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jeudi 1 novembre 2018

Les pauvres gens, de Victor Hugo (extraits)

Josette depuis sa cachette est à la manœuvre du défi n°211 des CROQUEURS DE MOTS.
Pour le premier jeudi poésie elle suggère le thème d'une porte, toutes les portes sont possibles... 
et pour le second celui d'une fenêtre quelle soit ouverte ou fermée ! 
J'ai tout de suite pensé, allez savoir pourquoi, à cet extrait du long poème de Victor Hugo, Les pauvres gens, où la porte n'y est pas écrite mais suggérée comme un gage de confort et de protection. Je m'aperçois d'ailleurs que je n'ai jamais partagé ces vers pourtant recopié dans les toutes premières pages de mon anthologie personnelle d'adolescente.
En voici un autre extrait où il est question d'une autre masure et d'une autre porte qui ne joue plus son rôle.




Les pauvres gens (extraits)


fin du IV
Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !
Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !
Pas d'aide. Ses enfants sont trop petits. - Ô mère !
Tu dis : "S'ils étaient grands ! - leur père est seul !" Chimère !
Plus tard, quand ils seront près du père et partis,
Tu diras en pleurant : "Oh! s'ils étaient petits !"
V
Elle prend sa lanterne et sa cape. - C'est l'heure
D'aller voir s'il revient, si la mer est meilleure,
S'il fait jour, si la flamme est au mât du signal.
Allons ! - Et la voilà qui part. L'air matinal
Ne souffle pas encor.
[...]
Tout à coup, a ses yeux qui cherchent le chemin,
Avec je ne sais quoi de lugubre et d'humain
Une sombre masure apparaît, décrépite ;
Ni lumière, ni feu ; la porte au vent palpite ;
Sur les murs vermoulus branle un toit hasardeux ;
La bise sur ce toit tord des chaumes hideux,
Jaunes, sales, pareils aux grosses eaux d'un fleuve.
"Tiens ! je ne pensais plus à cette pauvre veuve,
Dit-elle ; mon mari, l'autre jour, la trouva
Malade et seule ; il faut voit comment elle va."
Elle frappe à la porte, elle écoute ; personne
Ne répond. Et Jeannie au vent de mer frissonne.
"Malade ! Et ses enfants ! comme c'est mal nourri !
Elle n'en a que deux, mais elle est sans mari."
Puis, elle frappe encore. "Hé ! voisine !" Elle appelle.
Et la maison se tait toujours. "Ah ! Dieu ! dit-elle,
Comme elle dort, qu'il faut l'appeler si longtemps!"
La porte, cette fois, comme si, par instants,
Les objets étaient pris d'une pitié suprême,
Morne, tourna dans l'ombre et s'ouvrit d'elle-même.
Victor Hugo, Les pauvres gens, La légende des siècles, XIII Maintenant,  1859


Victor Hugo, 1802 - 1885, poète dramaturge et romancier français

8 commentaires:

  1. Les pauvres gens d'une époque, hélas ils suivent les autres, et parfois un voisin charitable frappe à la porte d'un plus mal en point… merci Jeanne, bises

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  2. J'ai été heureuse de relire ce poème émouvant. Merci.

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  3. Un excellent choix Jeanne, ce poème très long certes, est magnifique.
    Bises et bon jeudi

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  4. Magnifique participation à relever ce défi, Jeanne ! Bravo et bonne soirée ! Bises♥

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  5. J'adore; c'est la suite :"l'homme est en mer ..." je crois. Et ensuite,
    elle prend les enfants car leur mère est morte ..
    J'aime beaucoup ton choix , très émouvant . Bonne soirée

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  6. toute la tragédie d'une pauvre vie derrière cette porte
    merci Jeanne

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  7. Superbe poème Jeanne que tu as choisi , l'émotion est bien palpable dans l'extrait que tu as choisi .
    Bonne soirée
    bisous

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  8. J'ai dû avoir la même page dans mon cahier de poésie...
    Le poème est long, mais comme toujours Hugo sait nous émouvoir.
    Passe une douce journée.

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