Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 12 avril 2018

En ce temps barbare qui est le nôtre ...

Le coeur et la tête lourdes de pensées et de sentiments contradictoires en ce jour funeste qui me projette cinquante ans en arrière

Temps subi, temps agi

"Nous devons nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans
la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et
reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs
émises, de danses malgré tout, de pensées à transmettre."
Georges Didi-Huberman, 
mis en exergue par Patrick Chamoiseau,
Frères migrants, Seuil, mai 2017
Contre la barbarie


J'avais repris ce chapeau en exergue de mes réflexions éditées le 17 juin 2017, le mois du signe double des gémeaux.

En cette succession de jours funestes je me demande
Quelle part de mon temps a été agi et non subi ?
Quelle part du temps de celles dont j'ai la semaine dernière accompagné les vivants qu'elles laissent ici ?
Quelle part de celui qui ce jeudi laisse ses enfants et petits enfants dans un immense désarroi que je soutiens de loin avec une complexité infinie de questions et de sentiments mêlés.
Qui a-t-il été ? Quelle a été "en vrai" sa vie d'équilibriste ?

Je dédie aux vivants ces quelques vers écrits en d'autres circonstances et pourtant tout semble immuable.

Le balancier et le sablier

Il avance un pas après l'autre
il progresse et n'avance pas
l'horizon dérobe son but
Même alors il ne le voit pas.
Il avance pas après pas
Sait-il qu'il marche à reculons ?
Il avance dans sa nuit claire
il ne voit pas Tout est brouillard
son balancier le balance
il n'y a plus cœur ni raison
sous ses pas se dérobe
la terre qui gémit :
"Ne sens-tu pas tes tripes ?"
Il avance un pas après l'autre
il n'y a même plus de colline
Voyez comme tout est vide
sans enluminures
quand le cœur a déserté la raison
quand la raison a déserté le cœur
dans la marche inexorable
du temps.
©Jeanne Fadosi, samedi 16 avril 2016
pour l'image 15/2016 de milletune

Christian Schloe - clic et clic

2 commentaires:

  1. Le coeur et la raison ont bien du mal à suivre le même chemin, et pourtant, ce serait si bien s'ils se mettaient d'accord et si le coeur pesait davantage sur les décisions prises.
    Quant au temps subi ou choisi, je n'ai pas de réponse. Je me dis que de toute façon, il serait trop tard pour revenir en arrière.
    Prends bien soin de toi, Jeanne. Bises et douce fin de semaine.

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  2. Bravo, Jeanne, c'est superbe ! Il me donne le vertige, tout de même, cet homme ! Bon matin de ce samedi ! Bises♥

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