Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, combien en 2016 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

mardi 24 mai 2016

Peindre le monde

Pour l'herbier de poésie chez Adamante
deux propositions fort différentes posées sur l'image de Jamadrou

A l'ombre des arbres
elles sinuent d'une fleur à l'autre
les allées bonheur
L'illustration de Jamadrou m'avait immédiatement évoqué Jacques Prévert  écrivant :
"Le vrai jardinier s'incline devant la pensée sauvage"
Adonides, Fatras, 1966


bonus Jardin de Normandie en hommage à Prévert



* * * * *

Elle ou il n'avait pas demandé à manger
ou la télé ou du savon
ou même un livre ou un cahier
avec crayon et gomme
Elle ou il avait demandé des peintures
et quelques pinceaux
ou un rouleau
Les geôliers en avaient bien ri.

Après des jours de diète
et de coups
avec son premier vrai repas
discrètement
l'un d'eux a laissé
quelques fonds de vieux pots
une brosse usée sur un manche
quelques débris de cotons-tige
Et un arrosoir.

Depuis dans sa cellule
elle ou il repeint le monde
avec du vert 
un peu de jaune
et le rouge de son sang.

Jeanne Fadosi,  20 mai 2016
pour l'herbier de poésie 44
à voir chez Adamante
sur une image de Jamadrou


6 commentaires:

  1. Un très jolie texte Jeanne, j'aime beaucoup. Bises et bon mardi - ZAZA

    RépondreSupprimer
  2. Vivre incarcéré rend fou, il faut bien trouver une évasion, merci Jeanne !

    RépondreSupprimer
  3. Merci pour ton allusion au poète fouetté ....
    Ta dernière strophe me fait penser à Séraphine de Senlis. Connais-tu le beau film réalisé sur sa vie et son oeuvre ?
    http://leblogdelavieillemarmotte.over-blog.com/article-le-tanka-peinture-du-samedi-11-fevrier-2012-99068605.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ah oui, j'ai beaucoup aimé ce film où Yolande Moreau l'incarne magnifiquement. Je ne connaissais pas avant l'histoire de cette peintre qui peignait dans l'intimité de son triste logis sans autre ambition que la joie qu'elle avait de peindre.

      Supprimer
  4. J'ai lu ce matin ton texte chez Adamante, je l'ai trouvé beau et poignant. Ne pas rester prisonnier et s'évader par la création et la pensée est une force considérable pour l'équilibre...
    Je suis peu disponible, mais quand je le peux j'essaie de faire des petites visites ici ou là.

    RépondreSupprimer
  5. la violence d e l'enfermement et l'art comme une clé

    RépondreSupprimer