Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, encore 123 en 2017, 121 en 2018 ? 101 femmes depuis le 1e janvier 2019 en France (2 septembre 2019) , soit une femme tous les deux jours ! accélération ou meilleure visibilité ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 12 octobre 2020

Défi n°240 : dans la peau d'une personne du sexe opposé

 Martine depuis Le Quai des rimes, est à la barre des CROQUEURS DE MOTS et nous donne ses consignes :

Pour le défi (240) du lundi 12 octobre : imaginez vous 24 heures dans la peau d'une personne du sexe opposé, racontez moi votre journée et votre nuit.

- Martin ! Nous avons un problème ! Il y a une future mère avec son mari qui veulent absolument unE sage-femme. Moi, je viens de faire 24 heures non-stop à cause de Martine qui est en quarantaine en tant que cas contact. Là je n'en peux plus, je rentre !

- Ne t'inquiètes pas Myriam, passe-moi ton mascara et ton eye-liner. Avec le masque, la charlotte, la combinaison et ma voix de fausset haute-contre, ils ne verront pas la différence. Par contre, tu viens me relayer pour 17h sans faute. C'est notre anniversaire de mariage aujourd'hui et j'ai promis à ma femme un repas en amoureux.

- Hmmm ! OK mais il faut que tu quittes l'hôpital en fille car à cette heure-là il ne manquerait plus que le mari s'en aperçoive !

J'ai été l'un des pionniers à devenir maïeuticien. Je m'attendais à passer une journée de travail comme toutes les autres, avec sa part habituelle d'insolite car aucun accouchement ne se ressemble. Mon métier me passionne, j'ai un magnifique contact avec mes patients, une expérience de plus de vingt-cinq ans. Mes collègues, informés, ont joué le jeu.

La journée a été aussi enthousiasmante mais totalement inattendue. Techniquement et humainement mon approche avait beau être rigoureusement identique, l'attitude des futurs pères dans la connivence ou la réserve étaient complètement inversée. Plus nouveau encore, je croyais si bien connaître les femmes futures mères. Le simple fait d'être dans la peau d'une des leurs me révéla un coin du voile d'un continent que j'ignorais jusque-là. J'ai même ramé auprès de deux parturientes qui faisaient plus confiance culturellement à "la science" d'un homme. Un comble ! La plupart étaient dans un abandon et une confiance que je n'avais jamais sentis. Une journée que je n'oublierais pas et dont je tirerais encore mille enseignements.

Après mon service j'ai suivi le conseil de Myriam. Nous avions échangé nos manteaux et elle m'avait prêté ses chaussures car je faisais comme elle du 41. Elle avait toujours des tennis de rechange. Je me suis tordu les chevilles plusieurs fois et j'ai même failli casser un talon. Je voulais rentrer avant Liliane mais elle avait eu la même idée et avait eu le temps de courir après son trravail. C'est donc elle en jogging et baskets, moi en talons hauts et cape chic que nous nous sommes retrouvés devant la grille. 

Elle a trouvé si drôle cette inversion des apparences qu'elle m'a lancé le défi de continuer la permutation jusqu'au lendemain matin.

- Chiche ?

- chiche !

Je me suis affalé déglingué dans le premier fauteuil du salon, les pieds en compote.

- Ca commence bien !

Je me croyais depuis toujours un mari moderne, sachant partager les tâches domestiques équitablement.

Il m'a fallu penser et faire mille choses à la fois car évidemment, Liliane, la malice au coin des yeux, m'a laissé m'empêtrer dans mes contradictions et mes maladresses. Bonne âme, elle a fini par endosser la charge mentale tandis que j'exécutais quantité de tâches auxquelles je n'avais jamais porté attention.

Je vous fais grâce des détails. Le dîner, que j'avais commandé chez un traiteur était délicieux et nous avons passé tout de même une agréable soirée.

Lorsque nous avons gagné notre lit conjugal j'étais complètement lessivé par la fatigue accumulée au cours la journée et de la soirée. Ma douce, émue que j'aie pensé à notre anniversaire, pensait à terminer la soirée autrement que dans les bras de Morphée. Moi, j'étais bien trop épuisé ! Alors, avant d'éteindre la lumière et de me laisser glisser dans un sommeil bienvenu, elle me sourit tendrement en me disant :

- tu vois, là, si je jouais le jeu jusqu'au bout, je me mettrais à bougonner comme toi lorsque que je ne suis pas disposée à batifoler. Certes, tu as l'élégance de respecter que je décline tes avances, encore heureux, mais tu ne peux pas t'empêcher de manifester ton humeur et de me faire des remarques acerbes.

- Mais non, je fais un peu d'humour, elles sont anodines mes petites phrases.

- Si tu le dis ! J'encaisse mais elles me blessent.  Tu vois maintenant : c'est juste quand je suis trop fatiguée.


Toulouse-Lautrec, Dans le lit, 1893






7 commentaires:

  1. Même si tu ne t'ai pas mis dans la peau d'un homme mais dans celui d'une femme qui se met dans la peau d'un homme, j'ai beaucoup aimé ton texte qui m'a parfois fait bien sourire. Merci de ta participation. Belle semaine

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  2. Bravo pour cette mise en situation tres intéressante , une analyse tres fine et une inversion des rôles qui ne peut qu'être bénéfique aux hommes . Rien de tel que de vivre la journée d'une femme pour savoir appréhender certains comportements
    Bonne journée
    Bises

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  3. Cool de sa part, se mettre dans la peau d'une sage-femme... Ame sensible... merci Jeanne, bises

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  4. Se mettre dans la peau su sexe opposé permet de faire de sacrée découvertes ! Bravo Jeanne, défi relevé avec brio.
    Bises et bon début de semaine

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  5. Bravo Jeanne ! C'est tout à fait super ! J'♥ aussi beaucoup la conclusion ! Bonne soirée ! Bises♥

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  6. Un bon texte; cela ferait du bien à beaucoup d'hommes d'endosser le rôle de leur femme pendant24 heures .
    Bise

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  7. très bien vu cette inversion des rôles j'aime beaucoup les moments où les parturientes préfèrent soi un homme soi une femme

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