Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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dimanche 13 août 2017

L’œil, encore

Pour l'Herbier de poésie d'été sur une photo de Susi S proposée par Adamante vers la fin de juillet

"L’œil était dans la tombe et regardait Caïn"
La photo de Susi S a pris son temps sur la Toile pour se dévoiler. C'est le premier écho qui a surgi dans ma tête comme une rengaine neuronale.
Avec en prime dans la mémoire de mon oreille la voix de Gérard Philippe, excusez du peu.
Portant nul souvenir des autres vers de ce poème, ni même du titre. Juste le nom de son auteur et en filigrane l'épisode biblique résumé jusqu'à la caricature pour les petits enfants dans mon premier livre de catéchisme, "La petite histoire sainte" que j'ai appris comme on apprend un livre d'histoires ou de légendes.
Nulle trace dans mon souvenir du poème de Victor Hugo pourtant écouté sur un phonographe.
Juste cette morale que la conscience poursuit le criminel jusque dans la tombe.
"L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn"
Morale abstraite pour une petite fille (trop) sage ayant si peu de choses à se reprocher.
Morale concrète qui l'autorisait à dénoncer à haute voix ce qui la révoltait déjà.
L'injustice, la guerre, la pauvreté, le mépris des autres ...
Avec les mots de quelques autres qu'elle retrouvait dans leurs chansons ou leurs poèmes, certaines interdites d'antenne, Brassens, Vian, Brel, Béart, Eluard, Prévert, Aragon.
L'eau vive, le déserteur, le banquet (Le diable),
Guide pour vivre en harmonie avec ses convictions, au prix quelquefois d'une petite désobéissance.
"L’œil était dans la tombe et regardait Caïn"
Et cet arbre pleure
sur l'humanité abstraite
jusqu'à l'inconscience
Et les hommes se déchaînent
et les arbres désespèrent
L’œil végétal
aurait-il tout avalé
Pour le dernier arbre ?
©Jeanne Fadosi, dimanche 13 août 2017
sur une image de Susi S proposée pour l'Herbier de poésie  

Susi S The beauty of wood
Quand le dernier arbre
aura été abattu
Quand la dernière rivière 
aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson
aura été pêché
Alors on saura que l'argent
ne se mange pas
Proverbe amérindien
attribué souvent à Go Khla Ye dit Géronimo

4 commentaires:

  1. Ah l'oeil de la tombe Jeanne et ce proverbe amérindien que je lus un jour chez Adamante dans sa marge... Cette partie d'arbre amputé d'une branche il y a belle lurette aurait pu aussi rappeler la préhistoire et l'un de ses montres, mais les hommes ne le sont-ils pas aussi, trop souvent... merci, JB

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  2. Ah cet œil Jeanne, gamine si je faisais une bêtise j'y pensais à cet œil qui voit tout, ce proverbe amérindien je l'ai lu un jour dans la marge chez Adamante, eh oui l'argent ne fait pas tous nos bonheurs !!! Cet arbre avec son amputation me fait remonter à la préhistoire, ses monstres, mais l'homme ne l'est-il pas aussi, trop souvent ma foi envers les autres et la nature... merci, jill

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  3. Dit ce matin, quelque part sur la toile je te l'envoie


    Tu parles souvent aux arbres
    Qui souffrent comme les humains
    Mais qui résistent
    Parfois ils meurent
    Quelque chose de leurs racines
    Reste enfoui dans la terre
    Au travers de leur écorce
    Ils ont gardé ta trace
    Tu sais recevoir leur influx
    Et plus loin, plus haut
    Plus fort
    Leur ombre légère transmutée
    Perpétuera cet amour blessé
    Les plaintes qui montent en nous
    Comme des chants de vie


    Bises Jeanne

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  4. Ton poème à toi me touche énormément...
    Merci, Jeanne.

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