Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 14 février 2022

L'escalier

 Pour la page 193 de  l'Herbier de poésies   sur une image de Marine D

L'escalier

Il fallait grimper longtemps parmi les éboulis et les ajoncs. Il lui faisait enfin l'honneur jamais partagé de l'initier à ses territoires secrets.

Les jambes griffées,

essoufflée de tant d'efforts,
ses lèvres tremblaient.

Elle était aussi malingre qu'il était robuste, son teint aussi pâle qu'il était buriné par la vie au grand air. Il leur avait fallu du temps pour s'apprivoiser.

Deux gosses singuliers,

elle de la ville lui des landes,
rencontre improbable.

Le médecin de famille les avait envoyés là, impuissant de la voir s'étioler au désespoir de ses parents. Un lointain cousin n'en finissait pas de ne pas revenir de ses courses lointaines au delà des mers et il avait convaincu son épouse, qui n'avait plus le sou, de leur louer le pavillon des gardiens en espèces sonnantes et trébuchantes.

La vieille gouvernante,

le régisseur jardinier
avaient dû partir.

Les nouveaux venus dans son domaine avaient été des intrus pour le petit garçon solitaire. La mère faisait la cuisine et leur faisaient la leçon. La gamin découvrait le français en apprenant à déchiffrer les lettres et les mots. La fillette écrivait déjà des poèmes. Le père s'était proposé pour des travaux d'entretien.

Au fil des semaines

le jardin reprenait vie
jusqu'à l'abondance.

Au pied de l'escalier il lui avait fallu de longues minutes pour reprendre son souffle. Pierrick l'avait patiemment attendue sans avoir remarqué les marches démoussées et rejointoyées. Il restait quelques marches à gravir avant de découvrir, toujours recommencé, le spectacle dont il ne se lassait jamais. En haut de l'ancienne forteresse, s'offrirait au regard ébloui

la mer lisse et calme,

des colonies de pétrels,
toute son île intime.

De son sac en bandoulière

Louise lui tendit des jumelles.
©Jeanne Fadosi, vendredi 11 février 2022
pour une nouvelle page de l'Herbier de poésies
à découvrir bientôt avec les autres brins sur la page 193 de l'Herbier

photo Marine

9 commentaires:

  1. Elle est bien jolie l'histoire de cet escalier Jeanne, merci, bises

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  2. Bonjour Jeanne,

    Deux gamins que tout sépare. Et pourtant, on sent naître une amitié. Quelle belle grimpette pour découvrir un merveilleux panorama. On s'y croirait. C'est su beau là-haut! Mince! j'ai raté quelque chose en re dégringolant les marches! :)
    merci Jeanne

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    1. Je te le confirme ! tu as raté quelque chose en renonçant à atteindre le chemin de ronde mais le gardien était peu amène ...

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  3. J'ai beaucoup aimé ton histoire Jeanne, on s'y revoit à courir landes et les collines et de découvrir le monde !

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  4. Merci pour cette histoire touchante. Quant à Valentin j'ai lu son histoire sur 2 blogs ce matin. Je ne la connaissais pas. Il faut dire que les Valentin célèbres sont rares. Bisous

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  5. Belle histoire qui donne envie de gravie les marches et de découvrir la beauté du paysage !

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  6. Quelle belle histoire qui m'a fait rêver comme un souhait de l'enfance partageant amitié et découverte; de si beaux moments à vivre!

    Merci Jeanne d'avoir signalé cette erreur sur le lien vers mon blog et merci de tes mots déposés.

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  7. Bonsoir, Jeanne

    Un escalier, témoin d'une jolie histoire entre deux êtres que tout opposait!

    J'ai aimé ta vive narration et, bien sûr ton tanka qui la clôt avec cet émerveillement devant le spectacle qui s'offre aux yeux. La montée de l'escalier valait le coup.Merci, Jeanne.

    Claudie

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  8. Superbe page !
    Je sais que je suis loin d'être à jour dans ma lecture de tes publications, mais je me régale lorsque je peux te consacrer le temps que tes écrits méritent.
    Bises et douce journée.

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