Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

samedi 24 janvier 2015

Miroirs, pour Mil et Une

Je renoue avec l'indication d'usage que les habitués connaissent par coeur et dont ils peuvent s'agacer. Mais c'est aussi cela transmettre : répéter pour ne pas laisser sur le bord de la route les nouveaux venus ...
Sur l'image du sujet de la semaine 3 de miletuneA vous de décider* de la découvrir avant ou après la lecture de ce qu'elle m'a inspirée, au croisement d'autres évocations (images support)

Le psyché tel qu'en la représentation de Berthe Morisot n'inspirait guère ma plume heurtée par tant de fanatisme contre des images, juste des images.
Il me semblait avoir écrit un texte sur ce sujet. En voici l'essentiel :

J'ai longtemps eu un grand miroir dans mon entrée, l'un de ceux à encadrement de plâtre armé et moulé d'une multitude de motifs, dorés, pour les plus anciens, à la feuille. J'étais la seule de la famille à pouvoir "l'héberger" grâce à une belle hauteur sous plafond. Et encore, ce beau miroir, biseauté, à peine tâcheté, avait dû descendre de son piédestal car à l'origine il figurait sur une commode ou le dessus d'une cheminée monumentale. C'est du moins ce qui se racontait. Je l'avais à l'époque patiemment nettoyé, restauré lorsque les moulures était abîmées, et redoré.
Je m'en suis séparée lorsque j'ai dû quitter cette maison pour un autre lieu aux dimensions plus communes.

A l'époque où il est entré chez moi, il me ramenait à mon enfance de fille de couturière, où un autre miroir en pied, à l'encadrement beaucoup plus sobre, occupait un mur de la pièce à vivre (on ne disait pas encore salle de séjour, encore moins séjour) et servait principalement aux essayages.

Il me rappelait aussi, en réduction, celui accroché entre porte et fenêtre en face de la table ronde, chez l'une de mes tantes qui, par tradition familiale plus que par superstition, continua longtemps à le couvrir d'un torchon blanc, au moins lorsque nous étions à table, le midi, parce que les enfants s'y regardaient trop, le soir surtout car l'électricité avait juste remplacé les chandelles.

Je ne sais si cette superstition était ou non répandue, mais il se disait que de trop se regarder dans un miroir enlaidissait ou portait malheur, au choix. Sans doute à cause de Narcisse qui selon la légende, à trop se pencher pour se mirer dans l'eau, y était tombé et s'y était noyé. 

L'une de mes marottes étant de creuser, j'avais interrogé nos nouveaux miroirs magiques que sont les écrans électroniques et qui nous font croire qu'il y est facile de traverser le miroir. J'en avais exploré un nombre conséquent de sites dont certains me semblaient valoir le détour, notamment sur les superstitions relatives aux miroirs, ces sites me semblaient les présenter d'une façon diversifiée, malgré leurs imprécisions. Aujourd'hui où je revisite cet article, la plupart de ces liens se sont évaporés dans les mystères de la Toile webienne, aussi éphémères qu'un reflet.   
Jeanne Fadosi pour miletune sur l'image de semaine 3

* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.
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