Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune de 145 en 2010 à 94 ou 103 ou 134 selon les sources en 2023

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

jeudi 22 janvier 2026

Jeudis en poésie : Le cinéma, de Sabine Sicaud

 les Cabardouche ont pris les commandes pour ce Défi 319 des CROQUEURS DE MOTS en ce lundi 19 janvier Journée internationale du pop corn. 

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

 Qui dit pop corn dit cinéma ! Du moins depuis quelques décennies.  A la naissance du cinéma, qui fut muet avant d'être parlant, et manger était impensable jusque dans les années 1930 aux Etats-Unis dans des salles luxueuses pour un public huppé.

En France dès l'origine du cinéma, le cinéma fut beaucoup plus populaire, s'invitant dans les cirques et les salles paroissiales ou communales. Ma maman, née en 1910 et ayant vécu son enfance pauvrement à Paris, y est pourtant souvent allée.


"Musique en sourdine, tiédeur, chuchotements,
Odeur de mandarine,
De sucre d’orge et d’amandes grillées."


Le cinéma
(Pour un vieux Monsieur
qui ne comprend pas le cinéma)

Trou d’ombre. Grotte obscure, où l’on sent, vaguement,
Bouger des êtres. La pâleur de l’écran nu
Comme une baie ouverte, au fond, sur l’inconnu…
Musique en sourdine, tiédeur, chuchotements,
Odeur de mandarine,
De sucre d’orge et d’amandes grillées.
Attente, carillon d’un timbre qui s’obstine,
Petite danse de lueurs éparpillées.
……………………………………
Puis, coup de soleil brusque. Le mystère
De ce carré de neige s’animant.
Floraisons de jardins, pics, fleuves, coins charmants,
Coins tragiques, villes, forêts, la vaste terre…
La vaste terre, et le ciel vaste, et la magie
De visages parlant des yeux, des lèvres,
Sans la voix.

Gestes précis, calme, énergie
Ou nerfs qui cèdent, Fièvres,
Bonheurs et désespoirs. Des paroles, pourquoi ?
Un sourire, une larme,
Un battement de cils…
L’émotion n’est pas dans le vacarme.
Une ligne, des points… voici le fil
Du roman triste ou gai qui se déroule.

Aimes-tu voir les hommes s’agiter ?
Assis, tu regardes la foule.
Aimes-tu le désert ? Tu le parcours, l’été,
Sous un torrent de feu, sans autre peine
Que de laisser pour toi marcher les sables… Plaines,
Montagnes, mers, te livrent leurs secrets,
Et le pôle est si près
Que Nanouk l’Esquimau l’accueille en frère ;
Et la jungle est si près
Que tu t’en vas avec le chasseur de panthères…
Ô beaux voyages que jamais tu ne ferais !

Tous les héros, tu les connais,
Ceux de l’Histoire et ceux de la légende ;
Tous les contes des Mille et une nuits,
– Les contes d’autrefois, ceux d’aujourd’hui –
Et les temples, et les palais,
Et les vieux bourgs où les clairs de lune descendent…
Tu les connais… Tu les connais, toi, prisonnier,
Peut-être, de murs gris, de choses grises, toi
Dont la vie est grise ou pire…

Vois, des fleurs s’ouvrent, des oiseaux t’invitent, vois :
Aux vergers d’Aladin s’emplissent des paniers…
Cueille des rêves, toi qui fus un prisonnier !
Ainsi qu’une arche de porphyre,
La muraille s’écarte… Évade-toi !
Il pleut, ou le vent souffle sur le toit,
Ou c’est juillet qui brûle, ou dans la rue,
C’est trop dimanche avec trop de gens qui bavardent,
Viens dans ce petit coin merveilleux et regarde…

Ici, l’heure vécue,
Même terrible – tous les drames sont possibles ! –
N’est qu’à demi terrible,
Et te voilà, comme les tout-petits,
Riant, toi qui pleurais… Tu ris,
Toi, vieux, comme les écoliers que rien n’étonne.

Charlie est là… Charlie ! Et Keaton, et Fatty,
Et pour ce bon rire, conquis
Sur toi-même, c’est le meilleur d’eux-mêmes
Qu’ils te donnent.

