Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 18 janvier 2019

Femme en bleus

Pour la page 132 de l'Herbier de poésie

Le bleu s'insinue d'abord par traces, dans l'ombre de mots, de phrases insidieuses, dans l'intonation ironique. Un regard qui contredit le compliment de la première.

tu es en beauté ce soir
tu as cassé ta tir'lire ?
Les bleus à l'âme se succèdent, juste des ombres bleutées, font leurs nids en silence. Chaque mot, chaque petite phrase, même sans escalade, font de plus en plus mal.
Tu ne les sens pas
enrubannés des douceurs
de tes illusions.
Parfois viendront les coups. Les plus maladroits laissent des bleus. Les plus habiles savent ce qui ne laisse pas de traces visibles.
Toute une vie en otage
engluée dans la nuit muette.
©Jeanne Fadosi, jeudi 17 janvier 2019
pour l'herbier de poésies 132
à découvrir le vendredi soir  ou le samedi
avec les autres brins sur la page 132 de L'Herbier

Toile d'Arnaud Bouchet (avec son accord) publiée chez Marine

Illustration musicale : Bigflo et Oly Dommage

23 commentaires:

  1. Tout commençait si bien et puis… pauvre femme sous le joug d'un homme violent ! Partir, fuir, pas si simple… merci, JB

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    1. pas simple du tout et pourtant indispensable dans bien des cas !

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  2. J'aime cette toile comme J'aime le bleu. Un texte singulier tout en nuances qui décrit si bien le processus de destruction des pervers narcissiques.

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    1. dans un autre état d'esprit, et sans la suggestion de l'otage, j'aurais pu y voir une suggestion de la naissance ...

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  3. Bien vu Jeanne, et il y a tant de femmes victimes de coups qui laissent des bleus, si ce n'est plus ...
    Bises et bon vendredi

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    1. ou pire, qui n'en laissent pas car au moins les bleus ne peuvent complètement passer inaperçus sauf à ne voir ni un médecin de temps à autre ni personne d'autre que son tortionnaire (cela aussi existe)

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  4. Une progression terrible, inexorable (?)

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    1. Chaque histoire est singulière. Mais il y a des situations où il faut partir ou faire partir avant l'irréparable.

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  5. Les bleus à l'âme avant les bleus au corps, une stratégie implacable de ces manipulateurs. Un grand bravo pour ton texte qui sait si bien analyser ce processus .
    Bisous

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    1. Je ne sais s'il s'agit d'une stratégie consciente mais en tous cas le processus est bien souvent terrible et la personne engluée ne s'en rend compte que lorsqu'elle ou il ne peut plus s'en extraire Terrible en effet ! et à la fin quelquefois catastrophique !

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  6. Les bleus qui font mal, très mal, trop mal... Ton illustration sonore est très bien choisie.

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    1. trouvé sur Internet à partir de mots clés, comme quoi les algorythmes de Google sont bien fichus

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  7. Bien trouvé, ces mots, Jeanne pour accompagner cette toile ! Pauvre femme, hélas ! Bonne fin de semaine ! Bises♥

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    1. pauvres femmes engluées dans la poix de la toile d'araignée
      bises

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  8. bon, un clic intempestif, j'espère que tu vas recevoir la première partie de ce message ? je reviendrais voir ! cette Mémé, alors !!!

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    1. ben non quand le clic est intempestif (et je connais cela) le commentaire n'est pas envoyé. Mais je suis bien contente quand même d'avoir ici de tes nouvelles

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    2. Donc dans un premier temps, je te demandais Jeanne, si tu étais contente de ton opération de la cataracte. Te remerciais pour ton passage sur mes terres bloguesques et bien sûr, saluer ton bel haïbun et son accompagnement musical .....

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  9. du bleu au corps du bleu à l'âme pour dire encore et encore le calvaire des "Anne Sophie"
    Un beau texte Jeanne.

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    1. S'il n'y avait eu que le calvaire d'Anne-Sophie ! Rien ne pourra réparer ce qui s'est passé mais les violences continuent. Autant de femmes mortes ainsi "officiellement" (combien de morts violentes qui passent pour accidents ou mort naturelle ?) en 2018 que en 2017 ... Et la société est bien démunie à anticiper ...

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  10. Bleus au corps, bleus à l'âme, merci Jeanne pour lui, et pour ces femmes, toutes les femmes...
    Bises

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    1. les peintures de ton fils interpellent et celle-ci a croisé mon vécu
      merci et bises

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  11. J'ai répondu à tes interrogations sur mon blog, quant à la mémoire tu peux tricher un peu du moment que tu en sais un bout par cœur.

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  12. Je t'ai lue d'abord là-bas... et même si tu n'avais pas signé, j'aurais reconnu ta participation.
    Merci pour cette page si sensible et si vraie.
    Je t'embrasse fort.

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