Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

samedi 17 avril 2021

Les choses simples

Pour le nid des mots de ABC

 Prochain thème à publier le samedi 17 avril sur vos blogs :
"Quand on parle bien, on oublie les choses simples"

pour Le nid des mots de abécé

Parler ... mais à qui ? Et pour quoi dire ?
"Il a encore gelé ce matin ?" "Il n'y a vraiment plus de saison ? "
Un texto
"bonjour je vous souhaite une bonne journée."
"J'espère que vous allez bien"
"Oui tout va bien. Et toi ?"
"Moi pareille."

Tout va bien ? vraiment ?

Parler bien ... Un siècle de prononciation pour redresser les accents. 
Un siècle de dictées pour corriger les fautes d'orthographe.
Un siècle d'interdiction des langues ou des patois régionaux à l'école et ailleurs. Et comment dire à la grand-mère bretonne qui ne causait pas le français ?
Parler bien, surtout écrire.
A l'école on faisait silence.
A la maison souvent aussi. 
Je suis d'un pays de taiseux, d'une famille de taiseux. 
On se disait "je t'aime" dans les sourires silencieux, dans les rides au coin des yeux.

Promener le chien dans les chemins creux d'avant le remembrement. Cueillir des coucous, dénicher des morilles. Apprécier les promenades familiales et enfin profiter de papa à la retraite. Le regarder planter les pieds de salade ou désépaissir les carottes qui levaient. Des heures dans le silence à s'emplir des gestes patients et hasardeux de l'humble jardinier. 

Et puis parler, beaucoup, de tout et de rien, des grandes questions, questionner l'enfance, la vie d'avant ma naissance, l'entendre raconter encore et encore.

Aider à la préparation des légumes pour les repas ou à la vaisselle. Ecouter encore et encore maman raconter son enfance, sa jeunesse parisiennes, sa vie de mère et nouvelle rurale, celle de tante Marcelle.
Les mille et une anecdotes drôles ou tragiques. Sa mère, partie bien trop tôt.

Dans les prés parler fort pour se faire entendre de loin. Murmurer le long de la rivière pour ne pas réveiller les poissons. Rire à un petit gros mot qui nous paraissait transgression immense.

Parler, parler bien 
Parler haut et parler loin
Entends-tu l'écho ?

Se délecter des choses simples.


8 commentaires:

  1. Bravo, j'aime beaucoup ton texte qui me parle simplement et me touche. J'étais aussi dans une famille de taiseux où on parlait peu. Contrairement à toi, mes parents m'ont très peu parlé de leur vie et je ne leur ai pas posé de questions non plus. Nous cultivons le silence dans ma famille. Bon Weekend et bises.

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  2. Une plongée dans ton monde... qui ressemble un peu au mieux, la famille du côté paternel, taiseuse aïeule, papa et son jardin, maman en cuisine... enfant on écoute, aide, regarde, sans trop en dire, merci, bises

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  3. Merci Jeanne pour ce texte émouvant...
    Quel plaisir de lire tes mots ce matin.
    Bises et bon samedi

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  4. J'aime beaucoup ton texte, il est la vie comme elle a été et comme nous souhaiterions qu'elle soit encore ! Et tu y mets tout l'amour de ta vie de famille, c'est beau...Merci et bon week-end !

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  5. C'est un très beau texte qui me parle beaucoup. Tant de choses pouvaient se dire dans un regard, dans un sourire, dans un silence !

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  6. Mille bravos, Jeanne ! Tout à fait magnifique, ton texte !!! Bon dimanche ! Bises♥

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  7. Chez mes parents, nous parlions peu également.
    Nous écoutions papa parler, il adorait s'écouter, c'était ainsi et nous ne discutions pas son privilège.
    Nous écoutions maman chanter... elle le faisait à mi-voix, comme pour ne pas déranger. Elle nous parlait le soir en venant nous border.
    Peut-être est-ce pour ça que j'ai toujours préféré Maman...et qu'elle me manque tant, aujourd'hui encore.
    Merci pour ces mots offerts.

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  8. Bonjour , beaucoup d'émotion à la lecture de ton texte . Chez nous, on parlait beaucoup et librement, peut-être trop parfois, qui sait ? ;-)
    Mais j'ai eu tant d'amies chez qui la parole était tue ...
    Merci pour ce témoignage ....

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