Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

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lundi 23 février 2026

Déficroq 321 (n°12 2025-26) : "Pour ce que rire ..."

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...  
C'est donc lilou qui prend la barre des CROQUEURS DE MOTS cette quinzaine pour le défi 321 avec des éléments de récit et un mot d'ordre (non contraignant) :

texte comique et déjanté recommandé mais vous pouvez en écrire une tragédie grecque.

J'ai fait un long brouillon insatisfaisant qui me ramenait toujours dans mes années d'internat à l'école normale d'institutrices, entre un règlement intérieur d'un autre âge et une autosurveillance imposée à la première de la classe. Alors impossible de faire un texte déjanté et comique.

Ce lundi matin, je me suis régalée de la lecture silencieuse des textes des croqueurs de mots. Puisque mes souvenirs me collent au cerveau, autant les mettre en mots :

1966, année mirifique décrite par Antoine Compagnon* où tous les possibles se construisent.
 
1966, j'entends année horrifique tant nous nous heurtions systématiquement à des dictats que nous ne comprenions pas. Seuls la rébellion des quelques garçons (moins de dix parmi 140 filles) qui partageaient deux fois par semaine le repas de midi à la cantine n'avait pas donné lieu à punition. Il faut dire qu'ils avaient déboulé dans le bureau de Madame l'économe avec dans leur assiette du poisson d'une fraîcheur relative mais surtout pas bien vidés.
 
1966, Nos jupes descendaient aux genoux et l'interdiction du pantalon ne nous avait guère donné envie de les raccourcir en ce janvier enneigé quand nous allions de grand matin de l'autre côté de la ville à l'école normale des garçons.
Alors quand l'une de nous était revenue un lundi avec une jupe plus courte à la mode, je ne sais plus quel professeur garant de nos bonnes mœurs lui avait intimé de découdre l'ourlet. Ni une ni deux, toutes les filles de la classe avaient fait de même par solidarité. Nos censeures embarrassées ont cherché en vain un point du règlement permettant de sévir. Rien n'interdisait les jupes de descendre au dessous du genou. Une petite victoire suivie de l'autorisation de mettre un pantalon pour sortir hors les murs de l'école par moins de zéro degrés.
 
1966, Adhérant joyeusement au préambule de Rabelais à son  Gargantua, nous avons eu l'idée déjantée d'utiliser un escabeau pour accrocher au dessus du tableau une banderole où nous avions tracé en grandes lettres au pinceau
 
"Pour ce que ris est le propre de l'homme"**

Nous n'avons pas compris la réaction outrée de notre prof de français et la punition collective qui s'en est suivie. Ce que nous ignorions, c'est que son grand dadais de neveu au chômage lui avait pourri son week-end en bâclant le nettoyage des murs de sa cuisine. Elle s'était bien juré que c'était la dernière fois qu'elle lui demandait un service tellement il était maladroit. Le grand benêt devant le courroux de sa tante n'avait pas su dire autre chose que "m'enfin, tata Lulu !", un surnom qui l'horripilait encore plus. 
 
1966, on ignorait tout du handicap de l'hyperactivité****. On ne croyait guère non plus les rares primatologues comme Jane Goodall qui déjà découvraient que les grands singes*** aussi savaient rire. 


photo partagée le 29 juillet 2009 dans mon billet
Que penseraient-ils des gazettes actuelles ? II - Fa Do Si

en 1966, nous avons immortalisé dans la neige la première autorisation obtenue pour mettre un pantalon au dessous de zéro degré pour traverser la ville. Encore fallait-il se remettre en jupe aussitôt de retour avant même l'étude de fin d'après-midi.

