Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, combien en 2016 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 26 janvier 2015

Défi n°137 : "Retrouvailles" (1)

Défi 137 des Croqueurs de mots piloté par Martine35 depuis son Quai des rimes sur le THÈME "RETROUVAILLES" 
Racontez en prose ou vers des retrouvailles qu'elles soient voulues, de hasard ou même imaginaires avec : 
soit une personne ( ancien ami, amour passé, proche, connaissance) 
soit un objet, un lieu ou une perception visuelle, olfactive, auditive…
les participants pourront être affichés sur le blog participatif des CROQUEURS DE MOTS s'ils se font connaitre à Martine

J'avais beaucoup d'hésitations à ce sujet et je craignais aussi la panne de mots devant des afflux de sensations, des ressentis difficiles à traduire en mots. et puis j'ai les mots maladroits en ce moment.
Finalement, je n'arrive pas à raccourcir ce que j'ai commencé au brouillon. alors je vous le livre en deux billets

Elle se demandait bien ce qui l'avait motivé lorsqu'elle s'était mis en tête de revenir dans ce quartier. Une promenade sans guide vert à la main, le nez au vent avec juste les traces de sa mémoire. L'envie de partager un peu de son enfance avec cette amie qui ne connaissait de Paris que leurs quartiers d'étudiants et les lieux offerts aux vacanciers. Tourisme ? Il y avait un peu de cela bien sûr. Elles ne boudaient pas leur plaisir de voir certains lieux célèbres dans le monde entier. Le mot tourisme ne lui convenait pourtant pas. Non pas pour la condescendance du regard des nouveaux habitants de la capitale. Leurs promenades urbaines prenaient le temps de la redécouverte, à pied souvent, avant la fatigue, sur les pas d'un Paris moins couru des grands "tour operators". celui où il n'y avait pas de musée à visiter au pas de course ou de boutiques de souvenirs à dévaliser.Et puis après tout, ces "bobos" comme on les appelait, vu de leurs provinces ou d'autres pays, ne les considérait-on pas aussi avec un certain dédain dont ils pouvaient s'offusquer ?
La pollution n'était pas la même. Devenue presque inodore, elle s'insinuait maintenant partout, dans les sinus, les bronches, les yeux. L'épuisement les gagnait plus vite et pas seulement à cause de l'âge. Alors elles prenaient le métro pour raccourcir leurs efforts. Lui aussi, il avait changé. Plus confortable malgré la brusquerie de certains conducteurs, plus silencieux. Dans ce ventre de Paris elles n'y regrettaient pas l'âcreté des odeurs qui y régnaient dans leurs années de jeunesse. L'étonnement venait aujourd'hui de ces immenses courants d'air qui vous transperçaient la couenne malgré les manteaux à vingt mètres sous terre pourtant.
Fallait-il regretter les immenses couloirs gris anthracite carrelés de blanc, les portillons se refermant à l'approche des rames qui avaient remplacé les poinçonneurs (et poinçonneuses) ? Les rames vertes de deuxième classe et celle du milieu de première classe,rouge et qui offraient le privilège de pouvoir s'asseoir même aux heures de pointe et d'être entre soi ? Avec partout les mêmes banquettes en lattes de bois verni et les places prioritaires ? L'omniprésence des grandes affiches publicitaires qui avaient progressivement recouvert les murs des stations et des couloirs ? La foule compacte se hâtait et se bousculait comme naguère. Le vêtement différait sans déroger à l'uniforme terne. Les écrans tactiles et les casques avaient remplacé les journaux mais on ne se parlait pas davantage. Sauf peut-être au moment des grandes suppositions sur les épisodes à suivre de Janique aimée ou de l'homme du Picardie. Elles se surprenaient, comme il y a quarante ans, à presser le pas, happées par la cadence.

bouche de métro Saint Sulpice
  
un p'tit coup de nostalgie avec l'homme du Picardie ou Janique aimée ?  
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