Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 16 novembre 2020

Abécédaire du CroqCovid2 : B, bis repetita

 Les besoins et les biens, le budget, les billets de banque, boucher, boulanger. J'aurais pu en précisant banque parler aussi et peut-être surtout des cartes bancaires.

J'aurais pu développer budget.

Ma première leçon en initiation à l'économie avait pour titre Les besoins et le deuxième cours concernait les biens.

Quand j'ai choisi Initiation à l'économie à l'entrée en seconde ou plutôt en première année d'école normale*, je ne peux pas dire que je n'y connaissais rien en économie. Depuis les débuts de nos cours de géographie au cours élémentaire, nous avions observé et dessiné les cartes de géographie physique avec les reliefs, les côtes et les fleuves, les cartes administratives avec les frontières et pour la France ses départements, ses préfectures et ses sous-préfectures, les cartes économiques (minerais, agriculture, industrie, démographie ...). Même le mot service ne nous était pas inconnu en économie.

Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours intéressée à la Géographie et à l'Histoire qui me faisaient voyager dans l'espace et dans le temps.

Alors ce choix, s'il était en partie par défaut car je ne voulais plus faire de latin pour lequel les années de quatrième et de troisième avaient été une catastrophe, était aussi surtout guidé par la curiosité d'un nouvel apprentissage.

Il faut dire aussi que le mot "économie" été bien présent dans toutes les familles car il fallait "faire des économies" et c'était un sport quotidien de toutes celles qui devaient gérer un maigre budget et satisfaire les besoins tout en arrivant à grappiller pour un peu de superflu ou le nécessaire moins urgent.

Ma première leçon de seconde était Les besoins. La deuxième, les biens.

Maman, qui comme toutes les femmes, n'avaient bien entendu pas de chéquier, et qui était officiellement femme au foyer, recevait chaque semaine de papa un billet de 10000 francs. (Comprenez les francs d'avant la réforme du franc lourd ou nouveau franc). Cette somme servait aux dépenses courantes en alimentation essentiellement mais pas seulement pour une famille de 5 à 6 personnes, plus les tablées élargies des samedi soirs et ou dimanche. 

Du haut de mes trois pommes, ce billet me semblait gigantesque.

billet de 10000F Bonaparte, 1955, recto

billet de 10000F Bonaparte, 1955, verso


Moi, fillette de 7 ou 8 ou 9 ans, le plus gros billet qu'on me confiait quand on m'envoyait chez le boucher, le boulanger ou l'épicier ou le droguiste qu'on appelait aussi le marchand de couleur,  c'était un billet de 500 ou de 1000 francs beaucoup plus rarement.


billet de 500 francs dit billet Victor Hugo, recto
 
billet de 500 francs dit billet Victor Hugo, verso


recto du dernier billet de 1000 anciens francs
dit billet Richelieu

verso du dernier billet de mille anciens francs

Revenu au pouvoir le 1er juin 1958, le Général de Gaulle lance très vite une réforme constitutionnelle qui conduira à la Ve constitution et une réforme économique qui mettra en place entre autre le nouveau franc ou franc lourd (où 1 NF = 100 anciens F) avec la mise en circulation des nouvelles pièces et billets le 5 janvier 1960.

Le tout accompagné d'un vaste effort pédagogique notamment en direction des écoles et des établissements du second degré.

Au printemps, nous avons été nombreux à soupçonner les pièces de monnaie et les billets de transporter avec eux le virus de la Covid jusqu'à ce que début juin les journaux relaient une information rassurante de la Banque de France ---> Clic

Et patatra ! Les medias relaient une agence australienne qui publie des études beaucoup moins optimistes : le virus survit dans certaines conditions de température et de lumière jusqu'à 28 jours, notamment sur les surfaces en plastique et dans ce lot les nouveaux billets en polymère. ---> Clic

Sachons raison garder car les personnes contaminées sont beaucoup plus contagieuses que les surfaces, on en revient aux protections par le masque (bien mis) et le lavage des mains systématique dès que l'on va manipuler quelque chose ou que l'on va être amené à toucher soi-même ou quelqu'un, sans oublier, ce qui n'est rappelé nulle part, les règles d'hygiène corporelle (dont les cheveux) et vestimentaire (dont les chaussures).

