Pour le lundi/défi, 12-6, thème "Impossible pas végétal" photo imposée
Pour le premier jeudi/poésie, 8-6, thème "Revenir, retour"
Pour le second jeudi/poésie, 15-6, thème "Un oiseau"
👀Je serai à la barre du défi 285, dernier de la saison avant l'été : annonce le 19, défi le 26, jeudis poésies les 22 et 29
En relisant ce texte écrit en janvier 2015, (avec une mémoire toute fraîche de cette visite sur les traces du quartier d'enfance de ma maman, ("elle", c'est moi)), j'ai pensé qu'il faisait écho au thème du retour de jeudi comme de cet impossible pas végétal dans ce quartier au décor minéral. Il était précédé d'une première partie Fadosi continue: Défi n°137 : "Retrouvailles" (1) dont j'ai repris un bref aperçu en intro et apporté un ou deux compléments indiqués en italique.
Elle se demandait bien ce qui l'avait motivée lorsqu'elle s'était mis en tête de revenir dans ce quartier. Une promenade sans guide vert à la main, le nez au vent avec juste les traces de sa mémoire. L'envie de partager un peu de son enfance avec cette amie qui ne connaissait de Paris que leurs quartiers d'étudiants et les lieux offerts aux vacanciers. Dans les couloirs du métro parisien, la foule compacte se hâtait et se bousculait comme naguère. Elles se surprenaient, comme il y a quarante ans, à presser le pas, happées par la cadence.
Revenues à la surface, comment trouver son chemin à la sortie de la bouche de métro ? le quartier quadrillé de rues à angle droit avait fait place à une série d'immeubles de grande hauteur, de placettes, de rues piétonnes en arcs de cercle, de passages joliment carrelés, fleuris de corbeilles retombantes ... Un décor pimpant tout droit sorti de l'imagination d'un architecte talentueux. C'était original, surprenant, beau. Bien vite elles s'étaient rendu compte qu'elles venaient de passer pour la troisième ou la quatrième fois au même endroit.
Leur plan était récent et ce "quartier" dans le quartier, derrière lequel on devinait des logements modernes et confortables derrière les portes à digicode y figurait bien. Le sens de l'orientation de son amie n'avait pas de prise dans cette logique qui leur échappait. Sans doute les habitants avaient-ils pris leurs marques et se mouvaient dans cet espace comme chez eux. Mais les deux amies, fatiguées, en sueur sous ce soleil d'été ravageur, sentaient monter un malaise indéfinissable. Elles sont sorties de ce décor futuriste et minéral d'où aucune fleur n'osait s'échapper de sa vasque, sans comprendre comment. Soulagement de retrouver des rues, des trottoirs, des boutiques, des noms de rues évocateurs. A deux pas de cette architecture à la fois belle et dépersonnalisante, elle retrouva avec soulagement ses repères. Et au pied des arbres de l'avenue, protégés par leurs grilles centenaires, quelques fleurs sauvages faisaient le bonheur des papillons.
Un soulagement étonné. Le quartier de l'enfance de sa maman, celui où elle venait en vacances et en visite chez ses tantes, n'avait pas vraiment changé. Les jardins devant les immeubles avaient rétréci ainsi que le square*. Mais tout était là, propret, paisible, souriant sous le soleil, rafraichissant sous la ramure des arbres centenaires. Il ne manquait plus que les mômes en blouses grises se bagarrant dans la poussière pour un calot contesté dans un jeu de billes, l'orchestre du dimanche sous le kiosque, les amoureux timides immortalisés par Peynet, Doisneau, Izis ou Willy Ronis ...
*illusion bien sûr d'une mémoire à taille et à hauteur d'enfant.
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| HBM1de la fondation Rotschild, Groupe Bargue, 1912 |
1.- habitation à bon marché, loi Siegfried du 30-11-1894