Art muet, soit… N’ajoute rien. Tu l’aimes,
Tu l’aimeras, quoi que tu dises, l’art vivant
Qui t’offre son visage neuf et son langage,
Ses ralentis, ses raccourcis, tous ses mirages,
Tous ses décors mouvants…
Près de ces gens qui, dans l’ombre, s’effacent,
Viens seulement t’asseoir, veux-tu, sans parti pris ?
De la nuit d’une salle étroite, aux longs murs gris,
Regarde ce miracle : un film qui passe…
Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, 1926

Sabine Sicaud — Wikipédia, 1913 - 1928, poétesse française









 

dimanche 18 janvier 2026

Oyez les CROQUEURS DE MOTS : défi 319 dès lundi au Quai des Cabardouche

"Par le trident de Neptune, écoutez bien car les Cabardouche prennent les commandes pour ce Défi 319 des CROQUEURS DE MOTS ---> Info Coquille !!! - Les Croqueurs de Môts
Appareillez vos esprits et astiquez vos plumes : rendez-vous sur le pont ce lundi 19 janvier 2026. Dès l’aube, Dômi proclamera le thème qui nous guidera à travers les flots."

 
petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

vendredi 16 janvier 2026

Couleurs de nos vie (2e)

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

pour  Le nid des mots de abécé, thème de janvier 2026 :
thème à publier sur votre blog, le vendredi 16 janvier 2026, avant 10h :
"De toutes les couleurs"

 Pour le jeudi 27 octobre 2021 j'avais écrit imprudemment :

"Mes premières tentatives étaient laborieuses et si j'ose ci-dessous republier ces couleurs de nos vies, "beaucoup trop bavardes", c'est qu'il me faudrait tout réécrire sans perdre le dense de ce que je voulais y mettre.

Je vais pourtant essayer. Réussirai-je ou ferai-je pire ? Rendez-vous lundi prochain.

Après une fin de semaine occupée à bien autre chose, je n'ai ouvert mon ordi que ce lundi matin 1e novembre 2021 vers 10h et je n'avais bien sûr pas du tout retravaillé ce texte."

J'avais galéré sans réussir à le dégraisser. Ma nouvelle version, toujours trop bavarde ne me satisfaisait toujours pas. 

Tant pis ! La vie, le monde s'est depuis complexifié jusqu'à l'obésité des malheurs. Alors ...*

Flamboyance de la couleur,
épure d'un simple trait
et toute la douceur
des silhouettes de Toffoli.

Raffinement de la couleur
Art précis dans la minutie du geste.
De la palette au pinceau,
Objets et bouquets sublimés
Aux jardins de Toutounov.

Fractales des boules à facettes
Danse des ombres et des corps
Sur la piste de danse.
Danse les couleurs
Sur les toiles de Mirò

Danse les couleurs de Fantasia
Sur la toile de cinéma
Et dans les yeux de l'enfant.

Plénitude de la couleur
En son spectre irisé
Quand la pure lumière se frotte au sombre
D'un ciel d'orage avant la pluie.

Arc-en-ciel du reflet
Des larmes de l'enfant
Sur ses lunettes de soleil

Enfant qui ne comprend rien
à ce déluge de feu et d'acier
Sur les pierres et le sable,
Sur les choses et les fleurs,
Sur les gens sans visage et sans yeux.

Et le son des couleurs
Dans le rire de l'enfant
Quand son père raconte,
Sous les bombes.

Blanc la somme de toutes les couleurs
Blanc symbole de la paix
Le voile de la mariée
l'habit de deuil en certains lieux,
La porte du paradis
Au seuil d'une mort imminente,
dans l'imaginaire des mythes.

Blanc aux mêmes symboles
Chez les frères ennemis.
Rires des enfants de chaque camp
Aux couleurs de l'oiseau
Au-delà des désespoirs.

Blanc et noir sur la toile,
Petites touches subtiles
Et les couleurs chantent.

Noir comme le sang sombre
Lesté des déchets
De nos corps vivants,
Chimie et alchimie de la vie.
Noir des abysses et de l'inconnu
Noir au seuil des fantasmes
Noires terreurs injustifiées,
Portes aux haines imbéciles,
Vers des terreurs trop justifiées.

Mais noire la petite robe raffinée,
Noir le luxe de la tulipe,
Noire guirlande des mots
Sous la plume inspirée.
Jamais noir absolu,
Soit gris soit brun soit bleu,
Ou violet ou même rouge
Ou même feu.
Noir de jais jamais plus intense
Qu'avec la touche d'un blanc de lumière.

Couleurs à l'œil du télescope
Qui scrute les étoiles.
Couleurs sous le microscope
Traquant le minuscule.
Mystère et jaillissement
Couleurs de l'univers
Couleurs de la vie.

Couleurs du vent
Couleurs des sons, 
Couleurs du temps.
Couleurs, coule heure,
Coule les heures,
Coule nos vies,
Couleurs de nos vies,
Couleurs de nos humeurs.

