petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ...
Jazzy à la barre du défi 324 des CROQUEURS DE MOTS nous oriente vers la page arrachée à un livre perdu. J'ai alors pensé "censure" et en premier réflexe à Baudelaire, avant d'avoir une petite musique dans la tête me soufflant aussi La Fontaine. Oui mais je n'ai pas envie de publier ses contes olé olé. Je fais moi aussi de l'auto-censure.
Mais j'ai trouvé ce lien passionnant "La vraie histoire du Corbeau et du Renard que La Fontaine a censurée" La vérité interdite du Corbeau et le Renard
ce qui m'a conduit à chercher la fable écrite par Marie de France au XIIe siècle
trouvée en deux sites dans sa traduction moderne. Est-elle de Christian Demilly ? C'est probable.
En fouillant davantage, j'ai en ai trouvé une mise en ligne en français moderne (sans nom de traducteur dommage) dix ans avant la publication de Christian Demilly et je vous le mets en premier. A vous de comparer les deux adaptations et ce que la plus récente doit vraisemblablement à la première et à d'autres.
Mais au passage, je rend au poème son titre original ou du moins ce que j'en traduis moi-même
Fable de Marie de France : Le Corbeau et le Renard
Publié le 29 février 2012
On le dit (et c’est vrai peut-être),Passant devant une fenêtreGrande ouverte sur un cellier,Un Corbeau vit, émerveillé,Des fromages qui s’égouttaient,Bien alignés sur une claie.Il en prit un et s’en alla.Un Renard qui passait par làVit le fromage, et ce RenardEut envie d’en avoir sa part :A lui d’essayer, de ruserPour voir s’il pourrait l’abuser…« Ah ! Seigneur Dieu, le bel Oiseau !S’écrie le Renard, qu’il est beau !Au monde il n’a pas sa pareille !De mes yeux voir telle merveille !S’il a le chant digne du corps,Il vaut plus que son pesant d’or ! »Entendant clamer à la rondeQu’il est sans égal en ce monde,Le Corbeau se dit : « Chantons donc !Ne perdons point notre renom. »Il ouvrit le bec, il chanta :Le fromage lui échappaEt s’en vint tomber sur la terreOù Goupil en fit son affaireSans plus se soucier de ramage :Il aimait bien mieux le fromage.Ainsi va t-il des orgueilleuxTrop pleins d’envie d’être des glorieux :Qui les flatte et sait leur mentirLes fait sans peine se servirEt ils dépensent follementPour prix de ces faux compliments.
Marie de France (XII siècle) Fables, fable XIV.
Le corbeau et le renard
Il paraît qu’une fois, peut-être,passant devant une fenêtregrande ouverte sur un cellier,un corbeau eut l’œil attirépar des fromages beaux à voir,alignés sur un égouttoir.Il en prit un, s’en fut, puis vitun renard s’avancer vers lui,animé du désir sauvagede s’emparer de son fromage.« Ce corbeau m’a l’air d’une buse,je vais pouvoir user de ruse. »« Mon Dieu, mais que vous êtes beau !Jamais je ne vis si beau corbeauà bien des lieues à la ronde,et même assurément au monde !Si votre chant est aussi beau,alors il vaut tous les joyaux. »Le corbeau, flatté de savoir,que des bois il était la gloire,voulut prouver au monde entierà quel point il savait chanter ;et le bec ouvert il chanta,et le fromage lui échappa,tombant directement au sol.Le renard aussitôt le vole,lâchant le corbeau et son chantpour le fromage appétissant.Ainsi est-il des orgueilleux,recherchant la gloire autour d’eux :qui sait bien mentir et flatterarrive à tout leur soutirer ;il est coûteux, assurément,de croire à leurs boniments.
Marie de France,
Traduit par Christian Demilly, © Éditions Talents Hauts, 2022
Et pour les courageux ou les lettrés en ces vieux françois du XIIe siècle la version que j'ai trouvée sur wikisource :
D’un Corbel qui prist un Fromaiges,aliasDou Corbel è d’un Werpilz.Ensi avint, è bien puet estre,Ke par devant une fenestreKi en une despense feu,Vola un Corb ; si a véuFurmaiges[ qui dedens esteient,E séur une cloie giseient[,[a]L’un en a pris si s’en reva.Un Vorpilx vint, si l’encuntra,Dou fourmage ot grant désirierQue il en puist sa part mengier ;Par engin volra essaierSe le Corb purra engingnier.Ha ! Diex Sire, fet li Gorpix,Cum est or cist oisiaus gentix,U munde n’a si bel oisel,[b]Une de mes elx ne vi si belFust tieus ses chans cum est ses corsIl vauroit mix que nul fins ors ;Li Corb s’oï si bien looerQ’en tut le munde n’ot sun perPurpensez s’est qu’il cantera ;Pur canter sun los ne perdra,Son bec uvri, si cummenca,Li furmaiges li escapa ;A la terre l’estut chéirE li Houpix le vet saisir,Puis n’ot-il cure de sun chantCar del’ fourmage oc sun talent.MORALITÉ.Cis example est des orgueilloxKi de grant pris sunt desirrox ;Par lusenger è par mentir,Les puet-um bien a gré servir.Le lur despendent folementPur fause loange de la gent.
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