autres qu'elle retrouvait dans leurs chansons ou leurs poèmes, certaines interdites d'antenne, Brassens, Vian, Brel, Béart, Eluard, Prévert, Aragon.
L'eau vive, le déserteur, le banquet (Le diable),
Guide pour vivre en harmonie avec ses convictions, au prix quelquefois d'une petite désobéissance.
"L’œil était dans la tombe et regardait Caïn"
Et cet arbre pleure
sur l'humanité abstraite
jusqu'à l'inconscience
Et les hommes se déchaînent
et les arbres désespèrent
L’œil végétal
aurait-il tout avalé
Pour le dernier arbre ?
©Jeanne Fadosi, dimanche 13 août 2017
sur une image de Susi S proposée pour l'Herbier de poésie  

Susi S The beauty of wood
Quand le dernier arbre
aura été abattu
Quand la dernière rivière 
aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson
aura été pêché
Alors on saura que l'argent
ne se mange pas
Proverbe amérindien
attribué souvent à Go Khla Ye dit Géronimo

mardi 8 août 2017

La carte mentionnait un camping ...

L'actualité de ce matin Clic ---> et clic ---> m'incite à rééditer le récit d'une des péripéties de vacances dans la Roumanie de Nicolae Ceaușescu  en 1977


Il devait être près de minuit et nous désespérions de trouver un endroit sûr à défaut de confortable pour dormir, même le ventre creux depuis le petit déjeuner au camping de notre précédente étape. Cela faisait des heures et des kilomètres que nous avions cherché en vain le camping repéré pour l'étape de cette nuit. Le poste de police nous avait envoyé dans un lieu si glauque que nous avions vite décampé, au sens strict et nous nous retrouvions l'angoisse au coeur dans une nuit peuplée d'un peuple que le jour cachait soigneusement aux rares touristes qui s'aventuraient hors circuits officiels et voyages organisés de l'autre côté du rideau de fer.
Les jalons, les images d'Epinal du socialisme triomphant savaient à merveille cacher la poussière sous le tapis*.
Le terrible tremblement de terre du début mars 1977 laissait encore ses plaies béantes et tous les estropiés ne pouvaient pas être escamotés. La plupart des ruines disparaissaient pourtant derrière des palissades de fortune. Mais ici, c'était des pans entiers de routes et de ponts qui avaient dévissé le long des pentes et "notre" camping avait été englouti sous le lit de la rivière déroutée au gré des modifications du relief.

Dans notre angoisse, nous avions aperçu de la lumière à la boutique du village. Le gérant et sa collègue terminaient la mise en place du lendemain avant de rentrer chez eux. Nous avions suivi la lumière comme un phare dans la nuit et leur accueil avait été si chaleureux. Il n'y avait ni hôtel, ni foyer d'accueil, encore moins de camping à des heures de route et l'hospitalité nous a été spontanément proposée, hospitalité que nous avons décliné en leur apprenant qu'ils n'avaient pas le droit d'accueillir d'étrangers chez eux et que la sanction de l'infraction était un déplacement dans une autre province et une amende équivalant à une année de leur salaire.
Le verre d'alcool de prune obligatoire avait généreusement arrosé les plantes vertes, mais une ou deux gorgées à jeun avaient sans doute suffi à altérer notre sens du raisonnable. 
Avec le recul et tout ce que j'ai appris de pire que je ne savais déjà à l'époque, nous aurions sans nul doute continué à décliner cette offre si généreuse et si tentante dans notre épuisement et notre désarroi.
Près de trente cinq Quarante ans après les avoir si inconsciemment et égoïstement mis en danger, j'en ai encore des remords.
Nous avons fini par accepter l'hospitalité qui nous était présentée comme un devoir sacré au dessus des lois et qui nous sauvaient des dangers réels de la nuit et de ses maraudeurs impitoyables.
Vasile, le gérant célibataire, logeait dans un foyer collectif mais sa collaboratrice, mère de famille, habitait une petite maison traditionnelle. Ils nous ont nourri avec leur repas préparé pour le lendemain et nous ont laissé leur chambre à coucher en se serrant dans celle de leurs enfants.
A la fin de nos vacances, en repassant par ce village, la maison de nos sauveurs était complètement fermée. Avaient-ils fait valoir que nous n'avions pas d'autre solution ou ont-ils été dénoncé par des voisins et déportés loin de chez eux ?
J'ai su ensuite par un courrier de Vasile qu'ils étaient simplement partis en vacances sur la mer noire, comme ils le faisaient chaque année à cette époque, et qu'ils allaient bien.
J'ai revu Vasile quelques heures, deux ans après, nous nous étions donnés rendez-vous pour l'emmener avec nous à un festival international de danses traditionnelles dans les montagnes frontalières de l'URSS. Une parenthèse enchantée dans son quotidien besogneux.
Il a vieilli, a sans doute fondé une famille comme je l'ai fait quelque temps après.
Son mal être était visible et me serrait le coeur. Qui pouvais-je ? Qu'est-il devenu dans ce monde nouveau qui a bousculé tous les repères et laissé sans ressources tous les baladins qui étaient la vitrine folklorique du pouvoir ? La Roumanie d'aujourd'hui ne ressemble sans doute plus guère à celle que je découvrais naïvement dans mes années de jeune adulte.
Mais cette main tendue, cet accueil chaleureux après des heures de fatigue, de faim puis de peur restent gravés dans mon souvenir.