Antoine Compagnon — Wikipédia, né en 1950, écrivain, critique littéraire et académicien français

**Le rire est le propre de l'homme - Fa Do Si, sur mon premier blog 1er avril 2009


 
bonus musical :
Henri Salvador — Wikipédia, 1917 - 2008, auteur compositeur interprète musicien humoriste français
Ray Charles — Wikipédia, 1930 - 2004, pianiste chanteur compositeur et arrangeur américain 

vendredi 16 janvier 2026

Couleurs de nos vie (2e)

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

pour  Le nid des mots de abécé, thème de janvier 2026 :
thème à publier sur votre blog, le vendredi 16 janvier 2026, avant 10h :
"De toutes les couleurs"

 Pour le jeudi 27 octobre 2021 j'avais écrit imprudemment :

"Mes premières tentatives étaient laborieuses et si j'ose ci-dessous republier ces couleurs de nos vies, "beaucoup trop bavardes", c'est qu'il me faudrait tout réécrire sans perdre le dense de ce que je voulais y mettre.

Je vais pourtant essayer. Réussirai-je ou ferai-je pire ? Rendez-vous lundi prochain.

Après une fin de semaine occupée à bien autre chose, je n'ai ouvert mon ordi que ce lundi matin 1e novembre 2021 vers 10h et je n'avais bien sûr pas du tout retravaillé ce texte."

J'avais galéré sans réussir à le dégraisser. Ma nouvelle version, toujours trop bavarde ne me satisfaisait toujours pas. 

Tant pis ! La vie, le monde s'est depuis complexifié jusqu'à l'obésité des malheurs. Alors ...*

Flamboyance de la couleur,
épure d'un simple trait
et toute la douceur
des silhouettes de Toffoli.

Raffinement de la couleur
Art précis dans la minutie du geste.
De la palette au pinceau,
Objets et bouquets sublimés
Aux jardins de Toutounov.

Fractales des boules à facettes
Danse des ombres et des corps
Sur la piste de danse.
Danse les couleurs
Sur les toiles de Mirò

Danse les couleurs de Fantasia
Sur la toile de cinéma
Et dans les yeux de l'enfant.

Plénitude de la couleur
En son spectre irisé
Quand la pure lumière se frotte au sombre
D'un ciel d'orage avant la pluie.

Arc-en-ciel du reflet
Des larmes de l'enfant
Sur ses lunettes de soleil

Enfant qui ne comprend rien
à ce déluge de feu et d'acier
Sur les pierres et le sable,
Sur les choses et les fleurs,
Sur les gens sans visage et sans yeux.

Et le son des couleurs
Dans le rire de l'enfant
Quand son père raconte,
Sous les bombes.

Blanc la somme de toutes les couleurs
Blanc symbole de la paix
Le voile de la mariée
l'habit de deuil en certains lieux,
La porte du paradis
Au seuil d'une mort imminente,
dans l'imaginaire des mythes.

Blanc aux mêmes symboles
Chez les frères ennemis.
Rires des enfants de chaque camp
Aux couleurs de l'oiseau
Au-delà des désespoirs.

Blanc et noir sur la toile,
Petites touches subtiles
Et les couleurs chantent.

Noir comme le sang sombre
Lesté des déchets
De nos corps vivants,
Chimie et alchimie de la vie.
Noir des abysses et de l'inconnu
Noir au seuil des fantasmes
Noires terreurs injustifiées,
Portes aux haines imbéciles,
Vers des terreurs trop justifiées.

Mais noire la petite robe raffinée,
Noir le luxe de la tulipe,
Noire guirlande des mots
Sous la plume inspirée.
Jamais noir absolu,
Soit gris soit brun soit bleu,
Ou violet ou même rouge
Ou même feu.
Noir de jais jamais plus intense
Qu'avec la touche d'un blanc de lumière.

Couleurs à l'œil du télescope
Qui scrute les étoiles.
Couleurs sous le microscope
Traquant le minuscule.
Mystère et jaillissement
Couleurs de l'univers
Couleurs de la vie.

Couleurs du vent
Couleurs des sons, 
Couleurs du temps.
Couleurs, coule heure,
Coule les heures,
Coule nos vies,
Couleurs de nos vies,
Couleurs de nos humeurs.

Tempérer leur violence,
Apprivoiser leur beauté.
Chercher leurs harmonies.