Et puis pour ce qui est de la zone euro, il semblerait que les billets en polymère prévus en 2011 n'étaient toujours pas émis en 2019.  La crise sanitaire devrait bousculer encore les projets.

Il va me falloir revenir sur les mots besoin et bien ...

*Ecole normale ou école normale primaire : Le concours d'entrée à l'école normale se faisait à l'époque principalement en fin de Troisième des Cours complémentaires et la scolarité y était de 4 ans, première, deuxième et troisième année correspondant aux seconde, première et terminale des lycées, conduisant au baccalauréat, à ceci près que l'internat y était obligatoire et que toute la vie des élèves-maîtres était utilisée non seulement pour l'étude mais pour leur formation de futurs instits. La quatrième année était une année de formation pratique à notre futur métier, alternant cours, travaux dirigés et stages dans des classes sous la responsabilité d'institutrices et d'instituteurs conseillers pédagogiques.




8 commentaires:

  1. J'ai grandi avec le franc belge, le billet de 20 francs suffisait chez le boucher pour un menu viande de 4 personnes, soit un demi euro ! Va donc avec 50 cents de nos jours chez... ben non ! 500 francs belges remplissaient le panier de maman, chez l'épicier du coin, soit 12 euros 50 ! Avec le salaire frontalier de papa il fallait faire avec, et en ce temps-là pas de vitrines tentatrices comme maintenant, on allait à l'essentiel et les mamans cousaient, ticôtaient ! Merci Jeanne, bises

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    1. Eh oui il fallait compter et ne pas trop dépenser. Les vitrines tentatrices existaient déjà mais sans doute avec beaucoup plus de freins que maintenant. On les regardait. Point final. Les mamans cousaient et tricotaient et raccommodaient. Les papas réparaient voire fabriquaient et quand on pouvait avoir un petit bout de terrain, privé ou partagé, ils y faisaient pousser des légumes et un peu de fleurs. Merci Jill bises

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  2. Je me souviens de ces vieux billets et je suis heureuse de les revoir ici aujourd'hui. Depuis le debut de la covid, je paye tout par carte bleue sans contact même de très petites sommes. Cela évite la manipulation de billets et pièces

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    1. Au marché tous ne s'y sont pas mis à la carte sans contact et mon boulanger la réserve aux achats de plus de 5 euros. C'est d'ailleurs assez malin car on se débrouille pour les atteindre... bises

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  3. Merci pour cette excellente page Jeanne, nous confiant ton engouement pour l'économie.
    Je suis tombée dedans en première faute ne ne pas avoir été bonne en physique et géométrie dans l'espace en seconde C. Ma première fut donc la filière B. Et là j'ai aimé, au point, après mon baccalauréat, d'être admise dans une école à Paris pour préparer le concours de l'INSEE. Le seul blême, c'est que mon paternel me demandait de rentrer au domicile familial dans les Yvelines tout les soirs, ce qui m'occasionnait 3 heures de transport en commun aller-retour. Fréquentant celui qui est devenu mon premier mari, et devant le refus de papa de me laisser prendre une chambre sur Paris à partager avec ce garçon (bah oui, la majorité de l'époque était à 21 ans), j'ai tout envoyé balader. J'ai pris le premier boulot qui se présentait en septembre 1971, et c'était celui d'employé de banque. J'ai pu passer mon CAP et BEP bancaire en retournant à l'école, par contre l'esprit trop conservateur de ce milieu ne me convenait pas du tout. J'ai donc migré dans le domaine commercial international. L'économie ne m'a jamais quitté et c'est une matière qui me passionne toujours autant.
    Bises et bon mardi

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  4. Eh oui je me souviens de la majorité à 21 ans aussi. Je suis émue de tes confidences. C'est dommage que tu n'aies pas pu aller au bout de tes projets d'études mais finalement tu as pu rebondir et te passionner dans ton travail aussi. Bises et belle journée

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  5. Je suis née en 1952 et j'ai aussi baigné dans l'économie en seconde. Mais je n'ai pas aimé, et donc je suis passé en première littéraire. J'ai aimé beaucoup mieux, je me sentais bien. Que de bouleversements depuis 50 ans. Merci pour ce rappel de nos années d'adolescence. Bonne soirée. Bises.

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  6. Que de souvenirs autour de ces billets...
    Merci de les avoir ravivés. :)

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