Je ne me souviens pas du nom de ce village mais il ressemblait à celui-ci avec ses rues en ligne droite, ses larges contre-allées et ses maisons épargnées par le séisme à quelques dizaines de kilomètres de champs de ruines.

jeudi 3 août 2017

Les valeurs personnelles, pour Mil et Une

Réédition pour miletune d'un texte publié en quatre épisodes il y a trois ans pour le défi n°128 des CROQUEURS DE MOTS piloté par M'amzelle Jeanne

René Magritte Les valeurs personnelles, 1952 - clic
Dans le cadre de leurs études, des camarades avaient pour leur professeur eu à faire une enquête auprès de personnes âgées vivant avec le minimum vieillesse. Une étude au croisement de l'économie et de la sociologie du travail et de la redistribution.
Leur travail d'enquête s'appuyait sur un questionnaire détaillé avec des questions à choix multiple puis des questions ouvertes, afin de permettre des comparaisons et des statistiques. Le troisième moment, un entretien libre, était le plus exaltant et le plus difficile.
Quand elles rentraient de ces journées, nous avions pris l'habitude à plusieurs copines de les accueillir à tour de rôle sur le lit d'une de nos chambres qui nous servait de canapé, autour d'un bon thé fumant.
Souvent elles s'effondraient et restaient de longues minutes sans rien dire. Nous respections ce silence dont elles avaient besoin, comme un sas de décompression. 
Nous savions qu'ensuite elles parleraient, un besoin pour évacuer tout ce stress qui à l'époque (nous étions dans les années 70) n'était pas encore nommé.
Leur lieu d'enquête était une maison de retraite pour anciens artistes, créée et fonctionnant grâce à quelques autres artistes philanthropes, plus chanceux et/ou meilleurs gestionnaires.
Que l'on se rassure, nos camarades ne nous ont jamais livré de noms. Elles étaient bien entendu tenues de respecter l'anonymat des enquêtés, qu'ils aient ou non connu la célébrité.
C'est le troisième moment de l'enquête qui était souvent délicat. Ces vieilles dames (dans le spectacle comme ailleurs, les femmes vivaient déjà en moyenne plus longtemps) n'étaient pas avares de confidences. Pour une fois que l'on s'intéressait à elles, comment ne pas user et abuser de cette écoute inespérée.
Presque toutes avaient connu une gloire durable ou plus éphémère au temps du cinéma muet ou de celui d'avant guerre ou du Music-hall et du Cabaret dans leur âge d'or. Elles avaient toutes eu, à une époque plus ou moins éphémère, sinon le monde à leurs pieds, du moins le tout Paris.
Le fracas brutal de leur chute ou leur déchéance progressive avait souvent fait des ravages.
Nos camarades rentraient lessivées de ces entretiens débordant souvent d'aigreur, de mesquineries envers leurs co-locataires imposées, de hargne envers ceux qu'elles évoquaient en souvenir de leurs jours de stars.
Leur cadre de vie, sans être luxueux (on ne faisait pas alors dans la démesure) leur apportait un confort largement suffisant, tel celui de notre résidence universitaire. A ceci près que leurs appartements (une chambre ou un studio) y étaient beaucoup plus spacieux que nos 8 m2 réglementaires, sans compter les salons communs (salle de lecture, boudoirs, salle de musique ...)
