Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, combien en 2016 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 24 mars 2016

Dis-lui, de Jeanne Fadosi

Avertissement : ce billet était programmé (comme tous ceux publiés ces derniers jours) depuis la semaine dernière, j'avais même hésité à m'excuser de le republier encore, alors qu'il se passe tant de drames dans le monde. Seulement voilà, si vous ne l'avez pas trouvé jeudi matin c'est que j'ai oublié de programmer l'heure restée sur celle où j'ai ouvert la page blanche de l'article : 11:01.
Je le dédie 
à tous ceux qui sont dans la peine, 
ici là-bas, ailleurs, partout
sur cette Terre que nous habitons tous

Lilousoleil sans faute à la barre du défi n°162 des CROQUEURS DE MOTS et sa consigne pour les jeudis poésies  "vous avez toute liberté de composer vos poèmes  ou de nous offrir ceux de vos poètes préférés."
jeudi 17 mars : qu’ils parlent des femmes  (le 8 est passé) mais le thème est inépuisable
Jeudi 24 mars :  qu’ils parlent de la couleur rouge. 

Dis-lui
Un ciel de juillet,
Lourd, si lourd
Mille paillettes
rouges, rouge feu
Herbe roulée
qui se consume
Incandescente
La peau grésille
le rire grimace
Elle ne veut pas
Partir si tôt.
Entre les lames
Le store s'embrase
Dans le ciel clair
Si clair encore
Ton éclat
Pour clore
Le jour qui meurt

Dis-lui toi
Dans le soir
Première lumière
Qu'il est trop tôt
Pour rejoindre
Les poussières
Entre les lames
Ton mince éclat
Sur l'autre lame
Un autre éclat
Sous la lame
Ses larmes
Et mille gouttelettes
rouges, rouge sang.
Dis-lui qu'il est trop tôt
Petite, il est trop tôt
Choisira-t-elle, dis-moi ?
A-t-elle le choix ?
Il est bien tôt, petite,
Il est bien tôt. 
 Fabienne, alias Jeanne Fadosi, 20 juillet 2010

A Anne-Sophie et toutes ses compagnes d'infortune

et pour élargir ce cri singulier à l'universel :

parce que, quand je reviens sur ces jours tragiques, en rouge et en noir, je relis ces mots, ces premiers mots jetés sur le papier, je réécoute cette chanson de Juliette

Une petite robe noire, de Juliette

Et aussi, (ajouté ce jeudi) selon votre humeur et vos goûts musicaux :
Bruxelles, de Jacques Brel, 1961 ; Bruxelles, de Dick Annegarn,1974, chanté par Bassung sur le plateau de taratata ; Bruxelles, du groupe Boulevard des airs, 2015

10 commentaires:

  1. Chaque couleur porte la signification de nos souvenirs, heureusement, elle reste neutre...
    Ton texte est très beau !

    RépondreSupprimer
  2. toute ma semaine est programmée aussi... mais après réflexion je n'ai pas changé les billets.
    le coeur saigne devant la noire babarie

    RépondreSupprimer
  3. Oui il était trop tôt pour toutes ces personnes de se faire faucher en pleine vie!!! Il s'est fallu de peux que mon fils en fasse partie!!! Je suis à la fois révoltée et dépitée.
    C'est un beau poème. Merci :)
    Bisous.
    Domi.

    RépondreSupprimer
  4. Magnifique texte ! Oui, de tout ♥ avec eux toutes et tous !
    Bon vendredi tout entier ! Bisous♥

    RépondreSupprimer
  5. Très émouvant poème mais si beau. Bon week-end pascal.

    RépondreSupprimer
  6. Eh oui Jeanne, on ne pouvait savoir pour le 22, alors j'ai fait un rajout aussi... que dire ! Le sang versé de l'innocent sacrifié par haine ou colère est impardonnable ! Bises

    RépondreSupprimer
  7. Très beaux textes. Ah que le monde tourne à l'envers !

    RépondreSupprimer
  8. Ton texte est magnifique... et il se prête aussi aux jours que nous vivons.
    Trop de barbarie dans le monde, trop de victimes... dont certaines ne font pas la une, hélas.

    RépondreSupprimer
  9. c'est un texte puissant.
    Sur mon blog, j'ai mis la chanson de Dick Annegarn
    Et prions pour toutes les familles dans la peine. Bises

    RépondreSupprimer