Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

samedi 1 octobre 2016

De la grappe à la cave de garde, pour Mil et Une

Pour miletuneVoir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla*
Pour l'image de la  semaine 39/2016 où la contrainte supplémentaire est d'insérer le mot sonnailles. (contrainte que j'ai encore oubliée, mes neurones frissonnent aux sonnailles de ma confusion !).

Il avait fallu plusieurs longues années de soins pour épierrer et assainir le sol. Quelques années de patience encore, des plants aux fruits.
Chaque année ensuite, tout au long des jours, les pieds étaient choyés et les mystères du ciel scrutés entre angoisse et espoir selon ses turbulences.
Il avait fallu une semaine à cueillir les grappes prometteuses, à fouler à pieds nus les grains ronds enivrants, déjà.
D'autres gestes quasi rituels pendant le temps des cuves.  
Ici chez nous, loin de là-bas, le temps fébrile d'attente, entre le passage annuel du visiteur, devenu ami au fil d'une longue habitude, et l'arrivée des barriques commandées
Calmer encore l'impatience des petits et des grands avant la mise en bouteille.
Croiser les doigts pour qu'un temps frais et sec soit de la partie.
Ce jour-là était bien plus qu'une réunion de famille laborieuse ! Une cérémonie païenne joyeuse, emplie de rires autant qu'une ruche active. Les bouteilles soigneusement lavées et séchées au soleil, miroitant sur leur if de ferraille. La cannelle  bien étanche, emplir au goulot sans rien perdre du précieux nectar ; Laisser la juste distance entre liquide et base du bouchon. C'était l'affaire des plus grands !
Sans hésiter, d'un geste net et franc, enfoncer droit le bouchon de liège. Etape délicate et cruciale dont dépendait la qualité de la garde du vin. Corvée réservée aux plus adroits, que je me fis un point d'honneur d'égaler pour accomplir ce qui me semblait être un privilège, en dépit de mon jeune âge.
Badigeonner l'étiquette de colle à l'amidon, ne pas la coller de travers, ni trop haut, ni trop bas.
Enfin, délicatement poser la coiffe et la collerette d'étain.
Cadence soutenue et bien synchronisée, rythmée par des chansons.
Interrompue soudain par un juron quand un geste de la chaîne humaine défaillait, en rompant l'harmonie, bouchon de travers, giclée mousseuse entre goulot et cannelle mal refermée ; ou trop tard, ...
Fou rires ...
Récompense de la collation et le droit, enfin, pour les grands, de goûter à la dernière bouteille, forcément incomplète. ... juste un doigt pour la petite ! (maman disait un dé à coudre)
Les oublier encore, plusieurs années souvent, dans le frais idéal du caveau bien conçu.
Rares les initiés au secret jaloux de son astucieuse serrure.
Jeanne Fadosi, 30 septembre 2016, pour l'image 16-39 de miletune
réédition d'un large extrait** de mon défi n°68 pour les CROQUEURS DE MOTS
texte écrit le mercredi 9 Novembre 2011


* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.

** réédition de la fin de ce texte dimanche  Clic --->.

1 commentaire:

  1. De beaux souvenirs d'enfance;les vendanges étaient une vraie fête;j'en ai gardé moi aussi,de très bons souvenirs; Bon week end

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