Non, ce n'était pas leur misère physique qui était pénible, si l'on fait abstraction des marques du temps et des excès sur leur corps. C'était la misère morale et la solitude intérieure de ces femmes qui avaient mené une vie de luxe et l'avaient pour certaines brûlé par les deux bouts.
Le récit de leurs nostalgies et regrets, l'étonnement qu'elles n'avaient rien anticipé, c'était cela qui était éprouvant à entendre.
Voire, nous le devinions quelquefois aux récits de nos copines, leur désarroi de voir certains mythes (on employait alors l'expression de monstres sacrés, c'est tout dire) que nous avions admiré à la télévision ou même sur grand écran, ou écouté en disques, s'offrir à leur vue, se livrer en mots dans toute leur décrépitude. Et même sans pudeur ni retenue tant ces vieilles femmes étaient avides d'un public, tant la gloire les avaient submergées sans précaution.
Et puis, au beau milieu de ce spectacle affligeant, qui leur serrait un coeur encore plein des illusions de la jeunesse, une petite vieille pétillante, certes plus souvent second rôle et réduite à jouer les utilités, ne regrettant rien, se délectant de bribes du passé, se satisfaisant de son sort.
"Y a pire, n'est-ce pas ? La solitude, la vraie ....  la misère, la faim ... la rue ..."
leur faisant l'offrande avec générosité de ses souvenirs heureux et du sel de sa vie présente, voire de sa sagesse acquise chèrement.
En hommage à Jeanne Moreau qui a eu la générosité d'apparaître en vieille dame en maison de retraite et de prêter ainsi son talent à un premier film en 2015,

©Jeanne Fadosi, réédition sur  l'une des images 17-30_31 de miletune
samedi 26 juillet 2014 pour LES CROQUEURS DE MOTS
remisé ici (1) ; (2) ; (3) ; (4)

mardi 1 août 2017

Une femme libre, éternellement ?

"Une (certaine) incarnation de la liberté" Eternelle, eMmA --->

J'ai écrit le titre d'abord sans point d'interrogation. Et puis il a fallu que j'ai malgré tout la curiosité de lire l'article de Gala, dupée par son titre me faisant croire qu'il était de son fils. Mais non. C'était juste une petite phrase ...
Mais j'ai été surprise d'y trouver de la profondeur sinon de la réflexion.   Et une occasion de m'interroger sur le "phénomène médiatique" : Je reviendrai sur ce point d'interrogation

La nouvelle de la mort de Jeanne Moreau, m'est parvenue en milieu de matinée lundi 31 juillet. Une dépêche brute, vérifiée e, mais non réécrite. Elle n'a été reprise en ces termes que dans la matinée de lundi.
"Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien par sa femme de ménage"
Les programmes de ma radio habituelle ont laissé la place à des spéciales et des rediffusions pour cette icône du cinéma mondial qui n'a éclipsé ni la grande actrice de théâtre, ni la chanteuse dont les titres sont repris (avec bonheur) depuis deux jours.

Mais ce communiqué initial me trottine dans la tête, me renvoyant à d'autres nouvelles. Je sais que rien de filtrera de ses derniers moments. Le silence unanime des médias est respectable et ... rare.
Privilège du statut si particulier de Jeanne Moreau de forcer ce respect par delà le miroir.
D'accord, je ne lirai pas "la presse people". Ou seulement si ...

