Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 29 janvier 2024

Déficroq 287 : Mais que fait-il là ???!!!

Cette quinzaine, c'est moi qui tiens la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi 287 :

quelques mots qui se ressemblent 
- plage ; place ; glace ; grâce
- bateau ; gâteau ; râteau ; marteau
- durée ; purée ; curée ; jurée
- soie ; foie ; joie ; voie
un seul mot choisi dans chaque ligne et un petit texte qui raconte une aventure insolite ou/et drôle ou/et émouvante où il fallait faire exprès de  mettre à la place de chaque mot choisi un autre mot de la même ligne 

Dernière minute : les liens des autres croqueurs sont souvent déposés en commentaires sous l'annonce du défi Fadosi continue: Oyez CROQUEURS DE MOTS : le défi 287 est annoncé merci à tous

❗Voir en fin d'article une autre dernière minute relative à la programmation du défi suivant

Echoué sur la place  il semblait là depuis quelques minutes ou l'éternité.  Quand y avait-il été déposé ? D'où venait-il ? Les visiteurs avaient-ils survécu ? Ce marteau  l'intriguait. Première étape, l'office de tourisme local : l'employé était une mine en matière d'anecdotes concernant ce petit port oublié des grandes destinations vacancières. Elle s'était curée de comprendre son histoire et pourquoi pas de la raconter à ses petits enfants. Jonas le guichetier, ça ne s'invente pas, était si passionné de l'Histoire locale ! Il se mettrait en quatre pour lui être agréable. Elle imaginait déjà leur foie en racontant le conte, chacun blotti contre leur mamie dans le grand canapé aux fragiles coussins. Evidemment elle passerait sous silence les aspects les plus tragiques, il ne faut pas trop effrayer les petits enfants. La vie s'en chargerait bien trop tôt.




Si vous n'avez pas la patience de remettre le texte à l'endroit ou si vous voulez vérifier vos rectifications, déroulez l'article vers le bas 












Echoué sur la plage  il semblait là depuis quelques minutes ou l'éternité.  Quand y avait-il été déposé ? D'où venait-il ? Les visiteurs avaient-ils survécu ? Ce bateau  l'intriguait. Première étape, l'office de tourisme local : l'employé était une mine en matière d'anecdotes concernant ce petit port oublié des grandes destinations vacancières. Elle s'était jurée de comprendre son histoire et pourquoi pas de la raconter à ses petits enfants. Jonas le guichetier, ça ne s'invente pas, était si passionné de l'Histoire locale ! Il se mettrait en quatre pour lui être agréable. Elle imaginait déjà leur joie en racontant le conte, chacun blotti contre leur mamie dans le grand canapé aux fragiles coussins. Evidemment elle passerait sous silence les aspects les plus tragiques, il ne faut pas trop effrayer les petits enfants. La vie s'en chargerait bien trop tôt.


Je m'étais dans un premier temps essayé à utiliser non pas un mot par ligne mais tous les mots. Il m'a semblé plus sage de m'en tenir à ma propre consigne notamment devant le remarque de Dômi dans Ohé Mâtelôts !!! Me voici un peu tard , pour vous annoncer le défi 287 mené cette... - Les Croqueurs de Môts (over-blog.com) :

Ma chère Jeanne, j'ai compris 1) , j'ai compris 2)

Mais ...

J'ai pas compris 3) 🤔

Je publierai cette fantaisie brodée sur la même histoire mais avec les 16 mots lundi prochain pour satisfaire votre curiosité en même temps que j'espère passer le relais pour le défi suivant. Sera-ce Martine qui en aura le courage ou Josette qui revient bloguer ou Colette la fidèle  ? Pour l'instant je ne sais pas.
Martine m'a confirmé qu'elle prend le relais pour le défi 288
sujet sur son blog lundi 5 février ; nos participations à publier pour le lundi 12 février.

lundi 22 janvier 2024

Oyez CROQUEURS DE MOTS : le défi 287 est annoncé

Cette quinzaine, c'est moi qui tiens la barre des CROQUEURS DE MOTS
pour le défi 287 à publier lundi prochain 29 janvier

