C'était il y a presque dix ans et l'image avait fait resurgir en moi un souvenir qui après coup était, reste, douloureux.
Souvent je commence ces jeux d'écriture par
Pour miletune, Voir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla,*
Pour l'image de la semaine 09/2017 où la contrainte supplémentaire et facultative est d'insérer le mot mascarade.
parce que *
C'était un jour d'été 1980, très loin de chez moi, dans un musée d'une ville du sud de la Californie ou du Nouveau Mexique. Les œuvres exposées étaient de facture classique. Je me souviens juste que je les avais appréciées. Dans ce musée de "province", comme on dirait chez nous, à cette heure d'une chaleur écrasante qui ne mettait pas un autochtone dehors, les visiteurs étaient rares dans ces salles climatisées.
Je me souviens pourtant de cette femme, était-elle jeune ? sans doute, qui regardait les tableaux et les photos tout en donnant le sein à son bébé avec naturel et simplicité. La scène m'avait touchée et j'avais apprécié cette liberté sobre et sereine. Rien d'érotique dans son geste qui lançait un pont entre la modernité et la tradition des temps premiers.
Je pensais partager ce sentiment avec la personne que je venais de choisir pour transformer ces rêves en réalité (était-ce vraiment un choix ?) mais il n'en fut rien.
Il a avec une ironie cinglante parlé de mascarade, et même d'exhibitionnisme. ... A côté du portrait d'une madone allaitant ...
Nous étions à peine plus de dix ans après 1968 et je découvrais peu à peu que celui qui m'avait vanté son ouverture d'esprit était corseté dans une multitude de préjugés d'un autre âge.
D'un autre âge ?
Quand je regarde en arrière vers ces jeunes années, quand je regarde en avant le monde qui vient, j'ai l'impression non pas d'un temps immobile, mais d'un imprévisible recul vers des temps dits moyen-âgeux. Là-bas, ici, ailleurs.
Pour miletune, Voir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla,*
Pour l'image de la semaine 09/2017 où la contrainte supplémentaire et facultative est d'insérer le mot mascarade.
parce que *
Abîme
le temps le tempsCette installation questionnante dans son esthétique particulière me renvoie à un souvenir surgi des replis de ma mémoire cabossée par la vie. Le souvenir d'une époque où j'étais pleine de rêves et d'espoir. Même si déjà le temps m'interpellait au point d'avoir lu L'intuition de l'instant, de Gaston Bachelard, le temps d'un séjour en clinique pour opérer dans ma peau et ma chair une excroissance désordonnée.
le temps de l'enfance
de l'innocence
de l'espérance***
C'était un jour d'été 1980, très loin de chez moi, dans un musée d'une ville du sud de la Californie ou du Nouveau Mexique. Les œuvres exposées étaient de facture classique. Je me souviens juste que je les avais appréciées. Dans ce musée de "province", comme on dirait chez nous, à cette heure d'une chaleur écrasante qui ne mettait pas un autochtone dehors, les visiteurs étaient rares dans ces salles climatisées.
Je me souviens pourtant de cette femme, était-elle jeune ? sans doute, qui regardait les tableaux et les photos tout en donnant le sein à son bébé avec naturel et simplicité. La scène m'avait touchée et j'avais apprécié cette liberté sobre et sereine. Rien d'érotique dans son geste qui lançait un pont entre la modernité et la tradition des temps premiers.
Je pensais partager ce sentiment avec la personne que je venais de choisir pour transformer ces rêves en réalité (était-ce vraiment un choix ?) mais il n'en fut rien.
Il a avec une ironie cinglante parlé de mascarade, et même d'exhibitionnisme. ... A côté du portrait d'une madone allaitant ...
Nous étions à peine plus de dix ans après 1968 et je découvrais peu à peu que celui qui m'avait vanté son ouverture d'esprit était corseté dans une multitude de préjugés d'un autre âge.
D'un autre âge ?
Quand je regarde en arrière vers ces jeunes années, quand je regarde en avant le monde qui vient, j'ai l'impression non pas d'un temps immobile, mais d'un imprévisible recul vers des temps dits moyen-âgeux. Là-bas, ici, ailleurs.
©Jeanne Fadosi, jeudi 2 mars 2017
* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ...
**vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon pare-feu bloque.
*** ce sont les paroles d'un refrain de mon enfance et le moteur de recherche bloque à me trouver la chanson. Pourtant je me suis contentée de taper ces quelques mots et la chanson en question est une célèbre chanson de Charles Aznavour : Charles Aznavour - Le Temps, Paroles: Charles Aznavour, musique: Jeff Davis, 1965