Est-ce mission impossible ?* 

©Jeanne Fadosi, lundi 1er novembre 2021
pour Les Parchemins de Bigornette, * ajout du mercredi 14 janvier 2026


Toffoli, bateaux

bouquet de bleuets, par Toutounov

Louis Toffoli — Wikipédia (wikipedia.org) 1907 - 1999

Joan Miró — Wikipédia (wikipedia.org) 1893 - 1983

Ivan Konstantinovich Aïvazovski (1817 – 1900) La vague
Peint en 1886 cette huile sur toile est déposée au Musée du Louvre en 1973
partagé par Zaza pour le thème Tempêtes du tableau du samedi

Petit aperçu de mes couleurs sur mon blog :


Fadosi continue: Couleurs de nos vies réédition du 28 octobre 2021



Kandinsky, Gorge improvisation, 1914

Fadosi continue: Un monde foutraque
 

mardi 25 novembre 2025

25 novembre : la vie, côté pile et côté face

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou )... et j'en oublie ...

C'était mon 68ème billet publié le 15 mars 2009 vers 18h30
 Le 25 novembre, longtemps, ce fut la Sainte Catherine et son pied de nez aux m... en fêtant les jeunes filles (oui oui, on était encore jeune à 25ans quoi qu'on en dise) qui n'étaient pas (encore) mariées et qu'on allait appeler les vieilles filles.

dans les années 1925-29, des midinettes fêtant la Sainte Catherine, au centre ma marraine

Le jour annonçant aussi la confirmation de la morte saison et qu'alors on pouvait planter  ... rosiers, arbres fruitiers, arbres décoratifs ... à condition qu'il ne gèle pas

"A la Sainte Catherine, 
tout bois prend racine"

et le pied de nez des féministes des années 1850 à ...

grève des midinettes début juin 1917

Le 25 novembre, ce fut aussi mon engagement comme Citoyenne du Monde contre les violences faîtes aux femmes. sensibilisée par mon expérience intime, sans que je n'en fasse état, sauf devant d'autres femmes violentées et soutenues par une association. Juste pour témoigner que ça n'arrive pas qu'à certaines ...

25 novembre : Journée Internationale pour l'élimination de la violences à l'égard des femmes
 
[...]

2 décembre : Journée Internationale pour l'abolition de l'esclavage

Avant  que le pire s'invite atrocement dans ma famille.

La semaine dernière triste décompte de 5 féminicides dont 4 pour la seule journée de jeudi.


Merci Aya !
"Tu disais que tu m’aimais
(Tu disais que tu m’aimais fort)
Mais dans quelles conditions
(Mais dans quelles conditions) "

mercredi 9 avril 2025

Déficroq 305 (n°15 2024-2025) bis repetita : "pleurer sans en rougir"

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Pour le défi N°305 des Croqueurs, c'est An'Maï qui s'y colle !
Elle vous propose de poursuivre, en vers ou en prose ce vers du poème de Verlaine :
"Il pleure dans mon cœur"
 Bien que ce début paraisse mélancolique, il n'est pas obligatoire que votre texte  le soit. Humour et fantaisie sont permis.
Copie à rendre pour le lundi 7 avril 
Mon autre production dont je vous ai parlée lundi Fadosi continue: Déficroq 305 (n°15 2024-2025) : "Toujours sourire"

Désolée, An'Maï, je n'ai pas su faire dans l'humour et la fantaisie ...

Pour ne pas avoir honte un jour d'en avoir ri


"Il pleure dans mon cœur"
de petite fille vieille
à l'émouvant souvenir
du doux clown pince-sans-rire*
ayant bercé mon enfance.

Il pleure dans mon cœur
citoyenne du monde
aux clowns triomphants
d'oranges mécaniques

car en requérant sur mon blog "pleurer"** j'ai eu droit en tête de liste au moulin à café. Fadosi continue: Défi n° 200 Le moulin à café

La toute petite fille dont je me souviens ne comprenait pas les sanglots de sa jeune belle-sœur pour des tasses à café en porcelaine. 
 
