Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

mercredi 25 novembre 2020

Abécédaire du CroqCovid2 : B comme besoins

 L'économie, du grec οἰκονομία / oikonomía, désigne étymologiquement « l'administration de la maison » (de oikos, maison, et nomos, gérer, administrer). (source wikipedia)

Voilà de quoi méditer en ces jours de confinement à la maison. 

Quand on a la chance d'avoir une "maison", souvent une partie de maison plus ou moins adaptée aux besoins en logement de la famille et au travail à distance des adultes et des enfants. "On" nie ce besoin, cette nécessité et "le droit au logement opposable" dite loi Dalo du 5 mars 2007, à la fin du mandat présidentiel de Jacques Chirac sous le gouvernement Dominique de Villepin, reste en France une coquille bien peu remplie.

Bien ! Admettons que vous soyez logés convenablement, de quoi avez-vous besoin ? 

- de respirer, vous nourrir et de boire, de maintenir votre température corporelle normale

- de bouger, de dormir et vous reposer. Stop aux mels professionnels urgents à toute heure,  de vivre.

- de vous maintenir propre ainsi que votre maison ... et vos vêtements. Ah oui, on n'a plus depuis des millions d'années de poils et ou de plumes. Des aliments, du savon, de la lessive ... de l'eau, du chauffage, de l'énergie pour faire cuire les aliments ...

- du papier toilette, mais c'est bien sûr ! vital ! du tabac, du vin ... des ...

- de tendresse. 

Maman prévoyait grosso modo les repas de la semaine et en conséquence ce qu'il fallait acheter au jour le jour ou de semaine en semaine. En fonction de la somme allouée, elle estimait les dépenses inévitables et celles qu'elle pouvait reporter.

Papa, lui, s'occupait des finances sur le plan plus général et faisait des prévisions pour tout le mois et toute une année. 

Quand dans les manuels de préparation au baccalauréat je voyais surgir la pyramide de Maslow, fort à la mode dans les années 70-80* de mise en schémas et en chiffres de la pensée, je m'efforçais de susciter une remise en perspective. C'était souvent difficile de déverrouiller le prêt à penser pour faire travailler un certain esprit critique mais c'était encore possible. Si certains élèves remettaient en cause cette hiérarchie des besoins, pratiquement tous en admettaient  les catégories et le fait qu'ils étaient tous quasi-indispensables, du moins dans la durée. Certains poussaient la critique jusqu'à remettre en cause la forme pyramidale (ce qui me réjouissait secrètement) voire la renversaient et ou modifiaient les hiérarchies. L'étude des systèmes et des régimes économiques étaient l'occasion de questionner la propriété en tant que besoin. Tous étaient comme moi embarrassés quand nous ne trouvions pas dans quelle case mettre l'éducation, la culture, l'art, la musique, le chant, la beauté ...

Quand j'ai tapé besoins fondamentaux plutôt que besoins essentiels (adjectif devenu ces derniers temps à la une de nos préoccupations) c'est la première occurrence qui m'a été proposée en encart, après Maslow déjà. Outre un résumé édulcoré qui me convenait, le choix des pictogrammes m'a fait sourire. notamment le big-mac (symbole de la mal-bouffe), le gobelet en plastique avec paille (symbole de pollution), la liasse de billets (comme l'or, ça ne se mange pas) ... et la poignée de main fortement déconseillée voire interdite en ces temps de pandémie. Il est vrai que l'article a été posté en janvier 2020. On ne le savait pas encore.

blog d'une infirmière sophrologue

Celle détaillée dans l'édition de 1970 de son ouvrage Motivation and personality, soulevait de nombreuses questions quand on entrait justement dans le détail et dans ses creux.


Quand J'ai eu en charge de cours d'économie des futurs étudiants en management, une grande école voisine m'a fait passer le message que j'outrepassais ce que j'avais à leur enseigner pour leurs concours.

