Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 23 juillet 2015

Il était un petit navire

Enriqueta nous proposant de prolonger tout l'été le défi n°148 sur l'Océan, je réédite ce vieux pastiche de la chanson Il était un petit navire que j'avais trouvée consignée sur une fiche incluse dans le cahier à couverture noire de mon père, un fiche genre bristol jaunie par le temps.


Il était un petit navire

Il était un petit navire
Qui avait longtemps voyagé
Il était je dois vous le dire
Par notre Dame protégé
Car depuis des mois des semaines
Depuis des ans par tous les temps
Sur toutes les mers incertaines
Il avait bravé les antans
Les marins hâlés par la brise
Très vieux marchaient à pas pesants
Les mousses avaient la barbe grise
Le capitaine avait cent ans
Malgré ses vieilles voilures
Ses cordes ses filins trop courts
Qui pendaient le long des mâtures
Le navire avançait toujours
Si bien que par un jour d’orage
Poussé par l’océan fatal
Le navire sans mâts ni cordages
Vint échouer au port natal
Mais au pays qui l’a vu naître
Il ne rencontra que mépris
Nul ne voulut le reconnaître
On l’accueillit avec des cris
On n’eut que rire et que menace
Pour les pauvres marins abattus
Les enfants avec des grimaces
Lancèrent des cailloux pointus
Alors sans vivres ni ressources
Levant l’ancre encore une fois
Le navire reprit sa course
Pour des semaines et des mois
Et dès la naissante aurore
Le soir dans l’horizon confus
On l’aperçut longtemps encore
Puis un jour on ne le vit plus
Le pauvre navire sans voile
Lassé des océans maudits
Voguant au pays des étoiles
Avait gagné le paradis
Retranscrit à Agadir, le 2 octobre 1924

Anonyme





10 commentaires:

  1. Très réussi ce pastiche Jeanne... et le dessin en prime, triste réalité ! Merci, bises de JB

    RépondreSupprimer
  2. A cette date, mon papa avait quelques jours et ma maman allait voir dix jours près...
    C'est un trésor à préserver que tu détiens et ce poème est très beau.
    Agadir n'avait pas encore la physionomie d'aujourd'hui...

    RépondreSupprimer
  3. Et le Vaisseau amiral,même accompagné par ses co-pilotes, de fiche bien des youyous et plates en détresse ...
    Europe est en berne.
    LOIC

    RépondreSupprimer
  4. Je ne connaissais pas cette version... Heureux est-il de couler des jours paisibles au paradis !!!!

    RépondreSupprimer
  5. Pastiche fort bien réussi ! Très agréable à lire bien que fort triste....
    Dur le dessin !!!
    Merci Fadosi de ce partage
    Bisous

    RépondreSupprimer
  6. Je ne connaissais pas non plus cette version....
    Le cahier de ton père est une vraie mine d'or.
    Passe une douce journée, Jeanne.
    Bises.

    RépondreSupprimer
  7. Superbe chanson! Quel beau cadeau tu nous fais là!

    RépondreSupprimer
  8. “Oui, quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux : l'océan ou le coeur humain.”
    (De Lautréamont)
    Cela fait déjà un mois que le défi sur l’océan bat son plein. Et ce n’est pas fini ! Vous avez encore tout le mois d’Août pour participer, participer et participer encore mais aussi pour lire les 71 participations et les commenter sur les 23 blogs participants. Bon vent et à bientôt !
    La liste des participants :
    http://c-estenecrivantqu-ondevient.hautetfort.com/archive/2015/06/22/ils-naviguent-sur-l-ocean-tout-l-ete-5644087.html#comments

    RépondreSupprimer
  9. Un pastiche admirable et d'une profonde psychologie sociale! tu as bien fait de le reproposer; merci! bonne fin de soirée; Simone

    RépondreSupprimer
  10. Tu as bien fait de conserver le cahier de ton père;il y a de vrais trésors; Un beau pastiche et une triste histoire ..Bonne soirée

    RépondreSupprimer