Voici quelques mots qui se ressemblent beaucoup mais qui ne veulent pas du tout dire la même chose. (Si vous voulez épater dans une conversation, c'est ce qu'on appelle des paronymes.)
- plage ; place ; glace ; grâce
- bateau ; gâteau ; râteau ; marteau
- durée ; purée ; curée ; jurée
- soie ; foie ; joie ; voie

1) Choisissez un seul mot dans chaque ligne
2) utilisez-les dans un petit texte qui raconte une aventure insolite ou/et drôle ou/et émouvante 
MAIS ...
3) vous ferez exprès de  mettre à la place de chaque mot choisi un autre mot de la même ligne 
A vos lecteurs lectrices  le soin de retrouver les mots adéquats.


J'ai omis de rappeler que depuis des mois, je ne peux plus commenter les blogs de la plateforme Blogger, dont le mien, ni répondre à vos commentaires. En revanche, je peux faire paraître ceux qui sont déposés en attente. Ce qui peut prendre un certain temps car je n'allume pas Internet en continu.

Merci 

Ménagerie de glace

Pour la page 227 de  l'Herbier de poésies

Dans la forêt transie par le gel un corbeau a lâché son fromage. Maître Renard qui le convoitait s'est cassé les dents en voulant le croquer. Les dents de glace qui l'accablent ne remplaceront pas ses crocs malmenés. La forêt indifférente rutile sous le soleil, les hiérarchies sont bousculées quand on peut s'y mouvoir.  Si le corbeau sait encore voler le renard en est statufié. Le voici en conciliabule avec Maître corbeau qu'il traite d'escroc pour obtenir réparation.

Ah mon bon Monsieur
Apprenez donc qu'un flatteur
est cru juste une fois !

Quand la fontaine est gelée,
nul ne boit plus à son eau.
©Jeanne Fadosi, mercredi 17 janvier 2024
pour la page 227 de l'Herbier de poésies
à découvrir bientôt avec les autres brins sur la page 227

Photo Laurence B - Prise au Canada

Inspiration, mais est-il besoin de le préciser ?

La Ménagerie de verre — Wikipédia (wikipedia.org) de Tennessee Williams, pour le titre
Du reste,  verre se traduit par glass en anglais et Glas en allemand et  ce n'est pas un hasard.

 

dimanche 21 janvier 2024

1951 - 2024 : et toujours l'autre, cet étrange étranger ...

Ma façon de manifester ma détresse devant cette plongée en arrière dans les pires années noires de l'Histoire de France, puisqu'aujourd'hui mon âge, l'état des routes et mon agoraphobie, me contraignent rester chez moi. Que deviens-tu Ma France ?

Étranges étrangers (youtube.com) Jacques Prévert, 1951 dans Le grand bal de printemps dit peut-être par le poète

Étranges étrangers
 
Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians¹ de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finistère
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus²
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez
Jacques Prévert, 1951, publié dans Grand Bal du printemps, Gallimard 1955
 

Jacques Prévert (1900-1977), poète et dialoguiste de cinéma
Poème publié la première fois in Grand bal du printemps, Ed. La Guilde du livre, Lausanne, 1951.

Notes :
¹ Selon le Robert, « boumian » est une altération phonétique de « bohémien », en vigueur en Provence.
² Fréjus était une des bases de cantonnement des troupes coloniales.





lundi 15 janvier 2024

Déficroq 286 : Quoi ? Quoi ? Coite !

 Avec Jill Bill à la barre pour la première édition de la nouvelle formule des CROQUEURS DE MOTS :

Thème d'après cette photo, Commencez votre écrit par « I'm literally Gobsmacked » (Sans voix, bec cloué)

Dans un texte court et amusant Dites ce que vous pensez du dernier achat artistique De votre amie Sigourney pour cet "alien"...

Photo JB (Prise à Gruyère, Suisse 2023)

« I'm literally Gobsmacked »
J'en perd mon latin, français !

Quoi ? quoi ? quoi ?
J'en suis coite !
J'en suis sourde !

Euhhh !!! Ehhh !!! Hein ???

Un grand bruit
du fin fond du cosmos
annonçant sa disparition !

Une seule lettre effacée
qui fait le féminin
Et voilà le Mâl dominant
arrogant dans son pur jus.

