Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 2 juillet 2015

Je ne sais pourquoi ..., de Paul Verlaine

On l'a rimé, on l'a chanté sur tous les rythmes et tous les tons, à toutes les époques...
C'est l'océan, la mer, le grand bleu...
Choisissez votre océan ou votre mer et rendez-lui hommage...

Telle est la consigne de Enriqueta pour le défi n°148 des CROQUEURS DE MOTS, dernier avant la pause d'été. Et pour le dernier jeudi en poésie de la saison, les oiseaux de mer ou les îles.

Bon je suis sûre de découvrir ici ou là et avec un plaisir jamais démenti, L'albatros, de Charles Baudelaire. Souvent je suis des yeux le ballet des mouettes venant sur l'océan des labours ou remontant la Seine.


Je ne sais pourquoi…

Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Mouette à l’essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
À tous les vents du ciel balancée,
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l’essor mélancolique.

Ivre de soleil
Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d’été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.

Parfois si tristement elle crie
Qu’elle alarme au loin le pilote,
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l’aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie !

Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Paul Verlaine, Sagesse (1881)


Mouettes blanches, « Ivory gull »
 Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons

13 commentaires:

  1. L'albatros, bien sûr, mais Verlaine parlent si bien des mouettes !!!! Elles sont les ailes du rivage...

    RépondreSupprimer
  2. Des paroles comme une chanson...Verlaine seul sait les faire...

    RépondreSupprimer
  3. tous migrants ... certains devraient s'en souvenir. Merci pour ce rappel sur ta bannière en tout cas. Pour le reste, Verlaine est bien sûr immortel et indémodable !

    RépondreSupprimer
  4. J'aime beaucoup. Merci pour la découverte.

    RépondreSupprimer
  5. Un très beau poème avec le romantisme et la mélancolie de Verlaine .; bonne soirée

    RépondreSupprimer
  6. Un très beau poème avec la mélancolie et le romantisme de Verlaine; bonne soirée
    Je refais mon commentaire car il semble être parti dans les limbes!

    RépondreSupprimer
  7. Merci Jeanne... la mer, comme la montagne, comment ne pas l'aimer avec sa faune... bises de JB

    RépondreSupprimer
  8. Merci d'avoir partagé ce poème qui est un de mes préférés.
    Je m'en vais dix jours dans le Lot pour randonner et à Toulouse pour un mariage. Je reviens le 13 juillet, trois jours de repos où je passerai voir ton blog. Ensuite pendant trois semaines nous garderons nos trois petites filles. Les articles sur mes trois blogs sont programmés. Bel été Jeanne

    RépondreSupprimer
  9. Bon choix qui fait tilt, Peut être que Verlaine se prend un peu pour une mouette dans ce texte. J'ai plusieurs livres de Verlaine, je veux dire collections, mais ce poème doit certainement y être. Il faudrait que je relise ses poèmes. Bravo et comme j'ai participé, je peux visiter les blogs de ce thème. Bonne journée.

    RépondreSupprimer
  10. Celui-ci, je le connais encore par coeur... ils ne sont pas si nombreux ceux dont je me souviens encore du début à la fin. :(

    Merci Jeanne.
    Passe une douce soirée. Bises.

    RépondreSupprimer
  11. Un beau poème au rythme balancé comme le vol de l'oiseau

    RépondreSupprimer
  12. un bien beau choix, Jeanne...
    "pourquoi, pourquoi ?" crie l'angoissé sur le divan... "Parce que" répond le psy

    RépondreSupprimer
  13. je ne connaissais pas.. Oui pourquoi pourquoi.. tant de questions laissées sans réponse!
    Ils seront toujours migrants ces grands oiseaux! La liberté se paie au prix fort.. si souvent au prix de sa propre vie !
    Bizouxx

    RépondreSupprimer