Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 5 octobre 2015

Défi n°151 : Colères !

Martine à la barre du défi n°151 des CROQUEURS DE MOTS nous a invité(e)s à broder en vers ou prose sur un ou des ou les 7 péchés capitaux.
Etant peu présente à mon blog et aux vôtres, non par paresse, mais parce que le temps n'est pas extensible et qu'il me faut faire des choix, j'ai opté pour la remise en ligne de ce texte qui est le 2ème épisode d'un récit que j'avais publié en décembre 2009.
L'anecdote est véridique et témoigne de l'une de mes premières perplexités de gamine sollicitée à comparer et juger deux colères qui se répondaient aux conséquences complexes et contradictoires. L'une vaine, celle de mon père, obligé d'obéir à la hiérarchie, l'autre associée au renom qui ouvre quelquefois les portes du pouvoir.

Un air de diva début ; (2) ; (3) ; (4)

Mais pourquoi donc était-il si courroucé, mon papa ?

Pensez donc, c'est la première fois qu'il voyait cela, être empêché d'exécuter l'installation selon le cahier et les plans fournis.
Mais pour qui se prenait-elle cette enquiquineuse !
Ah c'est sûr qu'elle avait du coffre et de la répartie.
Et mon père de rapporter les propos de la diva ... en imitant le mauvais français, l'accent grec et la voix qui partait dans les aigus avec toute la fureur dont elle avait la réputation.  Ah, ce n'était pas mal imité ! Je l'avais déjà entendu causer à la radio.
Ah, oui, sa réputation de terreur n'était pas usurpée. Elle a fait téléphoner sur le champ à Monsieur ... (ma petite tête de petite fille n'a pas mémorisé le nom et/ou la qualité de cette personne qui était sans doute un élu ou un représentant de l'Etat centralisé. N'oublions pas que l'histoire se passe dans les années cinquante)
Monsieur ... a immédiatement contacté le chef de Papa qui lui a immédiatement demandé ...de dévier la ligne.
Vous n'avez pas le suspense, mais nous, nous n'avons pas su tout de suite l'obstacle à éviter.
Normalement, les tracés des lignes électriques, et l'écartement entre deux poteaux étaient calculés et portés sur des plans au bureau d'études du département en fonction de la topographie.
D'abord, se faire ainsi humilier par une femme devant ses ouvriers lui restait visiblement en travers du gosier.

Maman, prudemment, et aguerrie par déjà plus de vingt-cinq ans de mariage, ne fit aucun commentaire à cette allusion, mais je voyais dans ses yeux qu'elle n'en pensait pas moins. Quant à moi, je n'avais pas l'âge d'y mettre mon grain de sel, sauf à y être expressément invitée. Et ce n'était pas le cas.
Mais La Calas, je connaissais et j'admirais. Elle faisait partie de mon panthéon de princesses à l'âge où les petites filles aiment encore se persuader qu'elles croient aux fées et aux princesses.

 Et j'avais déjà depuis plusieurs années un point de vue sur la réalité du mot égalité.
Je l'avais évoqué dans le billet
 Mes premières indignations ...

Mon approbation n'était pas acquise ! 



Et vous comprendrez peut-être que, si la fureur me terrifie, je n'arrive pas à considérer la colère comme toujours condamnable.

10 commentaires:

  1. J'ai bien aimé ton souvenir d'enfance et la colère de ton papa. Elle me rappelle un de mes souvenirs d'enfance et la déception de mon papa quand il avait rencontré Fernand Raynaud dans un café. Mon père l'admirait et qu'elle ne fut pas sa déception quand Fernand Raynaud a demandé un café au garçon, ce dernier lui a demandé avec un croissant (comme dans son sketch) et l'humoriste s'est mis en colère et a vertement rabroué le garçon. Jamais plus mon père n'a un écouté un sketch de Fernand Raynaud. Ce souvenir m'est revenu quand tu parlas de ta déception pour La calas. Merci pour ta participation. Belle semaine Jeanne

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  2. Bonjour Jeanne... C'est qu'ils ont leur caractère ces gens-là !!!! On les adore sur scène mais en dehors... merci à toi, bises de JB

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  3. Un souvenir tout à fait approprié à relever ce défi Jeanne ! Merci du partage et bon mardi ! Amitiés♥

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  4. Une colère très justifiée en effet,puisque cette dame profitait de sa célébrité pour obtenir un passe-droit ! Et cela existe encore bien sûr! Bises

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  5. Coucou Fadosi
    Me rappelle à moi aussi de tristes souvenirs, pas avec une star mais mon père près de la retraite viré par son patron en mal d'argent ! (puni : boite coulée un an après !).... Colère pharaonique de mon père qui est tombé gravement malade (tri-jumeau) et en est mort après de grandes souffrances....
    Mauvais, une colère pareille, surtout quand elle se heurte à l'impuissance totale devant un mur d'injustice...
    Merci Fadosi pour ces souvenirs si bien exprimés et bisous

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  6. Et bien je ne suis pas étonnée des frasques de cette diva. J'ai lu Zorba le Grec. Dans un passage je lisais que la Callas aimait cuisiner elle même lorsqu'elle et Onassis recevaient des invités. Elle venait de servir le potage et aussitôt s'est retirée dans sa cuisine. Ne la voyant pas revenir les invités entamèrent le potage. De plus en plus inquiet Onassis alla dans la cuisine pour voir ce qu'il se passait. la Callas avait déserté les lieux laissant le potage sur la table avec une pancarte où elle avait écrit: "J'ai pissé dans la soupe " car en plus d'être excentrique elle était très vulgaire. Tout comme toi j'ai péché par paresse hihi.
    Bises du soir.
    Domi

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  7. Je me souvenais bien de ce récit...
    J'aime énormément la façon dont tu racontes ce souvenir d'enfance et ton regard d'enfant sur les adultes qui t'entouraient.
    Merci, Jeanne.
    La colère me fait très peur... pour tout ce qu'elle peut ensuite occasionner.

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  8. Bonsoir Jeanne. Comme Quichottine, je crains la colère qui peut dégénérer. J'ai bien aimé ton récit. Les artistes sont parfois des divas...

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  9. C'est du vécu, Jeanne, et c'est très intéressant. Deux types de colère qui définissent bien l'injustice sociale. La Callas était bien une diva dans tous les sens du terme et j'imagine bien la colère de ton père, compréhensible et le mal qu'elle lui a fait. Gros bisous.

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  10. vivant dans un monde en dehors des contingences de la réalité où elles sont choyées , infantilisées, où tout le monde est payé à satisfaire leurs caprices et va au devant de leurs besoins, les divas sont condamnées à être ce qu'elles sont, des divas, femmes d'exception inaptes à la vie en société....je suis triste pour ton papa et ce qu'il a ressenti alors, lui qui se coltinait au présent matériel et bien réel!!!!

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