Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 13 juin 2016

en complément au défi n°168 : Mes premières indignations

Ma participation au défi n°168 est ICI --->

Réédition : première mise en ligne 12 juin 2009 ICI --->

Mes premières indignations . . . celles dont je me souviens en tous cas.

C'était une controverse assez vive avec mon petit voisin. Nous avions trois ans tous les deux et la discussion, âprement argumentée de part et d'autre portait sur le commandement du papa ou de la maman, des droits et des devoirs des enfants, des subtiles (déjà) distinctions de ceux-ci entre les garçons et les filles.
Inutile d'aller chercher bien loin d'où me venaient mes convictions. Ma maman m'a parlé très tôt de son enfance et de sa jeunesse. Il faut dire que je lui posais beaucoup de questions auxquelles j'ai eu la chance qu'elle ait toute la patience du monde pour y répondre.
Vous devinez bien sûr que mon voisin, Petit Paul, prétendait que c'était les papas qui commandaient.
Nous n'en serions pas venus aux mains, il y avait beaucoup trop d'affection entre nous . . . . Et le grillage entre nos deux cours. Et Petit Paul qui restait sur le seuil de sa maison, sagement, les cheveux mouillés.
Mais chacun campait fièrement sur ses positions.
- Viens me le dire plus près si tu oses !
Petit Paul ne bougeait toujours pas du seuil.
- Allons viens, puisque c'est les garçons qui commandent, que tu dis !
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas le droit.
- Pas le droit de quoi ?
Une voix de soprane, douce et ferme, nous parvint de sa cuisine.
- Petit Paul, viens ici, tu ne sors pas les cheveux mouillés, gare au rhume, sinon.
Petit Paul est allé vers sa maman sans l'ombre d'un nuage sur sa figure, tandis que je lui disais :
- Ah ! tu vois bien que c'est* les mamans qui commandent !
* dans la première édition j'avais écrit en "bon" français ce sont. Il est plus vraisemblable que la gamine de trois ans que j'étais, imprégnée de langage parlé, ne maîtrisait pas tout à fait l'usage de la conjugaison.

Et n'hésitez pas à en apprendre un peu plus sur l'histoire du travail des enfants en France

7 commentaires:

  1. Sourire... avec les paroles de mômes de quoi remplir un livre, merci Jeanne, bises

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  2. Je ris... c'est si touchant ces souvenirs d'enfance ! J'adore !

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  3. Marie de Cabardouche13 juin 2016 à 16:14

    Bonjour Jeanne, il m'a fallu du temps pour vous rejoindre !
    Merci d'avoir fait vivre les dessins de François en contant, avec une grande délicatesse, l'amitié partagée avec petit Paul et quelques "roublardises" enfantines que nous avons tous plus ou moins vécues! Bon lundi Jeanne !

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  4. Vraiment excellent des souvenirs qui me rappellent aussi mes démélés avec mon voisin du dessus qui lui aussi estimait que c'était les garçons qui commandaient .
    Touchant ton billet

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  5. Super, Jeanne, que tous ces souvenirs ! C'est tout mignon ! J'adore ça ! Bises♥

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  6. D'adorables souvenirs que tu sais si bien faire revivre sous ta plume ... J'aime vraiment bcp !
    Dans mon quartier, nous n'étions que peu de filles parmi une flopée de garçons... Donc, les jeux de garçons nous étaient bien souvent imposés ! Mais à cette époque, en vrai garçon manqué, je n'hésitais pas à sauter de debout sur le rebord de ma fenêtre à 3 m du sol sur le trottoir devant les garçons ébahis ! Et je me rends compte que j'étais assez dominatrice et volontaire à cette époque ... mon honneur obligeait ! Et pourtant, ma mère était sans cesse aux aguets et veillait au grain ! Si elle avait su toutes les bêtises faites derrière son dos ! Heureusement qu'elle était passionnée de mots croisés.... hihihi !
    un grand merci pour ces souvenirs très touchants et bisous

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  7. Des bons souvenirs avec ce petit Paul de ton enfance! Très drôle la discussion qui me rappelle des souvenirs similaires.
    Et qu'est -l devenu ce petit Paul ? Est-il devenu un homme costaud ? Bises

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