Chez ses parents, le père arrivait enfin  à pleurer après avoir noyé son chagrin un temps dans la boisson. Des larmes discrètes et la lèvre tremblante, en racontant à la toute petite fille la vie éphémère du visage encadré sur le buffet de la salle à manger. ***
Malgré l'injonction faite aux garçons pour qu'il deviennent des hommes.

Chez ses parents, la mère avait tant pleurer que longtemps 
elle dira à sa petite dernière qu'elle n'avait plus de larmes tout en ne manquant pas une occasion de lui évoquer ce grand frère tout petit que la petite ne connaitrait jamais en vrai.

Longtemps, très longtemps après ces noces d'argent de ses parents, elle devinerait peut-être que, déjà, si tôt après les épousailles, la récente mariée craignait la colère et la violence l'accompagnant.

"Il pleure dans mon cœur"

en en relisant les réflexions, plus que jamais d'actualité,

en redécouvrant ce magnifique instrument construit pour faire résonner le Chant de la foret (youtube.com) et en cherchant désespérément le titre de cet air si connu qui se dérobe à ma mémoire 

"Il pleure dans mon cœur"
en relisant la citation qui finissait ce billet :

"Si votre haine pouvait être transformée en électricité, 
cette dernière éclairerait le monde entier."
Nikola Tesla, Ingénieur, Inventeur, Physicien, Scientifique (1856 - 1943)


"Il pleure dans mon cœur"
et c'est triste à mourir
aux larmes de crocodile
 à leurs rires sataniques
 
menant la danse du monde sans nul respect pour le génial ingénieur dont le nom dévoyé s'est métamorphosé en l'une des marques déposées d'un semeur de haine.

Il pleure dans mon cœur
ce serait à mourir de rire
si ce n'était triste à pleurer !

lundi 24 mars 2025

Déficroq 304 (n°13 2024-2025) : Art et société

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

Dernière minute à presque 19h ce lundi, impossible de déposer des commentaires sur les blogs de Eklablog.  ce n'était qu'un bug passager maintenant réparé
En revanche, surprise du mardi matin, l'apparence de mon blog historique (je veux le premier que j'ai ouvert) a changé, sans doute par disparition du modèle support. J'ai tatonné pour modifier les couleurs. Chacun ses goûts mais je préfère les fonds clairs. Mais impossible de remettre une bannière de blog (bouh !!! snif!!!)
Pour cette quinzaine, le déficroq 304 est animé par Rose63 et voici  ce qu'elle nous propose :
Le rôle de l'art dans la société : est-il encore pertinent aujourd'hui pour vous ?
L'art comme moteur économique et culturel
Et vivre avec son temps : Évolution technologique et art numérique

Déjà plus de 18h ce lundi et une semaine dernière un peu bousculée où ma collecte de liens vers mes blogs en rapport au sujet proposé est restée dans les brouillons alors que je n'ai pas eu le loisir d'écrire un texte inédit. (pourtant j'avais matière à et j'aurais bien aimé en témoigner). 
Et comme hier j'ai eu la mauvaise idée de prendre un café vers 16h,  j'ai fait cet après-midi une sieste réparatrice de ma mauvaise nuit. J'en avais sans doute besoin mais me voici une fois de plus à courir après le temps. Alors, voici la réédition des deux premiers liens mis dans cette compilation. Promis je la met en ligne dans la foulée Fadosi continue: en marge du déficroq 304

***
C'était à la même époque et pour deux jeux d'écriture ou de citation qui se complétaient :
Pour ImageCitation-45 de Jazzy

«  Une œuvre d’art n’est jamais immorale. L’obscénité commence où l’art finit » 
Raymond Poincaré (1860 - 1934), cité dans une biographie de Poincaré

"America", oeuvre en or 18 carats de l'artiste Maurizio Catellan,
photo AFP/Williams EDOUARD
"L'œuvre est présentée comme égalitariste par son créateur Maurizio Cattelan. Les visiteurs pouvaient s'y soulager, à la condition d'avoir préalablement réservé un créneau de trois minutes.
Ce WC en or avait été utilisé par environ 100 000 personnes entre septembre 2016 et l’été 2017 au musée Guggenheim de New York." (source Le Parisien du 18 septembre 2019)

***
ce mois-là, il y avait collision d'actualités. ...

1) Il y a eu d'abord cette citation qui m'a fait cogiter sur le sens à donner aux mots (œuvre d'art, immoral, obscène).