Envie d'être étique
envie d'être épines.
Ce vilain temps me hérisse.

Tu veux ou tu veux pas l'amie ?
Moi je préfère la douceur
qui n'est pas forcément pudeur
mais respect de l'altérité.

Ben quoi ?
Respect Et altérité :
quand on dit non c'est NON !!!
©Jeanne Fadosi , mardi 9 janvier 2024

en écho à
Couvrez ce sein !
Mais qu'est-ce qu 'i 'm ' jacte l' cul bénit ?
Pourrait s' montrer tout nu qu'i' m' f 'rait aucun effet !
Encore un qui s' la joue tartuffe !
moi qui pensais pouvoir sortir enfin du cadre
et mett' les voiles où j' pense ! 
 
Brrrrr ! On s' les gèle ici !
vite ma doudoune ! 
©Jeanne Fadosi , lundi 1er février 2016
pour l'herbier de poésie 32
Nu, d'arnaud Bouchet
 
sur ce tableau de Arnaud Bouchet, sublime où le peintre a su sublimer un corps de femme, loin des hallucinations sous acide du collaborateur des Alien




Quelques explications à cet assemblage :
Vous avez dit "bizarre" ? Comme c'est bizarre !

A la découverte du sujet de Jill et après la curiosité envers l'auteur de cette étrange sculpture, j'ai selon mes habitudes fait quelques requêtes à la recherche d'écrits de mon cru pouvant  y être associés 

J'ai requis alien : Aucun article correspondant à la requête : alien
J'ai requis téton : Aucun article correspondant à la requête : téton.
J'ai requis sein : Affichage des articles triés par pertinence pour la requête sein. il y en a 17

MÉDITATION QUATORZIÈME.

LA FOI.

O néant ! ô seul Dieu que je puisse comprendre !
Silencieux abîme où je vais redescendre,
Pourquoi laissas-tu l’homme échapper de ta main ?
De quel sommeil profond je dormais dans ton sein !

Alors là, j'ai trouvé une image et un texte faisant un écho à la sculpture bizarre proposée par Jill, comme une traversée du miroir, mais dans l'autres sens.

Mais l'aveugle Fortune a de bizarres lois :
Je suis comme un jouet en ses volages doigts,
Et les quatre Éléments me font toujours la guerre.

Souvent l'Air orageux traverse mon dessein,
L'Onde s'enfle à tous coups pour me crever le sein
Je dois craindre le Feu, mais beaucoup plus la Terre

Et, lorsque dans son sein la Nature des choses
Formera mes destins futurs,
Reviens baigner, reviens nourrir de tes flots purs
Mes nouvelles métamorphoses.

et dans la foulée, signature et seing  et sceau et sein et sain et saint. Ou  songe et singe et singulier

Mais laissez l’espace entrer au sein de votre union.
Et que les vents du ciel dansent entre vous.
Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une chaîne.
Laissez-le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes.
Khalil Gibran, Le mariage in  Le Prophète, 1923

Tu verras bien dessous mon sein
S'arrondir enfin ma bedaine ;
C'est maintenant plus qu'un dessein.

Un papier rose à découpures,
Comme un sein blanc sous des guipures.
Voile à demi
Le globe laiteux de la lampe

Quoi de plus naturel, après l'avoir évoqué pour Adamante Couvrez ce sein ! que de laisser le jeune poète le déshabiller sous sa plume ...
S'égrenant dans son cœur, Saint Tartufe était pâle !... 
Donc, il se confessait, priait, avec un râle !
L'homme se contenta d'emporter ses rabats...
- Peuh ! Tartufe était nu du haut jusques en bas !

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Un futur tenant à un fil, d'une traversée périlleuse, il tète avide un sein triste, puisant les dernières forces vives dune fillette devenue trop tôt femme, tandis que depuis des semaines, la barque erre sans boussole rejetée de ports en terres.

Sur une gamme chromatique,
Le sein de perles ruisselant,
La Vénus de l’Adriatique
Sort de l’eau son corps rose et blanc.

 les amoureux de Peynet rêvent leur futur, sans se soucier des écueils, ni de l'immense oiseau bleu comme la nuit qui souffle sur les braises de leur sommeil. En son sein, l'oisillon se devine. 

