Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

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jeudi 29 octobre 2026

Poésies du jeudi : C'était il y a quarante ans, mes poèmes en prose

Nôt' Câp'tain' Dômi a la barre du déficroq 334 des CROQUEURS DE MOTS nous propose à partir d'une image humoristique disant :
Le week-end prochain on recule d'une heure. Je préférerais reculer de 40 ans, la vie était tellement plus agréable (émoticône sourire)
Vous regardez l'image ... et on en parle tous ensemble
Aucune contrainte, pas de mots imposés, laissez vagabonder votre imagination

C'était le lundi 27 janvier 2020, un virus pandémique létal venu de l'autre bout du monde par avion commençait à inquiéter. Il aura fallu encore près de deux mois pour que des mesures drastiques confinent pratiquement toute la planète.
Je remettais en ligne ce texte en prose en écrivant quarante au lieu de trente, aujourd'hui je pourrais écrire quarante-six :

Il y a dix ans déjà, le 19 janvier 2010, ...
J'avais mis en ligne sur mon premier blog et pour la première fois ce texte écrit pour la mort de mon parrain et qui avait été publié à l'époque dans notre petite revue "Quand les racines lèveront".

En cette fin de janvier 2020 cette réédition prend un écho particulier après les terribles événements de janvier et de novembre 2015.
Mon parrain était le clown de music-hall Rogerly les fins de semaine et le dimanche. Il a notamment animé les passages d'une bobine de film à l'autre ou quand il cassait quand le Bataclan était un cinéma.
 En semaine, artiste dessinateur, il travaillait avant guerre aux motifs dans un atelier de haute couture.


~ Billet 333 ~  (ex-catégorie chronique des jours d'antan)
Mon parrain, je vous en ai déjà parlé dans les premiers temps de mon blog. Un clic sur le clown vous y conduira.
En janvier 1980, il s'éteignait et j'avais écrit ce texte qu'un ami avait publié dans notre petite revue d'amateurs de danses et traditions populaires :
"Quand les racines lèveront".


En hommage à ROGERLY, mon parrain, qui a ensoleillé mon enfance de ses farces, et a essayé de me transmettre un peu de la mémoire de son époque.
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte.
Le clown blanc est mort.
Le clown musicien qui savait faire chanter un verre ou une feuille.
Il s’est éteint comme une chandelle que l’on souffle … sans une grimace. C’est sans doute pourquoi il a emporté ce visage serein.
Mais qui fera revivre sa musique ?

Oh, il est loin déjà le jour où il avait renoncé à ses instruments. Quinze ans ! Aucun argument, aucune supplication ne lui avait fait depuis lors égrener quelques notes. Même pour ses petits neveux. Mais il avait continué à les faire rire.

En semaine il créait les motifs qui orneraient les robes du soir, brodées de strass. Robes de fête et de lumière.
Il était clown le dimanche.
Avec son compagnon Auguste, il allait de gala de bienfaisance en distribution des prix ou en comice agricole.
Ils étaient de toutes les fêtes et, le cœur gai ou le cœur triste, ils distribuaient de la gaîté et de la tendresse à ceux qui venaient les applaudir. Après le spectacle, le musicien, - le clown blanc -, était souvent sollicité pour animer la danse.
Le miracle se produisait alors : sous ses doigts qui trébuchaient tantôt pour le déchaînement des rires, s’animaient allègrement le quadrille et la polka, la mazurka ou la gigue. Souvent aussi, à la demande des plus audacieux ou des plus modernes, le charleston, et même la java et le fox-trot.
C’est ainsi que la danse vivait et évoluait avant guerre*.

Il est revenu d’Allemagne*.Les robes n’étaient plus brodées de perles et il a du changer de métier.
Il s’est retrouvé derrière un bureau, à remplir des dossiers pour les assurances.
- L’ère de la civilisation et du progrès, -
Déjà une corde avait cassé. Mais il lui restait les dimanches pour faire pleuvoir sur les gosses des milliers de perles de rires, avec Auguste.
Un jour Auguste ne s’est pas réveillé et le clown blanc s’est retrouvé seul devant les enfants. Mais sa musique et ses farces ne les faisaient plus rire. Ses tours ? Ils les connaissaient : ils avaient vu les mêmes, à la télé.
Alors il a pris sa retraite de clown et rangé pour toujours le violon géant, le violon lilliputien, la flûte et son habit pailleté.

Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte. Le clown blanc est mort.
Qui fera revivre leur musique ?
Sur le parvis de Beaubourg, devant l’église Saint Sulpice, à la Butte aux Cailles, les gens se sont mis à chanter, jouer et danser.
- Ce sont des fous disent les fâcheux.
Mais beaucoup s’arrêtent et regardent. Quelques pas esquissés et quelqu’un entre dans la ronde. Puis un autre.
Et d’autres encore.
Et c’est ainsi que la fête continue.
FABIENNE DAUTY (Laval* le 9 Février 1980)







* pour éviter les confusions, je pense aux aminautes québécois,
il s'agit ici de Laval en Mayenne (France)




* Il s'agit de la guerre 1939-1945 où il a été fait prisonnier en 1940 et pendant toute la guerre.
 
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ... 
*vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon pare-feu bloque.

jeudi 22 octobre 2026

Poésies du jeudi : Chanson d'automne, de Paul Verlaine


Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Paul Verlaine, Poèmes saturniens, 1866
Paul Verlaine — Wikipédia, 1844 - 1896, écrivain et poète français

Et aussi mon deuxième partage des jeudis en poésie du déficroq 256 de Colette autour des chansons :
j'avais découvert cette chanson engagée contre la censure. Un texte moderne ? non, 1838 selon le site Poésie française
Agénor Altaroche — Wikipédia, 1811 - 1884, journaliste, chansonnier, homme de lettres et homme politique français.


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jeudi 15 octobre 2026

Poésies du jeudi : Chantons l'automne, Medley personnel sous l'impulsion de Colette

C'était pour le défi 256 des CROQUEURS DE MOTS du 15 novembre 2021 et Colette nous avait demandé  
À partir de phrases de chansons, n’importe lesquelles, d’un ou de plusieurs chanteurs, sur l’automne ou le thème de votre choix, assemblez ces phrases pour en faire un texte cohérent.

O temps charmant des brumes douces
les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
(chantait doucement)
Le petit cheval dans le mauvais temps.
Qu'il avait donc du courage !
Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content,
Tous derrière lui devant.
Et le vent du nord les emporte,
Deux escargots s'en vont
Un très beau soir d'automne
Mais (ils sont les) seul(s)e à porter le deuil
C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Il est mort, le soleil
Il est mort sans voir le printemps
Il est mort sans voir le beau temps
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un p'tit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées.
Le vent souffle sous le préau,
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.

Mélange entremêlé des chansons et poèmes chantés suivants :
Automne de René Guy Cadou 
https://laclassebleue.fr/wp-content/uploads/2013/06/Automne.pdf
Les feuilles mortes de Jacques Prévert
Chanson d'automne de Paul Verlaine
Le petit cheval de Georges Brassens
Ballade à la lune de Alfred de Musset
Chanson des escargots qui vont à l'enterrement Jacques Prévert
Il est mort le soleil par Nicoletta, paroles de Pierre Delanoë, musique de Hubert Giraud


Post Scriptum : mon passage chez Colette m'avait donné envie d'entendre des extraits de la célèbre comédie musicale Chantons sous la pluie (Singing in the rain). Evidemment ce n'est pas possible mais j'ai trouvé ce clip avec des extraits et surtout des anecdotes sur le tournage fort intéressants

et cela tombe bien car cette célèbre comédie musicale est reprise (en anglais) au Théâtre du Lido à Paris en ce moment et jusqu'en janvier 2027.

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jeudi 8 octobre 2026

Jeudis en poésies : Saisir l'instant, de Esther Granek

Lénaïg était à la barre du défi n°212 des CROQUEURS DE MOTS nous invitait pour le second jeudi en poésie du défi à partager "la saveur de l'instant présent".
Un instant que Esther Granek a si bien sublimé dans un poème que j'avais mis en ligne en avril 2011 lors d'un défi où je tenais la barre pour illustrer le temps, comme je récidive à la barre du déficroq 332

Saisir l’instant

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.
 
Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.
 
Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.
 
Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.
 
Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?
© Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981


Esther Granek, 1927 - 2016, poétesse belgo-israélienne francophone, survivante de la Shoah

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