Hier matin je venais de décrocher mon téléphone pour souhaiter l'anniversaire d'un proche. Ses quatre-vingt onze ans. Que je n'ai pas eu directement au bout du fil et que j'ai juste entendu demander "qui est-ce qu'on fête ?". Avec la pointe d'ironie que je lui ai toujours connu.
Le "temps" qui passe le retient maintenant de prendre congé avec son éternelle allusion à l'incertitude de la vie.

La dernière apparition au cinéma de Jeanne Moreau en 2015 apporte à un premier film assumant parait-il l'humour et l'autodérision une touche d'émotion pure. L'insuccès de ce film comme de tant d'autres l'a sorti des salles avant que je n'aille le voir. L'aurais-je fait je ne sais pas. Il y a tant de films que je ne vais pas voir.

Si je l'évoque, c'est que j'ai eu le bonheur de voir le dernier film dans lequel une autre grande actrice, Emmanuelle Riva, incarnait une pétillante vieille Dame "Paris pieds nus" Clic --->.

Jeanne Moreau et Tom Dingler, Le Talent de mes amis, 2015
Décès de Jeanne Moreau à 89 ans, Les InRocks
Le talent de mes amis, la critique du film de A voir à lire
Ma mère ce sex-symbol : Jeanne Moreau (Gala)





vendredi 28 juillet 2017

La petite raccommodeuse

Pour L'Herbier de poésie d'été

La Terre-mère a hocqueté
la terre-mère s'est déchirée

La terre-mère s'est ébrouée
tout s'est écroulé

la petite raccommodeuse
l'abreuve de ses larmes
pour aider à la repousse
de ses graines d'espoir.
©Jeanne Fadosi, mercredi 26 juillet 2017
sur l'image de l'Herbier de poésie - page de juillet 


Une actualité chasse l'autre. Vendredi 21 juillet, il y aura juste une semaine à la parution de ce billet, un séisme de 6,7 de magnitude secouait les îles et la côte de l'est méditerranéen . L'île de Kos, rendue à son activité de tourisme au prix d'un accord entre l'Union européenne et la Turquie (18 mars 2016) permettant à la Grèce de refouler les migrants en situation irrégulière vers la Turquie, a été particulièrement affectée par ces secousses.



forum du Guide du Routard

Des interrogations d'"enfants gâtés que ce retour sur un dossier de France Inter de 2015 qui me rend de l'espoir en l'humaine humanité en dépit des colères et des rejets de certains.
Zoom sur Kos, été 2015 (France Inter)

mercredi 26 juillet 2017

Je demande le silence, de Pablo Neruda

En hommage à tous ceux qui tombent sous la faux de la faucheuse, qu'elles ou ils aient eu le temps de vivre, violemment ou lentement, victimes de bourreaux ou de la maladie. Ou d'un accident..

26 juillet 2010, ma petite nièce avait abandonné la lutte mais ses proches y croyaient encore.
J'y croyais encore : Dis-lui --->

26 juillet 2016, un vieux Père pensait à ses dernières années à vivre en célébrant son dieu avant de tomber sous les coups de fous du même dieu égarés dans une logique illogique et cruelle.
A l'autre bout du monde au Japon un "fou" de l'eugénisme massacrait au couteau des handicapés dans leur centre de soins, tuant ou blessant plusieurs dizaines de patients.
26 juillet 2017, combien vont fermer les yeux aujourd'hui, dans un lit ou au fond de la mer, dans l'élan de leur vie ou dans l'attente de l'inéluctable ?

Et les autres 26 juillet ? ceux des batailles et des sièges, 811, 920 à Pampelune, 1340 à Saint-Omer ou 1346 à Caen pendant la guerre de cent ans contre les anglais ? ceux des raids aériens, 1942 sur Hambourg, 1944 avec les premiers terribles V2 allemands sur l'Angleterre ?

Mais surtout, combien lors des grandes épidémies de l'Histoire, la peste le choléra, mais aussi la variole, la poliomyélite, la grippe (espagnole ou pas), le SRAS, Ebola, le Sida ? dont on a oublié l'effroi grâce aux progrès de la vaccination.