Suivaient comme occurrences à ma requête deux articles sur 14 besoins fondamentaux de la personne selon Virginia Henderson, liste qui figure au début de son cours sur les principes fondamentaux des soins infirmiers

J'avais d'abord ouvert le lien d'un site infirmier, le SNIIL (syndicat national indépendant des infirmiers libéraux) : Echelle d'évaluation des quatorze besoins selon Virginia Henderson

En 1960, le Conseil international des infirmières diffuse son modèle dans le monde entier.

Je suis tentée de reproduire ci-dessous sa liste expliquée

Les 14 besoins fondamentaux

  • Le besoin de respirer : nécessité pour chaque individu, de disposer d’une oxygénation cellulaire satisfaisante.
  • Le besoin de boire et de manger : nécessité pour chaque individu, d’entretenir son métabolisme afin de produire de l’énergie, de construire, maintenir et réparer les tissus.
  • Le besoin d'éliminer : nécessité pour chaque individu, d’éliminer les déchets qui résultent du fonctionnement de l’organisme.
  • Le besoin de se mouvoir et de maintenir une bonne position : nécessité pour chaque individu, d’entretenir l’intégrité et l’efficacité des systèmes biophysiologiques, de permettre la réalisation des activités sociales et de construire et maintenir l’équilibre mental.
  • Le besoin de dormir et de se reposer : nécessité pour chaque individu, de prévenir et réparer la fatigue, diminuer les tensions, conserver et promouvoir l’énergie.
  • Le besoin de se vêtir et de se dévêtir : nécessité pour chaque individu, de se protéger et d’exprimer son identité physique, mentale et sociale.
  • Le besoin de maintenir la température du corps dans les limites de la normale : nécessité pour chaque individu, d’assurer le rendement optimal des fonctions métaboliques, de maintenir les systèmes biophysiologiques et de maintenir une sensation de chaleur corporelle satisfaisante.
  • Le besoin d'être propre et de protéger ses téguments** : nécessité pour chaque individu, de maintenir l’intégrité de la peau, des muqueuses et des phanères, d’éliminer les germes et les souillures, et d’avoir une sensation de propreté corporelle, élément de bien être.
  • Le besoin d'éviter les dangers : nécessité pour chaque individu, de se protéger contre toute agression externe, réelle ou imaginaire et de promouvoir l’intégrité physique, l’équilibre mental et l’identité sociale.
  • Le besoin de communiquer : nécessité pour chaque individu, de transmettre et de percevoir des messages cognitifs ou affectifs, conscients ou inconscients et d’établir des relations avec autrui par la transmission et la perception d’attitudes, de croyances et d’intentions.
  • Le besoin de pratiquer sa religion et d'agir selon ses croyances : nécessité pour chaque individu, d’être reconnu comme sujet humain, de faire des liens entre événements passés, présents, à venir et se réapproprier sa vie, de croire en la continuité de l’homme, de chercher un sens à sa vie et s’ouvrir à la transcendance.
  • Le besoin de s'occuper et de se réaliser : nécessité pour chaque individu, d’exercer ses rôles, d’assumer ses responsabilités, et de s’actualiser par le développement de son potentiel.
  • Le besoin de se récréer : nécessité pour chaque individu, de se détendre, de se divertir et de promouvoir l’animation du corps et de l’esprit.
  • Le besoin d'apprendre : nécessité pour chaque individu, d’évoluer, de s’adapter, d’interagir en vue de la restauration, du maintien et de la promotion de sa santé.

On peut la encore discuter de l'ordre hiérarchique entre ces besoins, discuter de certaines appellations mais tous ces besoins sont considérés comme fondamentaux et c'est bien dommage que les écoles chargées de former les managers en établissements de santé et de biens d'autres établissements de production aient préféré Monsieur Maslow et occulté Madame Henderson.

* apparemment c'est toujours le cas 😕

** Téguments, protéger ses téguments, de quoi s'agit-il ?

Je crois qu'à la lettre H il me faudra évoquer l'hygiène.

Caillebotte, femme à sa table de toilette, 1873


1 commentaire:

  1. Quel plaisir de te lire sur cette page passionnante. Tu m'as replongée, 50 ans en arrière... Epoque d’apprentissage mémorable qui replacée dans le contexte actuel est toujours de mise.
    Bise

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