2) J'ai recherché sur Google pour ne pas le nommer une image libre de droit du célèbre urinoir de Marcel Duchamp, 1917, dont la temporalité me laissait penser que la "sculpture" était peut-être à l'origine de la citation.

3) dans la foulée, Adamante proposait pour l'Herbier de poésies une image qui faisait autrement écho à la citation. Et dans la foulée, j'avais écrit laborieusement un texte initialement prévu pour le vendredi 13.

***
 Pour la page 149 de l'Herbier de Poésies

Comme d'habitude, il n'avait aucune idée de ce qu'il adviendrait de son texte. S'il convenait, il paraîtrait, signé du nom de son boss, caviardé des nuances et de la complexité de l'analyse. Sinon il n'en resterait qu'une caricature sans base ni sommet pour remplir l'espace d'une pub non attribué avec ses initiales. Souvent le fichier atterrissait dans la corbeille.

Il longeait la Seine.
Vers l'ouest doucement
le soleil déclinait.

L’œuvre ne l'avait pas inspirée, son histoire en revanche l'avait interpellé. Comme une répétition sans fin. Symptôme de la réémergence des pratiques d'asservissement dont les trente glorieuses avaient fait croire à la disparition.
Sur l'autre rive
une vieille dame incarnée
derrière des palissades.
Sa petite amie, en le présentant à ses parents, l'avait dit "critique d'art". Cela avait plus d'allure que poète. Moins inquiétant, quoique. Il avait envie de gueuler à l'eau noire "plus de gueule". Ce contrat à durée indéterminée était une aubaine pour se loger et ils avaient besoin de leur caution.
Un beau soir d'avril
les âmes des anonymes
pleuraient leur chef d’œuvre.
Demain sans doute les enchères grimperaient dans d'autres tours. Quelqu'un achèterait un nom. L'objet passerait d'un coffre à un autre. Il pensa à cette citation de Raymond Poincaré lu sur un des blogs où il aimait se détendre et se ressourcer : « Une œuvre d’art n’est jamais immorale. L’obscénité commence où l’art finit ».
L'arrogance des marchés
la quête vaine du barbouilleur
étaient dérisoires.
Vers les tours de la Défense
Le Soleil griffait les toits.
©Jeanne Fadosi, jeudi 12 septembre 2019
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 149 de L'Herbier

***
4) Cerise sur les gâteux, le samedi 14, les médias (ici Franceinfo) se faisaient l'écho d'un vol dans un palais du sud de l'Angleterre d'une "œuvre d'art" ahurissante (celle que j'ai utilisé pour illustrer la citation). J'apprécie d'ailleurs que l'article parle d'œuvre et non d'œuvre d'art.

Il n'empêche ! La démarche de Maurizio Catellan me semble autrement signifiante que celle de Marcel Duchamp et j'imagine au regard d'un stage en entreprise quand j'étais étudiante comment il a pu puiser son inspiration. Même si je trouve obscène, à moins que ce ne soit juste cynique, de l'exposer dans un palais. Après tout, il semblerait que le summum de l'art et de l'irrévérence ait été de faire disparaître l'œuvre juste adjugée (cf La fillette attribuée à Banksy s'autodétruit en pleine vente)

mardi 24 décembre 2024

En regardant dans le rétro : pensées de Noël (3)

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.

En attendant les consignes de Dômi qui sont en ligne (on n'attend plus que les lettres pour dire nos préférences), j'avais regardé loin dans le rétro mes billets de Noël avec l'envie d'en exhumer quelques uns dont celui-ci Fadosi continue: Défi n°156 : Noël au balcon ou noël aux tisons ? de décembre 2015, où lilousoleil à la barre nous invitait à écrire un vrai conte de Noël.

