Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 30 avril 2015

Opium, de Charlys et Guy d'Abzac

Not' capitaine dômi, alias Dimdamdom, à la barre du défi n°144 des CROQUEURS DE MOTS nous invite à poétiser sans aucun complexe sur notre addiction.
Vous le savez, je préfère réserver mes jeudis en poésie aux poésies des autres (ou aux chansons).

J'ai évidemment pensé à Baudelaire et à ses Fleurs du mal
J'ai pensé au cahier noir de mon père qui y a consigné Du gris ou

Une petite voix a chanté dans ma tête ...

(l'écouter dans deux versions très différentes 
ICI (choeur des parachutistes français) 
et/ou ICI (Jacques Dutronc, live Casino de Paris 1992))

Opium

I. Dans le port de Saïgon
Il est une jonque chinoise
Mystérieuse et sournoise
Dont nul ne connaît le nom.
Et le soir dans l'entrepont
Quand la nuit se fait complice
Les Européens se glissent
Cherchant des coussins profonds.

Opium, poison de rêve,
Fumée qui monte au ciel
C'est toi qui nous élève
Aux paradis artificiels
Je vois le doux visage,
Les yeux de mon aimée.
Parfois j'ai son image
Dans un nuage de fumée.

II. Et le soir au port falot (ou variante aux corps falots)
Les lanternes qui se voilent
Semblent de petites étoiles
Qui scintillent tour à tour
Et parfois dans leur extase
Au gré de la fumée grise
Le fumeur se représente
Ses plus beaux rêves d'amour.

Refrain.

III. Puisqu'on dit que le bonheur
N'existe pas sur la terre
Puisse l'aide de nos chimères
Un jour nous porter ailleurs
Aux paradis enchanteurs
Pleins de merveilleux mensonges
Où dans l'ivresse des songes
J'ai laissé prendre mon cœur.

Refrain.
Guy d'Abzac et Charlys (paroles), musique de Charlys, 1930-1931

Un commentaire nous suggère ce couplet supplémentaire que je ne retrouve pas sur Internet et dont j'aimerais avoir confirmation :

Opium fumée cruelle 
Opium poison menteur 
C'est toi qui nous révèle 
Le néant de notre coeur 
Si il faut sur cette terre 
Chasser tous les démons
Chassons cette chimère 

Opium poison...

L. Lisbet. Jonques chinoises
Illustration de L. Lisbet. Jonques chinoises pour B. Auguste Wahlen. Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du monde. 1843 (source wikipedia)

10 commentaires:

  1. Bonjour Jeanne... à l'opium, je n'ai jamais goûté à aucune drogue, douce ou dure, une façon de voyager comme on dit, merci Charles, merci à toi, bises de JB

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  2. Sulfureux parfum de Fleurs du Mal...

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  3. Le coeur pris dans l'ivresse des paradis enchanteurs, quel doux tourment!

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  4. j'aime beaucoup ...bravo d'être sortie des Fleurs du mal dont je suis dépendante !!!! (le livre hein, pas du poison...)

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  5. sur France Culture une série sur l'ivresse poétique ... je suis tombée par hasard sur l'ivresse de Rimbaud - bises et merci pour ce texte

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  6. Cette ivresse n'est, hélas, que passagère et la retombée n'en est que plus cruelle ... mais ce texte est magnifique; merci! et bises; Simone

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  7. C'est drôle un moment j'ai cru que c'était les paroles d'une chanson de Bernard Lavilliers!!!
    En lisant ce poème j'avais une de ses mélodies qui passait dans ma tête. Je suis certaine qu'il aurait pu chanter ces paroles.
    Merci Jeanne pour ton partage, comme toujours on ressent de la recherche à travers tes articles.
    Bisous et douce nuit.
    Domi.

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  8. Bonsoir, il manque un couplet :
    Opium fumée cruelle
    Opium poison menteur
    C'est toi qui nous révèle
    Le néant de notre coeur
    Si il faut sur cette terre
    Chasser tous les démons
    Chassons cette chimère
    Opium poison...
    Fin abrupte je vous l accorde mais cynique
    By

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  9. Suite : couplet 2 variante :
    A l abri du demi jour
    Les lanternes qui se voilent
    Sont de petites étoiles
    Qui pâlissent tour à tour
    Au gré de la fumée lente
    Le fumeur se représente
    Ses plus beaux rêves d amour

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  10. Et correctif ! :) remplacer le soir au corps falot par le soir au PORT falot !
    Et la drogue c'est pas bien ! Même si là ça interpelle..

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