Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 28 septembre 2018

Non violence

Pour la page 120 de l'Herbier de poésie

Porte-plume en l'air
l'enfant est loin de la classe,
oreille vagabonde.


Le maître a noté au tableau, de sa belle écriture inclinée, la morale du jour. Puis c'est la leçon d'Histoire. Leurs pères attendent les avis de mobilisation. Les esprits y sont préparés. Ce sera la revanche. S'ils partent "la fleur au fusil", d'ici deux ou trois semaines ils seront de retour pour les moissons.

Offertes par les vieux fusils
l'enfant rêve aux fleurs
dans un champ de coqu'licots.

Le maître a marqué au tableau, d'une belle écriture droite, la morale du jour. Suit la leçon d'Histoire, dont on tire, dit-on, des leçons. Le fils de l'enfant songe à la TSF écoutée avec son père. C'est la drôle de guerre qui ressemble à une drôle de paix, derrière la ligne Maginot.

Pour sauver la paix
sans guerre et sans déshonneur
ils auront les deux.

Longtemps après l'Indochine, loin des camarades et de l'agent orange, le fils, ancien matelot, cancer brûlant ses poumons, feuillette, tel un carnet de vacances, son album photos : sites paradisiaques, jonques sur l'eau aux marchés aux fleurs, sourires et beauté des temples. Parenthèses hors du temps et des lieux de combats.

Ce samedi la radio égrenait les premiers faux pas de chasseurs, une balle pour sangliers a traversé le salon d'une fenêtre à l'autre. Sans faire d'autre dommage. Une fillette n'a pas eu cette chance.

Violence multiforme
Une enfant se promenait
accident de chasse.
©Jeanne Fadosi, mercredi 26 septembre 2018
à découvrir le vendredi ou le samedi lundi mardi
avec les autres brins sur la page 120 de l'Herbier


Carl Fredrik Reuterswärd, Non-Violence, 1980, bronze, Malmö
© ADAGP, Paris, 2018, photo : François Polito

A lire et entendre Ne jouez pas au soldat




5 commentaires:

  1. Défi magnifiquement relevé, Jeanne ! Mille bravos et bonne fin de semaine ! Bises♥

    RépondreSupprimer
  2. Un très beau texte Jeanne... Mieux vaut les fleurs que les balles de fusils ! Bises et bon weekend Jeanne

    RépondreSupprimer
  3. La violence, sous toutes ses formes, a de longues années encore devant elle ... et les discours des pacifistes sont de plus étouffés.

    RépondreSupprimer
  4. Comme on le sait l'impression de toute puissance que donnent les armes n'est pas prête de quitter ces hommes bravaches, et pourtant tant en ont péri !
    Bravo Jeanne pour ce beau texte poetique
    Bises

    RépondreSupprimer
  5. Ton récit suit notre propre Histoire.
    La violence est partout, hélas, même là où on ne l'attendait pas.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. Merci de patienter, je ne les valide pas toujours à la minute ni même quelquefois à la journée.
Les commentaires anonymes et non signés d'une manière ou d'une autre ne seront pas validés.
Comments are moderated. Thank you for your patience, I don't valide them immediatly.
anonymous comments are never validated except if they are signed in the text.