Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 1 octobre 2026

Jeudis en poésies : Abîme, prose poétique personnelle

C'était il y a presque dix ans et l'image avait fait resurgir en moi un souvenir qui après coup était, reste, douloureux.

Souvent je commence ces jeux d'écriture par
Pour miletune, Voir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla,*
Pour l'image de la  semaine 09/2017  où la contrainte supplémentaire et facultative est d'insérer le mot  mascarade.
parce que *
Cette fois-ci encore, l'image a toute son importance et c'est pourquoi je la mettrai à la fin

Abîme
le temps le temps
le temps de l'enfance
de l'innocence
de l'espérance***
Cette installation questionnante dans son esthétique particulière me renvoie à un souvenir surgi des replis de ma mémoire cabossée par la vie. Le souvenir d'une époque où j'étais pleine de rêves et d'espoir. Même si déjà le temps m'interpellait au point d'avoir lu L'intuition de l'instant, de Gaston Bachelard, le temps d'un séjour en clinique pour opérer dans ma peau et ma chair une excroissance désordonnée.
C'était un jour d'été 1980, très loin de chez moi, dans un musée d'une ville du sud de la Californie ou du Nouveau Mexique. Les œuvres exposées étaient de facture classique. Je me souviens juste que je les avais appréciées. Dans ce musée de "province", comme on dirait chez nous, à cette heure d'une chaleur écrasante qui ne mettait pas un autochtone dehors, les visiteurs étaient rares dans ces salles climatisées.
Je me souviens pourtant de cette femme, était-elle jeune ? sans doute, qui regardait les tableaux et les photos tout en donnant le sein à son bébé avec naturel et simplicité. La scène m'avait touchée et j'avais apprécié cette liberté sobre et sereine. Rien d'érotique dans son geste qui lançait un pont entre la modernité et la tradition des temps premiers.
Je pensais partager ce sentiment avec la personne que je venais de choisir pour transformer ces rêves en réalité (était-ce vraiment un choix ?) mais il n'en fut rien.
Il a avec une ironie cinglante parlé de mascarade, et même d'exhibitionnisme. ... A côté du portrait d'une madone allaitant ...
Nous étions à peine plus de dix ans après 1968 et je découvrais peu à peu que celui qui m'avait vanté son ouverture d'esprit était  corseté dans une multitude de préjugés d'un autre âge.
D'un autre âge ?
Quand je regarde en arrière vers ces jeunes années, quand je regarde en avant le monde qui vient, j'ai l'impression non pas d'un temps immobile, mais d'un imprévisible recul vers des temps dits moyen-âgeux. Là-bas, ici, ailleurs.
©Jeanne Fadosi, jeudi 2 mars 2017
pour miletune  image 2017-09 


* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi* !)... et j'en oublie ... 
**vérification faite, c'est tous les blogs de Hautetfort que mon pare-feu bloque. 

*** ce sont les paroles d'un refrain de mon enfance et le moteur de recherche bloque à me trouver la chanson. Pourtant je me suis contentée de taper ces quelques mots et la chanson en question est une célèbre chanson de Charles Aznavour : Charles Aznavour - Le Temps, Paroles: Charles Aznavour, musique: Jeff Davis, 1965 

lundi 28 septembre 2026

Une histoire de sorcière

L'annonce du défi 332 pour les CROQUEURS DE MOTS précède ou suit ce billet



Une ombre chinoise

Allez savoir pourquoi, l'image m'a fait penser à une sorcière brandissant un manche à balai, ou pourquoi pas, une grande bougie. Un peu trop dodue peut-être, à moins que ce ne soit un effet d'optique. Ou l'ombre d'une marmotte qui se rêvait sorcière, ou ...

Replète la Sorcière*
réclamée lue et relue
étoiles dans les yeux

Qu'est devenu l'exemplaire de ce conte, déposé à la bibliothèque de mon village ? Ici comme en de nombreux endroits, il ne manquait pas de lecteurs. Certes, comme toutes les sorcières des contes, elle avait d'horribles habitudes qui ne manquaient pas de les effrayer, très vite rassurés par la rébellion de son balai. 

Une bien belle idée
sauvant l'honneur des balais
apprentis sorciers

des dérives mercantiles
des sociétés avancées. 
©Jeanne Fadosi, vendredi 25 septembre 2026
pour la page 262 de l'Herbier de poésies
à découvrir avec les autres brins sur la page 262

en illustration sonore, il aurait sans doute été pertinent de choisir L'apprenti sorcier de Paul Dukas, mis en images animées par Walt Disney dans un de ses tout premiers films d'animation.

Voici plutôt un extrait d'un ballet trop méconnu du talentueux Sidney Bechet, La nuit est unes sorcière


* Le régime de Replète la sorcière est un conte d'eMmA MessanA, fidèle participante aux propositions de Quichottine pour Les Anthologies éphémères.
 
Le Régime de Replète la Sorcière les premières pages en calaméo


l'Herbier de poésies
animé par Adamante


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Oyez les CROQUEURS DE MOTS : Défi 332 mon annonce

Ma participation à la page 262 de l'Herbier de poésies précède ou suit ce billet

Dans la liste de droite comme dans celle des participations, je figure juste après Jill Bill qui vient de piloter le défi 331.
Après vient Martine, mais elle hésite à "continuer à écrire pour les blogs".

