Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 8 mai 2023

Défi 282 : enfance, enfances ...

sur Blogger, je ne peux toujours ni commenter, ni répondre à vos commentaires qui me font toujours plaisir, j'en suis désolée


Pour ce défi 282 des CROQUEURS DE MOTS, en ce joli moi de mai, c'est une Rose qui s'y colle. Voici ce qu'elle nous propose ...    Jeudi 4 mai : Le muguet

                                          Lundi 8 mai : Votre enfance au mois de mai ou pas

                                          Jeudi 11 mai : Poème de mai

Réédition de mon texte repris pour le défi 165 du 2 mai 2016 de celui pour un défi de Fanfan en 2013. Pour tout un tas de raisons que je tairai ou pas.

"Quand on aime quelqu'un, on a toujours quelque chose à lui dire" Christian BOBIN

Telle était la phrase clé du capitaine Durgalola pour sa consigne du défi n°165 des CROQUEURS DE MOTS :
En 30 lignes maxi, dites à quelqu’un que vous aimez ... quelque chose …
Et comme unique contrainte, mentionner le nom d’une fleur.

Préambule (à ne pas compter dans les trente lignes) :
Je ne vous étonnerai guère si je vous dis que ce sujet m'est difficile. Pas à comprendre, non. Mais ce que j'ai envie de dire à ceux que j'aime, je n'ai pas envie de l'exposer aux yeux des internautes. Question d'intime entre eux et moi. surtout aux vivants. Même si ainsi je me prive de dire, de leur dire.
Voici pourtant la réédition de ce texte écrit pour les Croqueurs pilotés par Fanfan en 2013, où la dernière phrase, que j'ai gardée, était imposée. Il m'a aussi fallu élaguer pour obtenir les trente lignes maxi, tout en rajoutant un souvenir introduisant un nom de fleur.

Je me souviens de la joie dans la maison quand mon père et ma mère, à la fin d'un repas de fête, se mettaient à chanter en chœur le célèbre duo de l'opérette Rose-Marie1 (Chant indien en français)
Je me souviens des étoiles dans les yeux de ma mère lorsqu'elle évoquait la sienne, perdue trop tôt à l'aube de son adolescence.
Je me souviens du brin de muguet séché qu'elle m'envoyait tous les 1er mai.
Je me souviens du voile qui ombrait fugacement ceux d'une de mes tantes lorsque je lui demandais avec la cruauté ingénue de mes sept ans pourquoi elle n'avait pas d'enfant.
Je me souviens de cette autre tante, adorable avec sa nièce de trois pommes, arborant fièrement son célibat en insistant sur le mademoiselle à l'âge où on lui servait du madame par déférence.
Je me souviens de cette réfugiée cambodgienne, me disant sa sérénité en contemplant le fil de l'eau, alors que nous promenions mon dernier-né après la leçon de piano qu'elle venait me donner depuis Paris pour survivre.
Je me souviens du ton atone pour me dire sa vie d'avant, sa mère au pays, son terrible exil.
Je me souviens dans une salle d'attente de l'hôpital des enfants malades avec ma toute petite aînée, cette mère déroulant délicatement les bandes des bien trop petits pieds de sa petite fille , sous l’œil réprobateur du père, jusqu'à la peau à la limite de la nécrose, comme pour témoigner devant le monde ... Ce n'était pas au début du XXème siècle et en Chine, mais en 1982, en France2.
Je me souviens de cette femme lasse dans le RER,  dégustant un yaourt en se servant du couvercle comme d'une cuillère pour donner la becquée à son enfant en poussette.
Je me souviens, tenant ma toute petite, mon aînée dans les bras pour la première fois, d'avoir oublié les heures précédentes, et même d'avoir oublié que j'avais pensé, au plus fort de cette attente difficile et douloureuse : "mais qu'est-ce que je f... dans cette galère ?"

Pour toi maman qui est dans nos cœurs, pour toi ma fille, pour vous mes fils.
Et pour tous les enfants et les mères du monde
©Jeanne Fadosi,mercredi 27 mai 2013


Rose-Marie, opérette américaine créée à Broadway en 1924
2 voir pieds bandés (article de wikipedia) ou ce dossier - les pieds bandés, fort bien documenté relayé par Télérama ou celui-ci aux photos saisissantes (attention elles peuvent choquer) ou encore cette traduction du témoignage d'une vieille femme ou cet article de blog du journal de Chrys

Bonus, parce que je l'ai entendu samedi midi juste après avoir dans ma tête prolongé le monologue intérieur de ce que j'aimerais dire et que je ne dirai pas
L'indifférence, paroles de Maurice Vidalin, musique de Gilbert Bécaud, ici par Cyrille Gallais et Annie Cordy pour ce clip si émouvant

J'ai vérifié les liens sont encore valides et fort instructifs.  

8 commentaires:

  1. On a tous nos souvenirs Jeanne, des bons comme des moins bons, ça reste à l'esprit et au coeur, merci, bises jill

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  2. Coucou Jeanne,
    On a tous des souvenirs, des bons et des moins qu'il faut relativiser.. Regarde, avec cet accident de voiture et mes 6 mois de minerve, je m'en suis sortie, haut la main en reprenant le volant dés que j'ai pu reconduire pour refaire exactement le même parcours dans les mêmes conditions... C'est ce qui s'appelle conjurer le sort !
    Bises et bon jeudi - Zaza




    B

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  3. Merci pour ces souvenirs que tu partages . J'ai suivi les liens pour les pieds bandés , j'ai découvert ces photos qui traduisent tant l'horreur de ce supplice que ces fillettes ont du endurer . Je ne pensais pas que cela puisse encore exister en 1982 et en France de surcroit .
    Merci pour le bonus en vidéo .
    Bon lundi
    Bises

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  4. Merci Jeanne, pour ces souvenirs, tous ces souvenirs et douce soirée. Bises♥

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  5. Des souvenirs bons et moins bons, qui font la vie.
    Je me souviens de ce défi.
    J'avais lu des articles sur les pieds bandés des filles chinoises;une vraie horreur.
    Cela ne devrait plus exister de nos jours .
    Bonne soirée

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  6. J'aime ton texte mêlant l'intime et l'universel. Moi, les autres, frères d'humanité. Bises

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  7. Ton bel écrit m'a profondément émue notamment la scène à l'hôpital. Je ne reçois plus tes news letters
    Martine Martin
    https://martinemartincosquer.over-blog.com

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  8. Et oui la vie n'est pas toujours comme on la voudrait
    Merci pour ta participation
    Bises

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