Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

samedi 16 mai 2015

Un échafaud, extrait de Le Pape, de Victor Hugo, 1e partie

Début de cet extrait que je publie en raison de l'actualité mondiale de la peine de mort (source Le Pape, de Victor Hugo, wikisource)
Je ne cherche pas à convaincre. Le suis-je moi-même ? Juste avec les mots de Victor Hugo, à donner de la substance à la réflexion

Lire la Suite ---> ; Lire la Fin ---> (les trois morceaux peuvent se lire séparément, et même dans le désordre)

UN ÉCHAFAUD[modifier]



LE JUGE sur son siège. LE CONDAMNÉ lié de cordes.
LE BOURREAU, la hache à la main. Au fond la foule.

LE PAPE, regardant l’échafaud.
Je ne comprends pas.


LE JUGE

                                Prêtre, écoute : un homme tue
Un autre homme.


LE PAPE
                        Il commet un crime.


LE JUGE

                                                      C’est pourquoi
On le prend, on lui fait son procès, et la loi
Le tue. Est-ce clair ?


LE PAPE

                                     Oui. La loi commet un crime.


LE JUGE
Qui te donne le droit de nous juger ?


LE PAPE

                                                     L’abîme.


LE JUGE

Prêtre, respect aux lois.


LE PAPE

                                         Juge, respect à Dieu.
Cet univers visible est un immense aveu
D’ignorance devant l’univers invisible.


VOIX DANS LA FOULE

― Qu’il meure ! ― Il a tué ! ― Le talion ! ― La Bible !
― Le code ! ― Allons, bourreau, frappe. Va, compagnon !


LE PAPE, à l’assassin condamné.
Toi qui donnas la mort, sais-tu ce que c’est ?


L’ASSASSIN

                                                             Non.

LE PAPE, au bourreau.

Toi qui va la donner, le sais-tu ?


LE BOURREAU

                                                         Je l’ignore.


LE PAPE, au juge.

Et toi, sais-tu, devant ce ciel qu’emplit l’aurore,
Ce que c’est que la mort, juge ?


LE JUGE

                                                  Je ne sais pas.


LE PAPE

O deuil !


LE JUGE
                         Qu’importe !


Victor Hugo, Le Pape, Un échafaud, 1875 - 1876, paru en 1878
première partie ; lire la suite ---> ; lire la fin --->

2 commentaires:

  1. Je ne suis pas du genre oeil pour oeil dent pour dent, même dans l'odieux, il arrive que des criminels se suicident... je pense à Hitler entre autres.... le mieux ici bas ne pas en arriver à tuer son prochain mais... merci Jeanne, bises de JB

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  2. Peine de mort: nulle part, jamais.

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