Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 29 juillet 2016

Les voyages forment la jeunesse

En marge de Rêver de voyages ; Comme une répétition, encore et encore ; Sur les routes d'exil

C'était le premier volet d'une réflexion au fil de mes pensées vagabondes à partir d'une question qui m'était venue ce premier été sur mon ancien blog.

Pourquoi nous voyageons ?

C'était mes tout débuts sur la blogosphère. Mon billet n°7 !
Quand je fais un retour sur l'actualité de l'été 2008, je ne suis pas sûre que l'état du monde y était moins inquiétant. Mais vu d'ici, nous nous en inquiétions moins.

Les événements, les changements, tant généraux que de proximité, me feraient sans doute écrire différemment. Je vous le livre avec quelques nuances ou annotations en italiques. J'ai aussi essayé d'améliorer le style et de réduire les fautes d'orthographe ou de français.


La possibilité de voyager loin et rapidement pour une proportion assez grande des populations des pays les plus prospères de la planète est une aventure humaine récente.
Il y a 150 ans, les diligences parcouraient au mieux 8 kilomètres (deux lieues environ) en une heure sur des chemins caillouteux et cahoteux. Le chemin de fer en pleine construction mettait sur les rares lignes existantes toute une journée pour relier Paris à la côte normande.
50 ans plus tard, les trains, toujours avec lenteur, permettaient de gagner les lieux les plus modestes du territoire français, pour garder un exemple hexagonal, et le réseau des grandes lignes en avait sensiblement redessiné la géographie économique et Paris était au centre du dispositif.
C'est ainsi que pour avoir refusé le passage de la ligne Paris Bretagne par Alençon, les notables de l'Orne, ayant  eu peur que les trains fassent tourner le lait de leurs vaches, connurent le déclin de la ville et l'essor industriel de la cité voisine du Mans. (toute comparaison avec le projet d'aéroport de Nantes serait inapproprié tant l'état du monde a changé)

Dans le même temps, les automobiles  encore  rares, étaient de plus en plus le signe extérieur de richesse qu'il fallait absolument avoir et les avions faisaient des parcours plus longs et plus hauts dans le ciel. La traversée de l'Atlantique n'était pas encore au programme mais le rêve d'Icare ne semblait plus aussi saugrenu.
Les petits écoliers français confortaient leur maîtrise de la lecture dans le livre "Le tour de la France par deux enfants" publié pour la première fois en 1877 par un certain G. Bruno, en réalité l'épouse du philosophe Alfred Fouillée et constamment réédité pour le plus grand plaisir des adultes comme des enfants. Il parait même que c'est sa lecture qui donna à une institutrice suédoise, Selma Lagerlöf, l'idée d'écrire le "Merveilleux voyage de Nils Holgerson à travers la Suède".
Des pédagogues grecs à la bibliothèque rose, de l'Odyssée à Marco Polo,en passant par Jean-Jacques Rousseau ou Voltaire et la Comtesse de Ségur ou Victor Hugo, les récits de voyage ont, à travers leur puissance d'ouverture au rêve, souvent été utilisés pour faire passer des principes d'éducation, d'enseignement et d'exemplarité.
Pour l'apprentissage des garçons aussi le tour de France des compagnons était non plus de la littérature mais plusieurs années bien concrètes qui se terminaient par la réalisation du chef d'oeuvre.
Le rêve et ses supports, l'imagination, la lecture, l'écoute des raconteurs d'histoires, de la radio maintenant, les images et images animées, sont le plus répandu des moyens de voyager dans sa tête et un formidable moteur pour l'appétit d'apprendre et de découvrir.Au delà de son petit chez soi, au delà de son petit village.
Aujourd'hui que les moyens de communication réduisent les distances pour nombre d'enfants*, que reste-t-il comme espace au rêve et à cette envie vitale d'aller au delà du connu ? Que fait-on de l'imaginaire de ces petits touristes en culotte courte au temps si sur-empli d'activités ? Sans compter que l'excès de pédagogisme est peut-être en partie responsable de la désaffection pour la lecture et plus généralement pour l'envie d'étudier.
 * je n'évoquais ici que l'infime minorité d'enfants à l'échelle de la planète pour lesquels partir à un goût de vacances et non un goût d'exil.


4 commentaires:

  1. Il n'y a pas si longtemps, née en 55, mes parents n'avaient pas d'auto, juste un vélo et les transports en commun, la valise pour des vacances j'ai peu ou pas connu... deux fois huit jours à la mer du Nord... trois jours à Londres !! Vivant à la campagne, l'été on savait s'occuper et ça ne m'a pas manqué de partir... ailleurs ! De nos jours les mômes partent avec les parents qui ont tous une automobile, quand on voit les bouchons sur les autoroutes... bref sont gâtés, sauf les plus pauvres d'entre eux ! Eh oui tant à dire sur notre société actuelle Jeanne... merci, bises

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  2. Mes vacances d'été de gosse : papa filant sur l'autoroute à plus de 180 à l'heure (la vitesse n'était pas limitée à cette époque) de Rouen (en fait, plus exactement, Saint-Etienne-du-Rouvray) à Marseille en une seule traite. Puis une petite semaine chez pépé et mémé. Puis, retour à la même vitesse de l'éclair...
    Pourtant, de bons souvenirs !
    Pour le reste des vacances, l'évasion c'était les Alice de la bibliothèque verte. J'adorais surtout l'école... Et puis, j'avais quand même fait le plein d'aventures à partager avec les copines.
    Je loue les associations comme le Secours Populaire qui tous les ans offrent des vacances, même si ce n'est qu'une seule journée à la mer, pour les oubliés des vacances.
    Passe une bonne journée,
    eMmA

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  3. Cela me fait penser au livre "Cinq semaines en ballon" qu'un grand-oncle m'avait offert en 1964, que j'ai encore chez moi, en édition très ancienne. Mon père a eu son permis en 1957 ou 58. Mes 1ères vacances de gosse ce fut en 1959 près de Chartres. Mais nous étions partis aussi du Nord en Lorraine l'année d'avant, passer 3 jours, avec mes grands-parents. Mon grand-père voulait revoir les lieux où il avait combattu pendant la guerre 14. Bonne fin de semaine Jeanne.

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  4. Tous les voyages sont bons à prendre et particulièrement celui que procure la lecture dont je partage la magie avec toi!

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