D'ici quelques brèves semaines,
Tu verras bien dessous mon sein
S'arrondir enfin ma bedaine ;

Je me souviens pourtant de cette femme, était-elle jeune ? sans doute, qui regardait les tableaux et les photos tout en donnant le sein à son bébé avec naturel et simplicité. La scène m'avait touchée et j'avais apprécié cette liberté sobre et sereine. Rien d'érotique dans son geste qui lançait un pont entre la modernité et la tradition des temps premiers.

Les roberts, oui les roberts Zaza ! Cette expression argotique du XIXe siècle tire en fait son nom de l'inventeur des biberons modernes Edouard Robert Clic --->
Par quels méandres les tétines de biberons sont-elles devenues des seins de femmes et non de nourrices ? Mystère !

vendredi 12 janvier 2024

Gestes à voir et à entendre,

 pour  Le nid des mots de abécé, thème de janvier 2024 : 
thème à publier le vendredi 12 janvier 2024 sur votre blog : 
En lien avec les nuits de la lecture (18 au 21 janvier 2024) :
Écrire un ou plusieurs petits textes
"Le corps en action"




Sans besoin de mots,
juste par la grâce des gestes
le corps en action ;

Suivant la baguette
le corps de ses musiciens
animant l'orchestre ;

Magie, poésie,
sans la frontière de la langue
tous peuvent se comprendre.

Tel est l'art visuel du mime,
telle la musique à l'oreille.
©Jeanne Fadosi, dimanche 7 janvier 2024
pour le  nid des mots de abécé de janvier 2024

Il y a 44 ans ces jours-ci, mon parrain le clown a tiré sa révérence pour son dernier tour de piste au grand cirque de la vie.
Mon père et lui avaient à peu près le même âge et aux anniversaires de l'un et de l'autre, il disait d'un air faussement enjoué : "quand l'un de nous deux cassera sa pipe, l'autre pourra cirer ses bottes." Il lui a survécu moins de 4 ans.

Alors quand pour le nid des mots de janvier j'ai requis corps sur mon blog, le choix me semblait impossible aux trois premiers liens proposés. Si le cœur vous en dit, je les mets en fin de billet*.
Car oui, le 4e lien m'a rappelé à souvenirs souvenirs ...

C'était pour un autre nid des mots où il fallait écrire le texte de votre choix, comportant les mots suivants : Clown, corps, mime, objet, masque, musique, voix, en extérieur

Souvenirs, souvenirs ...

J'ai, à l'occasion de jeux d'écriture, évoqué plusieurs fois mon parrain, le clown Rogerly. C'est une chance pour moi d'avoir vu mes vacances ensoleillées de son sourire.
On dit souvent que dans la vraie vie les clowns sont tristes. Ce n'était pas son cas, même s'il était aussi un monsieur tout à fait sage et sérieux quand les circonstances le demandaient.
Ce n'était pas non plus un vieux gamin qui faisait toujours le pitre. Il avait simplement la grâce de rendre plus léger l'air ambiant.
L'été c'était la campagne, les parties de croquet ou de jokari en extérieur, les tours de magie dont il gardait jalousement les secrets à l'intérieur les jours de pluie.
Son sourire n'était pas un masque, non. Une politesse plutôt. Malgré sa déception de ne plus pouvoir jouer de la musique après son accident de métro. Un virage pris un peu vite l'avait déséquilibré et, son corps projeté en avant, il en avait eu plusieurs doigts cassés.
Je l'avais pourtant entendu faire chanter les verres de cristal lors de repas de famille. Il les préparait en les remplissant plus ou moins et en les testant à l'oreille. Ensuite il tirait de ces objets improvisés en instrument soigneusement étalonné un chant étrange et beau comme la voix des sirènes.
Et comme La petite sirène était un de mes contes préférés, il pouvait alors se faire mime pour le plus grand plaisir des convives, en attendant les gâteaux dont il n'aurait pas perdu une miette.
©Jeanne Fadosi, vers le 10 juin 2018
pour le  nid des mots de abécé de juin 2018






*Les trois liens donnés avant Fadosi continue: Souvenirs, souvenirs ... :