Combien de morts un 26 juillet de malnutrition, de l'absence d'eau potable, de l'air pollué ?

Combien de solitude ?



Je demande le silence

Qu’on me laisse tranquille à présent
Qu'on s'habitue sans moi à présent

Je vais fermer les yeux

Et je ne veux que cinq choses,
cinq racines préférées

L'une est l'amour sans fin.

La seconde est de voir l'automne
Je ne peux être sans que les feuilles
volent et reviennent à la terre

La troisième est le grave hiver
La pluie que j'ai aimé, la caresse
Du feu dans le froid sylvestre

Quatrièmement l’été
rond comme une pastèque

La cinquième chose ce sont tes yeux
ma Mathilde bien aimée
je ne veux pas dormir sans tes yeux
je ne veux pas être sans que tu me regardes
je change le printemps
afin que tu continues à me regarder

Ami voilà ce que je veux

C'est presque rien et c'est presque tout
A présent si vous le désirez

partez
J'ai tant vécu qu'un jour vous devrez m'oublier
inéluctablement
vous m'effacerez du tableau
mon coeur n'a pas de fin

Mais parce que je demande le silence
ne croyez pas que je vais mourir :
c’est tout le contraire qui m’arrive
il advint que je vais me vivre
Il advint que je suis et poursuis


Ne serait-ce donc pas qu'en moi poussent des céréales
d'abord les grains qui déchirent la terre
pour voir la lumière
mais la terre mère est obscure
et en moi je suis obscur

Je suis comme un puits 
dans les eaux duquel la nuit dépose ses étoiles
et poursuis seul à travers la campagne

Le fait est que j'ai tant vécu
que je veux vivre encore autant
je ne me suis jamais senti si vibrant
je n'ai jamais eu tant de baisers

A présent comme toujours il est tôt
La lumière vole avec ses abeilles
laissez-moi seul avec le jour

Je demande la permission de naître.

Pablo Neruda, Vaguedivague, Gallimard, éd poche 2013,  page 9
traduction de Guy suarès



Je sais que je ne devrais faire qu'une courte citation de ... Mais éthiquement, idéellement, a-t-on le droit de tronquer un poème ? Alors faire silence ? Ne pas transmettre la parole des sages ?
Mais alors les dictateurs auraient gagné ?

En ces temps où le Grand Nouveau Capital fait main basse sur les "produits culturels", j'ai entendu ce matin que les patrons de certaines maisons d'édition mettaient des mois à verser les droits d'auteurs encaissés ...
Sans commentaire.

lundi 24 juillet 2017

Miro et mon Parrain, pour Mil et Une

Réédition pour miletune d'un billet du 16 avril 2016 pour le Nid des mots

Mon parrain, j'en ai déjà parlé dans les premiers temps de mon premier blog. Il a enchanté les vacances de mon enfance et chaque image de jeux de baladins m'y renvoie inévitablement ainsi qu'au tout début des années 1980 où j'ai manqué l'occasion de le voir une dernière fois.

Après des années de démolitions et de chantiers, ces années-là ont vu le renouveau du quartier des Halles et l'ouverture du Centre Pompidou, dédié à une bibliothèque et à l'exposition des artistes contemporains (Dali, Picasso, Miro ...). Sur le parvis de Beaubourg où les files d'attente pour visiter ce nouveau lieu de culture dans cet étrange objet ne faisaient que s'allonger, l'espace était investi par des musiciens jongleurs, des équilibristes sur vélocipèdes, ou de simples joueurs de guimbarde, parfois même des cracheurs de feu. Un carnaval de tous les jours, une scène ouverte avant l'invention du concept.
Alors, vous pensez si ce tableau de Miro me renvoie à cette période !


En janvier 1980, mon parrain s'éteignait et j'avais écrit ce texte qu'un ami avait publié dans notre petite revue d'amateurs de danses et traditions populaires :
 "Quand les racines lèveront".