Les vieux loups de mer de la coquille des Croqueurs de mots (souvent des louves) se souviennent sans doute de mes marottes autour du temps de Chronos


Thème du déficroq 332 (3e de la saison)
à poster sur votre blog lundi 5 octobre 2026
« Les marqueurs du temps »

Faites parler à votre convenance les 3 aiguilles d'une montre à aiguilles
ou les 4 ou 6 chiffres (ou les nombres) d'une montre numérique 
ou les deux   (pensées, conversation, joute oratoire ...)
A vos plumes ou stylos ou claviers et au plaisir de vous lire !





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jeudi 24 septembre 2026

Jeudis en poésies : L'orgue de Barbarie, de Jacques Prévert

Certes, les défis des CROQUEURS DE MOTS se sont allégés des jeudis en poésie et pourtant je garde toujours l'envie d'y associer en partage un poème choisi, voire de mon cru, en souvenir des temps où c'était le jeudi qui offrait une pause aux écoliers entre lundi, mardi et mercredi puis vendredi et samedi de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30, eh oui, même le samedi !
Alors, comme pour le déficroq 331, deuxième de la nouvelle saison, Jill Bill nous a suggéré de fantasmer à partir d'une image sur un professeur de piano diabolique, j'ai repensé à d'autres histoires de musiciens et autres automates.

L'orgue de barbarie

Moi je joue du piano
disait l'un
moi je joue du violon
disait l'autre
moi de la harpe moi du banjo
moi du violoncelle
moi du biniou...moi de la flûte
et moi de la crécelle
Et les uns les autres parlaient parlaient
parlaient de ce qu'ils jouaient.
On n'entendait pas la musique
tout le monde parlait
parlait parlait
personne ne jouait

mais dans un coin un homme se taisait:
"et de quel instrument jouez-vous monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien?"
lui demandèrent les musiciens.

"Moi je joue de l'orgue de Barbarie
et je joue du couteau aussi"
dit l'homme qui jusqu'ici
n'avait absolument rien dit
et puis il s'avança le couteau à la main
et il tua tous les musiciens
et il joua de l'orgue de Barbarie
et sa musique était si vraie
si vivante et si jolie
que la petite fille du maître de la maison
sortit de dessous le piano
où elle était couchée endormie par ennui
et elle dit:

"Moi je jouais au cerceau
à la balle au chasseur
je jouais à la marelle
je jouais avec un seau
je jouais avec une pelle
je jouais au papa et à la maman
je jouais à chat perché
je jouais avec mes poupées
je jouais avec une ombrelle
je jouais avec mon petit frère
avec ma petite sœur
je jouais au gendarme
et au voleur

mais c'est fini fini fini
je veux jouer à l'assassin
je veux jouer de l'orgue de Barbarie."
Et l'homme prit la petite fille para la main
et ils s'en allèrent dans les villes
dans les maisons dams les jardins
et puis ils tuèrent le plus de monde possible
après quoi ils se marièrent
et ils eurent beaucoup d'enfants.

Mais
l'aîné apprit le piano
le second le violon
le troisième la harpe
le quatrième la crécelle
le cinquième le violoncelle
et puis ils se mirent à parler parler
parler parler parler
on n'entendit plus la musique
et tout fut à recommencer!

Jacques Prévert, Paroles, 1946, 
mis en musique par Joseph Kosma

L'orgue de Barbarie, de Jacques Prévert - Fa Do Si, partagé en février 2012 pour un déficroq mené par Enriqueta avec le mot clé "robot"
J'avais hésité, figurez-vous à mettre ce texte en ligne, de peur qu'il soit mal compris.


l'Orgue de barbarie - Gregory Mouloudji (Théâtre Montmartre Galabru, octobre 2025) en hommage à son père pour les 30 ans de son décès

nb je n'ai pas retrouvé la chanson enregistrée par Mouloudji, (Marcel) mais j'ai eu en lien cet article et cette collection de pépites :
et pendant que je complète ce billet, je suis en train d'écouter

Marcel Mouloudji — Wikipédia, 1922 - 1994, auteur compositeur interprète, 
Jacques Prévert — Wikipédia, 1900 - 1977, poète et scénariste français
Envie aussi de partager cet autre poème :

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lundi 21 septembre 2026

Déficroq 331 (n°2 2026-27) : Les machines à écrire

« La diabolique leçon de piano »
D'après un dessin de Claude Serre
trois mots en imposé : Cacophonie - soupir – portée


Concerti désaccordés

L'image proposée
me renvoie d'autres claviers
pour les dactylos

Un cache sur les mains
pour savoir les touches par cœur
au bout de leurs doigts

Puis venait la performance
des cent mots à la minute

Silence dans les rangs
nulle portée au tableau blanc
le texte à frapper

Top départ donné
soudain la cacophonie
de cinquante claviers

et la frénésie des touches
dring de ligne, retour chariot

Ouf le clap de fin
le crissement des feuillets
sortis des cylindres

dépits et sourires
collecte des feuilles de contrôle
quelques ongles cassés

Les murmures et les soupirs
jouent une douce rengaine
©Jeanne Fadosi, mercredi 16 septembre 2026


C'était il y a 45 ans. Ces temps me semblent antédiluviens
Maintenant tout le monde s'est approprié sans méthode les claviers d'ordinateurs, tablettes et phones avec des habiletés variables :

vitesse moyenne de saisie 35 MPM (mots par minute)
vitesse de la parole ~130 MPM
vitesse de lecture 200 à 300 MPM


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