Ce matin de Noël de l'an 2010, le merle Topaze revenait comme souvent dans le jardin d'Eden qui avait sauvé la nichée de Merlette avant que les grands enfants de la maison ne viennent les en déloger. 
Ce matin de Noël, une petite feuille morte gisait sur la neige fraîche.

Le merle Topaze a longtemps hésité avant de lire la feuille suspendue au-dessus de la neige. Il craignait à juste titre de pénétrer l'intimité du secret d'un journal. Et il avait raison. Ce n'était pas la lettre de Faustine. Cette feuille-ci n'était pas arrivée ici par hasard. C'était un extrait du journal du Père Noël.

Les premières pages étaient remplies d'une liste interminable de demandes en tous genres, toutes plus insolites les unes que les autres. Et puis la liste comportait en particulier  des requêtes que le père Noël avait entouré de rouge et prolongé d'un point d'interrogation qui renvoyait à des commentaires.

La suite semblait écrite de la main même du vieillard mais les intempéries en avaient abîmé des fragments.

Si jeunesse savait  ...                                                Comment des enfants peuvent-ils encore me demander ce genre de choses. Quand on me demande des armes jouets leur envoyer Ne joues pas au soldat, chanson de Léo Lelièvre et Paul Dalbret, écrite avant la fin de 1924.

                                            ... Le beau temps. Ceux-là, ils ne savent pas que les saisons sont le rythme de la vie. Le froid et la neige sont le repos de la terre et des hommes. enfin, devraient être. Il y a bien longtemps que les hommes ne savent plus arrêter leurs travaux. Au risque de négliger d'autres formes d'activités pourtant si nécessaires.

Ah cette demande-là me plait bien. Je voyage à longueur d'année pour préparer le grand jour. alors je comprends cette curiosité pour les pays d'ailleurs. Améliorer les conditions d'accueil.

Cependant, ils sont toujours trop pressés d'arriver :                                                 ... ménage sa monture. Et j'ajouterais volontiers qu'il faut aussi ménager leur planète ... et pas seulement. Regarde Merlin, regarde Mélusine. Comment peuvent-ils aller chercher un leurre de bonheur dans les pays du soleil ? Oui je sais vous allez me dire qu'ils veulent passer Noël au balcon ! Grand bien leur fasse, s'ils n'en connaissent pas la suite !

A voilà les plus touchantes, mais aussi bien difficiles à résoudre. Celle-ci résume bien les demandes de ce genre :

Cher père Noël,
Depuis que je suis né, je ne me suis pas bien rendu compte de ton existence. Je t'écris en ultime recours et sans trop y croire. Je sais que si tu existes, tu ne peux pas tout. Mais tout de même, est-ce si difficile à réaliser ?
Cher père Noël, je suis encore bien petit et chaque jour je vais travailler dur à la fabrique. tu sais pour usiner ces objets qui sont made in ... et qui remplissent ta hotte en ce moment.
Mon grand frère est à peine plus âgé mais lui, maintenant, c'est un jouet parmi d'autres pour certains touristes. Je ne le vois plus et il n'a pas voulu m'expliquer ce qu'on lui faisait faire. Mais je sais qu'il n'est pas heureux. J'ai entendu dire que d'autres, dans d'autres pays, on leur fait jouer à la guerre, ... mais pour de vrai !
Alors petit papa Noël, si seulement tu as un tout petit peu de pouvoir sur la sagesse des grands, je te le demande, je t'implore :

S'il te plait, redonnes-moi, redonnes-nous notre enfance !

Jeanne a réussi à force de ruses à photographier le merle ...


.... mais elle n'a pas pu le prendre en flagrant délit de lecture. Il se sauvait à chaque fois qu'il voyait poindre l'ombre de la photographe ...

Le matin de Noël 2015, une autre feuille morte attendra peut-être impatiemment la visite du merle Topaze.