En hommage à ROGERLY, mon parrain, qui a ensoleillé mon enfance de ses farces, et a essayé de me transmettre un peu de la mémoire de son époque.
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte.
Le clown blanc est mort.
Le clown musicien qui savait faire chanter un verre ou une feuille.
Il s’est éteint comme une chandelle que l’on souffle … sans une grimace. C’est sans doute pourquoi il a emporté ce visage serein.
Mais qui fera revivre sa musique ?

Oh, il est loin déjà le jour où il avait renoncé à ses instruments. Quinze ans ! Aucun argument, aucune supplication ne lui avait fait depuis lors égrener quelques notes. Même pour ses petits neveux*. Mais il avait continué à les faire rire.

En semaine il créait les motifs qui orneraient les robes du soir, brodées de strass. Robes de fête et de lumière.
Il était clown le dimanche.
Avec son compagnon Auguste, il allait de gala de bienfaisance en distribution des prix ou en comice agricole.
Ils étaient de toutes les fêtes et, le cœur gai ou le cœur triste, ils distribuaient de la gaîté et de la tendresse à ceux qui venaient les applaudir. Après le spectacle, le musicien, - le clown blanc -, était souvent sollicité pour animer la danse.
Le miracle se produisait alors : sous ses doigts qui trébuchaient tantôt pour le déchaînement des rires, s’animaient allègrement le quadrille et la polka, la mazurka ou la gigue. Souvent aussi, à la demande des plus audacieux ou des plus modernes, le charleston, et même la java et le fox-trot.
C’est ainsi que la danse vivait et évoluait avant guerre*.

Il est revenu d’Allemagne*.Les robes n’étaient plus brodées de perles et il a du changer de métier.
Il s’est retrouvé derrière un bureau, à remplir des dossiers pour les assurances.
- L’ère de la civilisation et du progrès, -
Déjà une corde avait cassé. Mais il lui restait les dimanches pour faire pleuvoir sur les gosses des milliers de perles de rires, avec Auguste.
Un jour Auguste ne s’est pas réveillé et le clown blanc s’est retrouvé seul devant les enfants. Mais sa musique et ses farces ne les faisaient plus rire. Ses tours ? Ils les connaissaient : ils avaient vu les mêmes, à la télé.
Alors il a pris sa retraite de clown et rangé pour toujours le violon géant, le violon lilliputien, la flûte et son habit pailleté.

Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte. Le clown blanc est mort.
Qui fera revivre leur musique ?
Sur le parvis de Beaubourg, devant l’église Saint Sulpice, à la Butte aux Cailles, les gens se sont mis à chanter, jouer et danser.
- Ce sont des fous disent les fâcheux.
Mais beaucoup s’arrêtent et regardent. Quelques pas esquissés et quelqu’un entre dans la ronde. Puis un autre.
Et d’autres encore.
Et c’est ainsi que la fête continue.
FABIENNE DAUTY (Laval* le 9 Février 1980)








* pour éviter les confusions, je pense aux aminautes québécois,
il s'agit ici de Laval en Mayenne (France)


vendredi 21 juillet 2017

Petite Mère

Il y a tout juste cent ans, ta maman, ton frère, tes sœurs avaient sans aucun doute réussi des petits miracles d'imagination et d'ingéniosité pour que ton anniversaire soit une fête malgré la guerre au loin et ici les restrictions terribles de tous les instants.
Sept ans, l'âge de raison, c'est une date qui se marque. La fillette gaie, vive et timide que j'imagine allait, accompagnée de ses grandes sœurs, écouter les concerts qui se donnaient le dimanche sous le kiosque à musique du square.
Tandis que je prépare ce billet pour le 21, j'écoute la chanson de Linda Lemay la centenaire en en lisant les paroles sur un blog dédié à l'accompagnement de fin de vie. Il n'y a que Linda Lemay pour se permettre d'aborder certains sujets avec toute sa délicatesse.

Il y a sept ans, j'étais consignée à la maison pour une tâche que je n'avais pas choisie mais que je n'avais pas eu le coeur de refuser. Qu'aurais-je pu faire ? Ces occupations pratiques  m'empêchaient d'aller auprès de ceux qui étaient plongés dans la peine et, contre toute logique sans doute, encore dans l'espoir fou d'un avenir pour ma petite nièce et alimenter mon blog m'était un dérivatif non plus seulement utile mais indispensable.

