Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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mardi 24 juillet 2018

Dans les replis de mes brouillons : K comme la kermesse idéale

Ce devait être pour la page 103 de l'Herbier de poésie. Mon ordi présentait des signes de fatigue et je faisais des sauvegardes fréquentes et pourtant ! il m'a lâché sans crier gare gobant dans le trou béant de l'oubli mes derniers brouillons.
Et puis allez savoir pourquoi j'ai retrouvé un premier brouillon manuscrit sur l'envers d'un carton de tablette de chocolat. Le texte qui suit n'est donc tout à fait celui que j'avais que j'avais finalisé après sans doute quelques ratures et polissages.
Sans vérifier de quoi il s'agissait, je m'étais servi d'un bout du carton pour refaire un sudoku.
Il a traîné encore sur un guéridon.
Il y a quelques jours je m'en servais pour noter quelques mots soupape, de ceux que j'ai envie d'écrire et que je ravale dans la pudeur du silence. Toujours sans relire les mots précédents.
Cet après-midi, enfin décidée à mettre ce carton dans la poubelle jaune (c'est celle de tri pour les cartons, papier et plastiques), j'ai commencé à me relire.
Je me souvenais vaguement de la peinture si minutieusement fournie de ce peintre d'une seule oeuvre mais quand était-ce ?
Je ne me souvenais plus que je n'avais pas pu le publier.
Je le retranscris ici avec juste une retouche destinée à éviter la répétition de l'adjectif joyeux en y ajoutant en italique les derniers mots que j'y ai noté.

Il peint inlassable
dans son monde halluciné
la ronde du Temps
Est-il visionnaire
du paradis, de l'enfer,
ou simplement fou ?
Sous le pinceau inlassable
tout un monde devient réel.
Le geste pose, passage après passage, minutieusement, un au-delà de kermesse débarrassé des cauchemars de Dante.
Comme un retour
à la matrice originelle
où une humanité joyeuse
peuplerait l'Eden.
Il croit faire de sa vie une oeuvre d'art,
mon fils, ma douleur.
©Jeanne Fadosi, mercredi 7 mars 2018
Ce devait être pour l'herbier de poésie 103
découvrez les autres brins sur la page 103 de L'Herbier

Richard Dadd, Le coup de maître du bûcheron-magicien,
1855-1864, huile sur toile, 54 x 39 cm, Tate Britain, Londres
NB, cette peinture m'avait immédiatement évoqué dans un rapprochement intuitif La divine comédie de Dante et la kermesse de Brugel Le Jeune

Brugel le Jeune, la kermesse de Saint- Georges




6 commentaires:

  1. Oh ! Jeanne, bravo à la renaissance de ce billet ! Super ! Il était destiné à être publié !!!
    Bon mardi !
    Bises♥

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  2. Très beau poème. Heureusement qu'il t'est resté ce carton. Quand au tableau la beauté est subjective.


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  3. Il est bon de temps en temps de garder les petits cartons sur lesquels on prend des notes... bravo Jeanne.
    Bises et bon mardi

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  4. C'est chouette les cartons pour les brouillons , j'ai un peu perdu l'habitude mais il faut dire que c'est bien utile pour récupérer des textes .
    Bien vu en effet ce rapprochement avec Dante et Brueghel .
    Bonne journée
    Bises

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  5. Suis un peu comme toi : je note, je note.... les dossiers s'entassent et commencent à remplir l'espace étroit de mon "bureau"... Faudrait que je trie, classe etc...

    Merci pour ce poème plein de charme... Suis d'accord avec Gisèle ....
    Bisous

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  6. Tu aurais eu tort de ne pas le publier... il est superbe, et, à la fois, très émouvant.
    Merci pour tout, Jeanne.
    Bises et douce journée.

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