Tempérer leur violence,
Apprivoiser leur beauté.
Chercher leurs harmonies.

Est-ce mission impossible ?* 

©Jeanne Fadosi, lundi 1er novembre 2021
pour Les Parchemins de Bigornette, * ajout du mercredi 14 janvier 2026


Toffoli, bateaux

bouquet de bleuets, par Toutounov

Louis Toffoli — Wikipédia (wikipedia.org) 1907 - 1999

Joan Miró — Wikipédia (wikipedia.org) 1893 - 1983

Ivan Konstantinovich Aïvazovski (1817 – 1900) La vague
Peint en 1886 cette huile sur toile est déposée au Musée du Louvre en 1973
partagé par Zaza pour le thème Tempêtes du tableau du samedi

Petit aperçu de mes couleurs sur mon blog :


Fadosi continue: Couleurs de nos vies réédition du 28 octobre 2021



Kandinsky, Gorge improvisation, 1914

Fadosi continue: Un monde foutraque
 

jeudi 15 janvier 2026

Jeudis en poésie : Une recette à prescrire du vivre, de Salvatore Adamo

Pour le défi 318 des CROQUEURS DE MOTS,  publié le lundi 12 janvier Martine nous proposait de rédiger une recette qui devra nous étonner, nous faire rire. 

petit rappel, je suis dans l'impossibilité à cause d'un bug de déposer des commentaires sur les blogs de Blogger. Vous m'en voyez désolée.
Je m'en excuse auprès de tous les blogueurs que je ne peux joindre dont Josette, An'Maï, Marie-Sylvie, Miss-Yves, sur Blogspot et sur certains blogs wordpress  (dont celui de Colette et Lilou et même Elisabeth que mon pare-feu bloque complètement aller savoir pourquoi !)... et j'en oublie ... 

C'était la magie de la radio ce matin de mardi 13 janvier, grâce à Salvatore Adamo qui était l'invité à 9h10 de la matinale de France Inter pour le grand portrait. Le programme de l'heure a été un peu bousculé car le chanteur  était bloqué par des agriculteurs au pied de La maison de la radio


Vivre 
comme si tout était important
et en même temps 
comme si rien ne l'était vraiment
 
Vivre 
toute une vie en un seul instant
passionnément
garder la flamme du débutant
 
 [...]
 
Vivre 
Ah le beau privilège
et malgré tous ses pièges
célébrer le présent
 
Vivre
te relever à chaque fois
que la vie au tapis t'envoie 
de ses coups les plus bas
 
Vivre
sans jamais te mettre à genoux
même si tu es vraiment à bout
tu vis c'est déjà ça
 
[...]
 
Vivre 
vivre et forcer la chance
c'n'est pas gagné d'avance
mais tu peux si tu veux

Vivre 
comme si tout était important
et en même temps 
comme si rien ne l'était vraiment
 
Vivre 
toute une vie en un seul instant
passionnément
garder la flamme du débutant
Vivre 
Salvator Adamo, album Des nèfles et des groseilles, novembre 2025

Vivre comme l'aurore
au commencement des jours
sombre ou lumineuse
©Jeanne Fadosi, mercredi 14 janvier 2026

Sans occulter ses atteintes :

"Et on se dit que c'est la vie

Elle a toujours eu bon dos, la vie
Et le temps fou qui s'en fout
Qui change tout et efface tout
Fait tout voler en éclats, pourquoi ?"
Salvatore Adamo - Des nèfles et des groseilles album éponyme 14 novembre 2025

et les marques du temps

"Si les aiguilles des horloges
pouvaient tourner à l'envers
pour qu'alors loi où déroge
si le temps se laissait faire"
Les horloges… Salvatore Adamo, Des nèfles et des groseilles, 2025

Sans occulter et négliger le monde 

"Alors frères humains
qui près de nous vivez ...
des années de labeur
pour payer le passage
le passeur en riant
nous a crié courage
nous qui fuyons la mort
 nous qui sommes à genoux "


"Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Au fond de sa poche un peu d'argent pour
Un ticket de train aller sans retour
Aller sans retour"

Ce que chantait si justement Juliette Nourredine, mieux connue comme Juliette

"Etranges étrangers
humanité nue
et quoi qu'ils aient fui
la faim, le fusil
Quoi qu'ils aient vendu
Je ne pense qu'à ce bout de couloir
une valise posée en guise de mémoire"
Aller sans retour, Juliette, album Bijoux et babioles 2008