Petite Mère, tu n'es pas devenue centenaire. Tu auras vécu près de quatre-vingt-neuf ans des joies et de grandes peines. cette peine-là t'aura été épargnée.

Et tu sais quoi, il y a encore dans Paris des kiosques à musique et même qu'ils servent parfois à y abriter des orchestres le temps d'un concert.


Petite mère
Quand ta main prenait la mienne
le monde pouvait s'écrouler
tu étais mon refuge suprême
ma sécurité.
Je te voulais magicienne
mon monde s'était écroulé
tes mots ne pansaient plus mes plaies.
Ma peine muette te bousculait.
Quand tes mots sont devenus muets
j'ai maudit ma candeur cruelle
à te croire surhumaine
à te penser immortelle.
Quand tu as déposé les armes
contre la vie qui s'en allait
ta main dans la mienne
d'une dernière caresse
m'a murmuré
"il est temps que tu me laisses".
Tu étais apaisée
nos âmes enfin à l'unisson
pour ta dernière leçon**.
Jeanne Fadosi, dimanche 9 avril 2017
pour miletune  image 2017-15

Et pour ceux qui pourront l'écouter, Linda Lemay, La centenaire

jeudi 20 juillet 2017

La péniche

En marge de la page 82 de l'Herbier de poésies.
Cette semaine-là, l'image proposée était un dessin de Rembrandt de 1644, Cottage à l'orée d'un bois  Clic --->

Elle m'a inspiré Le chalet sur la montagne

La silhouette aperçue dans l'encadrement de la porte m'a renvoyé à une autre scène que j'ai noté en brouillon. J'ai hésité à la publier. Tout comme hier où je n'ai pas osé photographier un très vieux couple sagement assis sur un banc de square et qui aurait magnifié le buisson de roses devant le kiosque à musique. Un respect de la vie des autres qui n'existe guère sur les nouveaux médias d'Internet.
Mais comment l'Histoire peut-elle s'écrire au plus près du vrai sans traces de ce qui a été ?

J'ose. En creux, par le filtre de l'écriture d'un autre texte sur cette image, à la manière d'un haïbun.


Je vais vous conter une histoire vraie. Martine a aperçu avant nous le visage derrière les rideaux. Elle a fait des grands signes amicaux.

Hublot déserté
la silhouette est apparue
sur le pont vieilli

Martine a demandé poliment si l'on pouvait monter sur la péniche. Quelqu'un a précisé nous sommes treize. Une autre "Enfin tout un groupe".

Les marcheurs au loin
s'étiraient le long du quai
les premiers "entraient"

De confidences en questions une autre silhouette est sortie du logement flottant dont on devinait l'aménagement sommaire sinon la vétusté.

Ils étaient deux frères
n'avaient pas connu l'école
et n'avaient plus d'âge.

La pension n'étaient pas pour eux. Il fallait de la main d'oeuvre jeune et robuste pour touer sur le chemin de halage. Le petit groupe est resté à échanger leurs vécus d'enfants tenus éloignés de l'instruction.

Elles près du désert,
les garçons au fil de l'eau,
Ils avaient appris

autrement que dans les livres
tout à l'école de la vie.

©Jeanne Fadosi, vendredi 7 juillet 2017
sur l'image de l'herbier de poésie 82 


Ils se disent deux frères, anciens mariniers. Secs et tellement ridés qu'il m'est impossible de leur donner un âge. Je n'ai pas osé poser de questions pour savoir pourquoi ils n'étaient pas allé à l'école, s'ils avaient appris à lire écrire et compter. et comment. Je suis redescendue sur le quai tandis que la conversation se prolongeait dans la gentillesse. Ils ont même accepté une photo qui restera privée.

