Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

mercredi 23 décembre 2015

Charlotte, la grondine

Ce pourrait être une fable, c'est juste une aventure bien réelle qui en a étonné plus d'un. Dommage qu'il n'y ait pas eu de reporter pour immortaliser la scène.


Charlotte
était une poissonne.
Si ce n'était pas une lotte,
sa figure était aussi pouponne
que la tête de sa voisine baudroie
dont la queue était déjà toute pelée.
Elle se demandait à bon droit
ce qu'elle faisait à se geler
au marché sur un étal
fait d'un lit de neige pilée
qui était d'autant plus glacial
en cette presque fin décembre
qui ne cédait pas à l'hiver !
Vers quel destin cette anti-chambre ?
se lamentait la petiote.
Nul ne prend garde qu'elle se cambre
Agonisante elle grelotte
elle suffoque hors de la mer
pauvre Charlotte
tant et si bien qu'en un sursaut
elle plonge sans autre manière
dans un panier de légumes
sous les cris de quelques commères
personne n'en croyait ses yeux !
Le bond fut spectaculaire.
Mais nul ne pouvait la sauver
Le poissonnier la poissonnière
vinrent prudemment
avec leurs gants
la remettre parmi les algues
et les glaçons.
Sans plus de force pour gronder
comme les grondins ses cousins
elle me fait juste un petit signe,
ultime message sibyllin,
et je vois que des yeux elle cligne

Cette fable m'a été inspirée par une petite aventure bien réelle qui m'est arrivée ce samedi au marché car c'est bel et bien dans mon panier que le grondin-trigle ou tombe* a bondi sous les yeux ébahis des témoins. Les poissonniers m'ont dit immédiatement de surtout ne pas le toucher. C'est que sa nageoire dorsale est armée de piquants et sa denture est acérée. J'ai essayé de le photographier mais les mains traduisant mon trouble ne sont pas arrivées à déclencher l'appareil.
* bon là j'ai extrapolé. Nul n'a vérifié si c'était un mâle ou une femelle.
Une chose est sûre ! La fraîcheur du poisson !
Et moi, rationnelle, ancrée dans le réel, qui ne croit pas beaucoup au surnaturel, à l'exception poétique du monde des fées, j'en suis encore à chercher à comprendre**.


PS de mercredi : j'ai écrit et programmé cet article dimanche. Après avoir dans la foulée, au retour du marché assisté à une autre scène surréaliste que j'ai pu mettre en boite et que je vous livrerai vendredi en conte de noël (bien obligée vous comprendrez).
En attendant les médias se sont chargés d'alimenter mes réflexions sous la forme de nouvelles vidéos diffusées par l'association éthique et animaux L214 et de l'édito  du Libération de ce jour (23/12/15) en accès grand public.
Qu'on me comprenne, je ne suis pas végétarienne. J'apprécie une petite tranche de très bon foie gras à des moments d'exception. Et la mésaventure dont j'ai fait cette fable ne m'a pas empêché de me régaler le midi avec les petites crevettes grises que je venais d'acheter. Ni de rendre les darnes de cabillaud que j'ai congelé pour plus tard. Ce sont nos pratiques actuelles, liées à la course toujours plus frénétique à la consommation et à la production et à une hypothétique croissance au service de l'argent-roi, peut-être même de l'argent-dieu qui me sidèrent par leur cruauté et me consternent parce que cette course est vaine.

La liste des prénoms chez Jill Bill (Jill Bill nous a déjà concocté une liste de prénoms pour l'hiver)
Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

13 commentaires:

  1. Bonjour élève Jeanne, ah pour être frais il l'est ce poisson de l'étal... poisson qui voulut retrouver sa liberté par l'intermédiaire de ton panier à provision... Grondin ou trigle ou rouget, manifestement Charlotte avait compris son triste sort, celui de la poêle ! Sois vite la bienvenue à la cour de récré, MERCI à toi, joyeux Noël, bises de m'dame JB ;-)

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  2. J'ai cru à un conte au début mais ma surprise a été totale. Oui cela prouve la fraiche du poisson de ton poissonnier. Bonnes fêtes de fin d'année et Joyeux Noël.

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  3. hé bien au moins le poisson est frais ... pauvres bêtes !
    c'est un handicap de ne pas pouvoir crier !
    bises et joyeux Noël !

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  4. Une histoire de thon cru?
    Charlotte de nouveau s'en est allée à l'étal s'étaler pour finir à l'état létal....

    Câlinsss!!!

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  5. et bé, je suis bien scotchée...Cça gronde au pays des poissons !
    avec le sourire

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  6. C'était un poisson qui avait des envies d'évasion ! C'est une drôle d'histoire!
    Je mange peu de viande mais je suis outrée par les mauvais traitements infligés aux animaux qui vont à l'abattoir! Bon Noël! Bises

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  7. Oh ! Mais super, que tout ce que tu racontes ici, Jeanne ! Du vrai de vrai de marché ! Bravo ! Bonne soirée et Bon Noël ! Bises♥

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  8. Eh bien dis donc c'est incroyable ton histoire , je ne savais pas que le poisson était vendu encore vivant sur les étals . C'est vrai que la souffrance du poisson n'est pas audible et suscite beaucoup moins d'écoute
    Bonne soirée
    BIosus

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  9. je te souhaite un très bon Noël Jeanne. Bises

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  10. Tu veux que je te dise pour avoir péché des grondins en Bretagne lorsque je sortais en mer avec feu mon époux c'est qu'un grondin vit très longtemps hors de l'eau ...
    Je n'aime pas la chair blanche de ce poisson parce trop serrée et fade à mon goût ... et de plus il n'est pas bien intéressant à la l'achat avec sa grosse tête osseuse qui fait beaucoup de perte ...

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  11. Une bien jolie Charlotte à nageoires, et pourquoi pas?

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