Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 15 juin 2015

Défi n°147 : Ohé du matelot !

Pour le défi n°147 des CROQUEURS DE MOTS voici la feuille de route de ABC
À ses risques et périls, Dômi m'a confié la barre, pour la quinzaine
Je me jette à l'eau,
euh non,
j’attrape le gouvernail
et je vous embarque sur mon navire

Les matelots n'ont pas le choix du capitaine
sont-ils à la fête ?
ou complotent-ils ?
Dites-moi,
avec le style qui vous convient le mieux,
ce que vous en pensez.
Faute de temps (et je l'avoue d'inspiration sur un sujet qui me déroute, un comble quand il y a un cap à tenir) je réédite une nouvelle fois ce texte qui me semble ne pas lui être trop éloigné (du sujet, pour ABC et les croqueurs, je ne sais pas, pas encore, mais vous l'écrirez en commentaires)


Samedi dernier en diverses villes de France (bien peu) s'est tenue la mad pride (le défilé des fous) pour la deuxième fois en France seulement. A Paris, environ 400 personnes ont défilé derrière la bannière (source Le Parisien)

Réédition (sur mon blog le 23 juillet 2014) pour Mil et Une dont l'image de la semaine 27 ne pouvait que me renvoyer à ce récit que m'a inspiré le souvenir d'un événement vécu.

La première mise en ligne du 8 juin 2014 (7h dans la catégorie chronique des jours d'antan) était faite en marge de mon défi n°124 pour les CROQUEURS DE MOTS et en cette Journée mondiale de l'Océan*.

Thème 2015 : 
« Océan sain, planète saine »


NB de ce mercredi 23 juillet 2014, 10h et des poussières :
quand j'ai reprogrammé ce billet il y a quelques jours, j'ignorais totalement que le remorquage de l'épave du Concordia était prévu aujourd'hui et soulevait des inquiétudes quant à son chargement encore à bord et aux risques de pollution.

Imaginez un long week-end de fin de printemps. La pentecôte peut-être. Deux jolis voiliers prêts à lever l'ancre depuis le port de Noirmoutier pour une mini-croisière de trois jours. Une météo de rêve, soleil et brise douce. Sept ou huit matelots sur chacun, plus ou moins chevronnés. Je fais partie des novices.
Certes, j'ai appris les rudiments du maniement d'un dériveur de type 420 sur ce que nous appelions pompeusement un lac.
Je vous passe les détails du début. C'est à juste titre que j'avais redouté le mal de mer. Ce fut l'affaire de deux ou trois heures. Nous étions partis après le repas et l'après-midi se poursuivit agréablement jusqu'au mouillage pour la nuit dans une petite crique.
Le lendemain matin, la mer était d'huile, le soleil toujours au beau fixe, le ciel sans un nuage. Juste un vent léger à confier la manœuvre aux moussaillons. Nous éloigner juste un peu de la côte fut chose aisée dont nous étions fiers.
Et puis, très vite, plus rien... pas un souffle de vent. Rien. Aucune risée, fût-elle minime. Il restait deux jours ... et nous étions au milieu de nulle part, à se partager quelques mètres carrés.
C'est là que l'un de nous a commencé à se comporter étrangement. Pas vraiment méchamment non. Mais ces réactions étaient dérangeantes. Il n'obéissait à aucun ordre, ce qui, sur un si petit espace où les gestes précis de chacun comptent, est source de difficulté. Si au moins il s'était contenté de s'abstenir de faire. Il passait d'un moment à l'autre de l'agitation à la prostration, de la logorrhée au silence inquiet.
Son fait de bravoure le plus marquant a consisté à boucher les toilettes avec le rouleau de papier. Ce qu'il a fait très tôt ce deuxième jour. Vous voyez où je veux en venir. Ce souvenir s'est activé lorsque ma recherche de texte sur la crémaillère m'a conduit au poème attribué à Musset.

Le reste du "voyage" s'est transformé en séances de pêche à la ligne (immobile), d'initiation à la lecture des cartes marines, de la remise en état du moteur auxiliaire, d'un bain dans une eau encore un peu fraîche, de l'apprentissage des gestions de crise en milieu clos ....

Le vent ne s'est pas levé et nous avons finalement rallié le port au moteur et à la godille. 
Notre compagnon était schizophrène. Le responsable en était informé et avait donné son accord sous réserve d'une météo favorable. Elle était au beau fixe.
L'idée était à priori bonne s'il avait pu se sentir occupé et utile.
Le vent en avait décidé autrement. Il aurait pu décider pire ...

Trois navires dans la tempête, Van de Velde, 1673
 * pour rappel :

Thème 2014 : 
« Ensemble, nous avons le pouvoir de protéger l'océan »

8 commentaires:

  1. Je ne m'en souviens plus de ce texte Jeanne chez Miletune...merci aussi, bon lundi, bises de JB

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  2. Je ne me souvenais pas non plus de ce texte... alors, merci pour la réédition.
    C'est vrai que nous ne sommes jamais maîtres des éléments et je n'aimerais pas du tout voyager avec un capitaine schizophrène... on ne sait jamais ce qui peut arriver.
    En tout cas, beau récit, Jeanne.
    Passe une douce journée. Bises.

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  3. Je me souviens très bien de ce texte qui m'avait marquée et questionnée. Un acte généreux et tolérant de la part du responsable mais très risqué. Merci de le publier de nouveau. J'ai pris beaucoup de plaisir à le relire.

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  4. Bonjour Jeanne. Souvenir maritime marquant de ta vie, une aventure de voile qui se déroule en épreuve d'endurance, de maîtrise de la patience et de gestion d'une crise provoquée par la maladie d'un des matelots, que vous ignoriez (c'était un coup de poker de la part du décideur, cela aurait se passer sans encombres, en effet, mais le calme plat a joué les trouble-fête ...). Je ne pense pas t'avoir déjà lue, merci beaucoup, gros bisous.

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  5. Un texte que j'avais déjà lu avec plaisir, l'inquiétude y est bien rendue!

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  6. Nous ne sommes ni maîtres des vents et des courants ni du comportement d'autrui, ce qui fait beaucoup d'inconnus pour tenir un gouvernail... Seule la solidarité peut mener à bien l'ensemble de l'équipage...
    C'est un beau texte, merci de ta participation.

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  7. Ah bien moi, je ne connaissais pas ! et je suis bien contente que tu réédites ce billet... savoureux !
    Holà j'imagine la gêne !!! Seules la compassion, la solidarité et la... patience pouvaient vous sortir de ce mauvais cap !
    La Loi de Murphy a encore sévi !!! classique !
    Merci pour ces souvenirs bien menés... passionnants ! scotchée jusqu'à la fin....
    Bisous

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  8. J'ignorais totalement cette journée de l'océan!

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