Armand Guillaumin, La Seine, 1867, Musée de l'Ermitage

mercredi 19 juillet 2017

Mes prénoms de la saison 8 dans les départements

La semaine dernière, je me posais la question de continuer le tour de France en provinces avec les prénoms de la saison 9

Si l'on regarde les départements visités dans la saison 8, on voit au premier coup d’œil qu'il reste de la marge, sans oublier les DOM-TOM.
Certes, dans certaines tribulations, j'ai évoqué d'autres lieux avec même une incursion à la Réunion



1  Côtes d'Armor (22) Bretagne (Rostronen) avec  Philomène, barde Bretonne
2 Orne (61) Normandie (Camembert) avec Caribert le Normand
3 Vienne (86) Poitou (sans précision) (Poitiers) avec  Angélique la Poitevine
4 Haut Rhin (68) Alsace (Colmar) avec Cassien l'Alsacien
5 Île-et-Vilaine (35) Bretagne Saint Malô avec  Ursuline la Malouine
6 Somme (80) Picardie Amiens avec  Gloire le Picard
7 Puy-de-Dôme (63) Auvergne à Nonette-Orsonnette avec  Babette de Nonette
8 Lot (46) ou Dordogne (24) Périgord, Périgord noir, Quercy avec Hector du Périgord
9 Charente maritime (17) Aunis Rochefort avec Bégonia la métis d'Aunis
10 Lozère (48) Cévennes, le Gévaudan Languedoc  avec Rupert du Pont-de-Montvert
11 Sarthe (72) Maine avec  Liliette du Mans
12 Var (83) Provence Le Lavandou avec Archambaud de Provence
13 Hauts de Seine (92) Île de France avec Muguette du Bois de Chaville
14 Côte d'Or (21) Bourgogne avec Ospice de Beaune
15 Corse avec Anita of Corsica
16 Calvados (14) Normandie Côte fleurie (entre Trouville et Caen) avec Fleury de la Côte
17 Landes (40) Aquitaine  Bassin d'Arcachon Dune du Pilat avec June du Pilat
18 Aquitaine Landes (40) forêt avec Aggripin des Landes
19 Ile de France Paris (ex Seine 75) avec Jacotte la parigotte
20 Isère (38) Savoie avec Zénobe de Grenoble
21 Nord (59) Arthémise du Cambrésis
22 Allier (03) Bourbonnais Moulins - Vichy avec Fortuné du Bourbonnais
23 Haute-Garonne (31) Languedoc avec Symphorose deToulouse
24 Pyrénées orientales (66) Catalogne Occitanie avec Vulfran le Catalan
25 Labrador avec Espérance de Terre Neuve et Plaisance ancienne colonie de la Nouvelle France devenue province du Canada rattachée au Labrador
26 principauté de Liège, avec Exilia de Spa (française de 1794 à 1815)
27 Meuse (55) Lorraine avec Généreuse de la Meuse
28 Rhône (69) Le Lyonnais Bourgogne avec Hilarion de Lyon
29 Moselle (57) Lorraine avec Prune de Moselle et les prunes
30 Jura (39) et Doubs (25) Franche-Comté avec Ferréol de Dole et Besançon
31 Yonne (89) Nivernais Bourgogne avec Hosanna du Nivernais
- - - Franche Comté La Maison Dieu Vézelay
32 Maine et Loire (49) Saumurois Anjou avec Bonaventure de Saumur
33 Maine-et-Loire (49) Anjou avec Anouch d'Angers en Anjou
34 Tarn et Garonne (82) Guyenne Occitanie avec Esteban de Montauban
35 Mayenne (53) Maine (Bas-Maine) Fontaine Daniel avec Irène en Mayenne
36 Morbihan (56) Bretagne Briac de Carnac
37 Calvados (14) Normandie avec Omerille en terre de Colleville   (-sur-Mer)
38 Corrèze (19) Limousin avec Privat de Saint Privat
39 Aube (10) Champagne  avec Messoye Dame de Troyes
40 Loir et Cher (41) Duché de Vendôme avec Côme de Vendôme
41 Dordogne (24) Périgord noir avec Ursula de Sarlat
42 Creuse (23) La Marche avec Oleg de Guéret
43 Pyrénées Atlantiques (64) Pays Basque avec Mado de Cambo les Bains